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Quand Shandao 善導 (613-681) répond à l’objection fondamentale contre la Terre Pure

lundi 10 novembre 2014 par Phap

Sommaire général

1. Les auteurs et les textes majeurs du bouddhisme de la Terre Pure
2. La naissance dans la Terre Pure - le point d’arrivée
3. La naissance dans la Terre Pure - le point de départ
4. La naissance dans la Terre Pure - La trajectoire du départ à l’arrivée
5. Shinran (1173-1263) et Hônen (1133-1212) - Quand le disciple va plus loin que le maître
6. Le concept de Terre Pure dans divers sutras du "Grand Véhicule"
7. Trois objections bouddhistes faites au courant de la Terre Pure
8.

Quand Shandao 善導 (613-681) répond à l’objection fondamentale contre la Terre Pure



Shandao 善導(613-681), Patriarche chinois de la Terre Pure, Peinture sur soie, détail, 141 x 55 cm, période Kamakura - chion ji Kyoto


1§ Selon nous, il revient à Shandao d’avoir clairement établi pour la première fois la position qui dominera ensuite la filière de la Terre Pure de Hônen et Shinran.
Après lui, les auteurs ne feront que reprendre et développer son argumentation, jusqu’à Shinran.
Nous aborderons donc uniquement l’argumentation de Shandao, en partant de sa confrontation à une position qui nous semble récapituler les oppositions que nous venons de voir.
Ce faisant, nous retrouverons l’originalité du courant de la Terre Pure.

2§ Shandao (et Daochuo avant lui) est amené à confronter sa doctrine à une école que Tanluan ignorait, l’école She-Lun 攝論 [1]. Cette école résolvait la question du salut des êtres ordinaires en leur attribuant comme lieu de naissance une Terre Pure de niveau sambhoga inférieur [2].
Par ailleurs, l’école She-lun posait que les êtres ordinaires devaient renaître plusieurs fois avant d’accéder à la Terre Pure d’Amida : c’est le point de vue appelé « visée pour plus tard » 別時意, qu’Asanga (390-470 ou 310-390) avait déjà développé contre la Terre Pure [3].

3§ Shandao ne pouvait accepter une telle position qui limitait la portée du salut de la naissance dans la Terre Pure d’Amida.
Pour Shandao, la pratique du nembutsu vocal garantit aux êtres ordinaires leur naissance « immédiate » (elle ne sera pas différée dans des renaissances éloignées, contrairement à la doctrine de la « visée pour plus tard ») dans la Terre Pure d’Amida, du fait de la puissance de son vœu qui supplée à leur propre incapacité. Citons Shandao :

« En ce qui concerne le grand Vœu, le Sutra long dit : ’Tous les êtres ordinaires, bons et mauvais, [qui désirent] obtenir la renaissance, doivent absolument se procurer le pouvoir karmique du grand Vœu du Bouddha Amida comme condition décisive’ " [4]

« Le vœu universel d’Amida a le grand pouvoir, qui rend capable de faire naître [dans sa Terre Pure] immédiatement les gens ordinaires s’ils récitent le Nom ». [5].

4§ Certes, en régime normal, les êtres ordinaires n’accèdent pas à un sambhoga ksetra 報化 – mais la Terre Pure d’Amida outrepasse le régime normal, parce qu’elle résulte de la réalisation du Vœu du Bodhisattva Dharmakara. Le raisonnement de Shandao peut s’analyser ainsi [6] :

  1. les vœux prononcés par Dharmakara garantissent aux êtres ordinaires la naissance dans la Terre Pure d’Amida, une Terre Pure où ils éprouvent la délivrance des obstacles à l’Éveil « immédiatement » - c’est-à-dire sans avoir à renaître encore (contre l’école She-Lun) ;
  2. ces vœux sont effectifs – « ils ne sont pas vains » [7] - : en effet, l’effectivité des 48 vœux constitue la condition pour que le Bodhisattva Dharmakara devienne Bouddha. Or, et c’est là l’affirmation capitale, « il est devenu Bouddha » [8], donc ses vœux ont pris effet et continuent d’agir maintenant encore ;
  3. Shandao affirme que nous savons cela parce que le Bouddha Sakyamuni nous l’a transmis dans les sutra, et la parole du Bouddha Sakyamuni est véridique.

5§ La controverse avec l’école She-Lun nous a permis de mettre en lumière l’enjeu central, apparu clairement avec Shandao : le salut des êtres ordinaires, engagés dans les passions, salut voulu et réalisé par Amida grâce à l’excellence du dispositif salvifique qu’il a développé pendant sa carrière de boddhisattva.
Dans ce dispositif, la Terre Pure tient une place majeure, puisque le salut est garanti à celui qui y naît, et cette naissance est accessible à tous, y compris aux gens ordinaires et même aux grands criminels.

6§ Shandao attribue la première place à la Terre Pure d’Amida parmi toutes les Terres Pures de Bouddha, du fait de son accessibilité universelle.
Cette suprématie de la Terre Pure d’Amida se disait déjà dans le Sutra de la Contemplation, lorsque la reine Vaidehi choisissait parmi toutes les Terres Pures celle d’Amida.

Il faut aller plus loin, et dire que la Terre Pure est non seulement supérieure à toutes les Terres, mais même qu’elle échappe à toute comparaison avec les autres, dans la mesure où elle seule peut accueillir les êtres ordinaires, tout en étant une terre de rétribution [9].

7§ Cette excellence indépassable de la Terre Pure va de pair avec l’excellence de celui qui l’a réalisée, le Bouddha Amida : la supériorité de la carrière du Bodhisattva se disait dans le Sutra long, qui montrait Dharmakara étudiant les best practices (les meilleures pratiques) des Bouddha avant de tracer une carrière (sous-entendu, supérieure à la leur).
Sa supériorité est confirmée par les louanges que lui adressent les Bouddha, conformément à ses vœux (vœux dont, rappelons-le, nous savons qu’ils sont réalisés).

8§ Le Bouddha Amida finit par apparaître comme supérieur au Bouddha Sakyamuni, qui lui semble subordonné [10].

Shandao attribue encore au Bouddha Sakyamuni un rôle répondant à celui d’Amida : il envoie les êtres vers le Bouddha Amida, ce dernier se chargeant de les accueillir sur sa Terre (cf. la parabole du chemin blanc) [11].

Il en ira différemment avec Shinran lorsqu’il écrit : « le premier objectif de Sakyamuni en apparaissant dans le monde était d’exposer ce sutra [le Sutra Long] » [12].

Bloom l’exprimera clairement : « on peut tracer de manière générale un chemin qui part d’un Bouddha relatif, un Bouddha parmi d’autres, au Bouddha à la tête de tous les autres pour Shandao, puis au Bouddha supérieur à tous les autres chez Hônen, jusqu’au Bouddha suprême chez Shinran » [13].

9§ Reprenons ce deuxième chapitre de plus haut.
Il nous semble que la rupture instaurée par la filière de la Terre Pure que nous étudions repose sur une logique [14] poussée à son terme.
Il s’agit de rendre compte d’un salut accessible à tous, y compris aux grands criminels [15].
Cette universalité du salut (qui entre en tension avec la lecture littérale des clauses restrictives des vœux du Sutra long) demande à nos auteurs un travail sur deux fronts :

  • toujours demander moins aux destinataires du salut, puisque même ceux qui ont commis les 5 graves offenses doivent pouvoir être sauvés ;
  • toujours attendre plus du dispositif de salut, considéré sous l’angle du dispensateur du salut (le Bouddha Amida, ex-Bodhisattva Dharmakara, et la geste d’accomplissement de ses Vœux), de sa Terre Pure, du Nembutsu (entendu comme pratique pour un salut à venir ou comme réponse de gratitude spontanée au salut déjà éprouvé, cette dernière position étant celle de Shinran).

10§ Cette logique permet de dessiner un échelonnement des options concernant ce salut, étalonnées selon la part respective de jiriki et de tariki. Il est alors possible de situer les différents auteurs sur cette échelle, comme nous l’avons déjà fait plus haut [16].

Maintenant que nous sommes munis de ce spectre d’analyse, nous voudrions revenir sur la parabole du Chemin Blanc afin de traiter un point délicat : si nous nous en souvenons bien, le tournant dans l’histoire s’est produit quand le voyageur en fuite a « calculé » que le risque de traverser représentait la moins mauvaise solution : c’est seulement après ce calcul que les voies de Sakyamuni et d’Amida se sont élevées.
Il semblerait donc que l’homme a une part active dans son propre salut, autrement dit la part de jiriki dans le salut ne serait pas nulle [17]. Cette position présente l’avantage de donner au Pouvoir Autre toute la place.

12§ Blum se situe ailleurs sur le spectre d’analyse : pour lui, la pratique [de l’être vivant] chez Shinran fait sens dans la mesure où elle s’oblitère elle-même.
Nous comprenons ainsi la position de Blum : l’être vivant fait des efforts jusqu’à ce qu’il en comprenne la vanité ; désespérant alors de son propre pouvoir, il s’en remet à la toute-puissance du Vœu compatissant d’Amida [18].
Conformément à la doctrine du tariki, la pratique selon le jriki ne produit pas d’effet positif dans la période de la Décadence de la Loi ; il faut cependant l’exercer comme étape préparatoire. Cette dernière position est intéressante dans la mesure où elle rend compte de l’expérience existentielle de Hônen et de Shinran, insatisfaits des pratiques courantes de l’époque.

13§ Nous aimerions atténuer l’impression de système que peut dégager notre travail. Rappelons que les adeptes de la Terre Pure ne sont pas mûs seulement par le plaisir intellectuel que procure toute doctrine globale, mais qu’ils trouvent dans le courant de la Terre Pure des gratifications affectives.
Nous en voulons pour preuve les expressions de joie et de gratitude de Shinran envers Amida dans son KGSS. Il nous semble que, fondamentalement, les adeptes de la Terre Pure se perçoivent comme faisant l’objet de l’infinie compassion (portée par la lumière infinie) du Bouddha Amida, alors même qu’ils ne peuvent se prévaloir d’aucun mérite propre. Shandao l’a dit explicitement :

« Parce que ce Bouddha veille seulement sur les adeptes du Nembutsu, qu’il les embrasse et qu’il ne les abandonne pas 攝取不捨, il est appelé Amida » [19]

14§ Ce pouvoir d’embrasser de manière indéfectible ceux qui invoquent le Bouddha (nembutsu vocal) est inclus dans le Nom du Bouddha, autrement dit il le caractérise, il l’identifie.
Cette étreinte indéfectible garantit aux adeptes du nembutsu la naissance dans la Terre Pure d’Amida, et par delà, l’Illumination. Comment l’adepte du Nembutsu ne pourrait-il pas laisser éclater sa joie et sa gratitude ?


Extrait du mémoire de Master soutenu à l’Institut Catholique de Paris, intitulé : "La naissance dans la Terre Pure du Bouddha Amida - La saisie par un autre ou la sortie du régime de la nécessité".


© esperer-isshoni.fr - février 2008
© esperer-isshoni.info - novembre 2014

[1Cette école tire son nom de son texte fondateur, le Mahayana samparigraha d’Asanga : 攝大乘論

[2Cf. PAS Julian F., Visions of Sukhavati,… op. cit., p.152.
She-Lun participait d’une ligne de pensée qui distinguait non pas trois, mais quatre niveaux de Terre Pure, en subdivisant en deux le niveau sambhoga.

[3Cf. PAS Julian F., Visions of Sukhavati,… op. cit., p.154. Nous traduisons : “intention toward another time” par « visée pour plus tard ».
Cf. FUJITA, Kôtatsu, “Pure Land Buddhism in India”, op. cit.,p.34, qui propose la traduction : « intention indicative of another time ». D’après Fujita, Vasubandhu a repris la critique de son frère dans son commentaire sur le Mahayanasangraha.

[4(notre traduction de l’anglais) :
«  Concerning the great Vow, the Longer Sutra says : “All ordinary beings, good or evil [wishing to] obtain rebirth, must absolutely avail themselves of the karmic power of Buddha Amita’s great Vow, as the decisive condition".
in PAS Julian F., Visions of Sukhavati,… op. cit., p.146, traduisant le chinois : 言弘願者。如大經説。一切善惡凡夫得生者莫不皆乘阿彌陀佛大願業力爲増上縁也。(T.37,1753,246b10-11).

Le KGSS reprend cette citation de Shandao en T.83,2646,594c1.3

Pour mémoire, Tanluan distingue le pouvoir karmique produit par la geste du Bodhisattva Dharmakara et le pouvoir karmique du Bouddha Amida qui maintient sa Terre (cf. KGSS citant Tanluan en T.83,2646,624c14.15).

[5Nous traduisons ce passage du KGSS d’Inagaki :
Amida’s universal Vow has the strong power, enabling ordinary people who recite the Name to attain birth immediately
Le chinois dit : 直爲彌陀弘誓重。致使凡夫念即生。(T.83,2646,630b15).
[Shinran cite à nouveau ce passage de Shandao en T.83,2646,630b18].
La déclaration de Shandao figure dans ses Hymnes (cf. T.47,1979,435b11-12). [Ce passage a déjà été cité plus haut lors de l’affaire de la pétition]

[6Pour le détail, voir la citation de Shandao par Shinran dans le KGSS T.83,2646,625b6-18.

[7願不徒然. Cf. Tanluan cité par Shinran en T.83,2646,624c25

[8Shandao dit : 今既成佛。(cf. T.37,1753,250b18 cité par Shinran en T.83,2646,625b12

[9Voir en ce sens BLUM, Mark L., The Origins and Development of Pure Land Buddhism, op. cit., n.55 p.224 : « Only Amida Buddha brings ordinary beings to a sambhogakâya-Buddhaksetra »
« Seul le Buddha Amida amène les êtres ordinaires dans une Terre de Bouddha de rétribution » (nous traduisons de l’anglais).

[10L’accusation de rabaisser Sakyamuni fait partie des neuf chefs d’accusation dressés par Jôkei contre Hônen.
Rappelons aussi qu’en vérité absolue, la notion de supériorité s’effondre, puisque « selon la formule du Ratnakuta (T 310, k. 86, p. 493 b-c), ‘ tous les Buddha ne sont qu’un seul Buddha, et tous les Buddhaksetra ne sont qu’un seul Buddhaksetra’ ». (L’enseignement de Vimalakirti, …,Lamotte, op. cit., p.400).
Shandao en est conscient, qui explique pourquoi il s’attache exclusivement au Bouddha de l’Ouest [Amida] : “Même si l’Illumination de tous les Bouddha est unique et la même pour tous, si on les aborde sous l’angle de leurs vœux et de leurs pratiques, chacun a ses propres causes et conditions”.
Nous traduisons le KGSS d’Inagaki : “Although the Enlightenment of all Buddhas is one and the same, when discussed in terms of vows and practices, they have their own causes and conditions”.
Inagaki traduit : 諸佛所證平等是一。若以願行來取。非無因縁。(T.83,2646,594a8-9). [N.B. : D’après Inagaki, il s’agit d’une citation de Shandao extraite des ses hymnes. Nous avons trouvé le passage chez Shandao en T.47,1980,47,439b10-11]

[11Voir PAS, Julian F., Visions of Sukhavati, op. cit., p.161-162

[12How do we know that Shakyamuni’s primary objective in appearing in this world was to expound this sutra ?
(Comment savons-nous que le premier objectif de Sakyamuni en apparaissant dans le monde était d’exposer ce sutra ? – notre traduction de l’anglais)
- Inagaki traduisant T.83,2646,589b12 :何以得知出世大事.

Plus loin, Shinran redira que « la raison pour l’apparition du Tathagata [Sakyamuni] dans le monde… est seulement de présenter ce sutra [le Sutra court] » - nous traduisons Inagaki : «  Thus, the reason for the Tathagata’s appearance in the world, (…) , is solely to present this sutra. “ qui traduit T.83,2646,630b20.

Shinran justifie son affirmation par le fait inédit que le Bouddha Sakyamuni a exposé de lui-même le Sutra court, sans avoir été interrogé au préalable
(Ducor complète cet argument en note : cf. Hônen, Le gué.., op. cit., n.1 p.177) : Avant Shinran ; Hônen avait dit que « Fondamentalement, l’intention du Bouddha était d’exposer directement la seule pratique du nembutsu  ». (Hônen, Le gué…, op. cit. p.106).
Ducor traduit le chinois : 原夫佛意雖唯欲正直説念佛之行。(T.83,2608,8a13)

[13Nous traduisons de l’anglais : « we can generally trace a path from a relative Buddha as one among many, to the chief in Shan-tao, to superior in Hônen and Supreme in Shinran”. Article de BLOOM, Alfred , “Shinran in the context of pure land tradition” dans : Japanese religions vol. 17, January 1992, vol.1, , Kyoto, p.15.

[14Rappel : la logique proposée ne prétend pas au statut d’une loi causale qui ferait que les développements de la Terre Pure étaient « nécessaires » historiquement : la logique que nous proposons résulte d’un travail de reconstruction a posteriori.

[15Nous trouvons une confirmation de notre théorie chez Blum : « Même si le salut universel est au minimum sous-entendu dans toutes les formes du Bouddhisme, il constitue un présupposé hermeneutique fondemental de la doctrine de la Terre Pure ». Nous traduisons de l’anglais : « Although universal salvation is at least implied in all forms of Buddhism, in Pure Land doctrine it is a foundational hermeneutic presumption”, BLUM, Mark L., The Origins and Development of Pure Land Buddhism, …, op. cit., n.48 p.179

[16Pas propose un étalonage similaire quand il écrit :
“Alors que l’attitude de Shinran constitue sans doute un extrême, celle de Sakyamuni (ne compter que sur soi-même) étant l’autre extrême, il n’est peut-être pas injustifié de situer Shandao quelque part à mi-chemin entre les deux : la foi (sincérité !) et l’effort individuel s’équilibrent pour aboutir à une harmonie qui reste humaine”.
Nous traduisons de l’anglais : «  Whereas Shinran’s attitude is perhaps one extreme and Buddha Shâkyamuni’s (complete self reliance) the other, it does not seem unjustified to put Shantao somewhere in the middle : both faith (sincerity !) and self-effort are balanced out and brought to a humanistic harmony.” PAS, Julian F., Visions of Sukhavati ..., op. cit , p.322-323

[17il faudrait aussi se demander quelle est la nature de ce chemin blanc : provient-il d’Amida ou de l’homme ou des deux ?].

11§ Plusieurs positions peuvent être tenues sur ce point. Pour certains, Amida est l’acteur du processus en son entier ; dans cette optique, le « calcul » de l’homme qui traverse le chemin blanc résulte de l’activité d’Amida [[« Dans le Mattô-shô, ainsi que dans la conclusion du Shôzômatsu wasan Shinran lui-même reconnaît que le processus par lequel l’homme atteint le salut, cette économie du salut où tout, du début à la fin, s’accomplit par le travail naturel de la puissance du Vœu dans une indépendance totale vis-à-vis des intentions, des efforts et des raisonnements de l’homme, sont au-delà de toute intelligence humaine. Si cela n’était pas le cas, le salut pourrait être réalisé par l’effort de l’homme et cesserait d’être exclusivement le fruit de la puissance de l’autre » GIRA, Dennis, La conversion…, op. cit., p 213

[18Nous nous inspirons du passage suivant :
« Mais l’interprétation la plus radicale provient de Shinran qui a renvoyé la question [à savoir quelle est la seule et unique pratique révélée pour naître dans la Terre Pure] comme déplacée. En étendant l’implication que les Vœux du Bouddha sont adressés aux gens ordinaires, il montra que le paradigme tradtionnel de la pratique comme la cause et l’illumination comme son effet devait être mis de côté au profit d’un nouveau schéma dans lequel la pratique n’a de sens que quand elle conduit à son propre effacement, puisque c’est à ce moment là que la grâce du Bouddha pouvait se réaliser ».
Nous traduisons Blum : «  But the most radical interpretation came from Shinran, who dismissed this issue as irrelevant. By expanding the implication that the Buddha’s Vows are directed to ordinary people, he show that the traditional paradigm of practice as cause and enlightenment as its effect had to be set aside for a new scheme where practice had meaning only when it led to its own obviation, as it was at that point that the grace of the Buddha could be realized.” BLUM, Mark L., The Origins and Development of Pure Land Buddhism, …, op. cit., n.16 p.274

[19Nous traduisons Inagaki : « Since this Buddha watches over only the Nembutsu followers, embraces them and does not forsake them, he is called ’Amida.’”.
Inagaki traduit : 唯觀念佛衆生攝取不捨故名阿彌陀已上又云 T.83,2646,594a18.

Shinran reprend la finale de la formule de Shandao en T.83,2646,596b16 : 攝取不捨。故名阿彌陀佛。[Nous avons trouvé le passage correspondant chez Shandao en T.47,1980,439c23-24]


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