Esperer-isshoni.info

Le royaume de Dieu est parmi nous - Lancement de la retraite

samedi 16 août 2014 par Phap
Lancement–Entretien n°01–02–03–04–05–06–07–08–09

Lancement de la retraite avec les Instituts séculiers dominicains.
Donné le jeudi 17 juillet 2014 au soir à Fanjeaux.

  • La retranscription conserve le style oral de l’entretien.
  • Le point de vue exprimé ici est celui d’un chrétien s’adressant à des chrétiens de confession catholique. Le ton est celui d’un ami s’adressant à des amies, avec simplicité et respect.
  • Les passages de la Bible sont cités à partir de la Traduction œcuménique biblique (TOB)

Table des matières

La valeur du silence
La lecture divine avec Ignace de Loyola
1) Le matin, quoi faire ?
2) Pendant la journée, quoi faire des instructions ?
3) Le soir, quoi faire ?
Conclusion. Quand Dominique lisait divinement
Annexe. Table des entretiens 1 à 9


La valeur du silence

Il est important de respecter la clôture du silence pendant la retraite. Pourquoi ? Pendant cette retraite, nous allons faire des « exercises spirituels » : de la même manière que le musicien s’exerce à faire des gammes au piano afin de mieux jouer de son instrument, de même, nous nous proposons de nous exercer afin de mieux chanter la louange du Seigneur, afin de mieux le connaître, de mieux connaître Sa volonté pour nous et de mieux le servir.
Le temps de silence entre nous et notre Créateur et Sauveur sera un moment précieux pour décanter ce qui est en nous, ce qui s’est accumulé en nous au fil des ans, des expériences, des événements qui nous sont arrivés, en particulier cette année.

La retraite peut être une occasion de se retirer du flux de notre vie, depuis notre naissance jusqu’à cette année. Et demander au Seigneur : « Qu’est ce que signifie ce que j’ai vécu jusqu’à présent ? Etait-ce ce que tu voulais, est-ce que cela va donner le fruit que tu attends ? Car ma plus grande joie, c’est de faire ta volonté ».

Ce temps de silence que nous préserverons jusqu’à la fin de la retraite sera un moment de grâce, je le crois, je l’espère.
Dans ce silence qui sera un silence habité, vous serez disponible pour entendre le Seigneur vous parler.
Je serai heureux si, en sortant de cette retraite, vous pourrez dire : « J’ai rencontré le Seigneur et voilà ce qu’il m’a dit. Il a fait la lumière sur un certain nombre de choses que je vivais et que je comprends un peu plus maintenant. J’avançais comme en aveugle à certains moments, mais je faisais confiance au Seigneur et maintenant je vois mieux où il voulait m’emmener. »

Ces moments de grâce sont précieux, ils constituent des forces qui vont vous habiter et vous nourrir pour le reste de l’année, pour le reste de votre vie.

Oui vraiment, que vous rencontriez coeur à coeur le Seigneur dans votre chambre, dehors, dans le jardin, en tout cas dans la « cellule intérieure » dont parlait la dominicaine Catherine de Sienne.
« Voilà, Seigneur, les fruits que j’ai produits ».

Mon but est de vous aider à faire cette rencontre, sans faire écran entre vous et Lui. Je vous présente l’un et l’autre, et vous, vous marchez sur le chemin qui sera le vôtre pendant ces cinq jours, je ne marcherai pas à votre place.

Si quelque chose vous trouble, vous pouvez vous en ouvrir auprès de moi. Cela peut se passer sous forme d’un entretien, sans qu’il y ait nécessairement célébration du sacrement de réconciliation.
En tous cas, cette matinée de silence sera précieuse.


La lecture divine avec Ignace de Loyola (1491 - 1556)

Personnellement, j’ai fait l’expérience de la rencontre avec le Christ à 25 ans, avant j’ai été un produit de l’école publique française, formé à un agnosticisme modéré et une grande ignorance du fait religieux.
J’ai appris à prier la Parole de Dieu avec Ignace de Loyola grâce à un grand prédicateur jésuite, le père Jean Laplace pour ceux qui l’ont connu.
J’ai été formé par cette école de prière et c’est avec elle que je voudrais vous accompagner.

Si vous êtes réfractaire à cette méthode, cette façon d’avancer, faites autrement et tâchez quand même de tirer quelque chose de mes propos.

10§ Je vous propose la méthode ignatienne de prière à partir de l’Écriture sainte : cela veut dire que votre imaginaire, votre imagination, vos sens, seront sollicités, au même titre que votre intellect.
Vous êtes sur le bateau avec Jésus et les disciples, les vagues secouent le bateau et vous êtes secouée, l’écume des vagues trempe les disciples et vous êtes trempée avec eux, vous entendez Jésus qui parle.
Tout ce que je vais vous proposer sera fondé sur la mise en branle de l’imagination, qui représente la scène évangélique, qui la rend présente.

11§ Cette démarche donne du fruit, Ignace de Loyola l’a vérifié personnellement pour lui-même, il a noté la démarche dans son livret des Exercices spirituels et depuis, les jésuites continuent de donner des retraites à partir des Exercices.

12§ Evidemment, il faut réguler l’usage de l’imagination afin d’éviter des dérapages. On la régule en mettant au centre le Christ, et le regarder quand on sent qu’on dérape. Le regarder sur la croix.

13§ En général, on dérape soit par excès d’orgueil – le Christ s’est manifesté à moi, je suis l’élue, le Sauveur, la nouvelle Catherine de Sienne... Pourquoi pas, mais d’abord regarder le Christ sur la croix : lui a connu la gloire sur la croix, et moi, suis-je prête à aller sur la croix ?
La vision de la croix dégongle les ballons, les baudruches qu’on s’est gonflés dans la tête.

14§ L’autre excès, inverse, est celui qui consiste à dire : « je suis une minable, le Christ ne s’intéresse pas à moi, je suis une bonne à rien ». Inverse de l’orgueil, ici c’est le désespoir, la dépression totale.
Là aussi, regardez la croix. Le Christ est mort sur la croix pour moi aussi, il me regarde et il me dit : « je sais bien que tu es une femme de pas grand chose, mais je t’aime comme tu es, et tu vas voir que si tu me suis, si tu bois mon sang et mange mon corps, tu verras que tu es quelqu’un de bien et que l’on peut aimer – que j’aime ».

15§ La vision de la croix déjoue les pièges de la dépression et de l’exaltation qui sont bien souvent artificielles : on n’est jamais la plus grande pécheresse du monde, ni non plus la plus grande sainte du monde.
Pour la plupart d’entre nous, on est un peu des deux, un peu pécheur, un peu saint, mais je crois que nous faisons ce que nous pouvons par rapport à notre désir de vivre avec le Christ, de vivre du Christ, et que Dieu voit nos efforts, il voit ce que nous avons désirer faire en entrant dans le projet de vie de l’Institut séculier dominicain, dans le style de vie dominicain.

- Pour aller plus loin, vous pouvez consulter l’article suivant : Un exercice spirituel d’Ignace de Loyola (1491-1556) : lire la Bible -


1) Le matin, quoi faire ?

16§ Quand vous vous levez le matin, dites un Angelus [1], tournez-vous vers la croix, imaginez-le Christ qui vous regarde et vous lui parlez en le tutoyant ou en le vouvoyant, à vous de voir selon votre rapport avec lui. Vous lui parlez comme un ami parle à un ami, ou, si vous préférez, comme une servante parle à son maître.

17§ C’est un colloque entre intimes avec une dimension de respect mutuel.
Vous lui présentez la journée à venir avec une demande : « Voilà, je voudrai servir de tout mon coeur, de toute ma volonté, de toute mon intelligence, de tout mon corps, être plus disponible aujourd’hui à tout ce qui va se passer aujourd’hui, que tout ce que je fais aujourd’hui te serve, à toi, à ta louange ».

18§ Au matin, vous demandez une lumière générale : « Seigneur, je veux te servir avec tout ce que je suis, je veux être plus disponible, plus à l’écoute, pour te servir et te louer ».

19§ Vous pouvez préciser cette demande générale de la manière suivante : « Voilà, tu vois que je me suis engagée dans la vie comme membre d’un Institut séculier, je voudrais que tu me fasses sentir comment plus marcher dans cette voie de l’Institut séculier où je me trouve.
Concrètement, dans la situation de vie où je suis, pendant ces cinq jours de retraite, profites-en pour me dire ce que tu attends de moi, si tu veux que je continue ce que je fais, en mieux, en plus peut-être ou est-ce que tu veux que je fasse autre chose. A toi de voir, tu me dis. Car tu es mon tout et je veux te donner tout ce que je suis. »

20§ Voilà pour le matin. « que veux-tu pour moi ? » « Comment mieux te servir ? ».


2) Pendant la journée, les instructions

21§ Pendant les entretiens, je vous donnerai un ou deux textes bibliques.
Vous pourrez prendre un temps de silence, où vous voulez, avec le passage proposé : vingt, trente minutes, comme vous voulez et là où vous vous sentez à l’aise.

22§ Vous méditez le passage, pour vous, pas pour en parler à quelqu’un ensuite. « A travers ce passage, tu vas me dire quelque chose, tu veux me dire quelque chose ». Le déroulement de la méditation comporte trois moments :

  1. l’entrée,
  2. le plat principal,
  3. la sortie (le dessert).

23§ L’entrée.
Vous rencontrez Dieu dans un colloque pendant lequel l’Écriture sacrée que vous allez lire va déclencher quelque chose en vous, l’Esprit saint va vous souffler quelque chose.
Mettez en place un sas d’entrée, vous vous tenez en présence du Seigneur, devant lui, devant sa gloire.

24§ « Le temps du colloque commence, je viens vers toi. Quoi qu’il arrive, téléphone, SMS, (stimuli externes), besoin d’une boisson, d’ouvrir un magazine (stimuli internes), je résiste, je reste avec toi pendant ce temps qu’on a décidé ensemble. Lui demander une grâce, cela lui sera agréable.

25§ Le plat principal
Vous commencez à lire. Si vous le pouvez, si votre tempérament, votre sensibilité vous le permettent, faites jouer l’imagination.
Vous composez le lieu : çà se passe où, qui est là, que fait Jésus, que font les autres ? Qui parle, comment ? Les visages affichent quelle expression ? Vous êtes là, avec les apôtres, avec la foule, il fait chaud, il fait froid, vous êtes dans la scène.

26§ Vous lisez tranquillement. Premier verset, deuxième verset, tiens, qu’est-ce qui se passe là ? Ayez confiance en l’action de l’Esprit saint : il vous travaille, il vous guide à travers ces questions, ces mouvements intérieurs qui sont peut-être inspirés par lui – peut-être, on verra aux fruits que l’exercice produira.

27§ L’Esprit saint est là, en train de vous aider à discerner ce que le Seigneur veut pour vous. Ne vous étonnez pas si, en partant sur une piste, vous vous retrouvez très loin du texte, parce que quelque chose vous pèse, quelque chose d’important de votre vie trouve à s’exprimer.

28§ A vous de voir s’il faut continuer ou non de s’éloigner du texte : il y a une certaine lumière, un recul par rapport à une situation, vous êtes plus en paix, alors c’est bon, continuez. Si la piste s’arrête, si vous tournez en rond, si cela ne donne plus rien, vous revenez au texte et vous passez au troisième verset.

29§ On peut voir la lecture comme un chien ronge un os, et qui ne le délaisse pas tant qu’il y a de la moelle. Dans chaque verset, il y a de la moelle et vous ne passez pas au verset suivant tant qu’il reste de la moelle dans le verset en cours.
Ce n’est pas grave si, au bout des vingt minutes, vous n’êtes pas arrivée à la fin du passage. Çà n’a pas d’importance, le passage de l’Écriture n’est qu’un moyen qui vise à vous faire rencontrer le Seigneur et vous permettre de sentir ce qu’il veut pour vous.

30§ Sortie.
Dans le sas de sortie, vous remerciez le Seigneur pour le temps passé avec lui, merci pour la lumière ou bien merci même si je n’ai rien senti, je sais que tu étais là. Vous revenez au cours de la vie normale.

31§ Si vous avez l’habitude de la prière, passez à trente minutes. Attention à ne pas changer de durée à volonté, si vous êtes bien à vingt minutes, restez-y. Il ne s’agit pas d’un exploit à réaliser, mais de profiter de ce temps de retraite pour donner au Seigneur la possibilité de vous dire comment plus et mieux mettre votre existence à son service, dans l’Institut en particulier.

32§ Si cela ne vous convient pas, vous venez me voir et puis vous adoptez une autre méthode.


3) Le soir, quoi faire ?

33§ Le soir, vous vous mettez devant le Seigneur sur la croix, vous lui parlez comme une amie à un ami ou comme une servante à un maître (à votre goût). Vous relisez la journée, le climat général : il a fait beau, il a plu toute la journée, c’était un temps variable.
Quel était le climat météréologique de votre âme, de votre psychique ? Y avait-il des consolations, des désolations ? A quel moment vous avez été consolée – ou désolée ? Quelles pensées les ont précédées, quels événements ? Ces indications permettent au Seignuer de vous guider.

34§ Rendre grâce pour les bienfaits reçus. Demandez pardon s’il le faut, avec le projet de vous amender. Puis dites le Notre Père à la fin.

Notre Père, qui êtes aux cieux,
que ton Nom soit sanctifié,
que ton Règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour,
pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés
et ne nous soumets pas à la tentation mais délivre nous du mal.
Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire.
Amen.

35§ Il s’agit d’un exercice spirituel. Respectez-vous, respectez votre rythme. Votre corps, votre esprit vous diront quand vous allez trop loin et que vous risquez « de péter un câble ». Respectez ce que vous êtes, votre personne, ne jouez pas à la grande sportive, à la grande héroïne, faites ces exercises à votre échelle et à votre mesure.

36§ On est là pour être heureux, joyeux. Dormez bien, allez vous promener, sentez le vent sur votre visage, tenez compte de votre âge. Il n’y a pas d’examen à la fin, c’est du temps gratuit que vous donnez à Dieu car vous l’aimez et il fait votre joie et vous voulez savoir quelle est sa volonté pour vous. « Notre Père, que ta volonté soit faite, sur la terre comme au ciel ».


Conclusion. Quand Dominique lisait divinement

37§ Nous sommes dominicains, donc nous allons conclure cet entretien de lancement avec Dominique de Guzmán (1170-1221).

38§ Dominique est représenté méditant l’humanité de Jésus Christ, les événements de la vie de Jésus sur terre.
Dominique est là, au pied de la croix, il est vraiment là, présent à cet événement qui a eu lieu il y a 1 200 ans pour lui, 2 000 ans pour nous.
Il étreint dans ses mains le pied de la croix, il pleure, le sang coule.

39§ Dominique lui aussi visualise les scènes de la vie du Christ. L’Occidental a pu faire un peu trop appel à l’abstraction, à l’intellect, les jésuites viennent nous rappeler qu’il y a d’autres dimensions que celles-là.

40§ Au Moyen-âge, nos aînés exprimaient leur sensibilité, ils pleuraient.
Dominique prie avec son corps : couché, à genoux, debout, avec les mains dans des attitudes différentes. Il parle, il prie avec son corps, Son corps reflète ce qu’il vit avec Dieu.

41§ En particulier, il a cette huitième manière de prier, qui sera ma conclusion.

Huitième manière - La prière d’intimité [2]
Notre père saint Dominique avait encore une autre manière de prier, toute pleine de beauté, de dévotion et de charme. Il s’y livrait après les heures canoniales et après l’action de grâces commune qui suit les repas.

42§ L’attrait pour la liturgie constitue le dominicain qui aime chanter au choeur les psaumes, qui aime être ensemble avec ses frères pour chanter la louange de Dieu.

Ce bon père, admirable de sobriété et débordant de l’esprit de dévotion, qu’il avait puisé dans les divines paroles qui se chantaient au chœur ou au réfectoire, se mettait bien vite dans un endroit solitaire, en cellule ou ailleurs, pour lire et prier, recueilli en lui-même et fixé en Dieu.
[dans « 8e manière de prier de Dominique]

Importance du silence donc.
Toutes les émotions, tous les stimuli, intérieurs et extérieurs, sont relativisés, je suis recueilli en moi-même et fixé en Dieu.

Paisiblement il s’asseyait, et après avoir fait le signe de la croix, il lisait dans quelque livre ouvert devant lui : son âme éprouvait alors une douce émotion, comme s’il eût entendu le Seigneur lui-même lui adresser la parole selon qu’il est écrit : « J’écouterai la parole que le Seigneur Dieu dira au dedans de mon coeur, etc... » (Psaume LXXXIV, 9). Et comme s’il disputait avec un compagnon, il paraissait tantôt ne pouvoir contenir ses paroles et sa pensée, tantôt écouter paisiblement, discuter et lutter. On le voyait rire et pleurer tour à tour, regarder fixement et baisser les yeux, puis se parler bas et se frapper la poitrine.
[dans « 8e manière de prier de Dominique]

Noter le sas d’entrée, avec le signe de croix, l’assise tranquille. Il s’agit du colloque d’un ami avec ami, d’une servante avec son maître.

Si quelque curieux, en secret, voulait le voir, le saint père Dominique lui apparaissait tel que Moïse lorsque ce patriarche s’enfonçant dans le désert, parvint à la montagne de Dieu, à Horeb, contempla le buisson ardent, parla au Seigneur et s’humilia en sa présence.
[dans « 8e manière de prier de Dominique]

vous êtes arrivées à la montagne de Dieu, Dieu vous a fait signe, il vous a attiré ici.
N’oubliez pas une chose : Moïse se déchausse car il arrive sur une terre sacrée, une terre sainte.
Si vous ne le faites pas physiquement, faites-le au moinsmentalement.
Pendant le sas d’entrée, déchaussez vous. On s’adresse à notre Créateur et Sauveur, ce qui suppose le respect.
Si vous ne le faites pas, votre temps de méditation sera comme un bloc de béton et vous n’en tirerez pas de fruits qui vous profite spirituellement, d’après mon expérience en tout cas.

Cette montagne de Dieu n’est-elle pas comme l’image prophétique de la sainte coutume qu’avait notre père, de s’élever bien vite de la lecture à la prière, de la prière à l’oraison, de l’oraison à la contemplation
[dans « 8e manière de prier de Dominique]

La prière, comme la montagne sainte que gravit Moïse : il s’y déploie une dynamique à plusieurs registres qui jouent ensemble : registre intellectuel, registre sensible, registre spirituel quand un « tu » naît en face du « je », registre de la contemplation enfin : vous êtes dans les bras du Seigneur qui vous embrasse.

Et tandis qu’il lisait ainsi dans la solitude, il vénérait son livre ; et, s’inclinant vers lui, le baisait avec amour, surtout quand c’était le livre des Évangiles, et qu’il lisait les paroles que Jésus-Christ avait daigné prononcer de sa bouche.
[dans « 8e manière de prier de Dominique]

Je pose la Bible, l’Écriture sacrée, sainte, au dessus de tous les livres sur ma table. C’est la Parole de Dieu qui est le plus important pour moi et je traduits cela physiquement, concrètement.

D’autres fois il détournait le visage, le voilait de sa chape, le mettait dans ses mains ou se couvrait un moment la tête de son capuce. Alors, ou bien il versait d’abondantes larmes sous l’action d’une crainte ou d’un désir véhément ; ou bien il s’élevait médiocrement en faisant une inclination de tête, comme s’il eût voulu remercier quelque grand personnage pour un bienfait reçu. Puis, satisfait et paisible au dedans de lui-même, il poursuivait sa lecture.
[dans « 8e manière de prier de Dominique]

Ne restez pas figée, votre corps vous dit des choses. Si vous éprouvez le besoin de vous agenouiller, de vous coucher peut-être, il peut être profitable de suivre cette impulsion.
Dominique « corporalise », exprime corporellement sa prière. Votre corps a quelque chose à vous dire, Dieu vous parle à travers votre corps

Puis, satisfait et paisible au dedans de lui-même, il poursuivait sa lecture.
[dans « 8e manière de prier de Dominique]

Là encore, nous retrouvons ce que nous disions précédemment : ne lisez pas l’Écriture sacrée comme on enfile des perles sur un fil, goûtez, méditez et ne passez pas à la ligne suivante tant qu’il y a du goût. Comme le dit Ignace de Loyola :
"Ce n’est pas d’en savoir beaucoup qui satisfait et rassasie l’âme, mais de sentir et goûter les choses intérieurement ». [3]

Amen. 


Annexe : table des entretiens 1 à 9

01 - La bonté divine à l’œuvre en toute chose ve 18/7/2014 mat.
02 – L’amour de soi au mépris de Dieu ve 18/7/2014 ap.m.
03 – Le règne de Dieu s’est approché, convertissez-vous sa 19/7/2014 mat.
04 – La parole qui me rejoint à l’intime sa 19/7/2014 ap.m.
05 – La vraie dette di 20/7/2014 mat.
06 – Députés par la Parole et pour la Parole di 20/7/2014 ap.m.
07 – La table commune : un symbole fondamental du christianisme lu 21/7/2014 mat.
08 – Jésus de Nazareth, le Roi des Juifs : le motif de sa crucifixion lu 21/7/2014 ap.m.
09 – Jésus Christ, l’homme libre, vraiment libre ma 22/7/2014 mat.

© esperer-isshoni.info, août 2014

[1Ci-dessous une des formulations de l’Angelus :

L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie
- Et elle conçut du Saint Esprit.
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.

- Voici la Servante du Seigneur
- Qu’il me soit fait selon votre parole.
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.

- Et le Verbe s’est fait chair
- Et il a habité parmi nous.
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.

Priez pour nous, sainte Mère de Dieu
Afin que nous devenions dignes des promesses du Christ.
Prions
Que ta grâce, Seigneur notre Père, se répande en nos cœurs.
Par le message de l’ange, tu nous as fait connaître, l’incarnation de ton Fils bien-aimé.
Conduis-nous, par sa passion et par sa croix, jusqu’à la gloire de la résurrection.
Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.
Amen

[2Pour voir le texte intégral des neuf manières de prier de Dominique, se reporter à l’ouvrage de référence : "Saint Dominique - La vie apostolique" - Textes présentés et annotés par M.-H. Vicaire, o.p., Éditions du Cerf, 1965. Imprimi potest : 1953, E. Suarez, o.p., maître général.
Le texte des neuf manières de prier daterait pour sa rédaction entre 1260-1262 et 1272-1288, d’après Vicaire (ouvrage cité plus haut, p.28).

[3.Saint Ignace de Loyola, Exercices spirituels, traduit par François Courel, 3e édition, Desclée de Brouwer, 1963, 261 p : (Ex. sp. n°2 p.14-15)
En espagnol : No el mucho saber harta y satisface al anima, mas el sentir y gustar de las cosas internamente
Voir aussi une prédication qui y fait référence : prédication - Preaching - En premier ce qui doit passer en premier - First things first


Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 336 / 94705

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Quand le chrétien parle l’homme  Suivre la vie du site Art de vivre chrétien   ?

Site réalisé avec SPIP 3.1.0 + AHUNTSIC

Creative Commons License