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Les auteurs et les textes majeurs du bouddhisme de la Terre Pure

samedi 8 novembre 2014 par Phap

Plan général

1. Les auteurs et les textes majeurs du bouddhisme de la Terre Pure
2. La naissance dans la Terre Pure - le point d’arrivée
3. La naissance dans la Terre Pure - le point de départ
4. La naissance dans la Terre Pure - La trajectoire du départ à l’arrivée
5. Shinran (1173-1263) et Hônen (1133-1212) - Quand le disciple va plus loin que le maître
6. Le concept de Terre Pure dans divers sutras du "Grand Véhicule"
7. Trois objections bouddhistes faites au courant de la Terre Pure
8. Quand Shandao 善導 (613-681) répond à l’objection fondamentale contre la Terre Pure

Table des matières

1. Les auteurs de la Terre Pure
2. Les écrits de la Terre Pure
3. Essais de datation des textes
4. Autres textes


1. Les auteurs.

6§ Nous partirons de la généalogie établie par Hônen, puis de celle établie par Shinran.

Hônen 法然 (1133-1212), dit aussi Genkû 源空, sélectionne la lignée suivante [1] :

  • en Inde, Nargarjuna 龍樹 (vers 150 – 200), Vasubandhu 婆薮槃豆 ou 天親(quatrième siècle),
  • en Chine, les « cinq patriarches » 浄土五祖 [2] :
  1. Tanluan 曇鸞 (476-542),
  2. Daochuo道綽 (562-645) [3],
  3. Shandao 善導 (613-681) [4],
  4. Huaigan 懷感 (autour de 600-700 ?) ,
  5. Shaokang 少康 ( ?-805)
  • puis au Japon, Genshin 源信 (942-1017) [5].

7§ Shinran親鸞 (1173-1262) [6] fait partie des disciples les plus célèbres de Hônen [7] ; Shinran reçoit la lignée de Hônen en ne reprenant ni Huaigan ni Shaokang, et en ajoutant Hônen [8] ; il constitue ainsi pour l’école Jôdo la liste des « sept religieux éminents ».

8§ L’apparente linéarité de la généalogie ne doit pas induire en erreur : les filiations peuvent remonter dans le temps en sautant par dessus tel ou tel patriarche.

  • Hônen doit sa conviction du Nembutsu exclusif et unidirectionnel 一向專念 (pour naître dans la Terre Pure d’Amida) à Shandao [9] et non à Genshin [10].
  • Hônen se justifiera de prendre pour maître Shandao plutôt que son maître Daochuo, au motif que Shandao a atteint un samadhi et non pas Daochuo [11].

Nos auteurs ont fait preuve d’éclectisme dans leur filiation spirituelle, tout en affirmant leur fidélité à la lignée reçue.


2. Les textes de la Terre Pure.

9§ Nous rapporterons les textes qui nous semblent les plus utilisés dans les compilations de la Terre Pure :

- pour les auteurs indiens,

  1. Nagarjuna [12] (de l’école Madhyamika, actif vers 150-250) est réputé l’auteur de l’Analyse des dix stades 十住毘婆沙論 [13], ainsi que du Traité de la Grande Vertu de Sagesse 大智度論 [14] ;
  2. Vasubandhu est réputé pour son Traité sur la naissance [dans la Terre Pure] 往生論 [15], appelé aussi Traité sur le Sutra de Vie infinie 無量壽經憂波提舍願生偈 [16] ; Hônen met ce Traité au niveau de la Trilogie [17] (cf. infra pour la Trilogie) ;

- pour les auteurs chinois,

  1. Tanluan est l’auteur du Commentaire au Traité sur la naissance dans la Terre Pure無量壽經優婆提舍願生偈註 [18] ;
  2. Daochuo est crédité du Recueil de Bonheur-Paisible 安樂集 [19] ;
  3. Shandao est crédité entre autres de la Méthode de contemplation [20], du Commentaire du sutra de la contemplation de vie infinie [21] 觀無量壽佛經疏 et des Hymnes de vénération de la naissance dans la Terre Pure 往生禮讃 [22] ;

- au Japon,

  1. Genshin a écrit la Somme de la naissance dans la Terre Pure 往生要集 [23],
  2. Hônen a composé le Recueil sur le nembutsu sélectionné par le vœu primordial  [24] 選擇本願念佛集 [25], et
  3. Shinran le 顯淨土眞實教行證文類 [26], connu sous son titre abrégé de 教行信證 [27]. Nous nous réfèrerons aussi aux paroles de Shinran, rapportées par un de ses disciples dans les Notes déplorant les divergences 歎異抄 (Tannisho jap.) [28].

10§ Les œuvres majeures de Hônen et de Shinran, respectivement le senchaku et le KGSS, s’apparentent au genre littéraire de la compilation de textes, avec des nuances.
En effet, tous deux utilisent le procédé de la compilation afin d’appuyer une thèse personnelle, qu’ils énoncent en première personne [29] ;
la compilation sert surtout à convaincre que leur enseignement se rattache à des filières doctrinales reconnues.
En ce sens, ni le senchaku ni le KGSS ne sont réductibles à de pures compilations.

11§ Plus haut dans le temps, nous trouvons les trois textes fondamentaux,

  1. le Sutra de vie infinie 無量壽經 [30]),
  2. le Sutra de la Contemplation de vie infinie 觀無量壽經 [31] et
  3. le Sutra d’Amida 阿彌陀經 [32]

– Nous les désignerons comme respectivement le Sutra long, le Sutra de la Contemplation et le Sutra court.


3. Essais de datation des textes

Ces trois textes, en tant que sutra, sont reçus comme les paroles mêmes du Bouddha Sakyamuni [33].

Rappelons que Shinran situait la prédication du Bouddha Sakyamuni (et la rédaction des sutra) un millénaire avant l’ère chrétienne [34].

Les trois sutra forment la Trilogie de la Terre Pure 淨土三部經 [35], qui, pour Hônen, « constitue le sûtra de fondation principal de la Terre Pure » [36].
A l’intérieur de la Trilogie, les auteurs apprécient de manière différente les trois sutra :

  • Hônen consacre la plus grande partie de son senchaku au Sutra de la Contemplation, tandis que
  • Shinran privilégie explicitement le Sutra long [37] par rapport au Sutra de la Contemplation [38].

12§ Les bouddhologues ont essayé de dater les sutra, en partant des documents dont ils disposaient : sanscrit, tibétain, chinois [39].
Les dates des traductions chinoises ne semblent pas poser de problème insurmontable.
Concernant la chronologie d’apparition des sutra, certains experts proposent une antériorité du Sutra court sur le Sutra long en s’appuyant sur le fait que la figure d’Amida y est moins développée ;
l’origine indienne des deux sutra ne semble pas remise en question [40] ;
les experts semblent hésiter entre -100 et +100 + 200 A.D. pour la date la plus haute, +250 pour la date la plus basse [41].
Le Sutra de la Contemplation semble le plus récent dans la Trilogie, et ne serait pas originaire d’Inde [42].

13§ Au XIXe siècle, Max Müller découvrira dans des monastères japonais des versions sanscrites du Sutra long et du Sutra court [43].
Nous ne savons pas si elles étaient encore lues et comprises au Japon et en Chine, au temps de Hônen et de Shinran .

Historiquement, le terme de « sutra de la Trilogie de la Terre Pure » 淨土三部經 [44] semble postérieur à Tanluan, de même que l’appellation « école de la Terre Pure » 淨土宗 [45] ;
Hônen attribue cette dénomination au maître coréen Wônhyo 元曉(617-686) de l’ « école de l’Ornementation fleurie » 華嚴宗 Kegon shû (jap.) [46].


4. Textes en dehors du périmètre

14§ Nous avons restreint notre étude aux textes spéculatifs.
Ce faisant, nous n’abordons pas les textes « populaires », tels que les vies de saints 往生傳 (ôjôden jap.) qui relatent comment des êtres humains sont parvenus à la Terre Pure d’Amida.
Nous sommes conscients que ce biais limite notre perception de la Terre Pure à son aspect doctrinal, sans que nous puissions percevoir les interactions entre la pratique populaire de la Terre Pure et son explicitation doctrinale.


Extrait du mémoire de Master soutenu à l’Institut Catholique de Paris, intitulé : "La naissance dans la Terre Pure du Buddha Amida - La saisie par un autre ou la sortie du régime de la nécessité".


© esperer-isshoni.fr - février 2008
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[1Cf. Hônen, Le gué vers la Terre Pure, senchaku-shû, traduit du sino-japonais par J. DUCOR, Fayard, 2005, p.57-58.

[2jôdogoso jap.

[3du temple de Hsuan-chung 玄忠寺 (T.83,2646,633a,19)

[4Shinran désigne aussi Shandao comme le « maître du temple de Kuang-Min » 光明寺

[5appelé aussi « maître de Shuryogon in » 首楞嚴院 par Shinran

[6– après son exil, Shinran se désigne aussi lui-même sous le sobriquet de gutoku (jap.) 愚禿-, le "chauve stupide" -, pour dire qu’il n’est ni moine (imbécile) ni laïc (tondu)
– cf. Tannisho, notes déplorant les divergences, l’enseignement oral du saint homme Shinran rapporté par un disciple anonyme, traduit par J. Ducor, International Association of Buddhist culture, Dobosha, Kyoto, 1983, n.37-38.

Hônen lui a donné le nom de Zenshin (jap.) 善信 en 1205 (Tannisho,op. cit., n.84 p.60)

[7Pour mémoire, Hônen a compté comme autres disciples fameux :

  1. Benchô (Chinzei-ha), 1162-1238 ;
  2. Shoku (Seizan-ha), 1177-1247 ;
  3. Ryûdan (Chôrakujiryu), 1148-1227 ;
  4. Kôsai (Ichinengiryu), 1163-1247 ; et
  5. Chosai长西(Kuhonjirû), 1184-1266.

Cf. article de BLOOM, Alfred, “Shinran in the context of pure land tradition”dans Japanese religions vol. 17, January 1992, vol.1 p. 7

[8Chart II “The Seven Pure Land Patriarchs and Their Writings Cited in The Kyôgyôshinshô” dans Shinran Shônin, The Kyôgyôshinshô, the collection of passages expounding the true teaching living, faith, and realizing of the pure land, Translated by D.T. Suzuki, The Eastern Buddhist Society, Shinshû Ôtaniha, Kyôto, 1973 – Nous abrègerons en KGSS de D.T. Suzuki.

[9Hônen rapportera qu’il appuie sa doctrine sur la seule « explication concernant le dépôt du Sutra des contemplations fournie par le Commentaire de Shandao. » (T.83,2612, 242c21) - ce qui provoquera la stupéfaction du religieux qui l’interroge (voir Hônen, Le gué ..., op. cit., p.161).
Le passage de Shandao en question dit ceci :

« du point de vue du vœu primordial du Buddha [Amida], l’intention [du Sutra des contemplations], c’est que les êtres prononcent exclusivement 專 le nom du Buddha Amida de manière unidirectionnelle一向 ».
En chinois : 望佛本願意 在衆生 一向專稱彌陀佛名。(T.37,1753, 278a26)

[10Même si c’est en lisant une phrase de Shandao reprise par Genshin qu’Honen découvrira l’œuvre de Shandao.
Cf. Hônen, Le gué ..., op. cit.,p.72 n.1. La phrase est la suivante :

« Si vous pouvez pratiquer le nembutsu de manière exclusive comme décrit ci-dessus, continuellement et à chaque instant jusqu’à la fin de votre vie, vous irez naître dans la Terre Pure à dix sur dix et à cent sur cent »

(ibid. p71-72 – Ducor traduit le chinois T.83,2608,4b1)

[11Hônen, Le gué ..., op. cit.,p.200

[12Pour la discussion sur l’identité de Nagarjuna, voir FUJITA Kotatsu, « Pure Land Buddhism in India » dans FOARD James Harlan (ed.), The Pure Land Tradition : History and Development, Berkeley Buddhist Studies ; Hardcover, 1996, p.33.

[13(jûjûbibashron jap. - T. 26, 1521

  1. Les translittérations en caractères latins (romanji) des prononciations japonaises des titres écrits en caractères chinois proviennent du fascicule annexe du Hôbôgirin : Répertoire du canon bouddhique sino-japonais, édition de Taisô, compilé par Paul Demiéville, Hubert Durt et Anna Seidel, deuxième édition révisée et augmentée, Maisonneuve, 1978

[14daichidoron jap., T.25,1509

[15ôjôron jap.

[16muryôjukyôupadaishaganshôge jap., T. 26, 1524

[17Un des « quatre textes qui exposent directement l’enseignement de la Terre Pure » (Payne citant Hônen – cf. PAYNE Richard, « The Five Contemplative Gates of Vasubandhu’s Rebirth Treatise as a Ritualized Visualization Practice », dans FOARD James Harlan (ed.), The Pure Land Tradition : History and Development, Berkeley Buddhist Studies ; Hardcover, 1996, p.233.

[18muryjukyôubadaishaganshôgechû jap. ou 往生論註 (ôjôronchû jap., T. 40, 1819

[19(anrakushû jap., T. 47, 1958

[20T. 47, 1959

[21(kammuryôjubutsukyôsho jap., T.37, 1753)
Hônen considère ce commentaire comme la « boussole indiquant la Terre Pure de l’Ouest, les yeux et les jambes du pratiquant !’ » (Hônen, Le gué ..., op. cit., p. 204)

[22ôjôraisange jap., T. 47, 1980

[23ôjôyôshû jap., T.84,2682

[24Traduction du titre en français par Ducor dans : Hônen Le gué (..), op. cit., p. 7

[25senchakuhongannembutsushû jap., T.83,2608) abrégé en senchaku.
Signalons la prononciation « senjaku » retenue par l’école du Jôdo shinshû.

[26kenjôdoshinjitsukyôgyôshômonrui jap., T.83,2646)
Nous avons utilisé la traduction d’Inagaki, qui était disponible sur Internet à l’adresse : http://www12.canvas.ne.jp/horai/kgss-a.htm.
Nous avons confronté ses choix de traduction à l’original dans le Taishô.
Nous avons aussi utilisé la traduction par D.T. Suzuki du KGSS avec ses notes.

La traduction en anglais du titre par Suzuki se lit : «  the collection of passages expounding the true teaching [,] living, faith, and realizing of the Pure Land  », à rapprocher de celle d’Inagaki : « a collection of passages revealing the true teaching, practice, and enlightnement of the Pure Land way”.

En français, une traduction possible serait respectivement :

  • “la compilation de passages exposant le vrai enseignement, la vraie façon de vivre et la vraie réalisation de la Terre Pure » (pour Suzuki) ou
  • « une compilation des passages révélant le vrai enseignement, la vraie pratique et la vraie illumination de la voie de la Terre Pure » (pour Inagaki).

[27kyôgyôshinshô . Dans la suite de notre travail, nous désignerons cet ouvrage sous l’acronyme KGSS.

Le titre long respecte la tripartion traditionnelle bouddhiste en enseignement, pratique et réalisation, tandis que le titre abrégé exprime l’originalité de la doctrine de Shinran, en plaçant la « foi » 信 avant la réalisation 證 ;
le chapitre sur la foi est le plus long des six chapitres du KGSS (cf. KGSS de D.S. Suzuki, p.203 n.2).
[Pour mémoire, la quadripartition de Shinran apparaît pour la première fois dans le KGSS en T.83,2646,589b6].

[28 Tannisho, notes déplorant les divergences, l’enseignement oral du saint homme Shinran rapporté par un disciple anonyme, traduit par J. Ducor, International Association of Buddhist culture, Dobosha, Kyoto, 1983. Le livre contient le texte en japonais.
Plusiseurs versions du Tannisho sont disponibles en anglais : voir traduction par Dennis Hirota (dir.), Hisao Inagaki, Michio Tokunaga, et Ryushin Uryuzude ou traduction de Taitetsu Unno.

[29Hônen commente les citations en disant : « Commentaire personnel » 私云ou :私問曰(17 occurrences dans le senchaku).
Shinran conclut ses chapitres en se désignant comme le « chauve stupide » 愚禿.

[30muryôjukyô jap., T. 12, 360
En plus d’un texte sanscrit et d’une traduction tibétaine, cinq traductions chinoises nous sont parvenues (cf. KGSS de D.T. Suzuki, p.336 ; voir aussi FUJITA Kotatsu, « Pure Land ... », art. cit., p.7, avec des différences sur les dates entre les deux sources).
La plus connue est celle de Samghavarman 康僧鎧 Kô Sôgai jap. (T.12,360) sous la dynastie Wei en 252 A.D. d’après KGSS – en réalité par Buddhabhadra et Paoyun vers 421 A.D. selon Fujita.
Les quatre autres traductions comprennent :

  • la traduction dite du Grand Sutra d’Amida 大阿彌陀經(daiamidakyô jap.,T.12,362) vers 223-228 A.D. selon KGSS de D.T. Suzuki, 222-253 A.D. selon Fujita, avec 24 vœux ;
  • la traduction Han vers 258 A.D.dite du Sutra de l’éveil égal 平等覺經 (byôdôgakukyô jap., T. 12,361) ;
  • la traduction dite de l’assemblée du Tathagata de vie infinie 無量壽如來會(muryôjunyoraie jap.,T. 11,310[5]) vers 706-713 A.D. sous les Tang, traduite par Bodhiruci 菩提流志 Bodairushi jap. (ne pas confondre avec son homonyme du VIème siècle) ;
  • la traduction dite de l’Ornement de la Vie infini 無量壽莊嚴經 (muryôjushôgongyô jap., T. 12,363), sous les Sung en 980 A.D. selon KGSS de D.T. Suzuki, 991 A.D. selon Fujita.

Voir l’article précité de Fujita pour une comparaison entre les cinq traductions chinoises.

[31kammuryôjubutsukyô jap., T. 12, 365
Traduit par Kalaysas entre 424 et 442. Nous ne disposons que d’un seul texte, en chinois

[32amidakyô jap., T. 12, 366
Traduction de Kumarajiva vers 402.
Voir T.12, 367 pour la traduction de Xuanzang en 650 [ Correction à apporter à Hônen, Le gué..., op. cit., p130 n.2].
Nous disposons d’un texte sanscrit et d’une traduction tibétaine (FUJITA Kotatsu, « Pure Land ... », art. cit., p.8).

[33Il convient de ne pas opposer trop radicalement les sutra et les textes des patriarches : Shandao demande à ce que l’on recopie son commentaire, inspiré par une mystérieuse apparition « comme un sutra », et Hônen considèrera que le Commentaire de Shandao est un « exposé direct de ‘Mida » [Hônen, Le gué ..., op. cit.,p.204].

[34D’après la correspondance entre l’année du bois/tigre et de l’eau/singe et le calendrier grégorien, correspondance fournie par Inagaki dans sa traduction du KGSS, le Bouddha Sakyamuni serait né en 1027 B.C. et mort en 949 B.C. selon ce qu’écrit Shinran – cf. T.83,2646, 640c6.7.

[35Jôdo sambukyô (jap)

[36Hônen, Le gué ..., op. cit.,p.51. Voir aussi T.2608, 2a7. Rappelons que le senchakû est structuré en fonction de la Trilogie :

  • Sutra de Vie Infinie (chap. III à VI) ,
  • Sutra de la Contemplation – Ducor l’appelle le Sutra des contemplations - (chap. VII à XII),
  • Sutra d’Amida (chap.XIII à XVI).

[37Pour Shinran, il constitue le « vrai enseignement » 眞實教. Voir T.83,2646,589b7

[38Shinran associe le Sutra long au hongan, au dix-huitième vœu, le Sutra de la Contemplation au dix-neuvième vœu (le « vœu provisoire » selon Shinran), et le Sutra court au vingtième vœu, en accord avec la suprématie qu’il donne au Sutra long. (cf. SHIGEMATSU Akihisa, « An Overview of Japanese Pure Land » dans FOARD James Harlan (ed.), The Pure Land Tradition : History and Development, Berkeley Buddhist Studies ; Hardcover, 1996, p.305).

  • Voir aussi l’article : BLOOM, Alfred, “Shinran in the context of pure land tradition” dans Japanese religions vol. 17, n°1, January 1992, Kyôto, 1992, ISSN 0448-8954, p.20-21 pour la division de la vie religieuse selon les trois vœux.
    Indépendamment des nuances de sensibilité des différents auteurs, rappelons que le Sutra long possède un privilège indéniable puisqu’il sera préservé cent ans 百歳 de plus que les autres sutra lors de la disparition de la Loi. Cf. T.12,360, 279a12

[39En sachant que la version sanscrite n’est pas nécessairement antérieure à la version chinoise : les traducteurs en chinois ont pu avoir accès à des versions sanscrites plus anciennes que la version sanscrite disponible actuellement, versions qui ensuite auraient été perdues.

[40Fujita pense que le texte original sanscrit du Sutra long existait déjà au plus tard vers 200 A.D. (FUJITA Kotatsu, « Pure Land ... », art. cit., p.10).
Selon lui, la version comportant 24 vœux est la version la plus ancienne (FUJITA Kotatsu, « Pure Land ... », art. cit., p.16).

[41Cf. PAS Julian F., Visions of Sukhavati : Shan-Tao’s Commentary on the Kuan Wu-Liang Shou-Fo Ching (Suny Series in Buddhist Studies) ; Paperback ; 1995, p.11-12. Pas suit Fujita

[42Fujita lui donne comme lieu d’origine l’Asie Centrale, « possibly in the Turfan area » (FUJITA Kotatsu, « Pure Land ... », art. cit., p.8).

[43La version sanscrite du Sutra long contient 46 vœux (en non pas 48 comme dans une des versions chinoises) ; le 18e vœu n’y figure pas.
Rappelons que la différence entre les listes de vœux existaient déjà dans les versions chinoises elles-mêmes, puisque l’une d’entre elles comporte « seulement » 24 vœux.
A la suite de la découverte de Müller, le Vénérable Bunyu Nanjio a composé une version sanscrite du 18e vœu, à partir des éléments sanscrits du 19e vœu – un cas interessant de « rétro-écriture » (cf. MÜLLER Max (ed), Buddhist Mahâyâna Texts, The Sacred Books of the East, vol. 19, Oxford, Clarendon Press, 1894 ; New York, Dover Publications, 1969, p.73).

[44 jôdo sambu kyô (jap.)

[45 jôdo shû (jap)

[46Cf. Hônen, Le gué..., op. cit., p.48. Cf. T.83,2608,1,c13 pour le chinois.


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