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Le pèlerinage à Lourdes - Quelques conseils

dimanche 18 octobre 2015 par Phap

Les conseils aux pèlerins qui vont à Lourdes. Ils ont été donnés dans le train Paris-Lourdes spécialement affrété pour le pèlerinage du Rosaire de Paris Ile-de-France, du mardi 6 au samedi 10 octobre 2015.


Table des matières


1. Aller rendre visite à la Belle dame - Se laisser apprivoiser

Mes amis,

1§. Pourquoi allons-nous à Lourdes ? Parce qu’il y a 150 ans, une belle dame est apparue à Bernadette Soubirous, en 1858.

2§. Le jeudi 11 février 1858 [1], accompagnée de sa sœur et d’une amie, Bernadette se rend à Massabielle, le long du Gave, pour ramasser des os et du bois mort.
Enlevant ses bas pour traverser le ruisseau et aller dans la Grotte, elle entend un bruit qui ressemblait à un coup de vent, elle lève la tête vers la Grotte :

"J’aperçus une dame vêtue de blanc : elle portait une robe blanche, un voile blanc également, une ceinture bleue et une rose jaune sur chaque pied"

Bernadette fait le signe de la croix et récite le chapelet avec la Dame. La prière terminée, la Dame disparaît brusquement.

3§. Cette belle dame est apparue dix-huit fois à Bernadette (février à juillet 1858). Bernadette était la seule à entendre, à voir, et au départ, elle était inquiète : qui est cette dame ? est-elle une fée, ou pire, un démon qui s’est déguisé ? Aussi Bernadette va-t-elle se munir de protections : le signe de croix et la récitation du chapelet lors de la première apparition, l’eau bénite jetée sur la belle dame lors de sa deuxième apparition.

4§. Il faudra attendre la seizième apparition pour que la belle dame révèle son nom dans le patois local. Entretemps, la belle dame aura apprivoisé Bernadette. Et elle apprivoisera aussi le curé, puis l’évêque de Tarbes et Lourdes.

5§. Mes amis, laissons-nous nous aussi apprivoiser par la belle dame. Nous avons cinq jours pour cela, cinq jours ensemble car un pèlerinage est toujours à la fois personnel et communautaire.



Reproduction de basse qualité d’une image originale distribuée à nos pèlerins avec, au verso, une prière un peu oubliée, l’Angelus. Merci à la jeune graphiste qui a composé cette image pour nous à titre grâcieux.

2. Lourdes en quatre questions - pour commencer à s’apprivoiser

1. Huit heures de trajet, c’est long ! est ce qu’on ne pourrait pas plutôt aller à la chapelle de la Médaille miraculeuse de Paris, c’est quand même plus proche pour nous les franciliens, non ?

Oui, quelle idée la Vierge a eu d’apparaître à Lourdes, dans un coin perdu, avec cette gare trop petite, ce Gave qui déborde.

Oui, mais on vient de très loin, et on reproduit dans tous les pays la grotte de Lourdes, et tant de personnes du monde entier rêvent d’y aller en pèlerinage.

Tout cela, nous le devons à une jeune fille, Bernardette Soubirous, qui a eu une vision d’une belle dame. Une belle dame qui va lui apparaître 18 fois, de février à juillet 1858. Et l’Église va très vite authentifier les apparitions, en 1862 soit 4 ans plus tard.

Si nous venons, c’est parce que la Belle dame a demandé à ce qu’on construise une chapelle à Lourdes et qu’on y vienne en procession. Alors c’est ce que les pèlerins du monde entier font.

Parce qu’il se passe quelque chose à Lourdes, il y a une conversion du cœur qui s’y fait, et çà rend heureux.

2. Lourdes comme un endroit qui rend heureux ?

Tout à fait. Nous venons parce que nous désirons quelque chose, nous avons quelque chose à demander, ou nous voulons remercier pour quelque chose d’heureux qui s’est produit dans nos vies.

Et c’est heureux que nous ayons cette recherche, parce qu’à Lourdes, il se passe quelque chose qui correspond à ce que nous cherchons. Comme un avant goût de ce que peut être une société d’hommes réconciliés entre eux, avec la nature, avec Dieu. Et sans doute aussi avec eux-mêmes.

Il y a des choses qui se dénouent à Lourdes, des personnes qui viennent avec des fardeaux et qui repartent soulagés, allégés. Ils sont allés à la grotte, ils ont prié dans le recueillement, le silence ; ils se sont baignés aux piscines, ils ont participé aux grandes liturgies. Ils ont entendu des conférences, des témoignages, ils ont fait des rencontres inattendues. Et quelque chose peut se dénouer, quelque chose peut se mettre dans leur cœur, qui ne va plus les quitter. Alors ils seront heureux.

Oui, heureux qui cherche Dieu, car il le trouvera. Dieu se laisse trouver.

3. Quand on parle de Lourdes, on pense aux miracles. Est ce qu’il faut croire aux miracles pour y aller ?
A mon avis, on peut aller à Lourdes sans croire aux miracles. Et on peut aussi y aller en y croyant, n’exagérons pas dans l’autre sens : les miracles ne constituent pas le message de la Vierge à Lourdes mais ils l’ont accompagné : la première miraculée, Catherine Latapie en témoigne : elle a été guérie après avoir baigné son membre malade avec l’eau de la source révélée à la douzième apparition.

Personnellement, je crois que Dieu peut tout, et je crois qu’il y a beaucoup de guérisons qui se passent à Lourdes, sans qu’on le sache. Des guérisons physiques, des guérisons psychologiques, peut être et même sûrement, mais l’essentiel n’est pas là : je crois que l’essentiel, c’est la guérison du cœur.
C’est vraiment là le plus grand des miracles, quand un cœur qui se racornissait, qui se durcissait, qui se repliait sur lui-même, on le voit changer, se mettre à palpiter, à s’ouvrir, comme une fleur qui manquait d’eau et que l’on arrose. Alors elle s’épanouit, elle prend des couleurs et c’est beau.

Quand on est témoin de cela, on est aussi heureux que la personne qui vit cela, et on a envie de rendre grâce au Seigneur, de chanter sa louange. Oui, tu es beau, tu es grand, mon seigneur et mon Dieu.

Çà veut dire que la vie est plus forte que la mort, l’amour plus fort que tout, et qu’on peut continuer d’espérer.

4. Quand même, est ce que vous n’idéalisez pas un peu, père directeur ? les 100 pèlerins malades qui sont dans notre train peuvent-ils être d’accord avec ce que vous dites ?
Nos malades sont des personnes formidables, vous savez, et ils sont infiniment plus forts que nous le pensons.
Il suffit d’écouter ces jeunes lycéens qui aident les malades : ils poussent les voitures, ils font le service à la salle à manger. Et ils découvrent quelque chose qu’ils ne soupçonnaient pas : ils reçoivent des malades autant si ce n’est plus qu’ils ne leur donnent.
Une confiance dans la vie alors que nos malades vivent des épreuves lourdes. Et les jeunes apprennent alors à mettre les choses à leur juste place.

Les pèlerins hospitaliers au service des malades disent la même chose : nos malades nous enseignent, ils nous donnent de bonnes leçons de vie.

Attention donc à notre regard sur les malades, ils sont bien plus forts que ce que nous croyons.

Et finalement, pour nous qui sommes tous un peu malades, avec notre cœur parfois jaloux, amer, cynique, en nous trempant dans l’eau de Lourdes, nous aussi nous allons recevoir de cette force, de cette espérance, de cet amour qui vient de très loin – de Dieu à travers Marie.


3. Trois conseils au pèlerin avant d’arriver à Lourdes

Mes amis, je voudrais vous donner trois conseils spirituels puisque notre voyage n’est pas un voyage de tourisme mais un pèlerinage, et vos attentes sont d’abord spirituelles.

Premier conseil : venez avec une intention précise.

  • Vous portez un gros poids, un gros souci, une situation angoissante, présentez-les à Lourdes à la Mère et au Fils et demandez-lui le secours et le réconfort.
  • Vous avez un événement fort, un événement joyeux, une porte s’est ouverte soudain dans une situation apparemment sans issue, un enfant est né, un mariage a été célébré : présentez votre action de grâce.

Que ce soit pour demander ou pour rendre grâce, ou les deux, venez avec une intention concrète, précise, à présenter à Dieu.

Deuxième conseil : vous venez en portant plein d’intentions et pas seulement les vôtres.
Vous emportez avec vous les intentions de tous ceux que vous portez dans votre cœur, de tous ceux qui se sont recommandés à vous quand ils ont appris que vous alliez en pèlerinage à Lourdes.
Rappelez-vous leur visage, leurs intentions quand vous serez à prier dans la Grotte ou le long du Gave ou à la messe, quand vous vous baignerez à la piscine, quand vous processionnerez aux flambeaux.

Troisième conseil : soyez prêts à être surpris, acceptez d’être déplacé.
Bien sûr, il y a beaucoup de choses que vous savez sur Lourdes, sur Marie, sur Dieu, sur vous, sur les autres.
Mais Lourdes peut être l’occasion d’une rencontre imprévue, d’une phrase inattendue qui va éveiller quelque chose en vous. Et peut être cela va ouvrir l’espace d’un instant un horizon nouveau, fait de bonté et de beauté.
Ce sera un moment précieux à garder précieusement dans votre mémoire. Et peut être est-ce pour cela que vous venez à Lourdes.


4. Conseils spirituels au pèlerin qui revient de Lourdes

1. Voilà, le pèlerinage s’achève. Quels conseils donneriez-vous en tant que directeur du pèlerinage de la région de Paris aux pèlerins qui reviennent du pèlerinage de Lourdes ?

Vous vous rappelez, j’avais donné à l’aller le conseil de voir quelle était votre intention en venant au pèlerinage du Rosaire : votre demande, votre offrande, votre action de grâce, que sais-je encore.
Maintenant, alors que les cinq jours se terminent, on peut faire le point.

  • Par rapport à la raison de mon pèlerinage, est ce que quelque chose a bougé ?
  • Ai-je reçu ce que j’ai demandé – et même au-delà ?
  • Ai-je reçu autre chose, autrement, sans que je l’aie prévu au départ ?

Et rendre grâce pour cela.
Merci ô Vierge Marie pour la douceur que tu as mis dans mon cœur, merci pour le réconfort que je retire de ce pèlerinage, merci pour cette espérance nouvelle, pour cette réconciliation qui s’est faite à l’intérieur de mon cœur.

2. Votre conseil, c’est donc de prendre conscience des dons, des grâces qui ont accompagné ce pèlerinage, et ensuite remercier Dieu pour cela, si j’ai bien compris. Est-ce tout ?
C’est l’essentiel oui.

3 Bien, mais après cette parenthèse enchantée, nous allons retrouver le quotidien qui peut être morose, non ?
Bien sûr, nous sommes comme les Apôtres qui ont accompagné Jésus sur le mont Thabor et qui ont assisté à sa Transfiguration [2] : les Apôtres ont vu la gloire de Dieu et ils en sont tous remués. Mais il faut bien redescendre de la montagne et rejoindre le train-train quotidien dans la plaine.

Ami pèlerin, je vais vous dire une conviction : c’est en vue du retour à la plaine que la Vierge (et Dieu à travers elle) nous a fait tous les cadeaux que nous ramenons.
Quand nous ramenons pour nos amis de l’eau de Lourdes, des médaillons, des objets de piété, n’est-ce pas pour faire profiter ceux que nous aimons de cette force qu’on trouve à Lourdes ?
Alors on peut être triste de retrouver le train-train quotidien, mais vous verrez, les cadeaux reçus à Lourdes vont fructifier pour vous et autour de vous, vous n’avez pas à vous soucier du comment ça va se faire : ce sera comme la graine qui pousse dans le sol sans que le semeur sache comment.
Après tout, notre Dieu est un Dieu dont la parole est puissante et elle ne revient pas à lui sans avoir porté du fruit.

Donc ami pèlerin, pas d’inquiétude si, au bout de quelques jours, vous avez l’impression que tout est redevenu comme avant. Il y a quelque chose qui a été semé dans votre cœur à Lourdes, c’est là et cela pousse tranquillement.

Ayez confiance dans la puissance de Dieu, ayez confiance dans l’amour de Dieu.
Amen.


© esperer-isshoni.info, octobre 2016

[2Nous serons en Terre Sainte pour fêter l’Ascension 2016 : possibilité de s’inscrire au secrétariat du Rosaire de Paris - Tél. 01 56 69 28 00


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