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Bouddhisme Theravada - La cosmologie bouddhiste

vendredi 6 février 2015 par Franck

Table des matières

  1. Le triple monde
  2. Les quatre sortes de naissance
  3. Sortir de là

1 Le triple monde

1§ La cosmologie bouddhiste détaille la topographie du cadre dans lequel les êtres vivants circulent : elle distingue 5 destinées gati et 3 mondes dhatu (le regroupement des trois mondes est appelé le Triple Monde traidhatuka).

2§ Les 5 destinées comprennent trois destinées malheureuses durgati,

  • 1) celle des êtres dans les enfers,
  • 2) celle des animaux,
  • 3) celle des pretas – des esprits affamés -,

et deux destinées heureuses sugati  :

  • 1) celles des hommes et
  • 2) celle des êtres célestes, des deva, des « dieux ».

Dans les destinées malheureuses, les êtres vivants ne peuvent pas penser à la Voie [du Bouddha] ni la pratiquer car leur mental est en permanence occupé à subir des désagréments (subir la souffrance des tourments dans les enfers, subir la souffrance de la faim pour les preta, subir la souffrance de la sottise pour les animaux)
Dans les destinées célestes (une des deux destinées heureuses), les deva sont soumis aussi aux sensations, mais cette fois-ci agréables. Ces sensations sont si agréables que les deva ne pensent pas à la Voie et ils ne la pratiquent pas. A tort, car une fois les fruits de rétribution épuisés, ils mourront [1] pour circuler ensuite dans les autres destinées.
C’est seulement dans la première destinée heureuse, celle des hommes, que l’on peut penser à la Voie et la pratiquer : en effet, l’être humain n’est pas totalement obnubilé ni par la souffrance ni par la jouissance ni par la bêtise.

3§ Notons l’importance des états mentaux : il est possible de caractériser chacun des niveaux du Triple Monde par un état mental.
Renou l’a souligné dans son ouvrage : « « Ils [les plans du Triple Monde] sont ainsi définis par rapport à l’occupation d’esprit spécifique des êtres qui y résident » [2].

4§ La destinée des hommes constitue donc une charnière parmi les cinq destinées, et y naître constitue une opportunité exceptionnelle.

5§ La cosmologie bouddhiste articule ces cinq destinées par rapport à 3 mondes dhatu  :

  • 1. le monde du désir, kamadhatu, lieu des quatre premières destinées (êtres dans les enfers, animaux, pretas et hommes) ainsi que d’une partie des deva  [3].
  • 2. le monde de la forme, de la matière subtile, rupadhatu, où séjournent les deva appelés brahma : les habitants connaissent les états mentaux correspondant à une des quatre « méditations » (autre traduction : « absorptions ») dhyana de la contemplation samadhi (la contemplation constitue l’une des 8 branches de l’octuple chemin) [4]
  • 3. le monde sans forme arupadhatu  : les deva qui y habitent connaissent les états mentaux d’un des quatre « recueillements » (autre traduction : « ravissements ») samapathi de la "contemplation" samadhi  [5]


2 Quatre types de naissance :

6§ Les naissances sont de quatre types :

  • 1. ceux qui sont nés d’un oeuf
  • 2. ceux qui sont nés d’une matrice yoni
  • 3. ceux qui sont nés de l’humidité / exsudation
  • 4. ceux qui sont nés spontanément : les dieux (deva) y compris les brahma(s), et les esprits malheureux affamés (peta)

7§ Les peta peuvent se souvenir de leur dernière existence, aussi viennent-ils demander de l’aide à leur famille encore vivante. Le rite d’alimenter ces « âmes » trouve là une explication, écrit Môhan [6].


3. Sortir de là

8§ La cosmologie bouddhiste reprend la cosmologie indienne de son temps.
Les maîtres non-bouddhistes possédaient ce savoir cosmologique, comme le montre l’histoire de la formation de Siddharta Gautama avant son Éveil : il a appris à se projeter dans les plans les plus hauts, ceux des recueillements samapathi, auprès de maîtres non bouddhistes [7].
Siddharta a cependant éprouvé que ces états n’échappaient pas à l’impermanence, qu’ils ne conduisaient pas à l’apaisement et qu’ils étaient inclus dans dukkha, la douleur, le mal-être, l’insatisfaction : il est alors allé plus loin, jusqu’à produire un savoir supra-mondain qui avait échappé à ses maîtres, et atteindre l’Éveil.

9§ Pour ce faire, Siddharta Gautama a dû démonter le mécanisme qui enchaîne les êtres vivants dans le cycle de vies et morts, dans le samsara. C’est ce que nous allons voir .


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[1

chez le dieu dont la mort approche, apparaissent cinq signes avant-coureurs :
1. de ses vêtements et de ses ornements sortent des sons déplaisants ;
2. l’éclat de son corps diminue ;
3. des gouttes d’eau restent attachées à son corps après le bain ;
4. malgré sa mobilité naturelle, son esprit se fixe sur un objet ;
5. ses yeux, naturellement fi
xes, s’ouvrent, se ferment, sont troubles.

extrait de Abhidharmakosa vol 2 p 136

[2Renou, L., Filliozat, J., L’Inde classique, Manuel des études indiennes, Tome II, Paris, Imprimerie Nationale, École Française d’Extrême Orient, Hanoï, 1953, § 2259.

[3Le monde du désir comporte 11 plans :

  1. Enfers
  2. Animaux
  3. Esprits affamés
  4. Asuras – esprits guerriers, titans
  5. Les êtres humains
  6. Les devas des 4 grands rois
  7. Les 33 divinités
  8. Les yama devas
  9. Les devas satisfaits (tusita)
  10. Les devas créateurs pour leur plaisir,
  11. Les devas maîtres des créations

Signalons que le bodhisattva Maitreya réside dans le 9e plan, le ciel des tusita.

[4Le monde de la forme comporte 16 plans, répartis sur les 4 dhyana  :

  1. La suite de Brahma (1° dhyana)
  2. Les ministres de Brahma (1° dhyana)
  3. Les grands Brahmas(1° dhyana)
  4. Les devas de lumière limitée (2° dhyana)
  5. Les devas de lumière illimitée (2° dhyana)
  6. Les devas de lumière rayonnante (2° dhyana)
  7. Les devas à « bien être inférieur » (3° dhyana)
  8. Les devas « bien être illimité » (3° dhyana)
  9. Les devas de « Tout bien-être » (3° dhyana)
  10. Les devas très fécond (4° dhyana)
  11. Les êtres sans conscience (4° dhyana)
  12. Les devas qui ne retombent pas (4° dhyana)
  13. Les devas impassibles (4° dhyana)
  14. Les devas magnifiques (4° dhyana)
  15. Les devas de clair vision (4° dhyana)
  16. Les devas sans égaux (4° dhyana)

Le Grand Brahma, qui croit être le Créateur tout-puissant, habite le 14e niveau.
Pour la liste en anglais, voir :http://www.accesstoinsight.org/ptf/dhamma/sagga/loka.html

[5Le monde sans forme comporte 4 domaines ayatana (ne pas parler d’étages ici, recommande Renou §2262), chacun correspondant à un samapatti ou « dhyana sans forme » :

  • lieu d’infinité d’espace
  • Lieu d’infinité de la connaissance
  • Lieu du néant
  • Lieu de la non-conscience non inconscience [bhavagra]

[6« Une grande partie du culte des ancêtres chez les bouddhistes des pays d’Asie est fondée sur cette idée à laquelle se mêlent diverses croyances locales. » Wijayaratna, Môhan, La philosophie du Bouddha avec la traduction intégrale de dix textes du Canon bouddhique, Éditions de la Sagesse, Lyon 1995, n.4 p 209.
Wijayaratna renvoie à Digha. III, 230 ; Majji. I, 73 ; Samyutta . III, 240-241

[7Ces deux maîtres non-bouddhistes s’appelaient : Alara Kalama et Uddaka Ramaputta.
Siddharta a appris auprès d’eux le samapatti de vide et celui de ni perception ni non perception.
[Après son Éveil, il voudra aller les prêcher mais ils étaient morts à ce moment-là].
Voir en anglais le sutra : MN 36 Maha-Saccaka Sutta Translated from the Pali by Thanissaro Bhikkhu PTS : M i 237
Voir le sutra en français dans : Silburn LE BOUDDHISME ANCIEN p 27


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