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Un saint du 13e siècle - Le frère prêcheur Dominique (env. 1170 – 1221 e.c.)

dimanche 8 novembre 2015 par Phap

Voir aussi Le frère prêcheur Dominique (v. 1170-1221) - sa personnalité


Table des matières

  1. Les années de formation (env. 1170 – 1206)
  2. Les années de prédication contre les Albigeois (1206 – 1215)
  3. L’universalisation de l’ordre (1215 – 1221)

1§. Il s’agit ici de retracer la vie et l’œuvre du fondateur de l’ordre des prêcheurs (ordo praedicatorum, o.p., désigné aussi comme l’ordre des dominicains à partir du XIVe siècle), saint Dominique, né vers 1170 de notre ère et mort en 1221.

2§. Pour ce travail d’ordre historique, nous nous appuierons sur les travaux de deux historiens dominicains, Marie-Humbert Vicaire et Simon Tugwell.

3§.Nous avons construit notre travail sur deux idées maîtresses, empruntées à Vicaire :

  • Nous suivrons la thèse de Vicaire, qui montre en Dominique un homme soucieux d’instituer un ordre de la prédication, voulu comme un ordre coopérateur des évêques, qui assume à l’intérieur de l’Église, de manière intégrale et universelle, la charge d’enseignement de l’évêque  [1].

    [Notons la tension entre l’universalité de la mission reçue du pape et l’adaptation de cette même mission au niveau diocésain, sous la juridiction épiscopale  [2] – ajout du 18/1/2010]

  • Nous suivrons encore Vicaire lorsqu’il montre que Dominique a voulu former des frères prêcheurs  [3] sur le modèle de la première communauté des apôtres  [4], en tension entre une vie communautaire, réglée par l’exigence d’unanimité, et une vie de prédication, itinérante et mendiante.

4§. Les phrases qui précèdent sont denses. Nous les développerons à travers l’histoire de la vie de Dominique. Nous la présenterons en trois périodes :

  1. les années de formation, de sa naissance vers 1170 à Caleruega (Espagne) à la rencontre décisive avec les légats – prédicateurs de 1206 à Montpellier ;
  2. les années de prédication contre les Albigeois, de 1206 à 1215 ;
  3. les années d’universalisation de la prédication, de 1215 à la mort de Dominique en 1221.

6§. Nous ne situerons pas la vie et l’œuvre de Dominique dans une histoire plus vaste, celle du « virage des XIIe – XIIIe siècles d’un monde féodal et monastique à la novation des Communes et des Mendiants »  [5]. Nous ne développerons pas la « légende » de Dominique et nous omettrons des événements secondaires par rapport à notre propos.


1 - Les années de formation (env. 1170 – 1206)

VIE DE DOMINIQUE ÉVÉNEMENTS DE CHRÉTIENTÉ
Après 1170 Naissance de Dominique à Caleruega (diocèse d’Osma).
Vers 1186 Dominique aux écoles de Palencia.
Vers 1196 Entrée de Dominique au chapitre de la cathédrale d’Osma, sous l’évêque Martin. Famines en Occident
1200 Origines de l’université de Paris.
1203 En fin d’année, Dominique accompagne son évêque Diégue d’Osma dans une mission royale au nord de l’Europe (Danemark ?). Nuit de 1203 à Toulouse, avec l’hôte cathare. lnnocent III envoie deux légats - prédicateurs, les Cisterciens Pierre de Castelnau et Raoul de Fontfroide, contre les Cathares du Languedoc (Albigeois).
1205 -1206 Seconde mission royale dans le nord.
1206 Ils passent à Rome et à Citeaux. En juin, rencontre avec les légats de l’Albigeois à Montpellier. 17 novembre : Innocent III approuve et mandate ce type de prédicateurs.

D’après : VICAIRE, Marie-Humbert, Saint Dominique et ses frères, évangile ou croisade ? Textes du XIIIe siècle, Editions universitaires Fribourg Suisse, collection Chrétiens de tous les temps, Editions du Cerf Paris, 1965, p. 161-163

7§. Dominique est né vers 1170 à Caleruega, de Jeanne d’Aza et Félix Guzman d’après la tradition. Destiné à la cléricature par ses parents, il suit les cours à Palencia où il se fait remarquer pour avoir vendu ses livres (parchemins) afin de sauver les pauvres, lors d’une famine aux alentours de 1196  [6]. L’évêque Martin le fait entrer dans le chapitre de sa cathédrale d’Osma à cette époque. Son titre de chanoine lui vaut de pouvoir se faire appeler : « Monseigneur Dominique » dans la société de l’époque  [7].

8§. Dominique passe ainsi environ dix ans dans une communauté de clercs, pratiquant une vie religieuse soumise à la règle de saint Augustin : les repas sont pris en commun, tous dorment sous le même toit, les ressources sont mises en commun. Cette règle sera la base des futurs coutumiers et constitutions des prêcheurs.

9§. L’évêque Diègue succède à Martin, mort en 1201. A la fin de 1203, Diègue emmène Dominique avec lui pour le premier de deux ses voyages dans le nord de l’Europe : il s’agit de chercher l’épouse d’un fils du roi Alphonse III. La mission échoue.

En chemin, Diègue et Dominique découvrent le succès de l’ « Église » cathare dans le Languedoc.

10§. Cette Église parallèle promouvait une doctrine dualisme, qui distinguait entre un monde matériel intrinsèquement mauvais et des principes spirituels qui devaient s’en libérer. Si l’on en croit Tugwell  [8], cette Église impressionnait moins par sa doctrine que par ses mœurs austères, en particulier ceux de ses prédicateurs qui témoignaient dans un style de vie pauvre de leur conviction.

11§. Le pape avait alors envoyé des légats pour prêcher contre ce qui était considéré comme une hérésie, sans succès. C’est en rencontrant les légats à Montpellier en 1206 que Diègue opère un tournant dans sa vie et celle de Dominique. D’après Diègue, les légats commettent l’erreur de vouloir corriger l’hérésie en partant de la position d’autorité que leur confère l’Église : pour faire pièce aux Albigeois (les cathares), il convient de prêcher dans la pauvreté et l’humilité.
Diègue et Dominique mettent alors en pratique leur propos, imités par les légats. La même année, le pape Innocent III approuve cette nouvelle manière dans une lettre au légat Raoul de Frontfroide en date du 17 novembre 1206, qui le mande de recruter « des hommes éprouvés (…) qui n’hésiteront pas, en imitant la pauvreté du Christ pauvre, à aborder les gens méprisés dans une tenue méprisée mais avec un esprit plein d’ardeur »  [9].

12§. L’année 1206 représente un tournant pour Dominique qui abandonne la vie communautaire régulière du chapitre d’Osma pour la prédication itinérante et pauvre.


2 - Les années de prédication contre les Albigeois (1206 – 1215)

VIE DE DOMINIQUE ÉVÉNEMENTS DE CHRÉTIENTÉ
1207 Dominique fonde le couvent féminin de Prouille, point d’appui de la « Sainte-Prédication ». En avril, grande dispute avec les Cathares, à Montréal ; 9 juillet : Mort du légat Raoul. Novembre 1207 : Innocent III demande au Roi de France une intervention armée contre les hérétiques. 30 décembre : Départ et mort de l’évêque d’Osma.
1208 Dominique demeure seul. 14 janvier : Assassinat du légat Pierre de Castelnau. Le 10 mars, le pape convoque une croisade contre les Albigeois. 18 décembre, il confirme les Pauvres catholiques, Vaudois convertis.
1209 Juillet : Arrivée de la croisade en Languedoc. Simon de Montfort conquiert et reçoit le vicomté de Béziers-Carcassonne.
1211 Siège de Toulouse par les Croisés.
1213 Carême de Dominique à Carcassonne. 12 septembre : Écrasement des Méridionaux à Muret. Mort de Pierre II d’Aragon.
1214 25 mai : Dominique reçoit la paroisse de Fanjeaux, près de Prouille. 25 avril : Toulouse ouvre ses portes.
1215 Dominique se transporte à Toulouse et y fonde une « prédication » à la demande de l’évêque Foulques (printemps). En juin, charte d’approbation de l’évêque Foulques. En automne, Dominique se rend avec lui au concile. 8 janvier : Réorganisation spirituelle et temporelle du Midi au synode de Montpellier. Automne : IVe concile de Latran. 14 décembre : bulle reconnaissant Simon de Montfort comme comte de Toulouse.

D’après : VICAIRE, Marie-Humbert, Saint Dominique et ses frères, évangile ou croisade ? Textes du XIIIe siècle, Éditions universitaires Fribourg Suisse, collection Chrétiens de tous les temps, Éditions du Cerf Paris, 1965, p. 161-163

13§. Dominique suit son évêque Diègue dans son œuvre de prédication contre l’ « hérésie ». Leur prédication est itinérante, et ils vivent de ce qu’ils mendient chemin faisant : prédication mendiante et itinérante. Ces deux caractéristiques marqueront la prédication des frères que Dominique enverra par la suite, au-delà du Languedoc, dans toutes les directions.

14§. La prédication ne réussit pas à faire disparaître l’hétérodoxie de la région, d’autant que l’ « Église cathare » dispose de relais dans la société politique de l’époque. L’enjeu n’était pas simplement doctrinal et moral, il comportait nécessairement un aspect politique dans la société chrétienne occidentale du Moyen-Âge où les pouvoirs spirituel – religieux – et temporel étaient étroitement tissés.

15§. Le bras séculier entre en scène après l’assassinat du légat pontifical, Pierre de Castelnau, le 14 janvier 1208, et sa conséquence, l’appel à la croisade contre les Albigeois du pape Innocent III : de 1209 à 1214, les croisés emmenés par Simon de Montfort conquièrent les territoires de Béziers, Carcassonne et Toulouse.

16§. Dominique ne prend pas part à la croisade armée  [10], il continue seul l’œuvre de prédication – Diègue est mort le 30 décembre 1207.

17§. Dans son œuvre de prédication, il trouve réconfort et soutien dans le couvent féminin de Prouille, qu’il a fondé en 1207 : ce couvent constituait une alternative aux maisons cathare pour les femmes désireuses de mener une vie religieuse  [11].
Plus tard, des frères vont s’adjoindre à lui.

18§. Un autre tournant s’amorce dans la vie de Dominique, là encore grâce à l’action d’un évêque, l’évêque Foulques de Toulouse, qui approuve son action au point de lui confier l’ « office de prédication » sur son diocèse :

« Nous portons à la connaissance de tous, présents et à venir, que nous Foulques, par la grâce de Dieu humble ministre du siège de Toulouse, nous instituons comme prédicateurs dans notre diocèse frère Dominique et ses compagnons, afin d’extirper la corruption de l’hérésie, de chasser les vices, d’enseigner la règle de la foi et d’inculquer aux hommes des mœurs saines. Leur programme régulier est de se comporter en religieux, d’aller à pieds, dans la pauvreté évangélique, en prêchant la parole de vérité évangélique »  [12].

19§. Comme le fait remarquer Vicaire  [13], la prédication comprend l’intégralité du munus docendi de l’évêque : dans sa formulation aussi bien négative que positive, elle porte sur la doctrine et sur les mœurs. Foulques confirme aussi le style de vie de Dominique et ses frères : la pauvreté et la parole évangéliques, revendiquées par les mouvements hétérodoxes, Vaudois et Cathares en particulier, deviennent des mots d’ordre d’un mouvement maintenant reconnu dans l’Église catholique.

20§. Notons cependant que Dominique et ses frères ne peuvent exercer légitimement la nouvelle prédication que sur le diocèse de Toulouse. Par ailleurs, Foulques leur a assigné une part des dîmes du diocèse, ce qui frotte avec l’idéal évangélique : les apôtres ne doivent-ils pas s’en remettre à la Providence pour le pain de chaque jour ?
Dominique aura à travailler sur ces deux points, comme nous le verrons.

21§. Foulques sera encore déterminant lorsqu’il emmène avec lui Dominique au IV e concile du Latran, qui a débuté en novembre 1215. Nous pouvons supposer que le pape a été intéressé par l’innovation de l’évêque Foulques et de Dominique. En effet, l’innovation toulousaine constitue une réponse à la situation du Languedoc, et plus généralement de la chrétienté, où les diocèses ne semblent pas en mesure d’assurer l’office de la sainte prédication, laissant ainsi le champ libre à des prédicateurs non autorisés qui propagent des idées hétérodoxes en usurpant l’ "office de la prédication" (prædicationis officium [14]

21.1§. En ce sens, le canon 10 du 4 e concile du Latran intitulé « De l’institution des prédicateurs » - De prædicatoribus instituendis - ressemble à une extension à l’ensemble des diocèses de l’institution toulousaine.

21.2.Le portrait que le canon 10 dresse de ces prédicateurs semble taillé sur mesure pour Dominique et ses frères de Toulouse :

« Nous établissons donc, par cette constitution générale, que les évêques aient à recruter des personnages (viros) puissants en œuvres et en parole, (potentes in opere & sermone) capables (idoneos) de remplir de façon salutaire (salubriter exequendum assumant) l’office de la sainte prédication (ad sanctæ prædicationis officium), qui feront avec soin aux lieu et place de l’évêque la visite des populations qui lui sont confiées, lorsque celui-ci ne le pourra pas, et les édifieront par la parole et par l’exemple (verbo ædificent & exemplo). »  [15]

Innocent III suggère alors à Dominique d’adopter une règle religieuse déjà existante : le pape evisageait-il d’étendre l’institution cléricale toulousaine à toute l’Église, en la transformant en un ordre religieux de juridiction universelle ? Il faut nuancer cette hypothèse : le canon 10 précité situe les prédicateurs sous la dépendance de l’évêque, et il n’y est pas question d’un ordre universel  [16].

22§. L’année 1215 constitue donc un nouveau tournant : le mode de prédication de Dominique a attiré l’attention et la faveur non seulement de l’évêque de Toulouse, mais aussi du pape. Désormais Dominique portera ses pas sur de nouveaux chemins, ceux qui mènent à Rome  [17]. C’est ce que nous allons voir maintenant.


3 – L’universalisation de l’ordre (1215 – 1221)

VIE DE DOMINIQUE ÉVÉNEMENTS DE CHRÉTIENTÉ
1216 A Toulouse, choix de la Règle de saint Augustin par Dominique et ses frères. Don de Saint-Romain à Toulouse. A l’automne Dominique retourne à Rome. 16 juillet : Mort d’Innocent III. 18 juillet : Avènement d’Honorius III.
1217 15 août A Prouille, Dominique envoie ses frères fonder à Paris, à Bologne, à Rome, en Espagne. « Dispersion » 21 janvier, le pape confirme le nom et la mission des Prêcheurs : « prêcheurs » et non pas « préchant ». 13 juillet, révolte de Toulouse.
1218 Dominique passe l’hiver à Rome, puis se rend en Espagne (Madrid, Ségovie, etc.). 11 février : Série des bulles de recommandation de l’ordre par Honorius III. Entrée dans l’ordre de Réginald, doyen de Saint Aignan à Orléans Le 24 juin, Simon de Montfort est tué devant Toulouse. 6 août : installation à Saint Jacques (Paris), donné par Maître Jean de Barastre en accord avec l’université de Paris
1219 Au cours du printemps, Dominique passe à Toulouse, Paris (après Pàques), Milan, Bologne (mi-août), Viterbe (15 novembre). Diane d’Andalo contacte Dominique à Milan.
1220 Dominique passe l’hiver à Rome. Il rassemble le premier chapitre général de l’ordre pour la Pentecôte (17 mai), à Bologne ; établissement des premières constitutions. Début de la mission de Lombardie. Jourdain de Saxe devient 2° maître de l’ordre. Mercredi des Cendres : Henri, Léon et Jourdain de Saxe font profession. 12 mai : Le pape confie à Dominique une grande mission de prédication en Lombardie.
1221 Dominique passe l’hiver à Rome. 28 février, il fonde le couvent féminin de Saint-Sixte à Rome et s’installe à Sainte-Sabine. A la Pentecôte (30 mai), deuxième chapitre général, à Bologne ; distribution de l’ordre en provinces ; envoi de Frères en Angleterre, Scandinavie, Pologne, Hongrie, Proche-Orient. En été, prédication de Dominique autour de Venise. 6 août, mort à Bologne.
1223 Diane d’Andalo entre officiellement dans un monastère dominicain, dans l’octave de l’Ascension.
1233 24 mai : A Bologne, translation du corps de Dominique. 13 juillet : Grégoire IX nomme trois enquêteurs pour le procès de canonisation.
1234 3 juillet : Canonisation de saint Dominique.

D’après : VICAIRE, Marie-Humbert, Saint Dominique et ses frères, évangile ou croisade ? Textes du XIIIe siècle, Éditions universitaires Fribourg Suisse, collection Chrétiens de tous les temps, Editions du Cerf Paris, 1965, p. 161-163

23§. En 1216, Dominique peut revenir à Rome : les frères (seize en 1216  [18]) ont adopté la règle de saint Augustin, celle-là même que suivait le chanoine Dominique. Ils ont aussi adopté le coutumier des chanoines de Prémontré afin de compléter la Règle générale. Leur vie communautaire est donc réglée : manque encore la régle de la vie itinérante, qui sera établie en 1220 lors du premier chapitre de l’ordre, comme nous allons le voir.

24§. Entre temps, Honorius III a succédé à Innocent III mort le 16 juillet 1216. Le nouveau pape accordera sa confiance à Dominique. En particulier, il confirmera le nom et la mission de « Prêcheurs » dans une lettre du 21 janvier 1217 où les mots « praedicantes  » - prêchant – sont remplacés par « praedicatores  » - prêcheurs.

« Honorius, évêque, serviteur des serviteurs de Dieu, à ses chers fils le prieur et les frères de Saint-Romain  [19], prêcheurs au pays de Toulouse : salut et bénédiction apostolique. »  [20]

25§. La distinction est d’importance : le pape entérine le fait que Dominique et ses frères ne sont pas des religieux qui, entre autres, prêchent (comme le signifierait l’appellation « prêchant »), ils sont des religieux dont la fonction unique est de prêcher, cette fonction constituant même leur raison d’exister comme religieux.

26§. Le pape précise bien cependant que cette mission et cette appellation valent « au pays de Toulouse » : l’œuvre de Dominique a pour l’instant un caractère local, contrairement à ce que la recommandation d’Innocent III avait pu laisser entendre.

27§. Pourtant, le 15 août 1217, Dominique disperse la communauté de Toulouse. Contre l’avis de ses frères, de l’évêque et du maintenant comte de Toulouse, Simon de Montfort, Dominique envoie ses frères fonder à Paris, Bologne, et en Espagne. « Ne me faites pas d’opposition. Je sais ce que je fais ! », répondra-t-il à ses objecteurs  [21].
Des frères sont cependant maintenus à Saint-Romain de Toulouse ; ils auront à surmonter la mort de Simon de Montfort au siège de Toulouse révoltée, le 24 juin 1218.

28§. Les années 1218 – 1219 voient la justification de la décision apparemment risquée de Dominique : à partir de 1218, Honorius III semble convaincu de la portée universelle de l’ordre, si l’on en juge par la série de bulles qu’il envoie pour recommander l’ordre.

29§. Citons en exemple un extrait de la lettre envoyée le 4 février 1221 aux archevêques, évêques et prélats :

« C’est pourquoi, nous avons pris très volontiers sous notre recommandation et vous recommandons nos chers fils les Prêcheurs qui, par leur profession de pauvreté et de vie régulière, sont totalement députés à l’annonce de la parole de Dieu. »  [22]

30§. Ces lettres arrivent en particulier à Paris où les frères pourront s’installer à Saint Jacques  [23]. A Bologne, le frère Réginald, ancien doyen de Saint Aignan à Orléans, entré dans l’ordre en 1218, fait merveille auprès des étudiants, attirés par le nouveau style de ce prêcheur  [24].

31§. L’ordre attire des hommes et des femmes d’exception. L’histoire a retenu le nom de Diane d’Andalo, qui s’engagera dans la fondation d’un couvent féminin à Bologne, en surmontant l’opposition de sa famille. Elle nouera avec le deuxième maître de l’ordre, Jourdain de Saxe, une relation spirituelle fameuse dans l’histoire de l’ordre. Jourdain de Saxe fera profession entre les mains de Réginald envoyé entre temps à Paris. Albert le Grand, futur professeur de Thomas d’Aquin, sera attiré dans l’ordre par Jourdain  [25].

32§. En 1220, Honorius III confie à Dominique la responsabilité d’organiser la prédication en Lombardie : comme dans le Languedoc, il s’agit de lutter contre un courant hétérodoxe.

33§. Le jour de Pentecôte de cette même année (le 17 mai 1220), Dominique rassemble le premier chapitre général de l’ordre à Bologne. Ce chapitre rédige les premières constitutions de l’ordre, qui viennent compléter le coutumier inspiré des chanoines de Prémontré et la Règle de saint Augustin, adoptés par les frères en 1216. La dimension itinérante de l’ordre est désormais prise en compte, en plus de la dimension de vie communautaire.

34§. Citons ici le Prologue des constitutions primitives  [26] :

"1. Puisque la règle nous fait précepte de n’avoir qu’un cœur et qu’une âme dans le Seigneur, il est juste que vivant sous la même règle, liés par les vœux de la même profession, nous nous trouvions également unanimes dans l’observance de notre religion canoniale, en sorte que l’unité que nous devons conserver dans nos cœurs soit réchauffée et représentée au-dehors par l’uniformité de nos mœurs. (…) Quoniam ex precepto regule iubemur habere cor unum et animam unam in domino, iustum est ut qui sub una regula et unius professionis uoto uiuimus, uniformes in obserunacia canonice religionis inueniamur, quatinus unitatem que interius seruanda est in cordibus, foueat et representet uniformitas exterius seruata in moribus.  [27]
2. Sur ce point (de l’observance) cependant que le supérieur ait en son couvent pouvoir de dispenser les frères chaque fois qu’il l’estimera convenable, principalement en ce qui paraîtrait faire obstacle à l’étude, à la prédication, ou au bien des âmes, puisqu’on sait que notre ordre, dès le début, a spécialement été institué pour la prédication et le salut des âmes et que notre étude  [28] doit tendre par principe, avec ardeur et de toutes nos forces à nous rendre capables d’être utiles à l’âme du prochain" Ad hoc tamen in conuentu suo prelatus dispensandi cum fratribus habeat potestatem, cum sibi aliquando uedebitur expedire. In hiis precipue que studium, uel predicationem, uel animarum fructum uidebuntur impedire, cum ordo noster specialiter ob predicationem et animarum salutem ab inicio noscatur institutus fuisse et studium nostrum ad hoc principaliter ardenterque summo opere debeat intendere, ut proximorum animabus possumus utiles esse  [29].

35§. Nous pouvons noter la nouvelle valeur de l’étude dans l’équilibre de l’art de vivre prêcheur. Comme toutes les autres valeurs, celle-ci est subordonnée à la prédication dont la visée est le « salut des âmes » ; cependant, la valeur de l’étude peut prendre le pas sur celle de l’observance, selon le jugement du supérieur qui peut dispenser le frère. Les frères aptes à l’étude pour la prédication peuvent disposer d’une chambre personnelle pour étudier, quitte à revenir au dormitorium (dortoir) au cas où ils s’avéreraient inaptes  [30].

36§. L’importance de l’étude dans l’équilibre général est telle qu’une communauté de frères prêcheurs doit comporter au moins un lecteur (doctor)  [31]. Dominique avait en effet compris qu’il fallait des hommes formés aux études pour pouvoir répondre aux arguments subtils des contradicteurs albigeois  [32].

37§. Dominique insistera sur la valeur de la pauvreté dans le projet de l’ordre ; la pauvreté volontaire est ici entendue comme le moyen d’imiter la prédication des apôtres en s’en remettant à la Providence ; alors qu’il avait accepté en 1215 les dîmes de Foulques à Toulouse, il demandera d’inscrire dans les constitutions la renonciation au droit de posséder des revenus et des bénéfices, non seulement individuellement mais aussi communautairement : les couvents doivent eux aussi renoncer à tout droit de possession  [33].

38§. Il sera de même interdit de monter à cheval, sauf cas de nécessité  [34]. Ce signe de richesse et de pouvoir seigneurial, qui était autorisé par le statut de chanoine, devient maintenant interdit pour le frère prêcheur. En faisant adopter de telles dispositions, Dominique vise sans doute à réaliser ainsi l’équilibre entre la forme de vie canoniale et la forme de vie itinérante, équilibre soumis à la prédication : la pauvreté, l’absence de signes de richesses ou d’autorité, contribuent à se présenter dans un appareil aussi humble que celui des « bons hommes » cathares : l’efficacité de la prédication – ordonnée au « salut des âmes » - en dépend, comme l’avait affirmé au début l’évêque Diègue d’Osma en 1206, lors de la rencontre des légats cisterciens à Montpellier.

39§. Le deuxième chapitre général de l’ordre a lieu l’année suivante à la Pentecôte (30 mai 1221  [35]). Il adapte les constitutions à l’expansion de l’ordre en introduisant un échelon intérmédiaire entre le couvent et l’ordre, à savoir la province. Des frères sont envoyés en Angleterre, Scandinavie, Pologne, Hongrie, Proche-Orient.

40§. Dominique meurt, le 6 août 1221 à Bologne, laissant derrière lui un ordre muni d’une structure juridique qui lui assurera une remarquable stabilité au cours du temps.


© esperer-isshoni.fr, janvier 2010

[1Vicaire, Dominique et ses prêcheurs, op. cit., p. 103 ; p .173 ; 177 Rappelons les trois charges de l’évêque dans le Droit Canon de l’Église catholique latine : la charge d’enseigner, la charge de sanctifier et la charge de gouverner (le munus docendi, le munus sanctificandi et le munus regendi)

[2Pour mémoire, les relations entre le clergé local et les nouveaux ordres mendiants ont pu être tendues. La tension entre mission universelle et coopération locale peut se lire dans le privilège pontifical de l’ "autel portatif » accordé par le pape à Dominique et ses frères en 1221 (et en 1224 pour les Frères Mineurs) : les frères peuvent désormais célébrer la messe dans leur maison, ce qui leur évite de devoir emprunter une église existante à l’évêque du lieu.
Voir : VICAIRE, Marie-Dominique, Histoire de saint Dominique, tome 2 : au cœur de l’Église, Cerf, 1982, p. 263.

Les ordres mendiants, franciscains comme dominicains, seront remis profondément en question par le pape Innocent IV, qui prendra parti pour le clergé régulier dans sa bulle Etsi animarum de novembre 1254. Le nouveau pape Alexandre IV suspendra cette bulle après la mort d’Innocent IV en décembre 1254. (Notre attention sur ce point a été attirée par VOSE, Robin, Dominicans, Muslims and Jews in the Medieval Crown of Aragon, Cambridge University Presse, 2009, p. 45-46

[3L’Ordre s’est diversifié en trois branches : la branche des frères, la branche des sœurs (monastiques et apostoliques), et la branche des laïcs, anciennement appelée « tiers ordre ». Nous traiterons surtout ici de la branche des frères prêcheurs. Vicaire, Dominique et ses prêcheurs, p. 393
Pour mémoire, citons Vicaire sur les moniales : « Entre 1257 et 1267,.. l’Ordre de saint Dominique est contraint par les papes de s’incorporer définitivement un grand nombre de couvents de moniales, pour lesquels il rédige une règle générale en 1259, ce qui donne naissance, en fait, au second-ordre de Saint-Dominique ». Ibidem, p. 393
Sur le Tiers Ordre : « En 1285, le maître général des Prêcheurs, Munio de Zamora, (..) publie la Règle de l’Ordo de Paenitentiae sancti Domini.  » Ibidem, p. 393

[4Vicaire, Dominique et ses prêcheurs, p .175

[5pour reprendre Marie-Dominique Chenu dans sa préface, p. VI de : Vicaire, Marie-Humbert, Dominique et ses prêcheurs, Éditions universitaires Fribourg Suisse, Éditions du Cerf Paris, 1977, 444 p.

[6Il aurait dit : « je ne veux pas étudier sur des peaux mortes quand des hommes meurent de faim »

[7Tugwell, Saint Dominique, p. 35

[8Tugwell, Simon, Saint Dominique, Strasbourg Éditions du Signe, 1996, p.8.

[9Vicaire, Vie apostolique, p. 150

[10La participation de Dominique à l’Inquisition constitue un anachronisme. Nous renvoyons au chapitre « Saint Dominique et les inquisiteurs » dans Vicaire, Dominique et ses prêcheurs, p.36-57. Vicaire rappelle que l’Office d’inquisition a été institué en 1231 en Lombardie et 1234 (Languedoc), soit une dizaine d’années après la mort de Dominique. Pour la légende de Dominique arrachant un hérétique à la fournée promise au bûcher, voir ibid. p. 46-48. [Voir cependant Tugwell, Saint Dominique, p.18]
L’anachronisme inverse consiste à projeter sur Dominique notre aversion actuelle pour la contrainte physique dans le domaine de la foi – aversion justifiée, préciserai-je immédiatement en prenant parti – : Dominique était un homme de son temps pour lequel les sphères du pouvoir temporel et spirituel n’étaient pas séparées.

[11Noter ici l’attention de Dominique pour les femmes : « (..) les femmes pour le ministère desquelles il possède une grâce spéciale et pour lesquelles il fonde successivement quatre monastères, » Vicaire, Dominique et ses frères, op. cit., p. 162.
Tugwell écrit : « Depuis longtemps Dominique s’intéressait aux besoins de femmes religieuses » à propos de la profession de Diane d’Andalo dans les mains de Dominique (Tugwell, Saint Dominique, op. cit. p 39).
La légende rapporte des épisodes révélateurs du sentiment fraternel de Dominique pour ses sœurs (cf. épisode des cuillères en bois, ou celui du vin bu dans la nuit – nous ne développons pas).

[12Lettre d’approbation de Foulques de 1215, citée dans Vicaire, vie apostolique, p. 151

[13Vicaire, Dominique et ses prêcheurs, op. cit., p. 103 ; p .173 ; 177

[14Voir le canon 3 du quatrième concile du Latran, qui condamne les hérétiques (vaudois, précise l’édition).

Canon III – A propos des hérétiques extrait Cap. III – De hæreticis
« Parce que " certains ", selon ce que dit l’Apôtre, " ayant les apparences de la piété, mais en reniant la force " (2Tm 3,5), s’arrogent le droit de prêcher, Quia vero « nonnulli sub specie pietatis, virtutem eius (iuxta quod ait Apostolus) abnegantes, auctoritatem sibi vindicant praedicandi,
alors que le même Apôtre dit : "Comment prêcheront-ils s’ils ne sont pas envoyés ?" (Rm 10,15), cum idem Apostolus dicat : ‘Quomodo.. praedicabunt, nisi mitantur ? ‘
tous ceux à qui cela a été défendu ou qui n’ont pas été envoyés omnes , qui prohibiti vel non missi, praeter auctoritatme ab Apostolica Sede vel catholico episcopo loci susceptam,
, et qui oseraient usurper, en public ou en privé, l’office de la prédication sans autorisation donnée par le Siège apostolique ou par l’évêque catholique du lieu ", publice vel privatim praedicationis officium usurpare praesumpserint »[ex concilio Veronensi 1184…],
seront frappés d’excommunication excommunicationis vinculo innodentur :
 ; s’ils ne viennent pas promptement à résipiscence, ils seront châtiés par une autre peine appropriée. » et nisi quantocius resipuerint, alia competenti poena plectantur »
DENZINGER, Henricus, Symboles et définitions de la foi catholique, Enchiridion symbolorum, Edition 37 – voir Ictus pour la version numérisée. DENZINGER, Henricus, Enchiridion symbolorum, definitionum et declarationum de rebus fidei et morum, Editio 27 augmentata, 1951 Editorial Herder Barcelona, 688 p. - voir Ictus pour la version numérisée.

ajout du 18/1/2010

[15Voici le texte complet de ce canon X .
La traduction française provient de : VICAIRE, Marie-Humbert, Histoire de saint Dominique, tome 2 : au cœur de l’Eglise, Cerf, 1982, p. 25-26.
La traduction latine provient de : Mansi, Amplissima Coll. Concil. 22, Ann. 1166 – 1225, reproduction en fac-similé par Welter, Éditeur, 1903 de l’édition :
Mansi, Joannes Dominicus (Archiepiscopus Lucensis), Sacrorum Conciliorum – Nova, et amplissima Collectio, Tomus vigesimus secundus. Ab anno MCLXVI ufque ad ann. MCCXXV. Venetiis MDCCLXXVIII.

Decrata generalis Concilii Lateranensis IV Sub Innocentio Papa III. X. De prædicatoribus inftituendis
« Parmi tout ce qui touche au salut du peuple chrétien, la distribution régulière de la parole de Dieu est, on le sait, souverainement nécessaire à ce peuple, puisque l’âme se nourrit de l’aliment spirituel comme le corps du matériel. « Inter cetera quæ ad falutem fpectant populi Christiani, pabulum verbi Dei permaxime nofcitur fibi effe neceffarium, quia ficut corpus materiali, fic anima fpirituali cibo nutritur, eo quod
L’homme, en effet, ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu non folo pane vivit homo, fed in omni verba quod procedit de ore Dei.
Or il arrive fréquemment que les évêques ne suffisent pas à distribuer par eux-mêmes à leur peuple la parole de Dieu, à cause de la multiplicité de leurs occupations, de l’infirmité de leur corps, des attaques de leurs ennemis ou d’autres circonstances encore (pour ne pas dire à cause de leur défaut de science, qu’on doit réprouver de la manière la plus absolue et qu’on ne tolèrera plus désormais). Unde cum faepe contingat, quod epifcopi propter occupationes multiplices, vel invaletudines corporales, aut hoftiles incurfus, feu occafiones alias (ne dicamus defectum fcientiæ, quod in eis eft reprobandum omnino, nec de cetero tolerandum)
Or l’étendue et la (p. 25) dispersion des diocèses aggrave encore cette défaillance. per fe ipfos non fufficiunt miniftrare populo verbum Dei, maxime per amplas diœcefes & diffufas,
Nous établissons donc, par cette constitution générale, que les évêques aient à recruter des personnages generali conftitutione fancimus, ut epifcopi viros idoneos ad fanctæ prædicationis officium falubriter exequendum affumant,
puissants en oeuvres et en parole, capables de remplir de façon salutaire l’office de la sainte prédication, qui feront avec soin aux lieu et place de l’évêque la visite des populations qui lui sont confiées, lorsque celui-ci ne le pourra pas, et les édifieront par la parole et par l’exemple. potentes in opere & fermone, qui plebes fibi commiffas, vice ipforum, cum per fe idem nequiverint, folicite vifitantes, eas verbo ædificent & exemplo,
L’évêque les assurera de leur nécessaire, s’il en est besoin, d’une façon congrue, pour éviter qu’ils ne soient contraints d’interrompre leur entreprise faute de ce nécessaire. quibus ipfi, cum indiguerint, congrue necesffaria miniftrent, ne pro neceffariorum defectu compellantur defiftere ab incœpro.
Nous prescrivons donc de constituer dans les cathédrales aussi bien que dans les autres églises conventuelles une catégorie de gens compétents que l’évêque puisse utiliser comme coadjuteurs et coopérateurs, Unde præcipimus tam in cathedralibus, quam in alliis conventualibus ecclefiis viros idoneos ordinari, quos epifcopi poffint coadjutores & cooperatores (999) habere,
non seulement pour l’office de la prédication, mais aussi pour le ministère des confessions, l’assignation des pénitences et autres activités relatives au salut des âmes. non folum in prædicationis officio, verum etiam in audiendis confeffionibus, & pœnitentiis injungendis, ac ceteris quæ ad falutem pertinent animarum.
Tel qui négligerait de mettre ces prescriptions en pratique, serait passible d’une sanction rigoureuse » Si quis autem hoc neglexerit adimplere, diftrictæ fubjaceat ultioni.

.

[16Vicaire le dit clairement : « Le canon soulignait avec dureté les insuffisances et les défaillances des évêques. Néanmoins, il réaffirmait nettement la tradition. L’évêque était et devait rester le prédicateur par excellence. Il devait se faire aider, sans doute, mais rien de plus. » VICAIRE, Marie-Humbert, Histoire de saint Dominique, tome 2 : au cœur de l’Eglise, Cerf, 1982, p. 25

[17ou Viterbe, lorsque Rome devient trop turbulente pour le pape

[18Tugwell, Saint Dominique, p. 24

[19Saint-Romain de Toulouse a été donné à Dominique et ses frères en 1216, au retour du premier voyage de Dominique à Rome.

[20Vicaire, vie apostolique, p. 158

[21Procès de canonisation de Bologne n°24, cité par Vicaire, Dominique et ses frères, op. cit., p. 163

[22Vicaire, Vie apostolique, p. 200

[23Tugwell, Saint Dominique, p. 34

[24Tugwell, Saint Dominique, p. 33

[25Tugwell, Saint Dominique, p. 40

[26Vicaire, Marie-Humbert, Saint Dominique, la vie apostolique Textes du XIIIe siècle, Éditions universitaires Fribourg Suisse, collection Chrétiens de tous les temps, Éditions du Cerf Paris, 1967, p. 162. La partie en italiques est un emprunt aux coutumes des chanoines de Prémontré (éd. de 1174) ; la partie en romaines remonte aux coutumes de stricte observance adoptées en 1216.

[27p. 622 col. b in Analecta Sacri Ordinis Fratrum Praedicatorum, Anno IV, Romae Iulio – 1896 – Fasc.IV

[28Signalons que Tugwell a choisi de traduire le mot "étude" par "zèle" dans son ouvrage : Saint Dominique, op. cit., p.37. Il faudrait vérifier si Tugwell a écrit directement en français ou s’il s’agit d’une traduction de l’anglais au français.

[29p. 622 col. b in Analecta Sacri Ordinis Fratrum Praedicatorum, Anno IV, Romae Iulio – 1896 – Fasc.IV

[30.

"Le supérieur doit accorder telles dispenses aux étudiants qu’on ne puisse facilement ni interrompre leur étude ni la gêner pour des questions d’office ou d’autre chose." ... XIX De dispensacione studentum. Circa eos qui student taliter dispensetur a prelato ne propter officium uel aliud de facili a studio retrahantur uel impediantur.
"On n’attribue pas de cellule à tous les étudiants, mais à ceux d’entre eux seulement qui en peuvent tirer profit, au jugement de leur maître. Si quelqu’un se montre infructueux dans les études, on donne sa cellule à autrui et on l’emploie lui même à d’autres offices. Dans les cellules, ceux qui le veulent peuvent étudier, écrire, prier, dormir et même veiller pendant la nuit pour raison d’étude." (...) Celle non omnibus studentibus sed quibus magistro eorum expedire uidebitur assignentur. Quod si aliquis infructuosus inueniatur in studio cella eius detur alteri et ipse in aliis officiis occupetur. In cellis legere, scribere, orare, dormire et eciam de nocte uigilare possint qui uoluerint propter studium.
(2° distinc. chap.29 – cité dans Vicaire, Saint Dominique, la vie apostolique, op. cit. p 192) p. 643 col. b - p. 644 col. a in Analecta Sacri Ordinis Fratrum Praedicatorum, Anno IV, Romae Iulio – 1896 – Fasc.IV

.

[31"On n’envoie pas fonder de communauté à moins de douze religieux, ni sans la permission du chapitre général, ni sans un prieur et un lecteur (doctor)" (2° distinc. chap.23 § 1 – cité dans Vicaire, Saint Dominique, la vie apostolique, op. cit. p 191)

[32Vicaire, Saint Dominique et ses frères, op. cit. p. 161

[33« Ce n’est qu’en 1220 que le chapitre général de Bologne réalise la totale homogénéité des inspirations évangéliques des Prêcheurs en instituant sous l’impulsion de Dominique la mendicité conventuelle. » Vicaire, Dominique et ses frères, p. 169.
On sait que ces dispositions feront l’objet de révision au cours du temps : faut-il le regretter ? Sans doute convient-il de relativiser la valeur de la pauvreté dans l’équilibre complexe des valeurs de l’existence dominicaine ; sans doute convient-il aussi de ne pas la minorer abusivement.

[34Coulpe grave en 1° Distinc. chap.22 : Aller à cheval sans permission ni nécessité grave,(#13) – cité dans Vicaire, Saint Dominique, la vie apostolique, op. cit. p 176

[35– ou le mercredi après la Pentecôte, soit le 2 juin, d’après Tugwell, Saint Dominique, p. 52 . Vicaire et Tugwell diffèrent.


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