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La conversion du psychique au spirituel

vendredi 4 juillet 2014 par Phap

Chers amis,

J’ai été amené cette année à méditer la distinction que trace Paul entre les hommes « psychiques » et les hommes « spirituels » : à suivre Paul mais aussi l’évangéliste Jean [1], les « spirituels » sont animés par l’Esprit qui vient d’en haut, les « psychiques » par le principe vital enfermé sur lui-même ; les « spirituels » sont des hommes libres, c’est-à-dire des hommes capables d’obéir à la motion divine, les « psychiques » sont esclaves du péché et de la peur de la mort.

Je crois que pour beaucoup d’entre nous, nous naviguons entre les deux positions, tantôt nous sommes 80 % « spirituels » et 20 % « psychiques, tantôt la proportion s’inverse.
Ce qu’il faut espérer, c’est que dans notre histoire personnelle – mais aussi communautaire –, avec ses hauts et ses bas, la courbe générale reste ascendante jusqu’au jour où, enfin, nous pourrons nous tenir debout devant Dieu, le voir face à face et entrer dans sa joie. Amen.

Je crois que dans cette histoire sainte, dans ce processus de sanctification, de « divinisation » ou plus précisément de filiation divine, il nous est surtout demandé une chose : toujours plus mettre Dieu au centre de nos vies en étant toujours plus décentrés de nous-mêmes. Entrer toujours plus dans la vie trinitaire : aimer toujours plus le Père qui nous appelle, s’attacher toujours plus au Fils qu’il nous a envoyé, être toujours plus disponibles aux motions de l’Esprit saint.

Mettre au centre Dieu, c’est-à-dire se détourner de ce qui ressort du monde créé et à qui l’on demande la vie qu’il est incapable de donner – cela s’appelle une « idole » en régime biblique - pour se tourner vers le Dieu vivant et qui vivifie : travail de fond, travail sur la durée qui continuera sans doute après notre mort et ce travail a lui aussi un nom : la conversion.

Se convertir aux mœurs divines, apprendre à vivre de la vie de Dieu, apprendre à voir avec les yeux de Dieu, apprendre le projet de Dieu pour sa création et pour nous et pour moi et y entrer.
Cela me décentre, cela me déplace – et à ces moments-là je suis apaisé(e), joyeux, réconcilié(e) avec moi-même, avec mes frères, avec la création… et avec Dieu.
À ces moments de grâce, je fais l’expérience de sortir de mes enfermements, de mes ressentiments et de mes aigreurs, à ce moment-là j’éprouve que mon frère, ma sœur peuvent être plus grands que leurs petitesses actuelles – et mon cœur se dilate de se savoir capable de pardonner et d’aimer – à l’image et ressemblance de Celui que j’ai mis au centre de ma vie.
Et je crois qu’alors j’aide mes frères à sortir eux aussi de leurs enfermements, je les aide à grandir comme on aide à grandir les jeunes en voyant en eux ce qu’ils pourraient devenir et qui est plus que leurs bouderies, leurs revendications, leurs angoisses.

Est-ce que la conversion se fait à la force du poignet - et cet article serait alors un n-ième appel au volontarisme qui crispe et décourage en même temps ? Loin de là : les conversions sont toujours des histoires où Dieu a l’initiative et où l’être humain va passer le reste de sa vie à approfondir la relation d’amour qui a été conclue entre lui et son Dieu - pour moi, la conversion est toujours une réponse amoureuse à une présence qui nous entraîne vers le haut avec elle.

La conversion comme une action de grâce finalement. Bénir Dieu et les merveilles qu’il fit pour nous – qu’il fait pour nous.

« Mon âme exalte le Seigneur. Exulte mon esprit en Dieu mon sauveur… »


© esperer-isshoni.info, juin 2014


[1Voir 1 Cor 2,14 ; 15,44-46. Voir l’échange entre Nicodème et Jésus dans Jn 3,1-8


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