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Bouddhisme Theravada - Le mécanisme des vies et morts. La loi du karma

vendredi 6 février 2015 par Franck

Table des matières


1§ Le Bouddha Sakyamuni fait l’expérience d’échapper à un processus où toutes les choses sont marquées d’un triple caractère [1] :
Toutes les choses sont :

  • 1. impermanentes anitya car composées samskrta
  • 2. dépourvues d’être en soi anatmaka
  • 3. insatisfaisantes – « douloureuses » dukkha

2§ La doctrine bouddhiste explique traditionnellement cette triple caractéristique en un double mouvement :

  • elle pratique une analyse qui décompose tous les phénomènes : c’est la doctrine des cinq agrégats,
  • inversement, elle effectue une synthèse qui montre quelles forces assemblent ces agrégats dans des composés provisoires, dans des « individus conventionnels » : c’est la doctrine de la production conditionnée.

3§ [Nous ne parlerons pas de la doctrine des Quatre Nobles Vérités pour ne pas faire doublon avec des introductions au bouddhisme. Notre exposé les retrouvera de manière indirecte. Ainsi, ce que nous venons de dire renvoie à la première Noble Vérité : « tout est dukkha  »]


1 Analyse. Les Cinq Agrégats

4§ L’analyse bouddhiste décompose tous les phénomènes en les réduisant à l’assemblage de cinq agrégats skandha  :

  • 1. Agrégat du sensible : corporéité, constitution physique rupa
  • 2. Agrégat des sensations samjna
  • 3. Agrégat des notions, perceptions vedana
  • 4. Agrégat des constructions psychiques : volitions [2], formations mentales samskara
  • 5. Agrégat des pensées : connaissance, conscience vijnana

5§ Les agrégats comprennent un agrégat physique, le premier, celui du corps constitué des éléments fondamentaux : eau, terre, air, feu.

5§ Les quatre autres agrégats relèvent du mental : ils vont croissant en sophistication, de la sensation rendue possible par les portes des sens corporels (une surface plane, des barres verticales) à la notion (une table [3]), à la construction psychique (la table est pratique pour étudier, je veux une table de bureau), à la connaissance (je suis un étudiant, un professeur qui travaille sur une table de bureau).

6§ Ces agrégats sont impermanents, ils ne durent pas, dit le bouddhisme :

« La matière est semblable à une houle d’écume,
la sensation à une bulle d’eau,
la conscience à un mirage,
les volitions au tronc du bananier [4]
et la connaissance à un fantôme » [5]

7§ Le Bouddha Sakyamuni a analysé les phénomènes et n’a trouvé que des assemblages d’agrégats, ces agrégats étant soumis à l’impermanence et se conditionnant les uns les autres. Nous allons voir maintenant comment le Bouddha Sakyamuni décrit le processus par lequel ces agrégats se combinent et constituent des existences.


2. Synthèse - la production conditionnée - pratityasamutpada

8§ La loi de production conditionnée (entre autres traductions du sanskrit pratityasamutpada) constitue le noyau du message bouddhiste, si l’on en croit la parole : « Celui qui la comprend comprend la Loi et celui qui comprend la Loi la comprend [6] ».

9§ L’accès à cette Loi est malaisé : Vasubandhu souligne dans l’Abhidharmakosa que la loi de production conditionnée n’est pas facile à comprendre :

« — Comment la série, imprégnée par des actes divers de nature et de force, évolue de telle sorte que, arrivant à tel stade, elle produit tel ou tel fruit : cela les Bouddhas seuls le savent.
Il y a une stance : « L’acte, l’impression causée par l’acte, l’entrée en activité de cette impression, le fruit qui en résulte, nul, sinon le Bouddha, ne connaît tout cela dans la totalité de son processus » [7].

Lorsqu’on comprend cette Loi, ou du moins lorsqu’on commence à la comprendre suffisamment, on ne peut alors qu’acquiescer à la qualification du bouddhisme comme un « phénoménisme » [8] : les phénomènes adviennent parce que les conditions sont là, ils se combinent ou se juxtaposent ou ils se conditionnent, mais il n’y a rien à chercher au dessous d’eux ni au dessus d’eux :

  • rien à chercher au dessous d’eux : il n’y a pas de substrat (ni substance , ni hypostase), qui se maintiendrait inchangé au cours du temps en dessous des phénomènes, et à partir duquel ils se formeraient ;
  • rien à chercher au dessus d’eux : il n’y a pas de grand ordonnateur, d’Être Suprême qui, par sa volonté, déterminerait le cours des choses.

10§ Cette loi de production conditionnée ne fait appel à rien d’extérieur au cercle des phénomènes qui apparaissent et disparaissent, et en ce sens René Grousset a raison de parler de « phénoménisme » à propos du bouddhisme. Ce phénoménisme est cependant régi par la Loi de Production Conditionnée, et ce qui survient ne survient donc pas par hasard : il y a une continuité, qui fait de la graine de sésame germera une pousse de sésame et non de riz. [Nous verrons plus loin comment le bouddhisme a essayé de rendre compte de cette continuité.]

11§ La loi de production conditionnée peut être caractérisée en première approximation par la formule suivante :

« ceci étant, cela est ; de l’apparition de ceci, cela apparaît »
et inversement :
« Ceci n’étant pas, cela n’est pas ; de la suppression de ceci, cela est supprimé » [9]

12§ Les deux premières propositions peuvent renvoyer à la seconde Noble Vérité, l’origine de la douleur, formulée comme suit : parce qu’il y a soif trsna, il y a douleur : dukkha
Les deux suivantes peuvent être interprétées comme une autre formulation de la troisième Noble Vérité, la cessation de la douleur : s’il y a cessation de la soif, il y a cessation de la douleur.

13§ Nous la présenterons selon l’analyse en trois facteurs : la passion klesa, l’acte karman et la rétribution, l’effet vipakaphala  :

  • la passion klesa conditionne l’acte karman
  • l’acte karman conditionne la rétribution vipakaphala.

14§ Que veut dire : « conditionner » ? Je vais illustrer ce conditionnement par l’image de la pyramide de flûtes de champagne. Vous versez le champagne dans la coupe du haut ; quand elle déborde, le champagne va alors couler dans les coupes juste en dessous ; quand celles-ci débordent à leur tour, les coupes en dessous d’elles vont alors commencer à se remplir.

15§ Eh bien ! la Loi de production conditionnée correspond à cela : le champagne qui arrive dans les coupes doit d’abord être passé par les coupes juste au dessus ; si ces coupes au dessus n’ont pas été remplies, le champagne n’arrive pas aux coupes en dessous. Et c’est vrai pour chacun des étages.

16§ Il en va de même pour les rétributions : pas de rétributions s’il n’y a pas d’acte karman et pas d’acte karman s’il n’y a pas de passion klesa.

17§ Vasubandhu le dit autrement dans l’Abhidharmakosa  :

« Le grain, même intact, ne germe pas quand il est dépouillé de sa bale ;
… de même l’acte doit être associé à cette bale qu’est la passion pour fructifier en une nouvelle existence. [10]

18§ Voilà pourquoi parler de la doctrine de l’acte, de la doctrine du karman peut être un peu court si l’on n’a pas en tête les trois facteurs : la passion klesa, l’acte karman et la rétribution, l’effet vipakaphala.

19§ L’acte seul, non « enrobé » de passion (pour reprendre l’image de la bale), ne produit pas de fruit : c’est la passion qui, alliée à l’acte, donne à ce dernier une puissance de fructification – nous verrons que cette puissance agit dans le samskara, la fabrication karmique, qui survit à la mort. Tous les actes ne donnent donc pas nécessairement de fruits, contrairement à ce qu’une doctrine du karma trop simple peut faire croire.

20§ De fait, si je donne un coup de coude à quelqu’un par suite d’un réflexe nerveux, il y a bien eu action préjudiciable, mais sans que le préjudice ait été voulu : cet acte est comme une graine sans bale, il ne germera pas.

21§ Il existe d’autres actes qui ne portent pas de fruit, ceux des arhats, des « méritants » qui ont atteint le nirvana : tous leurs actes sont vierges d’enrobage passionnel, tout simplement parce qu’ils éradiqué en eux la racine des passions.

22§ Dernière précision pour montrer que la doctrine du karma est beaucoup plus complexe que ce qu’en laisse supposer la vulgate du bouddhisme : les rétributions ne portent pas de nouvelles rétributions, elles sont « stériles », autrement dit, il n’y a pas de boucle de la rétribution vers la passion – sinon il serait impossible d’échapper au samsara.

23§ Nous avons donné la structure générale tripartite de la Loi de production conditionnée.
La description détaillée fait appel à douze causes nidana, qui sont les suivantes :

  • 1. Ignorance avidya  [11]
  • 2. Formations karmiques samskara
  • 3. Connaissance vijnana
  • 4. Mentalité-corporéïté namarupa
  • 5. Six bases de connaissance sadayatana
  • 6. Contact sparsa
  • 7. Sensation vedana
  • 8. Désir trsna
    Prise de possession upadana  [12]
  • 9. [acte qui produit l’] Existence bhava
  • 10. Naissance jati
  • 11. Vieillesse – mort jaramarana

24§ Nous retrouvons les cinq agrégats :

  • le 4° agrégat des constructions psychiques, le samskara, se retrouve en 2° position dans la chaîne des douze anneaux,
  • le 5° agrégat des pensées, de la conscience, le vijnana, figure en 3° position
  • le 1° et le 2° agrégats : constitution physique rupa , sensation samjna ne figurent pas explicitement ; on peut les retrouver dans le namarupa, le 4° anneau de la production conditionnée ;
  • le 3° agrégat, l’agrégat des notions perceptions vedana se retrouve dans le 7° anneau.

25§ Ces douze anneaux constituent une chaîne qui peut se lire dans le sens descendant – dans le sens des aiguilles d’une montre si l’on regarde la roue des 12 causes (lecture anuloma) : l’anneau [n] conditionne l’anneau [n+1], pour utiliser un formalisme mathématique qui en vaut bien un autre. On retrouve alors la 2° noble vérité, l’origine de la douleur.

26§ La chaîne peut aussi se lire dans le sens ascendant - dans le sens inverse des aiguilles d’une montre (lecture patiloma) : pour qu’il y ait l’anneau [n+1], il faut qu’il y ait l’anneau [n], et l’on retrouve la 3° Noble Vérité de la cessation de la souffrance dukkha.

27§ Nous pouvons repérer deux occurrences du schéma : Passion – Acte – Rétribution
Première occurrence :

  1. Passion : Ignorance avidya
  2. Acte : Formations karmiques samskara
  3. Rétribution : Connaissance vijnana
  4. Rétribution Mentalité-corporéïté namarupa
  5. Rétribution : Six bases de connaissance sadayatana
  6. Retribution : Contact sparsa
  7. Rétribution : Sensation vedana

Deuxième occurrence :

  1. Passion : Désir trsna
  2. Passion Prise de possession upadana
  3. Acte : [acte qui produit l’] Existence bhava
  4. Rétribution : Naissance jati
  5. Rétribution Vieillesse – mort jaramarana

28§ Nous ne reprendrons pas d’autres lectures de la Loi de production conditionnée  : elles compliqueraient les choses sans apporter d’élements constructifs par ailleurs. Signalons-en quelques unes simplement pour mémoire : lecture en termes de vie passée, vie présente et vie future [cette lecture est catégoriquement rejettée par Bouddhadasa qui y lit une influence du « brahamanisme » incompatible avec le bouddhisme] ; lecture en termes de cause – effet.

29§ La Loi de production conditionnée interdit de postuler un « Moi » ou un « Soi » qui se maintiendrait au cours de vies et morts successives : ce qui apparaît comme une trajectoire continue de vies successives résulte en fait de l’assemblage et du désassemblage continuels des agrégats au fur et à mesure que s’expriment les fabrications karmiques samskara.


3 Lecture du Sutra du Noble sentier

30§ Appliquons la règle de légitimation vue plus haut, et vérifions avec un sutra ce que nous venons d’avancer. Je vous propose le sutra du Noble Sentier, Ariyamagga Sutta [13] [le sanskrit sutra se dit sutta en pali]
En voici le texte [14], que nous allons commenter :

Moines, voici quatre types de kamma que j’ai directement réalisé, vérifié, et fait connaître. Quels sont ces quatre ? "Monks, these four types of kamma have been directly realized, verified, & made known by me. Which four ?
1. Il y a le kamma qui est sombre avec un résultat sombre 1. There is kamma that is dark with dark result.
. 2. Il y a le kamma qui est clair avec un résultat clair. 2. There is kamma that is bright with bright result.
3. Il y a le kamma qui est sombre et clair avec un résultat sombre et clair. 3. There is kamma that is dark & bright with dark & bright result.
4. Il y a le kamma qui n’est ni sombre ni clair avec un résultat ni sombre ni clair, ce qui entraîne la fin du kamma. 4. There is kamma that is neither dark nor bright with neither dark nor bright result, leading to the ending of kamma . [15]

31§ Noter les verbes « réalisé, vérifié et fait connaître » : le Bouddha Sakyamuni parle d’une expérience qu’il a éprouvé et vérifié personnellement (« réalisé », « vérifié »), sans passer par aucune autorité intermédiaire (« directement ») ; il a ensuite annoncé cette expérience aux êtres vivants (fait connaître).

32§ Noter aussi la présence de l’acte kamma en pali et du fruit (le résultat).
Manque la passion ; on peut se douter qu’elle se loge dans les qualificatifs « sombre » et « clair » - ce qui fait que le 4° type de kamma, ni sombre ni clair, ressort des actes sans passion (des graines sans bale pour reprendre Vasubandhu).
Le lecteur attentif sait déjà que l’arhat produit ce type d’acte.

33§ Noter dès à présent le paradoxe d’un kamma qui entraîne la fin… du kamma.

"Et qu’est-ce qu’un kamma qui est sombre avec un résultat sombre ? "And what is kamma that is dark with dark result ?
On a le cas où une certaine personne
invente une fabrication corporelle préjudiciable,
invente une fabrication verbale préjudiciable,
invente une fabrication mentale préjudiciable
There is the case where a certain person
fabricates an injurious bodily fabrication,
fabricates an injurious verbal fabrication,
fabricates an injurious mental fabrication.
Ayant inventé une fabrication corporelle préjudiciable, ayant inventé une fabrication verbale préjudiciable, ayant inventé une fabrication mentale préjudiciable,
elle réapparaît dans un monde préjudiciable
Having fabricated an injurious bodily fabrication, having fabricated an injurious verbal fabrication, having fabricated an injurious mental fabrication,
he rearises in an injurious world..

34§ Nous trouvons ici les trois dimensions de l’acte : acte corporel (corps kâya), acte verbal (parole vâca) et acte mental (mental manas).
Lorsque l’acte est posé, il y a production d’une fabrication liée au type d’acte et aussi au type de passion qui a motivé cet acte : la passion est ici celle de commettre un préjudice, que ce soit contre soi ou contre quelqu’un d’autre.

35§ Nous retrouvons les trois membres du schéma ternaire vu plus haut :

  1. la passion (causer un préjudice, nuire)
  2. l’acte ( kamma sombre).
  3. la rétribution (réapparition dans un monde corrélé à l’acte coloré de passion, un monde lui aussi préjudiciable – qui nuit)

36§ Notons ici que nous retrouvons le 2° des 12 anneaux de la production conditionnée, la « fabrication », traduite plus haut comme « fabrication karmique » samskara.
La fabrication provoque la réapparition dans le monde préjudiciable, elle entraîne la production d’un fruit en lien avec la passion et l’acte que cette passion a coloré.
La fabrication porte bien un potentiel de fructification qui joue après la mort (nous affinerons cette dernière proposition plus bas : la fructification peut en effet être reportée dans des existences ultérieures, elle ne se produit pas nécessairement dans l’existence juste suivante – sauf pour les 5 graves offenses [16] qui fructifient en enfer immédiatement après la mort).

En réapparaissant dans un monde préjudiciable, On rearising in an injurious world,
elle est alors touchée par des contacts préjudiciables. he is there touched by injurious contacts.
Touchée par ces contacts préjudiciables, elle fait l’expérience de sensations qui sont exclusivement douloureuses, Touched by injurious contacts, he experiences feelings that are exclusively painful,
comme celles des êtres [qui sont] en enfer. like those of the beings in hell. This is called kamma that is dark with dark result.

37§ Le fruit consiste ici à réapparaître – autrement dit à renaître – dans la destinée des enfers. Les enfers sont définis comme un lieu où l’on éprouve la couleur passionnelle du « préjudiciable » : les contacts sont préjudiciables, ils conditionnent des sensations « exclusivement douloureuses » - autrement dit la personne éprouve l’enfer.

38§ Ce sutra reprend des termes de la Loi de production conditionnée sous une forme simple :

  1. « fabrications » samskara [2° anneau]
  2. « contacts » sparsa [6° anneau]
  3. « sensations » vedana [7° anneau]

39§ On peut considérer que les anneaux de 3 à 5 sont constitués par la réapparition, assimilée à une nouvelle naissance.
Allant plus loin, on peut considérer que la volonté de nuire, de causer du préjudice provient de l’ignorance qui fait croire à un Soi, à un moi : nous retrouvons alors les 7 premiers maillons de la chaîne dans l’ordre descendant anuloma.

40§ Sans même regarder la suite, on peut reconstruire le sutra pour le kamma clair avec un résultat clair, en inversant les termes. La destinée est ici celle des deva, dans les « paradis » célestes.

41§ Dans la suite, nous retrouvons le rôle charnière de la destinée humaine :

"Et qu’est-ce qu’un kamma qui est sombre et clair avec un résultat clair et sombre ? "And what is kamma that is dark & bright with dark & bright result ?
On a le cas où une certaine personne invente une fabrication corporelle qui est préjudiciable et non-préjudiciable ... une fabrication verbale qui est préjudiciable et non-préjudiciable ... une fabrication mentale qui est préjudiciable et non-préjudiciable ... There is the case where a certain person fabricates a bodily fabrication that is injurious & non-injurious ... a verbal fabrication that is injurious & non-injurious ... a mental fabrication that is injurious & non-injurious ...
Elle réapparaît dans un monde préjudiciable et non-préjudiciable ... He rearises in an injurious & non-injurious world ...
Elle est alors touchée par des contacts préjudiciable et non-préjudiciables ... There he is touched by injurious & non-injurious contacts ...
Elle fait l’expérience de sensations préjudiciables et non-préjudiciables, plaisir mélangé à la douleur, He experiences injurious & non-injurious feelings, pleasure mingled with pain
comme celles des êtres humains, certains devas, et certains êtres dans les domaines inférieurs , like those of human beings, some devas, and some beings in the lower realms.
C’est ce qu’on appelle un kamma qui est sombre et clair avec un résultat clair et sombre. This is called kamma that is dark & bright with dark & bright result.

42§ Finalement, nous terminons sur la libération de toute destinée, l’état d’arhat, qui fait que l’on sort de la ronde des naissances : le sutra ne parle pas de réapparition pour le kamma qui n’est ni sombre ni clair, autrement le kamma qui n’est coloré par aucune passion, le kamma de l’arhat.

"Et qu’est-ce qu’un kamma qui est ni sombre ni clair avec un résultat ni sombre ni clair, entraînant la fin du kamma ? 1. Les Vues correctes, 2. la résolution correcte, 3. la parole correcte, 4. l’action correcte, 5. les moyens de vie corrects, 6. l’effort correct, 7. l’attention correcte, 8. la concentration correcte. "And what is kamma that is neither dark nor bright with neither dark nor bright result, leading to the ending of kamma ? 1. Right view, 2. right resolve, 3. right speech, 4. right action, 5. right livelihood, 6. right effort, 7. right mindfulness, 8. right concentration.
C’est ce qu’on appelle un kamma qui n’est ni sombre ni clair avec un résultat ni sombre ni clair, entraînant la fin du kamma. This is called kamma that is neither dark nor bright with neither dark nor bright result, leading to the ending of kamma.
"Ce sont là, ô moines, les quatre types de kamma que j’ai directement réalisés, vérifiés, et fait connaître." "These, monks, are the four types of kamma directly realized, verified, & made known by me."

43§ Le lecteur un peu averti dans le bouddhisme aura reconnu les 8 membres de l’Octuple sentier, celui de la 4° Noble Vérité, le chemin qui mène à la cessation de la soif [ et nous avons ainsi retrouvé les 4 Nobles Vérités de manière indirecte]


© esperer-isshoni.fr – février 2009
© esperer-isshoni.info – février 2015

[1« Qu’il y ait apparition de Tathagata (ou de Bouddha), qu’il n’y ait pas apparition de Tathagata, la loi causale de la nature, le déterminisme des choses demeure :

  1. toutes les formations sont impermanentes (anitya),
  2. toutes les formations sont douloureuses (dukkha),
  3. toutes les choses sont impersonnelles (anatmaka) »

Lamotte, Etienne, Histoire du Bouddhisme indien, Des origines à l’ère Saka, Publications Universitaires de Louvain, 1958, p.29.
Lamotte indique qu’il traduit Anguttara, I, p. 286

[2Renou traduit « volition » pour cetana  : cetana intervient dans la production conditionnée (voir plus bas) et joue un rôle dans les passions klesa qui motivent les actes karman.

[3Le passage de la sensation à la notion n’est pas acquis comme le montrent les cas pathologiques dûs à des lésions du cerveau.
Voir le livre d’Olivier Sacks : Sacks, Oliver, L’homme qui prenait sa femme pour un chapeau et autres récits cliniques, traduit de l’anglais par Edith de la Héronnière, Seuil, [1992, The Man Who Mistook His Wife for a Hat] 1998, 312 p.

[4Le tronc du bananier est constitué d’enveloppes successives. Chercher le tronc du bananier revient à chercher le cœur d’un artichaut : on arrivera à la dernière feuille sans avoir trouvé de cœur.

[5Samyuttpada III, p.140-142 Traduit par Lamotte, HBI p.30

[6Lamotte, ibid., p. 43. Lamotte traduit Majjhima I, p.190-191

[7Vasubandhu, Abhidharmakosa, vol. II p.300

[8Nous empruntons à René Grousset ce barbarisme qui nous a beaucoup éclairé. Voir Grousset, René, Les philosophies indiennes, les systèmes, Tome I, préface d’Olivier Lacombe, Desclée De Brouwer & Cie, Paris 1931, p. 44

[9Samyutta N. II, 28, traduit par Lamotte, ibidem, p. 39

[10Abhidharmakosa vol.2 p. 117

[11« L ‘ignorance est l’ignorance des quatre vérités saintes , l’ignorance de l’origine et de la disparition des skandha , la quadruple méprise (viparyasa) qui consiste à prendre pour éternel ce qui est transitoire, pour heureux ce qui est douloureux, pour pur ce qui est impur (le corps), pour un Moi ce qui est dépourvu de « self » (les cinq skandha), » dans Lamotte, ibidem, p.39

[12« La prise de possession est le désir exaspéré, le débordement, la passion qui se traduit par

  • l’attachement sensuel (kâmopâdâna)
  • l’attachement aux vues fausses (drstyupadana),
  • la croyance aveugle à l’efficacité des voeux et des rites (silavratopâdâna),
  • la croyance aveugle aux conceptions personalistes (âtmavàdopâdâna) »

Samyutta, II, p.3 cité dans Lamotte, HBI, p.41

[13Ariyamagga Sutta - Le noble Sentier dans Anguttara Nikaya IV.235

[14Pour la version française, voir : http://www.canonpali.org/tipitaka/suttapitaka/anguttara/an04-235.html
La traduction française renvoie à la traduction anglaise du Bhikkhu Tanissaro. Voir bibliographie.

[16« Matricide, parricide, meurtre d’un saint, faire couler le sang d’un Bouddha et causer un schisme dans la communauté. »


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