Esperer-isshoni.info

Thérèse de Lisieux (1873-1897) - Une spiritualité de l’holocauste ?

samedi 29 août 2015 par Phap

Voir aussi Thérèse de Lisieux (1873-1897) - Une chronologie


Table des matières

  1. L’holocauste : un mot à l’histoire chargée
  2. L’holocauste dans la spiritualité de Thérèse
  3. Une reprise au regard de la transfiguration

1§. Thérèse utilise le mot « holocauste » dans la formulation de son offrande à Dieu. Qu’est ce que ce mot peut bien vouloir dire quand Thérèse en hérite ? Et comment Thérèse le fait-elle jouer - en le subvertissant - dans sa spiritualité ? Et qu’en penser maintenant ? [1]


1. Holocauste : un mot à l’histoire chargée

2§. Dans l’Ancien testament [2], lorsqu’une victime animale était égorgée sur l’autel, une partie de l’animal était brûlée pour passer à Dieu tandis que l’autre était partagée entre les prêtres officiants et les commanditaires du sacrifice, en signe de communion de table avec Dieu.

3§. Dans certains cas, le sacrifice était total au sens que rien ne revenait aux officiants et aux commanditaires, la bête étant entièrement brûlée : on parlait alors en grec d’un sacrifice d’« holocauste », « holos » signifiant « total », « entier », « tout » [3].

4§. L’holocauste, comme sacrifice total donc d’autant plus coûteux, a pu encourager l’idée que les fautes les plus graves devaient être expiées par ce type de sacrifice, la réparation de l’offense faite à Dieu demandant le sacrifice le plus coûteux de la part de l’offenseur, autrement dit l’holocauste.

5§. Au temps de Thérèse, cette idée se retrouvait dans le sacrifice « vicaire » au sens où la victime – humaine cette fois – s’offrait en « holocauste » à la place des pécheurs aux coups de la fureur divine, « réparant » ainsi l’injustice commise envers Dieu.
Cette théologie de la réparation, qui a eu cours à partir du Moyen-âge dans l’Occident latin si je me rappelle bien, appliquait ce sacrifice d’holocauste en premier au Christ, la seule victime capable d’éteindre la colère de Dieu en même temps que de satisfaire aux exigences de sa justice. Les meilleures âmes, dans leur suite du Christ, pouvaient elles aussi s’engager sur ce chemin.


2. L’holocauste dans la spiritualité de Thérèse

6§. Thérèse n’entre pas dans cette logique d’un holocauste qui viendrait en réponse aux exigences de la justice divine. Elle préfère l’holocauste qui viendrait en réponse au besoin de l’amour divin de se donner sans mesure et c’est à ce titre qu’elle s’offre en holocauste non pas au feu de la justice mais à celui de l’amour [4].

7§. Thérèse a substitué la « loi de l’amour » à la « loi de la crainte » [5]. Elle sera celle qui s’offrira entièrement et sans reste au Dieu d’amour, et elle sera consumée telle un holocauste.

Afin de vivre dans un acte de parfait Amour Je m’offre comme victime d’holocauste à votre Amour miséricordieux, vous suppliant de me consumer sans cesse, laissant déborder en mon âme les flots de tendresse infinie qui sont renfermés en vous et qu’ainsi je devienne Martyre de votre Amour, ô mon Dieu !...
Que ce martyre après m’avoir préparée à paraître devant vous me fasse enfin mourir et que mon âme s’élance sans retard dans l’éternel embrassement de Votre Miséricordieux Amour...
Je veux, ô mon Bien-Aimé, à chaque battement de mon cœur vous renouveler cette offrande un nombre infini de fois, jusqu’à ce que les ombres s’étant évanouies je puisse vous redire mon Amour dans un Face à Face Eternel !...

Acte d’offrande du 9 juin 1895 [6]

8§. Cet holocauste aboutit à la mort, écrit Thérèse, mais cette mort n’est pas un anéantissement, elle est le prélude à la rencontre face à face entre son âme et Dieu.

9§.Déjà, lors de sa première communion le 8 mai 1884, elle avait présenté l’embrasement du Christ en elle comme une fusion où elle n’existait plus, seul subsistait Jésus :

Ah ! qu’il fut doux le premier baiser de Jésus à mon âme !... Ce fut un baiser d’amour, je me sentais aimée, et je disais aussi : « Je vous aime, je me donne à vous pour toujours. » Il n’y eut pas de demandes, pas de luttes, de sacrifices, depuis longtemps, Jésus et la pauvre petite Thérèse s’étaient regardés et s’étaient compris... Ce jour-là ce n’était plus un regard, mais une fusion, ils n’étaient plus deux, Thérèse avait disparu, comme la goutte d’eau qui se perd au sein de l’océan. Jésus restait seul, Il était le maître, le Roi. [7]

10§. On peut aussi penser au mot de Paul dans la même veine :

« Je vis, mais ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi ». [8]

Si on lit Paul et Thérèse de manière trop rapide, on peut avoir l’impression que la venue de Jésus entraînait la disparition de son hôte, impression renforcée par l’utilisation du mot « holocauste » dans les écrits de Thérèse.

Mais ce serait aller trop vite, comme nous allons le voir.


3. Une reprise au regard de la transfiguration

11§. On peut se demander si au final, la loi d’amour et la loi de la crainte, la réponse à la justice de Dieu et la réponse à l’amour de Dieu, n’arrivent pas au même résultat, puisque dans les deux cas on a une victime humaine qui est consumée entièrement – par la justice ou l’amour, peu importe.

12§. Pour Thérèse, il ne s’agit cependant pas du même holocauste car le feu qui consume est différent : dans un cas, le feu est craint car il s’agit d’un châtiment, dans l’autre il est désiré car il est la communication par Dieu à la créature de l’amour qui l’habite, communication que Thérèse de son côté sollicite par amour pour ce Dieu d’amour qui n’est pas aimé autant qu’il le voudrait.

13§. Cette venue de Dieu comme un feu purifie Thérèse, l’élève et la fait passer par la mort qui mène à la vie éternelle.
Est-ce parce que nul ne peut voir Dieu sans mourir, autrement dit la structure de la création est incapable de supporter la visite de son créateur sans dommage ?
Thérèse ne le dit pas explicitement, mais sans doute la vision face à face suppose une transformation radicale de la créature pour qu’elle soit en mesure de se tenir en face de Celui qui l’a créé, l’au delà de tout, le comparable à rien de ce qui existe – l’être au delà des étants pour le philosophe.

14§. L’holocauste dont parle Thérèse signifie effectivement sa saisie totale par le feu de l’amour infiniment désirable de Dieu, saisie qui la consume entièrement mais sans aboutir au néant : son âme parvient alors à la vision de Dieu tel qu’il est, sans voile, face à Face.
-  De fait, l’holocauste apparaît comme un anéantissement pour les hommes qui restent du côté de ce monde-ci, mais en fait la victime est entièrement passée du côté de Dieu, elle n’est donc pas anéantie.

15§. Quand Thérèse utilise le mot d’ « holocauste », elle le débarrasse de la signification négative qu’il véhiculait de son temps en l’utilisant non pas dans une dynamique de réparation de torts faits à un Dieu offensé qui se venge, mais dans une dynamique d’un Dieu souffrant de ne pas pouvoir épancher son amour autant qu’il le voudrait.

16§. Mettant l’accent sur l’amour plutôt que la justice, Thérèse reste cependant dans la représentation d’un Dieu qui est un « feu dévorant » [9].
Cette représentation peut susciter des réserves. Personnellement je crois que si celui que la Bible appelle Dieu est vraiment celui auquel je crois, ce serait s’illusionner que de penser que l’on peut se tenir devant lui sans une transformation radicale au préalable – le feu serait alors l’expression imagée de cette transformation qui n’est pas une destruction.

17§. Pouvoir voir Dieu tel qu’ll est, pouvoir plonger ses yeux dans les profondeurs de la divinité présuppose à mon avis une transformation de nos yeux : la lumière, je puis la voir, mais pas quand elle est aveuglante, pas quand sa puissance sature la capacité de ma rétine – et comment la voir quand il s’agit de la lumière dont toute lumière procède et qui précède toute lumière ? comment la voir quand il s’agit d’une lumière qui ne diffère pas de la lumière de manière quantitative mais qualitative ?

18§. Dieu comme un soleil (Thérèse parle d’une fournaise), et il s’agirait de le regarder en face – plus que cela, il s’agirait de se tenir en sa présence – se tenir au milieu du soleil ?
L’holocauste, ce serait la transformation intégrale et radicale de la créature qui la rendrait capable d’accueillir Dieu en son entier – et il s’agirait d’une consumation totale, au sens où le tout holos de la créature serait plongé dans la fournaise, purifié ? purifié comme l’or passé au creuset est débarrassé de ses scories – il n’est pas anéanti, de même que l’âme de Thérèse, purifiée, n’est pas anéantie, au contraire, elle entre au Ciel, elle entre dans la plénitude de la vie.

19§. L’holocauste entendu ainsi consonne avec la transfiguration, sauf qu’ici le feu brillant ne consume pas : Jésus transfiguré brille d’une lumière incomparable qui manifeste la divinité au delà de tout, mais, l’instant d’après, c’est l’homme bien connu des disciples qui les relève de la stupeur dans laquelle la théophanie les avait plongés [10] .

20§. Là aussi, il s’agit d’un feu qui prend le tout de la réalité créée. On ne parlera pas ici d’holocauste dans la mesure où la réalité naturelle qui accueille Dieu n’est pas altérée, à la différence de l’holocauste dont il ne reste que des cendres du côté de l’ordre créé.

21§. Cela dit, précisons tout de suite que Jésus relève d’un ordre créé capable d’accueillir entièrement Dieu parce qu’étanche au « péché » et qu’il n’a donc pas besoin de passer par une transformation purificatrice

22§. Jésus est capable de répondre entièrement aux motions de Dieu, sans leur résister, sans résistance.
En électricité, une résistance s’échauffe quand elle est traversée par le courant. Elle s’échauffe parce que les impuretés dans son métal vibrent et s’entrechoquent au passage du courant, dégageant de la chaleur – et aussi de la lumière (principe des ampoules électriques).
Dieu pourrait alors être comparé non plus à un feu mais à un courant d’un million de volts : les créatures traversées par lui s’échauffent et brûlent parce qu’elles résistent, parce que l’orgueil, l’avarice, l’avidité, l’égoïsme, l’appétit de jouir, de posséder, de dominer, de contrôler – les impuretés, la perversion de l’ordre du créé par le péché - réagissent à la circulation en eux de l’Amour pur.
Et il s’agirait, pour supporter la présence divine, d’être purifiés de ces impuretés – par la foi en Jésus Christ, mort pour nos péchés et ressuscité pour la vie éternelle, la vie avec Dieu, en Dieu – pour lui et pour tous ceux qui croient en lui ? Foi qui, en actes, transformerait jusqu’à les transfigurer nos existences ?

23§. La transfiguration vient corriger ce que peut avoir d’excessif l’holocauste qui porte l’accent sur l’anéantissement –du côté du monde créé , car elle montre Dieu présent dans une réalité relevant de l’ordre du créé sans que cette réalité en soit anéantie (du côté du monde créé là encore).
La transfiguration souligne non pas l’anéantissement mais l’accomplissement de la réalité relevant de l’ordre du crée quand la divinité l’habite – ce n’est plus la nature qui s’oppose à la grâce et qui se consume dans cette opposition (purification), mais la nature qui coopère à la grâce et s’en trouve parachevée, complétée (perfection)

24§. On retrouve ici l’adage « Gratia non tollit naturam sed perficiat [11] » : « la grâce ne supprime pas la nature, mais elle l’accomplit, elle l’amène à sa perfection ».
La transfiguration dit la capacité de l’ordre créé à être divinisé, à participer du divin, elle dit une création faite par Dieu et pour Dieu.
Dieu ne fait pas table rase de sa création, ici la Jérusalem céleste ne descend pas du ciel en arasant au préalable la Jérusalem terrestre, elle est la Jérusalem terrestre transformée, transfigurée par une réalité qui vient d’en haut, par la grâce.

25§. Pourquoi Dieu ne fait-il pas table rase de sa création ? Parce qu’en elle est imprimée de manière indélébile, inaliénable, la bonté qui a présidé à son existence, la bonté de Dieu. Dieu a dit de sa création qu’elle était bonne, et il ne reprend pas sa parole.
Alors, quels que soient les efforts désespérés du mal pour l’avilir, la souiller – et il est vrai qu’à certains moments, dans certaines situations, le mal donne l’impression – l’impression seulement – d’avoir gagné – la création conserve sa dignité, sa beauté, sa bonté fondamentales qui lui viennent de Dieu [12].

26§ Dieu vient sauver sa création et non la détruire, sachant que ce salut, nous l’avons vu plus haut, suppose une transformation radicale : nous serons sauvés, mais ce sera comme en étant passés par le feu (encore lui) [13].

27§ Sans doute Thérèse, en digne fille du Carmel, est attirée par la spiritualité du retrait au désert et elle consonne avec la figure emblématique du Carmel, celle du prophète Élie qui laisse derrière lui un monde oublieux de Dieu quand il ne lui est pas hostile, pour aller au désert où, sur la montagne du Carmel, il fera l’expérience de la rencontre face à Face avec Dieu, non pas dans la tempête ni dans le tremblement de terre ni dans le feu, mais dans le « bruissement d’un souffle ténu » [14].

28§ À mon avis, cette spiritualité porte son regard au loin, sur un Royaume de Dieu pas encore établi en plénitude et elle aspire à lui par delà un monde dont elle éprouve cruellement la futilité et la vanité : vallée de larmes appelée à s’effacer au grand jour de la rencontre finale avec Dieu, dans la vraie patrie qui est celle du ciel. Si le corps ressort de la vallée de larmes, l’âme elle est appelée à passer dans la patrie, où elle retrouvera tous les êtres chers qui l’ont précédée. Selon moi, cette spiritualité a rendu possible l’attrait de Thérèse pour l’image de l’holocauste – qui, rappelons-le, n’anéantit pas contrairement aux apparences mais fait passer la totalité de la victime dans la sphère divine, aux yeux du croyant du moins.

29§ Cette spiritualité du « pas encore », du « « pas là » trouve son opposé complémentaire dans une autre spiritualité, celle du « déjà là », aussi bien dans l’espace que dans le temps. Cette autre spiritualité, qui a aussi sa légitimité, voit dessiner en creux le Royaume de Dieu dans ce monde dont elle ne méconnaît pas les défauts et les vices, c’est dans, à travers et sous ce monde qu’elle perçoit le Royaume déjà là en germe, en train de se déployer dans, à travers et sous ce monde et pas ailleurs que là. Le processus de transformation n’est pas tant alors perçu comme une rupture radicale, totale, intégrale que comme une croissance – toute aussi radicale, toute aussi totale, toute aussi intégrale cependant. Cette spiritualité-là se retrouvera plus dans la transfiguration que dans l’holocauste.

30§ Je ne crois qu’il faille opposer absolument le « déjà là » et le « pas encore », chacun des deux serait faux s’il prétendait à l’exclusivité de la vérité, ils ont besoin l’un de l’autre pour s’empêcher de sombrer dans une posture extrême :

  • extrême du pessimisme par rapport à la nature, à la chair, au monde d’un côté, valorisation excessive de l’effet de la grâce par rapport à la nature vidée de sa consistance propre ;
  • extrême de l’optimisme naïf et dangereux quant à la bonté de la nature, de la chair, du monde de l’autre, valorisation excessive de la capacité de la nature à la divinisation aux dépens de la radicale altérité de Dieu par rapport à sa création.

31§ Comme quoi l’holocauste, bien entendu, sous-entend une transfiguration et réciproquement la transfiguration, bien entendue, sous-entend un holocauste.
Holocauste ou transfiguration ? Un peu des deux, mon capitaine.


Merci de votre attention.


© esperer-isshoni.info, août 2015

[1Cet article fait suite à une retraite que j’ai donnée aux soeurs dominicaines de Rettel. Simple admirateur et lecteur de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face, je ne prétends pas à une quelconque expertise en "thérésiologie" et encore moins en spiritualité carmélitaine, je n’exclus donc pas des erreurs ou des contresens qui résulteraient de mes connaissances lacunaires.
Par ailleurs, il est entendu que le mot "holocauste" n’est pas la propriété ni de la religion chrétienne, ni à l’intérieur de celle-ci de la confession catholique ; il est aussi entendu qu’il joue autrement dans le judaIsme dont il est originaire. Nous nous exprimons à partir d’un point de vue chrétien et nous ne revendiquons aucune exclusive dans l’interprétation du mot "holocauste".

[2ancien pour les chrétiens

[3d’où catholique, « selon la totalité, le tout » : le salut de Dieu est « catholique » au sens où Dieu adresse son salut à tout l’homme, dans toutes ses dimensions, affectives, intellectuelles, corporelles, et à tous les hommes

[4

Je pensais aux âmes qui s’offrent comme victimes à la Justice de Dieu afin de détourner et d’attirer sur elles les châtiments réservés aux coupables, cette offrande me semblait grande et généreuse, mais j’étais loin de me sentir portée à la faire. « Ô mon Dieu ! m’écriai-je au fond de mon cœur, n’y aura-t-il que votre Justice qui recevra des âmes s’immolant en victimes ?... Votre Amour Miséricordieux n’en a-t-il pas besoin lui aussi ?... De toutes parts il est méconnu, rejeté ; les cœurs dans lesquels vous désirez le prodiguer se tournent vers les créatures leur demandant le bonheur avec leur misérable affection, au lieu de se jeter dans vos bras et d’accepter votre Amour infini... Ô mon Dieu ! votre Amour méprisé va-t-il rester en votre Cœur ?
Il me semble que si vous trouviez des âmes s’offrant en Victimes d’holocaustes à votre Amour, vous les consumeriez rapidement, il me semble que vous seriez heureux de ne point comprimer les flots d’infinies tendresses qui sont en vous... Si votre Justice aime à se décharger, elle qui ne s’étend que sur la terre, combien plus votre Amour Miséricordieux désire-t-il embraser les âmes, puisque votre Miséricorde s’élève jusqu’aux Cieux... Ô mon Jésus ! que ce soit moi cette heureuse victime, consumez votre holocauste par le feu de votre Divin Amour !... »

Voir texte du manuscrit A de Thérèse sur www.archives-carmel-lisieux.fr

[5Ainsi quand elle dit ne pas craindre que ses faiblesses déplaisent à Dieu car c’est à partir d’elles qu’elle ose tendre les bras vers Dieu et lui demander son aide en se confiant à son amour :

Il me semble lorsque Jésus descend dans mon cœur qu’il est content de se trouver si bien reçu et moi je suis contente aussi... Tout cela n’empêche les distractions et le sommeil de venir me visiter, mais au sortir de l’action de grâces voyant que je l’ai si mal faite je prends la résolution d’être tout le reste de la journée en action de grâces... Vous voyez, ma Mère chérie, que je suis loin d’être conduite par la voie de la crainte, je sais toujours trouver le moyen d’être heureuse et de profiter de mes misères... sans doute cela ne déplaît pas à Jésus, car II semble m’encourager dans ce chemin »

Voir texte du manuscrit A de Thérèse sur www.archives-carmel-lisieux.fr.

Ainsi elle écrira quand elle aura trouvé sa vocation d’être dans le cœur de l’Église l’amour :

« Pour satisfaire la justice Divine, il fallait des victimes parfaites, mais à la loi de crainte a succédé la loi d’Amour, et l’Amour m’a choisie pour holocauste, moi, faible et imparfaite créature… Ce choix n’est-il pas digne de l’Amour ? Oui, pour que l’Amour soit pleinement satisfait, il faut qu’il s’abaisse, qu’il s’abaisse jusqu’au néant et qu’il transforme en feu ce néant »

texte du manuscrit B de Thérèse sur www.archives-carmel-lisieux.fr

[8Galates 2,20

[9Cf. Isaie 33,14-15 dans la traduction œcuménique biblique (TOB) :

Dans Sion, les pécheurs sont atterrés, un tremblement saisit les impies. Qui d’entre nous pourra tenir ? C’est un feu dévorant. Qui d’entre nous pourra tenir ? C’est une fournaise sans fin.
Celui qui se conduit selon la justice, qui parle sans détour, qui refuse un profit obtenu par la violence, qui secoue les mains pour ne pas accepter un présent, qui se bouche les oreilles pour ne pas écouter les paroles homicides, qui ferme les yeux pour ne pas regarder ce qui est mal.

Voir aussi Ex 24,17 ;
Dt 4,23-24 : Gardez-vous bien d’oublier l’alliance que le SEIGNEUR votre Dieu a conclue avec vous, et de vous faire une idole, une forme de tout ce que le SEIGNEUR ton Dieu t’a défendu de représenter. Car le SEIGNEUR ton Dieu est un feu dévorant, il est un Dieu exigeant.
Dt 9,3 : Tu vas reconnaître aujourd’hui que c’est le SEIGNEUR ton Dieu qui passe le Jourdain devant toi comme un feu dévorant ; c’est lui qui les exterminera, c’est lui qui les abattra devant toi. Tu les déposséderas et tu les feras disparaître aussitôt comme le SEIGNEUR te l’a promis.

[10on peut citer d’autres endroits de la Bible où l’on retrouve une imagerie analogue : au mont Sinaï, le buisson ardent brûle mais sans se consumer ; Moïse rayonne de la gloire de Dieu sans le savoir, et ce rayonnement est provisoire, MoÏse n’est donc pas consumé. Dans le Nouveau testament, Marie accueille en elle la divinité sans cesser d’être femme

[11Somme théologique de Thomas d’Aquin, Iª q. 1 a. 8 ad 2 . (tome 1, question 1, article 8, réponse au deuxième argument contraire).
Voir traduction en francais sur www.cvm.qc.ca/encephi/

[12cette affirmation relève de la foi chrétienne de confession catholique, nous ne sommes pas habilités à parler pour les autres confessions chrétiennes

[131 cor 3,13 dans la traduction œcuménique biblique :

… l’’œuvre de chacun sera mise en évidence. Le jour du jugement la fera connaître, car il se manifeste par le feu, et le feu éprouvera ce que vaut l’œuvre de chacun. Celui dont l’œuvre subsistera recevra un salaire. Celui dont l’œuvre sera consumée en sera privé ; lui-même sera sauvé, mais comme on l’est à travers le feu.

[141 Rois 19,11-12


Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 196 / 94618

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Quand le chrétien parle l’homme  Suivre la vie du site Des grandes figures chrétiennes   ?

Site réalisé avec SPIP 3.1.0 + AHUNTSIC

Creative Commons License