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Écritures confucéennes – Les Entretiens de Confucius (551-479 av. J.C.) - chap. 11 à 20 - (français - English – 中文)

mercredi 26 février 2014 par Phap

Écritures confucéennes – Les Entretiens de Confucius (français - English – 中文)

Un des points d’entrée majeurs de la culture sinisée.


Voir aussi : Écritures confucéennes – Les Entretiens de Confucius (551-479 av. J.C.) - chap. 1 à 10 (français - English – 中文)


先進 第十一 XI. HSIEN TSIN n°1-10 - n°11-20 - n°21-25
顏淵 第十二 XII. YEN YUAN n°1-10 - n°11-20 - n°21-23
子路 第十三 XIII. TSZE-LU n°1-10 - n°11-20 - n°21-30
憲問 第十四 XIV. HSIEN WAN n°1-10 - n°11-20 - n°21-30 - n°31-40 - n°41-47
衛靈公 第十五 XV. WEI LING KUNG n°1-10 - n°11-20 - n°21-30 - n°31-40 - n°41
李氏第 十六 XVI. KE SHE n°1-10 - n°11-14
陽貨 第十七 XVII. YANG HO n°1-10 - n°11-20 - n°21-25
微子 第十八 XVIII. WEI TSZE n°1-10 - n°11
子張 第十九 XIX. TSZE-CHANG n°1-10 - n°11-20 - n°21-25
堯曰 第二十 XX. YAO YUEH n°1-3

先進第十一 CHAPITRE XI BOOK XI. HSIEN TSIN.
【第一章】【一節】子曰、先進於禮樂、野人也、後進於禮樂、君子也、 XI.1. Le Maître dit :

— En ce qui concerne l’urbanité et la musique, les anciens passent pour des hommes peu civilisés, et les modernes, pour des hommes sages.
CHAP. I. 1. The Master said, ’The men of former times, in
the matters of ceremonies and music were rustics, it is said,
while the men of these latter times, in ceremonies and music,
are accomplished gentlemen.
【二節】如用之、則吾從先進。 Dans la pratique, j’imite lesanciens [1] 2. ’If I have occasion to use those things, I follow the men
of former times.’
【第二章】【一節】子曰、從我於陳蔡者、皆不及門也。 XI.2. Le Maître dit :
— De tous les disciples qui m’ont accompagné dans les principautés de Tch’enn et de Ts’ai, aucun ne fréquente plus mon école.
CHAP. II. 1. The Master said, ’Of those who were with me
in Ch’an and Ts’ai, there are none to be found to enter my door.’
【二節】德行、顏淵、閔子騫、冉伯牛、仲弓。言語、宰我、子貢。
政事、冉有、李路。文學、子游、子夏。
Ien Houei, Min Tzeu k’ien, Jen Pe gniou et Tchoung koung étaient remarquables par leurs vertus ; Tsai Ngo et Tzeu koung, par leur habileté à parler ; Jen Iou et Ki Lou, par leur habileté à gouverner ; Tzeu iou et Tzeu hia, par leur habileté dans les lettres et leur érudition. [2] 2. Distinguished for their virtuous principles and practice,
there were Yen Yuan, Min Tsze-ch’ien, Zan Po-niu, and Chung-kung ; for their ability in speech, Tsai Wo and Tsze-kung ; for their adminis-trative talents, Zan Yu and Chi Lu ; for their literary acquirements, Tsze-yu and Tsze-hsia.
【第三章】子曰、回也、非助我者也、於吾言、無所不說。 XI.3. Le Maître dit :

— Houei ne m’excitait pas à parler ; il était content de tout ce que je disais. [3]

CHAP. III. The Master said, ’Hui gives me no assistance. There is nothing that I say in which he does not delight.’
【第四章】子曰、孝哉閔子騫、人不間於其父母昆弟之言。 XI.4. Le Maître dit :

— Que Min Tzeu k’ien était remar­quable par sa piété filiale ! Les étrangers n’en parlent pas autrement que son père, sa mère et ses frères [4]

CHAP. IV. The Master said, ’Filial indeed is Min Tsze-ch’ien ! Other people say nothing of him different from the report of his parents and brothers.’
【第五章】南容三復白圭、孔子以其兄之子妻之。 XI.5. Nan Ioung, pour se souvenir qu’il fallait parler avec circonspection, répétait souvent ces mots du Cheu king :

La tablette blanche peut être polie et ses défauts dis­paraîtront.

Confucius lui donna en mariage la fille de son frère.

CHAP. V. Nan Yung was frequently repeating the lines about a white scepter stone. Confucius gave him the daughter of his elder brother to wife.
【第六章】李康子問弟子孰為好學。孔子對曰、有顏回者好學、不幸短命死矣、今也則亡。 XI.6. Ki K’ang tzeu demanda à Confucius lequel de ses disciples s’appliquait de tout son cœur à l’étude de la sagesse.
Le Maître répondit :

— Ien Houei s’y appliquait de tout son pouvoir. Malheureusement il a peu vécu. A présent personne ne l’égale.

CHAP. VI. Chi K’ang asked which of the disciples loved to learn. Confucius replied to him, ’There was Yen Hui ; he loved to learn. Unfortunately his appointed time was short, and he died. Now there is no one who loves to learn, as he did.’
【第七章】【一節】顏淵死、顏路請子之車以為之椁。 XI.7. Ien Iuen étant mort, Ien Lou [5] demanda la voiture de Confucius, afin d’en employer le prix à acheter un second cercueil au défunt. CHAP. VII. 1. When Yen Yuan died, Yen Lu begged the carriage of the Master to sell and get an outer shell for his son’s coffin.
【二節】子曰:「才不才,亦各言其子也。鯉也死,有棺而無椁。吾不徒行以為之椁。以吾從大夫之後,不可徒行也。」 Le Maître répondit :

— Aux yeux d’un père, un fils est toujours un fils, qu’il ait du talent ou non. Quand mon fils Li est mort, il a eu un cercueil, mais pas de second cercueil pour contenir et protéger le premier. Je ne suis pas allé à pied, afin de lui procurer un second cercueil. Comme je viens immé­diatement après les grands préfets, il ne convient pas que j’aille à pied. [6]

2. The Master said, ’Every one calls his son his son, whether he has talents or has not talents. There was Li ; when he died, he had a coffin but no outer shell. I would not walk on foot to get a shell for him, because, having followed in the rear of the great officers, it was not proper that I should walk on foot.’
【第八章】顏淵死、子曰、噫、天喪予、天喪予。 XI.8. Ien Iuen étant mort, le Maître dit :

— Hélas ! le Ciel m’a ôté la vie ! le Ciel m’a anéanti !

CHAP. VIII. When Yen Yuan died, the Master said, ’Alas ! Heaven is destroying me ! Heaven is destroying me !’
【第九章】【一節】顏淵死、子哭之慟、從者曰、子慟矣。 XI.9. Le Maître pleura amèrement la mort de Ien Iuen. Ses disciples lui dirent :

— Maître, votre douleur est exces­sive.

CHAP. IX. 1. When Yen Yuan died, the Master bewailed him exceedingly, and the disciples who were with him said, ’Master, your grief is excessive ?’
【二節】曰、有慟乎。 Il répondit :

— Ma douleur est‑elle excessive ?

2. ’Is it excessive ?’ said he.
【三節】非夫人之為慟而誰為。 S’il y a lieu d’éprouver jamais une grande affliction, n’est‑ce pas après la perte d’un tel homme ? 3. ’If I am not to mourn bitterly for this man, for whom should I mourn ?’
【第十章】【一節】顏淵死、門人欲厚葬之。子曰、不可。 XI.10. Ien Iuen étant mort, les disciples de Confucius voulurent faire de grands frais pour sa sépulture. Le Maître dit :

— Cela ne convient pas.

CHAP. X. 1. When Yen Yuan died, the disciples wished to give him a great funeral, and the Master said, ’You may not do so.’
【二節】門人厚葬之。 Les disciples l’en­terrèrent néanmoins à grands frais. 2. The disciples did bury him in great style.
【三節】子曰、回也、視予猶父也、予不得視猶子也、非我也、夫二三子也。 Le Maître dit :

— Houei [7] me considérait comme son père ; moi, je n’ai pu le traiter comme mon fils, c’est‑à‑dire l’enterrer pau­vrement comme mon fils Li. Ce n’est pas moi qui en suis la cause, mais ces quelques disciples.

3. The Master said, ’Hui behaved towards me as his father. I have not been able to treat him as my son. The fault
is not mine ; it belongs to you, O disciples.’
【十一章】李路問事鬼神。子曰、未能事人、焉能事鬼。敢問死。曰、未知生、焉知死。 XI.11. Tzeu lou interrogea Confucius sur la manière d’honorer les esprits. Le Maître répondit :

— Celui qui ne ait pas remplir ses devoirs envers les hommes, comment saura‑t‑il honorer les esprits ? Tzeu lou reprit :

— Per­mettez‑moi de vous interroger sur la mort. Le Maître répondit :

— Celui qui ne sait pas ce que c’est que la vie, comment saura‑t‑il ce que c’est que la mort ? [8]

CHAP. XI. Chi Lu asked about serving the spirits of the dead. The Master said, ’While you are not able to serve men, how can you serve their spirits ?’ Chi Lu added, ’I venture to ask about death ?’ He was answered, ’While you do not know life, how can you know about death ?’
【十二章】【一節】閔子侍側、誾誾如也、子路行行如也、冉有、子貢、侃侃如也。子樂。 XI.12. Un jour Min tzeu se tenait auprès de Confucius avec un air ferme et affable, Tzeu lou, avec l’air d’un homme brave et audacieux, Jen Iou et Tzeu koung, avec un air sérieux. Le Maître était content de voir cette fer­meté qui paraissait dans leur maintien. CHAP. XII. 1. The disciple Min was standing by his side, looking bland and precise ; Tsze-lu, looking bold and soldierly ; Zan Yu and Tsze-kung, with a free and straightforward manner. The Master was pleased.
【二節】若由也、不得其死然。 — Un homme comme Iou, dit‑il, ne peut mourir de mort naturelle [9]. 2. He said, ’Yu, there !— he will not die a natural death.’
【十三章】【一節】魯人為長府。 XI.13. Les ministres de la principauté de Lou voulaient reconstruire à neuf le magasin appelé Tch’ang fou. CHAP. XIII. 1. Some parties in Lu were going to take down and rebuild the Long Treasury.
【二節】閔子騫曰、仍舊貫、如之何、何必改作。 Min Tzeu k’ien dit :

— Si l’on réparait l’ancien bâtiment, ne serait‑ce pas bien ? Est‑il nécessaire d’élever une nouvelle construction ?

2. Min Tsze-ch’ien said, ’Suppose it were to be repaired after its old style ;— why must it be altered and made anew ?’
【三節】子曰、夫人不言、言必有中。 Le Maître dit :

— Cet homme ne parle pas à la légère ; quand il parle, il parle très bien.

3. The Master said, ’This man seldom speaks ; when he does, he is sure to hit the point.’
【十四章】【一節】子曰、由之瑟、奚為於丘之門。 XI.14. Le Maître dit :

— Pourquoi la guitare de Iou [10] se fait‑elle entendre dans mon école ?

CHAP. XIV. 1. The Master said, ’What has the lute of Yu to do in my door ?’
【二節】門人不敬子路。子曰、由也、升堂矣、未入於室也。 Les disciples de Confucius, ayant entendu ces paroles, conçurent du mé­pris pour Tzeu lou. Le Maître leur dit :

— Iou est déjà monté au temple de la sagesse ; mais il n’a pas encore pénétré dans le sanctuaire. [11]

2. The other disciples began not to respect Tsze-lu. The Master said, ’Yu has ascended to the hall, though he has not yet passed into the inner apartments.’
【十五章】【一節】子貢問師與商也孰賢。子曰、師也過、商也不及。 XI.15. Tzeu koung demanda lequel des deux était le plus sage, de Cheu ou de Chang. Le Maître répondit

— Cheu va au‑delà des limites ; Chang reste en‑deçà.

CHAP. XV. 1. Tsze-kung asked which of the two, Shih or Shang, was the superior. The Master said, ’Shih goes beyond the due mean, and Shang does not come up to it.’
【二節】曰、然則師愈與。 Tzeu koung reprit :

— D’après cela, Cheu l’emporte‑t‑il sur Chang ?

2. ’Then,’ said Tsze-kung, ’the superiority is with Shih, I suppose.’
【三節】子曰、過猶不及。 Le Maître répondit :

— Dépasser les limites n’est pas un moindre défaut que de rester en‑deçà.

3. The Master said, ’To go beyond is as wrong as to fall short.’
【十六章】【一節】李氏富於周公、而求也為之聚斂而附益之。 XI.16. Ki était devenu plus riche que ne l’avait été Tcheou koung. Cependant, K’iou [12] levait pour lui des taxes, et augmentait encore son opulence. CHAP. XVI. 1. The head of the Chi family was richer than the duke of Chau had been, and yet Ch’iu collected his imposts for him, and increased his wealth.
【二節】子曰、非吾徒也、小子、鳴鼓而攻之可也。 Le Maître dit :

— Jen Iou n’est plus mon disciple. Mes chers enfants, battez le tambour [13] et attaquez‑le, vous ferez bien.

2. The Master said, ’He is no disciple of mine. My little
children, beat the drum and assail him.’
【十七章】【一節】柴也愚。 XI.17. Confucius dit :

— Tch’ai est peu instruit,

CHAP. XVII. 1. Ch’ai is simple.
【二節】參也魯。 Chenn peu perspicace, 2. Shan is dull.
【三節】師也辟。 Cheu plus soucieux d’une belle appa­rence que de la vraie vertu ; 3. Shih is specious.
【四節】由也喭。 Iou n’est pas assez poli. 4. Yu is coarse.
【十八章】【一節】子曰、回也奇庶乎屢空。 XI.18. Le Maître dit :

— Houei avait presque atteint la plus haute perfection. Il était ordinairement dans l’indigence [14].

CHAP. XVIII. 1. The Master said, ’There is Hui ! He has
nearly attained to perfect virtue. He is often in want.
【二節】賜不受命、而貨殖焉、億則屢中。 Seu ne s’abandonne pas à la Providence ; il amasse des richesses ; mais il est judicieux. 2. ’Ts’ze does not acquiesce in the appointments of Heaven, and his goods are increased by him. Yet his judgments are often correct.’
子張問善人之道。子曰:「不踐跡,亦不入於室。」 XI.19. Tzeu tchang interrogea Confucius sur la vertu de ceux qui sont naturellement bons [15]. Le Maître répondit :

— Ils ne marchent pas sur les traces des sages ; ils n entreront pas dans le sanctuaire de la sagesse.

CHAP. XIX. Tsze-chang asked what were the characteristics of the GOOD man. The Master said, ’He does not tread in the footsteps of others, but moreover, he does not enter the chamber of the sage.’
【二十章】子曰、論篤是與、君子者乎、色莊者乎。 XI.20. Le Maître dit :

— De ce qu’un homme fait des dissertations solides sur la vertu, on ne doit pas juger aussitôt qu’il est vertueux. Il faut examiner s’il est vrai­ment un sage, ou s’il en a seulement l’apparence.

CHAP. XX. The Master said, ’If, because a man’s discourse appears solid and sincere, we allow him to be a good man, is he really a superior man ? or is his gravity only in appearance ?’
【廿一章】子路問聞斯行諸。 XI.21. Tzeu lou dit à Confucius :

— Quand je reçois un enseignement utile, dois‑je le mettre en pratique immé­diatement ?

CHAP. XXI. Tsze-lu asked whether he should immediately carry into practice what he heard.
子曰、有父兄在、如之何其聞斯行之。 Le Maître répondit :

— Vous avez encore votre père et des frères plus âgés que vous [16]. Convien­drait‑il de mettre aussitôt à exécution tout ce que vous apprenez d’utile ?

The Master said, ’There are your father and elder brothers to be consulted ;— why should you act on that principle of immediately carrying into practice what you hear ?’
冉有問聞斯行諸。子曰、聞斯行之。 Jen Iou demanda aussi s’il devait mettre en pratique sans retard tout ce qu’il apprenait de bon. Le Maître répondit :

— Faites‑le tout de suite.

Zan Yu asked the same, whether he should immediately carry into practice what he heard, and the Master answered, ’Immediately carry into practice what you hear.’
公西華曰、由也問聞斯行諸、子曰、有父兄在、求也問聞斯行諸、子曰、聞斯行之、赤也感、敢問。 Koung si Houa dit :

— Iou a demandé s’il devait mettre aussitôt à exécution tout ce qu’il apprenait d’utile à faire. Le Maître lui a répondu qu’il avait encore son père et des frères plus âgés que lui. K’iou a adressé la même question dans les mêmes termes. Le Maître a répondu qu’il devait mettre en pratique sur‑le‑champ ce qu’il apprenait de bon. Moi, Tch’eu, je suis dans l’incertitude ; j’ose vous prier de me l’expliquer.

Kung-hsi Hwa said, ’Yu asked whether he should carry immediately into practice what he heard, and you said, "There are your father and elder brothers to be consulted." Ch’iu asked whether he should immediately carry into practice what he heard, and you said, "Carry it immediately into practice." I, Ch’ih, am perplexed, and venture to ask you for an explanation.’
子曰、求也退、故進之、由也兼人、故退之。 Confucius dit

— K’iou n’ose pas avancer ; je l’ai poussé en avant. Iou a autant d’ardeur et de hardiesse que deux ; je l’ai arrêté et tiré en arrière.

The Master said, ’Ch’iu is retiring and slow ; therefore,I urged him forward. Yu has more than his own share of energy ; therefore I kept him back.’
【廿二章】子畏於匡、顏淵後、子曰、吾以女為死矣。曰、子在、回何敢死。 XI.22. Le Maître avait couru un grand danger dans le bourg de K’ouang. Ien Iuen était resté en arrière. Con­fucius lui dit :

— Je vous croyais mort.

Ien Iuen ré­pondit :

Quand vous vivez encore, comment me se­rais‑je permis de m’exposer à la mort [17]

CHAP. XXII. The Master was put in fear in K’wang and Yen Yuan fell behind. The Master, on his rejoining him, said, ’I thought you had died.’ Hui replied, ’While you were alive, how should I presume to die ?’
【廿三章】【一節】李子然問仲由冉求、可謂大臣與。 XI.23. Ki Tzeu jen demanda à Confucius si Tzeu lou et Jen Iou avaient les talents nécessaires pour être de grands ministres. CHAP. XXIII. 1. Chi Tsze-zan asked whether Chung Yu and Zan Ch’iu could be called great ministers.
【二節】子曰、吾以子為異之問、曾由與求之問。 . Le Maître répondit :

— Je pensais que vous alliez me parler d’hommes extraordinaires, et vous me parlez de Iou et de K’iou.

2. The Master said, ’I thought you would ask about some extraordinary individuals, and you only ask about Yu and Ch’iu !
【三節】所謂大臣者、以道事君、不可則止。 Un grand ministre est celui qui sert son prince selon les règles de la justice, et qui se retire dès qu’il ne peut plus le faire. 3. ’What is called a great minister, is one who serves his prince according to what is right, and when he finds he cannot do so, retires.
【四節】今由與求也、可謂具臣矣。 Iou et K’iou peuvent remplir d’une manière ordinaire les fonc­tions de ministres. 4. ’Now, as to Yu and Ch’iu, they may be called ordinary ministers.’
【五節】曰、然則從之者與。 Ki Tzeu jen ajouta :

— Seront‑ils obéissants à leurs maîtres ?

5. Tsze-zan said, ’Then they will always follow their
chief ;— will they ?’
【六節】子曰、弒父與君、亦不從也。 Confucius répondit :

— Leur obéissance n’ira pas jusqu’à tremper dans un parricide ou un régicide [18] [19]

6. The Master said, ’In an act of parricide or regicide, they would not follow him.’
【廿四章】【一節】子路使子羔為費宰。 XI.24. Tzeu lou avait nommé Tzeu kao gouverneur de la ville de Pi. CHAP. XXIV. 1. Tsze-lu got Tsze-kao appointed governor of Pi.
【二節】子曰、賊夫人之子。 Le Maître dit : — C’est faire grand tort à ce jeune homme et à son père [20] 2. The Master said, ’You are injuring a man’s son.’
【三節】子路曰、有民人焉、有社稷焉、何必讀書、然後為學。 Tzeu lou répondit

— Il est chargé de diriger le peuple et les officiers, d’ho­norer les esprits qui président à la terre et aux moissons. Pour qu’il soit censé avoir appris l’art de gouverner, est‑il nécessaire qu’il étudie les livres ?

3. Tsze-lu said, ’There are (there) common people and officers ; there are the altars of the spirits of the land and grain. Why must one read books before he can be considered to have
learned ?’
【四節】子曰、是故惡夫佞者。 Le Maître répliqua :
Je hais ces beaux parleurs.
4. The Master said, ’It is on this account that I hate your glib-tongued people.’

【廿五章】【一節】子路、曾皙、冉有、公西華侍坐。 XI.25. Le Maître dit à Tzeu lou, à Tseng Si, à Jen Iou et à Koung si Houan, qui étaient assis à ses côtés : CHAP. XXV. 1. Tsze-lu, Tsang Hsi, Zan Yu, and Kung-hsi Hwa were sitting by the Master.
【二節】子曰、以吾一日長乎爾、毋吾以也。 — Parlez‑moi franchement, sans considérer que je suis un peu plus âgé que vous. 2. He said to them, ’Though I am a day or so older than you, do not think of that.
【三節】居則曰、不吾知也、如或知爾、則何以哉。 Laissés dans la vie privée, vous vous dites : « Les hommes ne me connaissent pas [21]. » Si les hommes vous connaissaient, que feriez‑vous ? 3. ’From day to day you are saying, "We are not known." If some ruler were to know you, what would you like to do ?’
【四節】子路率爾而對曰、千乘之國、攝乎大國之閒、加之以師旅、因之以饑饉、由也為之、比及三年、可使有勇、且知方也。夫子哂之。 Tzeu lou se hâta de répondre :

— Supposons qu’une principauté, possédant mille chariots de guerre, soit tenue comme en servitude entre deux principautés voisines très puissantes ; que, de plus, elle soit envahie par une armée nombreuse ; qu’ensuite les grains et les légumes viennent à lui manquer ; si j’étais chargé de la gouverner, en trois ans, je pourrais inspirer du courage aux habitants, et leur faire aimer la justice. Le Maître sourit.

4. Tsze-lu hastily and lightly replied, ’Suppose the case of a State of ten thousand chariots ; let it be straitened between other large States ; let it be suffering from invading armies ; and to this let there be added a famine in corn and in all vegetables :— if I were intrusted with the government of it, in three years’ time I could make the people to be bold, and to recognise the rules of righteous conduct.’ The Master smiled at him.
【五節】求、爾何如。 — Et vous, K’iou, dit‑il, que feriez‑vous ? 5. Turning to Yen Yu, he said, ’Ch’iu, what are your wishes ?’
對曰、方六七十、如五六十、求也為之、比及三年、可使足民、如其禮樂、以俟君子。 Jen Iou répondit :

— Si j’avais à gouverner un petit pays de soixante à soixante‑dix stades, ou de cinquante à soixante, en trois ans, je pourrais mettre le peuple dans l’aisance. Pour ce qui concerne les cérémonies et la musique, j’attendrais la venue d’un sage.

Ch’iu replied, ’Suppose a state of sixty or seventy li square, or one of fifty or sixty, and let me have the government of it ;— in three years’ time, I could make plenty to abound among the people. As to teaching them the principles of propriety, and music, I must wait for the rise of a superior man to do that.’
【六節】赤、爾何如。 Confucius dit :

— Vous, Tch’eu, que feriez‑vous ?

6. ’What are your wishes, Ch’ih,’ said the Master next to
Kung-hsi Hwa.
對曰、非曰能之、願學焉、宗廟之事、如會同、端章甫、願為小相焉。 Koung si Houa répondit :

— Je ne dis pas que j’en sois capable, mais je désirerais l’apprendre. Je désirerais, por­tant la tunique noirâtre et le bonnet noir, remplir l’office de petit aide dans les cérémonies en l’honneur des ancêtres, et, dans les réceptions à la cour impériale, soit quand les princes s’y réunissent tous ensemble, soit quand ils y sont appelés dans une circonstance particulière.

Ch’ih replied, ’I do not say that my ability extends to these things, but I should wish to learn them. At the services of the ancestral temple, and at the audiences of the princes with the sovereign, I should like, dressed in the dark square-made robe and the black linen cap, to act as a small assistant.’
【七節】點、爾何如。鼓瑟希鏗爾、舍瑟而作、對曰、異乎三子者之撰。子曰、何傷乎、赤各言其志也。 Confucius dit :

— Vous, Tien, que feriez‑vous ?

Tseng Si cesse de toucher sa guitare ; mais les cordes vibrent encore. Il la dépose, se lève, et répond :

— Je ne partage pas les aspirations des trois autres disciples.

Le Maître dit :

— Quel mal y a‑t‑il ? Chacun peut exprimer son sentiment.

7. Last of all, the Master asked Tsang Hsi, ’Tien, what are your wishes ?’ Tien, pausing as he was playing on his lute, while it was yet twanging, laid the instrument aside, and rose. ’My wishes,’ he said, ’are different from the cherished purposes of these three gentlemen.’ ’What harm is there in that ?’ said the Master ; ’do you also, as well as they, speak out your wishes.’
曰、莫春者、春服既成、冠者五六人、童子六七人、浴乎沂、風乎舞雩、詠而歸。 Tseng Si reprit :
A la fin du prin­temps, quand les vêtements de la saison sont achevés, aller avec cinq ou six jeunes gens de vingt ans ou plus, avec six ou sept autres un peu moins âgés, me laver les mains et les pieds à la source tiède de la rivière I, respirer l’air frais sous les arbres de Ou iu, chanter des vers, et revenir ; voilà ce que j’aimerais.
Tien then said, ’In this, the last month of spring, with the dress of the season all complete, along with five or six young men who have assumed the cap, and six or seven boys, I would wash in the I, enjoy the breeze among the rain altars, and return home singing.’
夫子喟然歎曰、吾與點也。 Le Maître dit en soupirant :

— J’approuve le sentiment de Tien.

The Master heaved a sigh and said, ’I give my approval to Tien.’
【八節】三子者出,曾皙後。曾皙曰:「夫三子者之言何如?」子曰:「亦各言其志也已矣。」 Quand les trois autres disciples se furent retirés, Tseng Si, resté seul, dit :

— Que faut‑il penser de ce qu’ont dit ces trois disciples ?

Le Maître répondit :

— Chacun d’eux a exprimé son sentiment, et voilà tout.

8. The three others having gone out, Tsang Hsi remained behind, and said, ’What do you think of the words of these three friends ?’ The Master replied, ’They simply told each one his wishes.’
【九節】曰、夫子何哂由也。 Tseng Si dit :

— Pourquoi le Maître a‑t‑il souri, après avoir en­tendu Iou ?

9. Hsi pursued, ’Master, why did you smile at Yu ?’
【十節】曰、為國以禮、其言不讓、是故哂之。 Le Maître répondit :

Celui qui gouverne un État doit montrer de la modestie. Le langage de Iou n’a pas été modeste. Voilà pourquoi j’ai souri.

10. He was answered, ’The management of a State demands the rules of propriety. His words were not humble ; therefore I smiled at him.’
【十一節】唯求則非邦也與。安見方六七十、如五六十、而非邦也者。 Tseng Si dit :

— K’iou n’a‑t‑il pas aussi parlé du gou­vernement d’un État [22] ?

Confucius répondit :

— Existe­-t‑il un domaine féodal de soixante à soixante‑dix stades, ou de cinquante à soixante stades qui ne soit pas un État, une principauté [23] ?

11. Hsi again said, ’But was it not a State which Ch’iu proposed for himself ?’ The reply was, ’Yes ; did you ever see a territory of sixty or seventy li or one of fifty or sixty, which was not a State ?’
【十二節】唯赤則非邦也與。宗廟會同、非諸侯而何、赤也為之小、孰能為之大。 Tseng si dit :

— Tch’eu n’a‑t‑il pas aussi parlé du gouvernement d’un État ?

Confucius répondit :

— Les offrandes aux ancêtres des princes, les réunions soit particulières soit générales des princes, qui concernent‑elles, si ce n’est les princes [24] ? Si Tch’eu n’est qu’un petit assistant, qui pourra être grand assis­tant ?

12. Once more, Hsi inquired, ’And was it not a State which Ch’ih proposed for himself ?’ The Master again replied, ’Yes ; who but princes have to do with ancestral temples, and with audiences but the sovereign ? If Ch’ih were to be a small assistant in these services, who could be a great one ?

顏淵第十二 CHAPITRE XII BOOK XII. YEN YUAN.
【第一章】【一節】顏淵問仁。子曰、克己復禮為仁、一日克己復禮、天下歸仁焉、為仁由己、而由人乎哉。 XII.1. □ ■ Ien Iuen ayant interrogé Confucius sur la vertu parfaite, le Maître répondit :

— Se vaincre soi-même, rendre à son cœur l’honnêteté qu’il tenait de la nature, voilà la vertu parfaite. Si un jour vous parvenez à vous vaincre vous‑même, à recouvrer entièrement l’honnêteté du cœur, aussitôt tout l’univers dira que votre vertu est parfaite. Il dépend de chacun d’être parfaitement ver­tueux. Est‑ce que cela dépend des autres hommes ?

CHAP. I. 1. Yen Yuan asked about perfect virtue. The Master said, ’To subdue one’s self and return to propriety, is perfect virtue. If a man can for one day subdue himself and return to propriety, all under heaven will ascribe perfect virtue to him. Is the practice of perfect virtue from a man himself, or is it from others ?’
【二節】顏淵曰、請問其目。子曰、非禮勿視、非禮勿聽、非禮勿言、非禮勿動。顏淵曰、回雖不敏、請事斯語矣。 Ien Iuen dit :

— Permettez‑moi de vous demander à quoi se résume la pratique de la vertu parfaite.

Le Maître répondit :

— Que vos yeux, vos oreilles, votre langue, tout en vous soit maintenu dans les règles de l’honnêteté.

Ien Iuen dit :

— Malgré mon incapacité, j’essaierai, si vous me le permettez, de mettre en pratique ce pré­cepte.

2. Yen Yuan said, ’I beg to ask the steps of that process.’ The Master replied, ’Look not at what is contrary to propriety ; listen not to what is contrary to propriety ; speak not what is contrary to propriety ; make no movement which is contrary to propriety.’ Yen Yuan then said, ’Though I am deficient in intelligence and vigour, I will make it my business to practise this lesson.’
第二章】仲弓問仁。子曰、出門如見大賓、使民如承大祭、己所不欲、勿
施於人、在邦無怨、在家無怨。仲弓曰、雍雖不敏、請事斯語矣。
XII.2. Tchoung koung interrogea Confucius sur la vertu parfaite. Le Maître répondit :

— En sortant de la maison, soyez attentif, comme si vous voyiez un hôte distingué ; en commandant au peuple, soyez aussi diligent que si vous présidiez à un sacrifice solennel ; ne faites pas à autrui ce que vous ne voulez pas qu’on vous fasse à vous‑même. Dans la principauté, personne ne sera mé­content de vous ; dans la famille, personne ne se plaindra de vous.

Tchoung koung dit :

— Malgré mon incapacité, si vous me le permettez, j’essaierai de suivre ce pré­cepte.

CHAP. II. Chung-kung asked about perfect virtue. The Master said, ’It is, when you go abroad, to behave to every one as if you were receiving a great guest ; to employ the people as if you were assisting at a great sacrifice ; not to do to others as you would not wish done to yourself ; to have no murmuring
against you in the country, and none in the family.’ Chung-kung said, ’Though I am deficient in intelligence and vigour, I will make it my business to practise this lesson.’
【第三章】【一節】司馬牛問仁。 XII.3. Seu ma Gniou ayant interrogé Confucius
sur la vertu parfaite,
CHAP. III. 1. Sze-ma Niu asked about perfect virtue.
【二節】子曰、仁者其言也訒。 le Maître répondit :

— Un homme parfait parle difficilement, c’est‑à‑dire avec grande retenue, avec circonspection ;

2. The Master said, ’The man of perfect virtue is cautious and slow in his speech.’
【三節】曰、其言也訒、斯謂之仁矣乎。子曰、為之難、言之得無訒乎。 Seu ma Gniou dit :
— Pour être par­fait, suffit‑il d’être circonspect dans ses paroles ?
Le Maître répondit :

— Celui qui est circonspect dans ses actions, peut‑il ne l’être pas dans ses paroles ?

3. ’Cautious and slow in his speech !’ said Niu ;— ’is this what is meant by perfect virtue ?’ The Master said, ’When a
man feels the difficulty of doing, can he be other than cautious and slow in speaking ?’
【第四章】【一節】司馬牛問君子。子曰、君子不憂不懼。 XII.4. Seu ma Gniou demanda à Confucius ce que c’était qu’un homme sage. Le Maître répondit :

— L’homme sage 君子 est exempt de chagrin et de crainte.
CHAP. IV. 1. Sze-ma Niu asked about the superior man. The Master said, ’The superior man has neither anxiety nor fear.’
【二節】曰、不憂不懼、斯謂之君子矣乎。 Seu ma Gniou dit :

— Pour être un sage, suffit‑il d’être exempt de cha­grin et de crainte ?

2. ’Being without anxiety or fear !’ said Nui ;— ’does this constitute what we call the superior man ?’
【三節】子曰、內省不疚、夫何憂何懼。 Le Maître répondit :

— Celui qui, examinant son cœur, ne reconnaît en lui aucune faute, quel chagrin, quelle crainte aurait‑il ?

3. The Master said, ’When internal examination discovers nothing wrong, what is there to be anxious about, what is there to fear ?’
【第五章】【一節】司馬牛憂曰、人皆有兄弟、我獨亡。 XII.5. Seu ma Gniou dit avec chagrin :

— Les autres hom­mes ont tous des frères ou plus âgés ou moins âgés qu’eux ; je suis le seul qui n’en aie pas. [25]

CHAP. V. 1. Sze-ma Niu, full of anxiety, said, ’Other men
all have their brothers, I only have not.’
【二節】子夏 Tzeu hia ré­pondit :

— J’ai entendu dire

2. Tsze-hsia said to him, ’There is the following saying which I have heard :—
【三節】死生有命、富貴在天。 que la vie et la mort sont soumises aux décrets de la Providence, que les richesses et les honneurs dépendent du Ciel. 3. ’"Death and life have their determined appointment ; riches and honours depend upon Heaven."
【四節】君子敬而無失、與人恭而有禮、四海之內、皆兄弟也、君子何患乎無兄弟也。 L’homme sage veille sans cesse sur sa propre conduite ; il est poli, et remplit exactement ses devoirs envers les autres. Entre les quatre mers, tous les hommes sont ses frères. L’homme sage a‑t‑il lieu de s’affliger de n’avoir pas de frères ? 4. ’Let the superior man never failreverentially to order his own conduct, and let him be respectful to others and observant of propriety :— then all within the four seas will be his brothers. What has the superior man to do with being distressed because he has no brothers ?’
【第六章】子張問明。子曰、浸潤之譖、膚受之愬、不行焉、可謂明也已矣、浸潤之譖、膚受之愬、不行焉、可謂遠也已矣。 XII.6. Tzeu tchang demanda en quoi consiste la perspica­cité. Le Maître répondit :

— Ne pas admettre les calom­nies qui s’insinuent peu à peu dans les esprits, ni les accusations qui font ressentir à ceux qui les écoutent comme la douleur d’une blessure ou d’une piqûre ; cela peut s’appeler perspicacité. Ne pas admettre les insi­nuations adroites des calomniateurs, ni les plaintes qui font éprouver comme la douleur d’une blessure ou d’une piqûre ; c’est la perspicacité d’un homme qui voit loin.

CHAP. VI. Tsze-chang asked what constituted intelligence. The Master said, ’He with whom neither slander that gradually soaks into the mind, nor statements that startle like a wound in the flesh, are successful, may be called intelligent indeed. Yea, he with whom neither soaking slander, nor startling statements, are successful, may be called farseeing.’
【第七章】【一節】子貢問政。子曰足食、足兵、民信之矣。 XII.7. Tzeu koung interrogea Confucius sur l’administra­tion des affaires publiques. Le Maître répondit :

— Celui qui administre les affaires publiques doit avoir soin que les vivres ne manquent pas, que les forces militaires soient suffisantes, que le peuple lui donne sa confiance.

CHAP. VII. 1. Tsze-kung asked about government. The Master said, ’The requisites of government are that there be sufficiency of food, sufficiency of military equipment, and the confidence of the people in their ruler.’
【二節】子貢曰、必不得已而去、於斯三者何先。曰、去兵。 Tzeu koung dit :

— S’il est absolument nécessaire de né­gliger une de ces trois choses, laquelle convient‑il de négliger ?

— Les forces militaires, répondit Confucius.

2. Tsze-kung said, ’If it cannot be helped, and one of
these must be dispensed with, which of the three should be foregone first ?’ ’The military equipment,’ said the Master.
子貢曰、必不得已而去、於斯二者何先。曰、去食、自古皆有死、民無信不立。 — Et s’il est absolument nécessaire d’en négliger encore une seconde, dit Tzeu koung, quelle sera‑t‑elle ?

Les vivres, répondit Confucius, car de tout temps les hommes ont été sujets à la mort, mais si le peuple n’a pas con­fiance en ceux qui le gouvernent, c’en est fait de lui.

3. Tsze-kung again asked, ’If it cannot be helped, and one of the remaining two must be dispensed with, which of them
should be foregone ?’ The Master answered, ’Part with the food. From of old, death has been the lot of all men ; but if the people have no faith in their rulers, there is no standing for the state.’
第八章】【一節】棘子成曰、君子質而已矣、何以文為。 XII.8. Ki Tzeu tch’eng [26] dit :

— Que le sage ait des vertus solides, cela suffit. Qu’a‑t‑il à faire de l’urbanité et de tout ce qui ne servirait que comme d’ornement à sa personne ?

CHAP. VIII. 1. Chi Tsze-ch’ang said, ’In a superior man it is only the substantial qualities which are wanted ;— why should we seek for ornamental accomplishments ?’
【二節】子貢曰、惜乎夫子之說、君子也、駟不及舌。 Tzeu koung répondit :

— C’est bien dom­mage ! Vous parlez ordinairement, Seigneur, en homme sage [27]. Un attelage de quatre chevaux ne saurait aller aussi vite que la langue [28]

2. Tsze-kung said, ’Alas ! Your words, sir, show you to be a superior man, but four horses cannot overtake the tongue.
【三節】文猶質也、質猶文也、虎豹之(kuo4, 革+享、與鞹同)、猶犬羊之(kuo4, 革+享、與鞹同)。 On doit soigner l’extérieur comme l’intérieur, et l’intérieur comme l’extérieur. Une peau de tigre ou de léopard ne se distingue pas d’une peau de chien ou de brebis, quand le poil est raclé [29]. 3. Ornament is as substance ; substance is as ornament. The hide of a tiger or a leopard stripped of its hair, is like the hide of a dog or a goat stripped of its hair.’
【第九章】【一節】哀公問於有若曰年饑、用不足、如之何。 XII.9. Ngai, prince de Lou, dit à Iou jo :

— Cette année les récoltes ont manqué ; je n’ai pas assez pour mes dé­penses ; que faut‑il faire ?

CHAP. IX. 1. The Duke Ai inquired of Yu Zo, saying, ’The year is one of scarcity, and the returns for expenditure are not sufficient ;— what is to be done ?’
【二節】有若對曰、盍徹乎。 Iou jo répondit :

— Pour­quoi ne percevez‑vous pas la dixième partie des produits de la terre ?

2. Yu Zo replied to him, ’Why not simply tithe the people ?’
【三節】曰、二、吾猶不足、如之何其徹也。 Le prince dit :

— Les deux dixièmes ne me suffisent pas. Comment puis‑je n’exiger qu’un dixième ?

3. ’With two tenths, said the duke, ’I find it not enough ;— how could I do with that system of one tenth ?’
【四節】對曰、百姓足、君孰與不足、百姓不足、君孰與足。 lou jo répliqua :

— Quand le peuple a le suffi­sant, le prince ne l’a‑t‑il pas aussi avec tous ses sujets ? Quand le peuple manque du suffisant, le prince ne man­que‑t‑il pas aussi du suffisant [30] ?

4. Yu Zo answered, ’If the people have plenty, their prince will not be left to want alone. If the people are in want, their prince cannot enjoy plenty alone.’
【第十章】【一節】子張問崇德、辨惑。子曰、主忠信、徒義、崇德也。 XII.10. Tzeu tchang demanda à Confucius ce qu’il fallait faire pour acquérir une grande vertu et pour reconnaître l’erreur. Le Maître répondit :

— Le moyen d’acquérir une grande vertu, c’est de s’appliquer principalement à garder la fidélité et la sincérité, et d’observer la justice.

CHAP. X. 1. Tsze-chang having asked how virtue was to be exalted, and delusions to be discovered, the Master said, ’Hold faithfulness and sincerity as first principles, and be moving continually to what is right ;— this is the way to exalt one’s virtue.
【二節】愛之欲其生、惡之欲其死、既欲其生、又欲其死、是惑也。 Désirer la conservation de ceux que vous aimez et la mort d’un homme dont vous désiriez auparavant la conservation, c’est vous tromper [31] 2. ’You love a man and wish him to live ; you hate him and wish him to die. Having wished him to live, you also wish him to die. This is a case of delusion.
誠不以富亦祇以異。 3. ’"It may not be on account of her being rich, yet you come to make a difference."’
【十一章】【一節】齊景公問政於孔子。 XII.11. King, prince de Ts’i, interrogea Confucius sur l’art de gouverner. Confucius répondit : CHAP. XI. 1. The Duke Ching, of Ch’i, asked Confucius about government.
【二節】孔子對曰、君君、臣臣、父父、子子。 Que le prince remplisse ses devoirs de prince, le sujet ses devoirs de sujet, le père ses devoirs de père, le fils ses devoirs de fils. 2. Confucius replied, ’There is government, when the prince is prince, and the minister is minister ; when the father is father, and the son is son.’
【三節】公曰、善哉、信如君不君、臣不臣、父不父、子不子、
雖有粟、吾得而食諸。
Très bien, dit le prince. En effet, si le prince ne remplit pas ses devoirs de prince, le sujet ses devoirs de sujet, le père ses devoirs de père, le fils ses devoirs de fils, quand même les grains ne manqueraient pas, pour­rais‑je en avoir pour vivre ? 3. ’Good !’ said the duke ; ’if, indeed ; the prince be not prince, the minister not minister, the father not father, and the son not son, although I have my revenue, can I enjoy it ?’
【十二章】【一節】子曰、片言可以折獄者、其由也與。 XII.12. Le Maître dit :
— Iou [32] est homme à terminer un procès en disant un seul mot.
CHAP. XII. 1. The Master said, ’Ah ! it is Yu, who could with half a word settle litigations !’
【二節】子路無宿諾。 Tzeu lou exécutait ses promesses sans retard. [33] 2. Tsze-lu never slept over a promise.
【十三章】子曰、聽訟、吾猶人也、必也、使無訟乎。 XII.13. Le Maître dit :

— Entendre les plaideurs et rendre la justice, je le puis, tout comme un autre. L’important serait de faire qu’il n’y eût plus de plaideurs.

CHAP. XIII. The Master said, ’In hearing litigations, I am
like any other body. What is necessary, however, is to cause the people to have no litigations.’
【十四章】子張問政。子曰、居之無倦、行之以忠。 XII.14. Tzeu tchang interrogea Confucius sur l’administra­tion. Le Maître répondit :

— Il faut appliquer son esprit aux affaires sans relâche, et les traiter avec justice.

CHAP. XIV. Tsze-chang asked about government. The Master said, ’The art of governing is to keep its affairs before the mind without weariness, and to practise them with undeviating consistency.’
【十五章】子曰、博學於文、約之以禮、亦可以弗畔矣夫。 CHAP. XV. The Master said, ’By extensively studying all learning, and keeping himself under the restraint of the rules of propriety, one may thus likewise not err from what is right.’
【十六章】子曰、君子成人之美、不成人之惡、小人反是。 XII.15. Le Maître dit :

— Le sage aide les autres à bien faire, mais non à mal faire. L’homme vulgaire tient une conduite tout opposée.

CHAP. XVI. The Master said, ’The superior man seeks to perfect the admirable qualities of men, and does not seek to perfect their bad qualities. The mean man does the opposite of this.’
【十七章】李康子問政於孔子。孔子對曰、政者正也、子帥以正、孰敢不正。 XII.16. Ki K’ang tzeu interrogea Confucius sur l’art de gouverner. Confucius répondit :

— Gouverner ou diriger les hommes, c’est leur faire suivre la voie droite. Si vous-­même, Seigneur, marchez à leur tête dans la voie droite, qui osera ne pas la suivre ?

CHAP. XVII. Chi K’ang asked Confucius about government. Confucius replied, ’To govern means to rectify. If you lead on the people with correctness, who will dare not to be correct ?’
李康子患盜、問於孔子。孔子對曰、苟子之不欲、雖賞之不竊。 XII.17. □ Ki K’ang tzeu était dans l’embarras à cause des voleurs ; il consulta Confucius. Le philosophe lui répon­dit :

— Seigneur, ne soyez ni cupide ni ambitieux, et il n’y aura plus de voleurs, quand même vous encourageriez le vol par des récompenses.

CHAP. XVIII. Chi K’ang, distressed about the number of
thieves in the state, inquired of Confucius how to do away with them. Confucius said, ’If you, sir, were not covetous, although you should reward them to do it, they would not steal.’
【十九章】李康子問政於孔子、曰、如殺無道、以就有道、何如。孔子對曰、子為政、焉用殺、子欲善、而民善矣、君子之德風、小人之德草、草上之風必偃。 XII.18. Ki K’ang tzeu, interrogeant Confucius sur la ma­nière de gouverner, lui dit :

— Ne ferais‑je pas bien de mettre à mort les malfaiteurs, afin de rendre le peuple vertueux ?
Confucius répondit :

— Pour gouverner le peuple, Seigneur, avez‑vous besoin de la peine de mort ? Vous‑même veuillez sérieusement être vertueux, et votre peuple sera vertueux. La vertu du prince est comme le vent ; celle du peuple est comme l’herbe. Au souffle du vent, l’herbe se courbe toujours.

CHAP. XIX. Chi K’ang asked Confucius about government, saying, ’What do you say to killing the unprincipled for the good of the principled ?’ Confucius replied, ’Sir, in carrying on your government, why should you use killing at all ? Let your evinced desires be for what is good, and the people will be good. The relation between superiors and inferiors, is like that between the wind and the grass. The grass must bend, when the wind blows across it.’
【二十章】【一節】子張問士何如、斯可謂之達矣。 XII.19. Tzeu tchang demanda à Confucius ce que devait faire le disciple de la sagesse pour mériter d’être appelé illustre. CHAP. XX. 1. Tsze-chang asked, ’What must the officer be, who may be said to be distinguished ?’
【二節】子曰、何哉、爾所謂達者。 Le Maître dit :

— Qu’appelez‑vous homme illustre

2. The Master said, ’What is it you call being
distinguished ?’
【三節】子張對曰、在邦必聞、在家必聞。 Tzeu tchang répondit :

— Celui qui a du renom auprès de son prince, de ses concitoyens, et de tous ses parents.

3. Tsze-chang replied, ’It is to be heard of through the State, to be heard of throughout his clan.’
【四節】子曰、是聞也、非達也。 Le Maître reprit :

- Celui-là a du renom, il n’a pas une gloire véritable.

4. The Master said, ’That is notoriety, not distinction.
【五節】夫達也者、質直而好義、察言而觀色、慮以下人、在邦必達、在家必達。 Un homme illustre est simple, droit, ami de la justice. Il fait attention aux paroles qu’il entend, et il observe l’air du visage [34]. Il a soin de se mettre au‑dessous des autres. Il est illustre auprès de ses concitoyens et de ses parents 5. ’Now the man of distinction is solid and straightforward, and loves righteousness. He examines people’s words, and looks at their countenances. He is anxious to humble himself to others. Such a man will be distinguished in the country ; he will be distinguished in his clan.
【六節】夫聞也者、色取仁而行違、居之不疑、在邦必聞、在家必聞。 . Un homme qui a seulement du renom revêt une apparence de vertu, mais ses actions sont opposées à la vertu. Il se flatte d’être vertueux et s’en tient assuré. Il a du renom auprès de ses concitoyens et de ses parents [35] 6. ’As to the man of notoriety, he assumes the appearance of virtue, but his actions are opposed to it, and he rests in this character without any doubts about himself. Such a man will be heard of in the country ; he will be heard of in the clan.’
【廿一章】【一節】樊遲從遊於舞雩之下。曰、敢問崇德、修慝、辨惑。 XII.20. Fan Tch’eu, accompagnant Confucius dans une promenade au pied de la colline nommée Ou iu, lui dit :
— Permettez‑moi de vous demander comment on peut acquérir une grande vertu, corriger ses défauts, recon­naître ses erreurs.
CHAP. XXI. 1. Fan Ch’ih rambling with the Master under
the trees about the rain altars, said, ’I venture to ask how to exalt virtue, to correct cherished evil, and to discover delusions.’
子曰、善哉問。 Le Maître répondit :

— Quelle excel­lente question !

2. The Master said, ’Truly a good question !
【三節】先事後得、非崇德與、攻其惡、無攻人之惡、非修慝與、一朝之忿、忘其身以及其親、非惑與。 Avoir en vue la pratique plutôt que la possession de la vertu, n’est‑ce pas le moyen d’acquérir une grande vertu ? Faire la guerre à ses propres défauts, et non à ceux d’autrui, n’est‑ce pas le moyen de se corriger ? Dans un moment de colère, mettre en danger sa vie et celle de ses parents, n’est‑ce pas illusion ? 3. ’If doing what is to be done be made the first business, and success a secondary consideration ;— is not this the way to exalt virtue ? To assail one’s own wickedness and not assail that of others ;— is not this the way to correct cherished evil ? For a morning’s anger to disregard one’s own life, and involve that of his parents ;— is not this a case of delusion ?’
【廿二章】【一節】樊遲問仁。子曰、愛人。問知。子曰、知人。 XII.21. □ Fan Tch’eu demanda en quoi consiste la vertu d’humanité.

— Elle consiste à aimer les hommes, répon­dit le Maître.

Fan Tch’eu demanda en quoi consiste la prudence.

— Elle consiste à connaître les hommes, ré­pondit Confucius.

CHAP. XXII. 1. Fan Ch’ih asked about benevolence. The Master said, ’It is to love all men.’ He asked about knowledge. The Master said, ’It is to know all men.’
【二節】樊遲未達。 Fan Tch’eu ne comprenant pas, le Maître dit : 2. Fan Ch’ih did not immediately understand these answers.
【三節】子曰、舉直錯諸枉、能使枉者直。 — En élevant aux charges les hommes ver­tueux, et en laissant de côté les méchants, on peut dé­terminer les méchants à se corriger. 3. The Master said, ’Employ the upright and put aside all the crooked ;— in this way the crooked can be made to be upright.’
【四節】樊遲退、見子夏曰、鄉也、吾見於夫子而問知。子曰、舉直錯諸枉、能使枉者直、何謂也。 Fan Tch’eu s’étant retiré, alla trouver Tzeu hia, et lui dit :

— Tout à l’heure, j’ai été voir le Maître, et lui ai demandé en quoi consiste la prudence. Il m’a répondu : En élevant aux charges les hommes de bien et en écartant les hommes vicieux, on peut déterminer les méchants à se corriger. Que signi­fient ces paroles ?

4. Fan Ch’ih retired, and, seeing Tsze-hsia, he said to him, ’A Little while ago, I had an interview with our Master, and asked him about knowledge. He said, ’Employ the upright, and put aside all the crooked ;— in this way, the crooked will be made to be upright.’ What did he mean ?’
【五節】子夏曰、富哉言乎。 Tzeu hia dit :

— Ces paroles sont pleines de sens.

5. Tsze-hsia said, ’Truly rich is his saying !
【六節】舜有天下、選於眾、舉皋陶、不仁者遠矣、湯有天下、選於眾、舉伊尹、不仁者遠矣。 Chouenn, devenu maître de l’empire, choisit entre tous ses sujets et promut Kao iao ; les mé­chants s’en allèrent bien loin. T’ang, parvenu à l’empire, choisit entre tous ses sujets et promut I in ; tous les méchants disparurent. 6. ’Shun, being in possession of the kingdom, selected
from among all the people, and employed Kao-yao, on which all who were devoid of virtue disappeared. T’ang, being in possession of the kingdom, selected from among all the people, and employed I Yin, and all who were devoid of virtue disappeared.’
【廿三章】子貢問友。子曰、忠告而善道之、不可則止、毋自辱焉。 XII.22. Tzeu koung ayant interrogé Confucius sur l’amitié, le Maître dit :

— Avertissez vos amis avec franchise, et conseillez‑les avec douceur. S’ils n’approuvent pas vos avis, arrêtez ; craignez de vous attirer un affront.
CHAP. XXIII. Tsze-kung asked about friendship. The Master said, ’Faithfully admonish your friend, and skillfully lead him on. If you find him impracticable, stop. Do not disgrace yourself.’
【廿四章】曾子曰、君子以文會友、以友輔仁。 XII.23. Tseng tzeu dit :

- Le sage se fait des amis par son érudition, et l’amitié est un moyen de perfection pour lui et pour eux.

CHAP. XXIV. The philosopher Tsang said, ’The superior man on grounds of culture meets with his friends, and by their friendship helps his virtue.’

子路第十三 CHAPITRE XIII BOOK XIII. TSZE-LU.
第一章】【一節】子路問政。子曰、先之、勞之。 XIII.1. Tzeu lou interrogea Confucius sur la manière de gouverner le peuple. Le Maître répondit :

— Que le prince donne lui-même l’exemple de toutes les vertus, et prête secours au peuple dans ses travaux.

CHAP. I. 1. Tsze-lu asked about government. The Master said, ’Go before the people with your example, and be laborious in their affairs.’
【二節】請益。曰、無倦。 Tzeu lou pria le Maître de lui en dire davantage. Confucius ré­pondit :

— Que le prince s’applique sans relâche à faire les deux choses que je viens de dire.
2. He requested further instruction, and was answered, ’Be not weary (in these things).’
【第二章】【一節】仲弓為李氏宰、問政。子曰、先有司、赦小過、舉賢才。 XIII.2. Tchoung koung était grand intendant du chef de la famille Ki. Il interrogea Confucius sur l’administration. Le Maître dit :

— Mettez en avant les préfets, c’est‑à‑dire ne faites pas tout par vous‑même, mais servez‑vous des préfets, qui sont à vos ordres ; pardonnez les fautes légères ; mettez en charge des hommes sages et habiles.

CHAP. II. 1. Chung-kung, being chief minister to the Head of the Chi family, asked about government. The Master said, ’Employ first the services of your various officers, pardon small faults, and raise to office men of virtue and talents.’
【二節】曰、焉知賢才而舉之。曰、舉爾所知、爾所不知、人其舍諸。 Tchoung koung dit :

— Comment connaîtrai-je les hom­mes sages et habiles, afin de leur confier les charges ?

Confucius répondit :

— Mettez en charge ceux que vous connaissez. Quant à ceux que vous ne connaissez pas, est‑ce que d’autres ne vous les feront pas connaître ?

2. Chung-kung said, ’How shall I know the men of virtue
and talent, so that I may raise them to office ?’ He was answered, ’Raise to office those whom you know. As to those whom you do not know, will others neglect them ?’
【第三章】【一節】子路曰、衛君待子而為政、子將奚先。 XIII.3. □ ■ Ώ Tzeu lou dit :
— Si le prince de Wei vous attendait pour régler avec vous les affaires publiques, à quoi don­neriez‑vous votre premier soin ?
CHAP. III. 1. Tsze-lu said, ’The ruler of Wei has been
waiting for you, in order with you to administer the government. What will you consider the first thing to be done ?’
【二節】子曰、必也、正名乎。 — A rendre à chaque chose son vrai nom, répondit le Maître. 2. The Master replied, ’What is necessary is to rectify names.’
【三節】子路曰、有是哉、子之迂也、奚其正。 — Est‑ce rai­sonnable ? répliqua Tzeu lou. Maître, vous vous égarez loin du but. A quoi bon cette réforme des noms ? 3. ’So, indeed !’ said Tsze-lu. ’You are wide of the mark ! Why must there be such rectification ?’
【四節】子曰、野哉、由也、君子於其所不知、蓋闕如也。 Le Maître répondit :

— Que Iou est grossier ! Un homme sage se garde de dire ou de faire ce qu’il ne sait pas.

4. The Master said, ’How uncultivated you are, Yu ! A superior man, in regard to what he does not know, shows a cautious reserve.
【五節】名不正、則言不順、言不順、則事不成。 « Si les noms ne conviennent pas aux choses, il y a confusion dans le langage. S’il y a confusion dans le langage, les choses ne s’exécutent pas. 5. ’If names be not correct, language is not in accordance with the truth of things. If language be not in accordance with the truth of things, affairs cannot be carried on to success.
【六節】事不成、則禮樂不興、禮樂不興、則刑罰不中、刑罰不中、則民無所措手足。 . Si les choses ne s’exécutent pas, les bienséances et l’harmonie sont négli­gées. Les bienséances et l’harmonie étant négligées, les supplices et les autres châtiments ne sont pas proportion­nés aux fautes. Les supplices et les autres châtiments n’étant plus proportionnés aux fautes, le peuple ne sait plus où mettre la main ni le pied. 6. ’When affairs cannot be carried on to success, proprieties and music will not flourish. When proprieties and music do not flourish, punishments will not be properly awarded. When punishments are not properly awarded, the people do not know how to move hand or foot.
【七節】故君子名之必可言也、言之必可行也、君子於其言、無所茍而已矣。 « Un prince sage donne aux choses les noms qui leur conviennent, et chaque chose doit être traitée d’après la signification du nom qu’il lui donne. Dans le choix des noms il est très attentif. » [36] 7. ’Therefore a superior man considers it necessary that the names he uses may be spoken appropriately, and also that what he speaks may be carried out appropriately. What the superior man requires, is just that in his words there may be nothing incorrect.’
【第四章】【一節】樊遲請學稼。子曰、吾不如老農。請學為圃。曰、吾不如老圃。 XIII.4. Fan Tch’eu pria Confucius de lui enseigner l’agri­culture. Le Maître répondit :

— Un vieux laboureur vous l’enseignerait mieux que moi. Fan Tch’eu le pria de lui enseigner l’art de cultiver les jardins potagers. Con­fucius répondit :

— Un vieux jardinier vous l’enseignerait mieux que moi.

CHAP. IV. 1. Fan Ch’ih requested to be taught husbandry. The Master said, ’I am not so good for that as an old husbandman.’ He requested also to be taught gardening, and was answered, ’I am not so good for that as an old gardener.’
【二節】樊遲出。子曰、小人哉、樊須也。 Comme Fan Tch’eu se retirait, le Maître lui dit :

— Que Fan Siu a l’esprit petit !

2. Fan Ch’ih having gone out, the Master said, ’A small
man, indeed, is Fan Hsu !
【三節】上好禮、則民莫敢不敬、上好義、則民莫敢不服、上好信、則民莫敢不用情、夫如是、則四方之民、襁負其子而至矣、焉用稼。 Si le prince aime l’urbanité et les convenances, aucun de ses sujets n’osera les négliger. Si le prince aime la justice, aucun de ses sujets n’osera lui refuser l’obéissance. Si le prince aime la sincérité, aucun de ses sujets n’osera agir de mauvaise foi. Les choses étant ainsi, les habitants de toutes les contrées accourront à lui, avec leurs petits enfants sur leurs épaules. Quel besoin a‑t‑il d’apprendre l’agriculture ? 3. If a superior love propriety, the people will not dare not to be reverent. If he love righteousness, the people will not dare not to submit to his example. If he love good faith, the people will not dare not to be sincere. Now, when these things obtain, the people from all quarters will come to him, bearing
their children on their backs ;— what need has he of a knowledge of husbandry ?’
【第五章】子曰、誦詩三百、授之以政、不達、使於四方、不能專對、雖多、亦奚以為。 XIII.5. Le Maître dit :

— Supposons qu’un homme ait appris les trois cents odes du Cheu king ; qu’ensuite, s’il est chargé d’une partie de l’administration, il manque d’ha­bileté ; s’il est envoyé en mission dans les pays étran­gers, il soit incapable de répondre par lui-même ; que lui sert toute sa littérature ?

CHAP. V. The Master said, ’Though a man may be able to recite the three hundred odes, yet if, when intrusted with a governmental charge, he knows not how to act, or if, when sent to any quarter on a mission, he cannot give his replies unassisted, notwithstanding the extent of his learning, of what practical use is it ?’
【第六章】子曰、其身正、不令而行、其身不正、雖令不從。 XIII.6. Le Maître dit :

- Si le prince est lui-même vertueux, le peuple remplira ses devoirs, sans qu’on le lui com­mande ; si le prince n’est pas lui-même vertueux, il aura beau donner des ordres, le peuple ne les suivra pas.

CHAP. VI. The Master said, ’When a prince’s personal conduct is correct, his government is effective without the issuing of orders. If his personal conduct is not correct, he may issue orders, but they will not be followed.’
【第七章】子曰、魯衛之政、兄弟也。 XIII.7. Le Maître dit :

— Les deux principautés de Lou et de Wei sont sœurs par leur administration, comme par leur origine. [37]

CHAP. VII. The Master said, ’The governments of Lu and Wei are brothers.’
【第八章】子謂衛公子荊善居室、始有、曰、苟合矣、少有、曰、苟完矣、富有、曰、苟美矣。 XIII.8. Le Maître disait que Koung Tzeu king, tai fou de la principauté de Wei, était toujours content de l’état de sa maison ; que, quand il commença à posséder quel­que chose, il disait :

— J’ai amassé un peu,

que, quand il eut des ressources suffisantes, il disait :

— Je suis pres­que au comble de l’opulence,

que, quand il fut devenu riche, il disait :

— Je suis presque dans la splendeur.

CHAP. VIII. The Master said of Ching, a scion of the ducal family of Wei, that he knew the economy of a family well. When he began to have means, he said, ’Ha ! here is a collection !’ When they were a little increased, he said, ’Ha ! this is complete !’ When he had become rich, he said, ’Ha ! this is admirable !’
【第九章】【一節】子適衛、冉有僕。 XIII.9. Le Maître alla dans la principauté de Wei avec Jen Iou, qui conduisait sa voiture. CHAP. IX. 1. When the Master went to Wei, Zan Yu acted as driver of his carriage.
【二節】子曰、庶矣哉。 Le Maître dit :

— Que les habitants sont nombreux !

2. The Master observed, ’How numerous are the people !’
【三節】冉有曰、既庶矣、又何加焉。曰、富之。 — Maintenant qu’ils sont nombreux, dit Jen Iou, que faut‑il faire pour eux ?

Le Maître répondit :

— Les rendre riches.

3. Yu said, ’Since they are thus numerous, what more shall be done for them ?’ ’Enrich them,’ was the reply.
【四節】曰、既富矣、又何加焉。曰、教之。 Jen Iou reprit

— Quand ils seront devenus riches, que faudra‑t‑il faire de plus pour eux ?

— Les instruire, répondit Confucius.

4. ’And when they have been enriched, what more shall be done ?’ The Master said, ’Teach them.’
【第十章】子曰:「苟有用我者。期月而已可也,三年有成。」 XIII.10. Le Maître dit :

— Si un prince me chargeait de l’administration des affaires publiques, au bout d’un an, elle serait assez bien réglée ; au bout de trois ans, elle serait parfaite.

CHAP. X. The Master said, ’If there were (any of the princes) who would employ me, in the course of twelve months, I should have done something considerable. In three years, the government would be perfected.’
子曰、善人為邦百年、亦可以媵殘去殺矣、誠哉是言也。 XIII.11. Le Maître dit :
— Si des princes vertueux se suc­cédaient sur le trône durant cent ans, a dit un poète, ils parviendraient à corriger les hommes les plus scélérats, et à ne plus appliquer la peine de mort. Que ces paroles sont véritables !
CHAP. XI. The Master said, ’"If good men were to govern a
country in succession for a hundred years, they would be able to transform the violently bad, and dispense with capital punishments." True indeed is this saying !’
【十二章】子曰、如有王者、必世而後仁。 XIII.12. Le Maître dit :

— S’il paraissait un souverain vraiment digne de ce nom, au bout de trente ans, la vertu fleurirait partout.

CHAP. XII. The Master said, ’If a truly royal ruler were to arise, it would still require a generation, and then virtue would prevail.’
【十三章】子曰、苟正其身矣、於從政乎何有、不能正其身、如正人何。 XIII.13. Le Maître dit :

— Si un homme sait se gouverner lui-même, quelle difficulté aura‑t‑il à gouverner l’État ? Mais celui qui ne sait pas se gouverner lui-même, com­ment pourra‑t‑il gouverner les autres ?

CHAP. XIII. The Master said, ’If a minister make his own conduct correct, what difficulty will he have in assisting in government ? If he cannot rectify himself, what has he to do with rectifying others ?’
【十四章】冉子退朝、子曰、何晏也。對曰、有政。子曰、其事也、如有政、雖不吾以、吾其與聞之。 XIII.14. Jen Iou revenant du palais, le Maître lui dit :

— Pourquoi revenez‑vous si tard ?

Jen Iou répondit :

— Les affaires publiques m’ont retenu.

Le Maître ré­pliqua :

— Vous avez été retenu par les affaires parti­culières de ce Ki suenn [38]. S’il y avait eu des affaires publiques, quoique je ne sois plus en charge, j’aurais été appelé à la délibération.

CHAP. XIV. The disciple Zan returning from the court, the Master said to him, ’How are you so late ?’ He replied, ’We had government business.’ The Master said, ’It must have been family affairs. If there had been government business, though I am not now in office, I should have been consulted about it.’
【十五章】【一節】定公問一言而可以興邦、有諸。孔子對曰、言不可以若是其幾也。 XIII.15. Ting, prince de Lou, demanda à Confucius s’il existait une sentence qu’il suffise de suivre pour gouverner parfaitement. Confucius répondit :

— Une sentence ne peut avoir une si grande portée.

CHAP. XV. 1. The Duke Ting asked whether there was a single sentence which could make a country prosperous. Confucius replied, ’Such an effect cannot be expected from one sentence.
【二節】人之言曰、為君難、為臣不易。 . On dit communé­ment qu’il est malaisé d’être bon souverain, qu’il n’est pas facile d’être bon ministre d’État. 2. ’There is a saying, however, which people have— "To be a prince is difficult ; to be a minister is not easy."
【三節】如知為君之難也、不幾乎一言而興邦乎。 Si un prince com­prenait bien la difficulté de régner, cette seule sentence ne lui serait‑elle pas presque suffisante pour régler par­faitement son administration ? 3. ’If a ruler knows this,— the difficulty of being a prince,— may there not be expected from this one sentence the prosperity of his country ?
【四節】曰、一言而喪邦有諸。孔子對曰、言不可以若是其幾也、人之言曰、予無樂乎為君、唯其言而莫予違也。 Le prince Ting dit :
— Existe‑t‑il une maxime telle que, si un prince la met en pratique, il perdra ses États ?

Confucius répondit :

— Une maxime ne peut avoir une si grande portée. On dit communément : Je ne trouve pas d’agrément dans l’exercice du pouvoir ; une seule chose me plaît, c’est que, quand je parle, per­sonne ne me contredit.

4. The duke then said, ’Is there a single sentence which can ruin a country ?’ Confucius replied, ’Such an effect as that cannot be expected from one sentence. There is, however, the saying which people have— "I have no pleasure in being a prince, but only in that no one can offer any opposition to what I say !"
【五節】如其善、而莫之違也、不亦善乎。如不善而莫之違也、不幾乎一言而喪邦乎。 Si le prince parle bien, et que personne ne le contredise, ne sera‑ce pas bien ? Mais s’il parle mal, et que personne ne le contredise, ce seul mau­vais principe ne le mettra‑t‑il pas en danger de perdre la souveraineté ? 5. ’If a ruler’s words be good, is it not also good that no one oppose them ? But if they are not good, and no one opposes them, may there not be expected from this one sentence the ruin of his country ?’
【十六章】【一節】葉公問政。 XIII.16. Le prince de Che interrogea Confucius sur la manière de gouverner. CHAP. XVI. 1. The Duke of Sheh asked about government.
【二節】子曰、近者說、遠者來。 Le Maître répondit :

— Si ceux qui vivent près du prince sont contents, si ceux qui sont loin viennent d’eux‑mêmes, le gouvernement est bien réglé.

2. The Master said, ’Good government obtains, when those who are near are made happy, and those who are far off are attracted.’
【十七章】子夏為莒父宰、問政。子曰、無欲速、無見小利。欲速則不達、見小利則大事不成。 XIII.17. Tzeu hia, étant préfet de Kiu fou, interrogea Confucius sur l’administration des préfectures. Le Maître dit :

— Ne vous hâtez pas trop ; ne recherchez pas les petits avantages. Qui se hâte n’atteint pas loin ; qui poursuit de petits avantages néglige les grandes choses.

CHAP. XVII. Tsze-hsia, being governor of Chu-fu, asked about government. The Master said, ’Do not be desirous to have things done quickly ; do not look at small advantages. Desire to have things done quickly prevents their being done thoroughly. Looking at small advantages prevents great affairs from being accomplished.’

【十八章】【一節】葉公語孔子曰、吾黨有直躬者、其父攘羊、而子證之。 XIII.18. Le prince de Che dit à Confucius :
— Dans mon pays il est des hommes qui font profession de droi­ture. Parmi eux, si un père vole une brebis, son fils rend témoignage contre lui.
CHAP. XVIII. 1. The Duke of Sheh informed Confucius, saying, ’Among us here there are those who may be styled upright in their conduct. If their father have stolen a sheep, they will bear witness to the fact.’
【二節】孔子曰、吾黨之直者異於是、父為子隱、子為父隱、直在其中矣。 Confucius répondit :

— Dans mon pays, les hommes droits agissent autre­ment. Le père cache les fautes de son fils, et le fils celles de son père. Cette conduite n’est pas opposée à la droiture.

2. Confucius said, ’Among us, in our part of the country, those who are upright are different from this. The father conceals the misconduct of the son, and the son conceals the misconduct of the father. Uprightness is to be found in this.’
【十九章】樊遲問仁。子曰、居處恭、執事敬、與人忠、雖之夷狄、不可棄也。 XIII.19. Fan Tch’eu interrogea Confucius sur la vertu parfaite. Le Maître répondit :

— Quand vous êtes seul à la maison, veillez sur vous‑même ; dans le manie­ment des affaires, soyez diligent ; soyez de bonne foi avec tout le monde. Fussiez‑vous au milieu des tribus barbares, il ne vous serait pas permis de négliger l’une de ces trois choses.

CHAP. XIX. Fan Ch’ih asked about perfect virtue. The Master said, ’It is, in retirement, to be sedately grave ; in the management of business, to be reverently attentive ; in intercourse with others, to be strictly sincere. Though a man go among rude, uncultivated tribes, these qualities may not be neglected.’
【二十章】【一節】子貢問曰、何如斯可謂之士矣。子曰、行己有恥、使於四方、不辱君命、可謂士矣。 XIII.20. Tzeu koung demanda ce qu’à fallait faire pour mériter d’être appelé disciple de la sagesse. Le Maî­tre répondit :

— Celui-là mérite d’être appelé disciple de la sagesse qui dans sa conduite privée a de la pudeur et, dans les missions qui lui sont confiées en pays étrangers, ne déshonore pas le prince qui l’a envoyé.

CHAP. XX. 1. Tsze-kung asked, saying, ’What qualities must a man possess to entitle him to be called an officer ? The Master said, ’He who in his conduct of himself maintains a sense of shame, and when sent to any quarter will not disgrace his prince’s commission, deserves to be called an officer.’
【二節】曰、敢問其次。曰、宗族稱孝焉、鄉黨稱弟焉。 Tzeu koung dit :

— Permettez‑moi de vous deman­der quel est celui qui vient immédiatement après le disciple de la sagesse.

— C’est, répondit Confucius, celui dont la piété filiale est attestée par tous les membres de la famille, et dont le respect pour les aînés et les supérieurs est loué par tous les habitants du bourg et tous les voisins.

2. Tsze-kung pursued, ’I venture to ask who may be placed in the next lower rank ?’ And he was told, ’He whom the circle of his relatives pronounce to be filial, whom his fellow-villagers and neighbours pronounce to be fraternal.’
【三節】曰、敢問其次。曰、言必信、行必果、硜硜然、小人哉、抑亦可以為次矣。 Tzeu koung dit :

— Permettez-­moi de vous demander quel est celui qui vient au troi­sième rang.

Confucius répondit :

— Un homme sin­cère dans ses paroles, obstiné dans ses actions, est sans doute un homme opiniâtre, vulgaire ; cependant il peut être placé au troisième rang.

3. Again the disciple asked, ’I venture to ask about the class still next in order.’ The Master said, ’They are determined to be sincere in what they say, and to carry out what they do. They are obstinate little men. Yet perhaps they may make the next class.’
【四節】曰、今之從政者何如。子曰、噫、斗筲之人、何足算也。 Tzeu koung dit :

— Que faut‑il penser de ceux qui administrent à présent les affaires publiques ?

Le Maî­tre répondit :

— Hélas ! ce sont des hommes d’un es­prit étroit. Méritent‑ils d’être comptés pour quelque chose ?

4. Tsze-kung finally inquired, ’Of what sort are those of the present day, who engage in government ?’ The Master said ’Pooh ! they are so many pecks and hampers, not worth being taken into account.’
【廿一章】子曰、不得中行而與之、必也狂狷乎、狂者進取、狷者有所不為也。 XIII.21. Le Maître dit :

— Comme je ne trouve pas de disciples capables de se tenir constamment dans le juste milieu, je cherche des hommes qui aient de hautes as­pirations, bien qu’ils soient incapables d’arriver si haut, ou des hommes qui, sans être très intelligents, ont l’amour du devoir. Les premiers avancent dans la vertu, et suivent les exemples et les enseignements des sages. Les seconds s’abstiennent de mal faire.

CHAP. XXI. The Master said, ’Since I cannot get men pursuing the due medium, to whom I might communicate my instructions, I must find the ardent and the cautiously-decided. The ardent will advance and lay hold of truth ; the cautiously-decided will keep themselves from what is wrong.’
【廿二章】【一節】子曰、南人有言曰、人而無恆、不可以作巫醫、善夫。 XIII.22. Le Maître dit :

— Les habitants du midi disent com­munément qu’un homme inconstant ne peut pas même devenir habile devin ou bon médecin.

CHAP. XXII. 1. The Master said, ’The people of the south have a saying— "A man without constancy cannot be either a wizard or a doctor." Good !
【二節】不恆其德、或承之羞。 Cet adage est très vrai. On lit dans le I king :
Celui qui manque de constance sera la risée des autres.
2. ’Inconstant in his virtue, he will be visited with disgrace.’
【三節】子曰、不占而已矣。 Le Maître dit :

On ne réfléchit pas sur ces paroles, et de là vient tout le mal.

3. The Master said, ’This arises simply from not attending to the prognostication.’
【廿三章】子曰、君子和而不同、小人同而不和。 XIII.23. Le Maître dit :

— Le sage est accommodant avec tout le monde, mais il n’a pas de complaisance coupa­ble. L’homme vulgaire est complaisant pour le mal, et n’est pas accommodant avec tous.

CHAP. XXIII. The Master said, ’The superior man is affable, but not adulatory ; the mean man is adulatory, but not
affable.’
【廿四章】子貢問曰、鄉人皆好之、何如。子曰、未可也。鄉人皆惡之、何如。子曰、未可也。不如鄉人之善者好之、其不善者惡之。 XIII.24. Tzeu koung demanda ce qu’il fallait penser d’un homme qui est aimé de tous les habitants de son pays. Le Maître répondit :

— Cela ne prouve pas suffisam­ment sa vertu.
Tzeu koung reprit :

— Que faut‑il pen­ser d’un homme en butte à la haine de tous les habi­tants de son pays ?

Le Maître répondit :

— Ce n’est pas une preuve certaine de sa vertu. On pourrait à plus juste titre estimer vertueux celui qui dans son pays est aimé de tous les hommes de bien et haï de tous les hommes vicieux.

CHAP. XXIV. Tsze-kung asked, saying, ’What do you say of a man who is loved by all the people of his neighborhood ?’ The Master replied, ’We may not for that accord our approval of him.’ ’And what do you say of him who is hated by all the people of his neighborhood ?’ The Master said, ’We may not for that conclude that he is bad. It is better than either of these cases that the good in the neighborhood love him, and the bad hate him.’
【廿五章】子曰、君子易事而難說也、說之不以道、不說也、及其使人也、器之。小人難事而易說也、說之雖不以道、說也、及其使人也、求備焉。 XIII.25. Le Maître dit :

— Il est aisé de servir l’homme sage, mais difficile de lui plaire. Si l’on cherche à gagner ses bonnes grâces par une voie peu louable, on n’y réussira pas. Pour ce qui est du service qu’il de­mande, il considère les aptitudes. Il est difficile de servir l’homme vulgaire, et facile de lui plaire. Si l’on cherche à lui plaire même par des voies peu louables, on lui plaira. Mais, dans ceux qui sont à son service, il exige la perfection.

CHAP. XXV. The Master said, ’The superior man is easy to serve and difficult to please. If you try to please him in any way which is not accordant with right, he will not be pleased. But in his employment of men, he uses them according to their capacity. The mean man is difficult to serve, and easy to please. If you try to please him, though it be in a way which is not accordant with right, he may be pleased. But in his employment of men, he wishes them to be equal to everything.’
【廿六章】子曰、君子泰而不驕、小人驕而不泰。 XIII.26. Le Maître dit :

— Le sage est calme, et n’est pas orgueilleux. L’homme vulgaire est orgueilleux, et n’est pas calme.

CHAP. XXVI. The Master said, ’The superior man has a dignified ease without pride. The mean man has pride without a dignified ease.’
【廿七章】子曰、剛、毅、木、訥、近仁。 XIII.27. Le Maître dit :

— Un homme courageux, ou con­stant, ou simple dans ses manières, ou réservé dans ses paroles, arrivera aisément à la perfection.

CHAP. XXVII. The Master said, ’The firm, the enduring, the simple, and the modest are near to virtue.’
廿八章】子路問曰、何如斯可謂之士矣。子曰、切切、偲偲、怡怡如也、可謂士矣、朋友切切偲偲、兄弟怡怡。 XIII.28. ■ Tzeu lou pria Confucius de lui dire ce que doit être un disciple de la sagesse. Le Maître répondit :

— Celui qui est dévoué, zélé pour exciter les autres à cultiver la vertu, affable et prévenant dans ses manières, mérite le nom de disciple de la sagesse. Il est dévoué à ses amis et les excite à la pratique de la vertu ; il est affable envers ses frères.

CHAP. XXVIII. Tsze-lu asked, saying, ’What qualities must a man possess to entitle him to be called a scholar ?’ The Master said, ’He must be thus,— earnest, urgent, and bland :— among his friends, earnest and urgent ; among his brethren, bland.’
【廿九章】子曰、善人教民七年、亦可以即戎矣。 XIII.29. Le Maître dit :

— Si un homme vertueux formait le peuple à la vertu pendant sept ans, on pourrait en­suite en tirer des soldats pour la guerre.

CHAP. XXIX. The Master said, ’Let a good man teach the people seven years, and they may then likewise be employed in war.’
【三十章】子曰、以不教民戰、是謂棄之。 XIII.30. Confucius dit :

- Conduire le peuple à la guerre, avant de l’avoir formé à la vertu, c’est le mener à sa perte.

CHAP. XXX. The Master said, ’To lead an uninstructed people to war, is to throw them away.’


憲問第十四 CHAPITRE XIV BOOK XIV. HSIEN WAN.
【第一章】憲問恥。子曰、邦有道穀、邦無道穀、恥也。 XIV.1. Iuen Seu pria Confucius de lui dire de quoi l’on devait avoir honte. Le Maître répondit :

— On doit avoir honte de recevoir un traitement d’officier sous un bon gouvernement si l’on ne rend aucun service, ou de remplir une charge sous un mauvais gouver­nement.

CHAP. I. Hsien asked what was shameful. The Master
said, ’When good government prevails in a state, to be thinking
only of salary ; and, when bad government prevails, to be
thinking, in the same way, only of salary ;— this is shameful.’
【第二章】【一節】克、伐、怨、欲、不行焉、可以為仁矣。 XIV.2. Iuen Seu dit :

— Un homme qui réprime ses dé­sirs de prévaloir ou de se vanter, ses sentiments d’aver­sion, sa cupidité, doit‑il être considéré comme parfait ?

CHAP. II. 1. ’When the love of superiority, boasting,
resentments, and covetousness are repressed, this may be
deemed perfect virtue.’
【二節】子曰、
可以為難矣、仁則吾不知也。
Le Maître répondit :

— La répression des passions doit être considérée comme une chose difficile ; mais, à mon avis, ce n’est pas la perfection.

2. The Master said, ’This may be regarded as the
achievement of what is difficult. But I do not know that it is to
be deemed perfect virtue.’
【第三章】子曰、士而懷居、不足以為士矣。 XIV.3. Le Maître dit :
— Un disciple de la sagesse qui recherche le bien‑être n’est pas un véritable disciple de la sagesse.
CHAP. III. The Master said, ’The scholar who cherishes
the love of comfort is not fit to be deemed a scholar.’
【第四章】子曰、邦有道、危言危行、邦無道、危行言孫。 XIV.4. Le Maître dit :

— Sous un gouvernement bien ré­glé, parlez franchement et agissez ouvertement [39] ; sous un gouvernement mal réglé, agissez ouvertement, mais modérez votre langage.

CHAP. IV. The Master said, ’When good government
prevails in a state, language may be lofty and bold, and actions
the same. When bad government prevails, the actions may be
lofty and bold, but the language may be with some reserve.’
【第五章】子曰、有德者、必有言、有言者、不必有德、仁者、必有勇、勇者、不必有仁。 XIV.5. Le Maître dit :

— Un homme vertueux a certai­nement de bonnes paroles sur les lèvres ; un homme qui a de bonnes paroles sur les lèvres peut n’être pas vertueux. Un homme parfait est certainement coura­geux ; un homme courageux peut n’être pas parfait.

CHAP. V. The Master said, ’The virtuous will be sure to
speak correctly, but those whose speech is good may not
always be virtuous. Men of principle are sure to be bold, but
those who are bold may not always be men of principle.’
【第六章】南宮适問於孔子曰、羿善射、奡盪舟、俱不得其死然、禹稷躬稼、
而有天下夫子不答。南宮适出。子曰、君子哉若人、尚德哉若人。
XIV.6. Nan Koung kouo dit à Confucius :

— I était un archer très habile ; Ngao poussait lui seul un na­vire sur la terre ferme. Tous deux [40] ont péri de mort violente. Iu et Heou Tsi ont cultivé la terre de leurs propres mains ; cependant [41], ils ont obtenu l’empire.
Le Maître ne répondit pas ; mais, lorsque Nan Koung kouo se fut retiré, il dit de lui :

— Cet homme est un sage ; cet homme met la vertu au‑dessus de tout. [42]

CHAP. VI. Nan-kung Kwo, submitting an inquiry to
Confucius, said, ’I was skillful at archery, and Ao could move a
boat along upon the land, but neither of them died a natural
death. Yu and Chi personally wrought at the toils of husbandry,
and they became possessors of the kingdom.’ The Master made
no reply ; but when Nan-kung Kwo went out, he said, ’A
superior man indeed is this ! An esteemer of virtue indeed is
this !’
【第七章】子曰、君子而不仁者有矣夫、未有小人而仁者也。 XIV.7. Le Maître dit :

— On trouve des disciples de la sagesse qui ne sont pas parfaits ; on n’a jamais vu un homme sans principes qui fût parfait.

CHAP. VII. The Master said, ’Superior men, and yet not
always virtuous, there have been, alas ! But there never has
been a mean man, and, at the same time, virtuous.’
XIV.8. Le Maître dit :

— Un père qui aime son fils peut‑il ne pas lui imposer des exercices pénibles ? Un ministre fidèle peut‑il ne pas avertir son prince ?

【第九章】子曰、為命、裨諶草創之、世叔討論之、行人子羽修飾之、東里子產潤色之。 XIV.9. Le Maître dit :
— Quand il fallait écrire une lettre au nom du prince, Pi Chenn en composait le brouil­lon ; Cheu chou en examinait avec soin le contenu ; Tzeu iu, qui présidait à la réception des hôtes, corri­geait et polissait le style ; Tzeu tch’an, de Toung li lui donnait une tournure élégante. [43]
CHAP. IX. The Master said, ’In preparing the
governmental notifications, P’i Shan first made the rough
draught ; Shi-shu examined and discussed its contents ; Tsze-yu,
the manager of Foreign intercourse, then polished the style ;
and, finally, Tsze-ch’an of Tung-li gave it the proper elegance
and finish.’
【第十章】【一節】或問子產。子曰、惠人也。 XIV.10. Quelqu’un ayant demandé à Confucius ce qu’il pensait de Tzeu tch’an, le Maître répondit :

— C’est un homme bienfaisant.

CHAP. X. 1. Some one asked about Tsze-ch’an. The Master
said, ’He was a kind man.’
【二節】問子西。曰、彼哉
彼哉。
Le même lui ayant demandé ce qu’il pensait de Tzeu si, il dit :

— Oh ! celui-là ! celui-là [44] !

2. He asked about Tsze-hsi. The Master said, ’That man ! That man !’
【三節】問管仲。曰、人也、奪伯氏駢邑三百、飯疏食、沒齒、無怨言。 Le même lui ayant demandé ce qu’il pensait de Kouan tchoung, il répondit :

— C’était un homme si vertueux que, le prince de Ts’i lui ayant donné la ville de P’ien qui comptait trois cents familles, le chef de la famille Pe, dépouillé de ce domaine et réduit à se contenter d’une nourriture grossière, n’eut jamais un mot d’indignation contre lui. [45]

3. He asked about Kwan Chung. ’For him,’ said the Master, ’the city of Pien, with three hundred families, was taken from the chief of the Po family, who did not utter a murmuring word, though, to the end of his life, he had only coarse rice to eat.’
【十一章】子曰、貧而無怨、難、富而無驕、易。 XIV.11. Le Maître dit :

— Il est plus difficile de se dé­fendre du chagrin dans la pauvreté que de l’orgueil dans l’opulence.

CHAP. XI. The Master said, ’To be poor without murmuring is difficult. To be rich without being proud is easy.’
【十二章】子曰、孟公綽、為趙魏老則優、不可以為滕薛大夫。 XIV.12. Le Maître dit :

— Meng koung Tch’o [46] excellerait dans la charge d’intendant de la maison de Tchao ou de Wei ; il ne serait pas capable de remplir la charge de tai fou dans la principauté de T’eng ou de Sie.
CHAP. XII. The Master said, ’Mang Kung-ch’o is more than
fit to be chief officer in the families of Chao and Wei, but he is not fit to be great officer to either of the States Tang or Hsieh.’
【十三章】【一節】子路問成人。子曰、若臧武仲之知、公綽之不欲、卞莊子之勇、冉求之藝、文之以禮樂、亦可以為成人矣。 XIV.13. Tzeu lou pria Confucius de lui dire ce que c’est qu’un homme parfait. Le Maître répondit :
— Celui qui aurait la prudence de Tsang Ou tchoung, l’intégrité de Koung tch’o, le courage de Tchouang tzeu, préfet de Pien, l’habileté de Jen K’iou, et qui de plus cultiverait les cérémonies et la musique, pourrait être regardé comme un homme parfait.
CHAP. XIII. 1. Tsze-lu asked what constituted a COMPLETE man. The Master said, ’Suppose a man with the knowledge of Tsang Wu-chung, the freedom from covetousness of Kung-ch’o, the bravery of Chwang of Pien, and the varied
talents of Zan Ch’iu ; add to these the accomplishments of the rules of propriety and music :— such a one might be reckoned a COMPLETE man.’
【二節】曰、今之成人
者、何必然、見利思義、見危授命、久要不忘平生之言、亦可以為成人矣。
Confucius ajouta :

— A présent, pour être un homme parfait, est‑il nécessaire de réunir toutes ces qualités ? Celui qui, en présence d’un profit à retirer, craint de violer la justice, qui, en face du danger, s’offre lui-même à la mort, qui, même après de longues années, n’oublie pas les enga­gements qu’il a pris dans le cours de sa vie ; celui-là peut aussi être considéré comme un homme parfait.

2. He then added, ’But what is the necessity for a complete man of the present day to have all these things ? The man, who in the view of gain, thinks of righteousness ; who in the view of danger is prepared to give up his life ; and who does not forget an old agreement however far back it extends :— such a man may be reckoned a COMPLETE man.’
【十四章】【一節】子問公叔文子於公明賈曰、信乎、夫子不言不笑、不取乎。 XIV.14. Le Maître, parlant de Koung chou Wenn tzeu [47] à Koung ming Kia [48], lui dit :

— Est‑il vrai que votre maître ne parle pas, ne rit pas et n’accepte rien ?

CHAP. XIV. 1. The Master asked Kung-ming Chia about Kung-shu Wan, saying, ’Is it true that your master speaks not,
laughs not, and takes not ?’
【二節】公明賈對曰、以告者過也。夫子時然後言、人不厭其言、樂然
後笑、人不厭其笑、義然後取、人不厭其取。子曰、其然、豈其然乎。
Koung ming Kia répondit :
— Ceux qui lui ont fait cette réputation ont exagéré. Mon maître parle, quand il est temps de parler, et ses paroles ne fatiguent per­sonne. Il rit, quand il est temps de se réjouir, et son rire ne déplaît à personne. Il accepte, quand la jus­tice le permet, et personne n’y trouve à redire.

Le Maître reprit :

— Est‑ce vrai ? Cela peut‑il être vrai [49] ?

2. Kung-ming Chia replied, ’This has arisen from the reporters going beyond the truth.— My master speaks when it is the time to speak, and so men do not get tired of his speaking. He laughs when there is occasion to be joyful, and so men do not get tired of his laughing. He takes when it is consistent with righteousness to do so, and so men do not get tired of his taking.’ The Master said, ’So ! But is it so with him ?’
【十五章】子曰、臧武仲、以防求為後於魯、雖曰不要君、吾不信也。 XIV.15. Le Maître dit :

— Tsang Ou tchoung, maître du pays de Fang, a demandé au prince de Lou de lui cons­tituer un héritier et un successeur de sa propre famille. Il a beau dire qu’il n’a pas fait violence à son prince, je n’ajoute pas foi à son affirmation. [50]

CHAP. XV. The Master said, ’Tsang Wu-chung, keeping possession of Fang, asked of the duke of Lu to appoint a successor to him in his family. Although it may be said that he was not using force with his sovereign, I believe he was.’
【十六章】子曰、晉文公譎而不正、齊桓公正而不譎。 XIV.16. Le Maître dit :

— Wenn, prince de Tsin, était fourbe et manquait de droiture ; Houan, prince de Ts’i, était plein de droiture et sans duplicité.

CHAP. XVI. The Master said, ’The duke Wan of Tsin was crafty and not upright. The duke Hwan of Ch’i was upright and not crafty.’
【十七章】【一節】子路曰、桓公殺公子糾、召忽死之、管仲不死、曰、未仁乎。 XIV.17. Tzeu lou dit :

— Houan, prince de Ts’i, tua le prince Kiou [51]. Chao Hou ne voulut pas survivre au prince Kiou [52]. Kouan Tchoung ne se donna pas la mort. Il me semble que sa vertu n’a pas été parfaite.

CHAP. XVII. 1. Tsze-lu said, ’The Duke Hwan caused his brother Chiu to be killed, when Shao Hu died with his master, but Kwan Chung did not die. May not I say that he was wanting in virtue ?’
【二節】子曰、桓公九合諸侯、不以兵車、管仲之力也、如其仁、如其仁。 Le Maître répondit :

— Le prince Houan réunit sous son autorité tous les princes feudataires, sans employer ni armes ni chariots de guerre ; ce fut l’œuvre de Kouan Tchoung. Quel autre fut aussi parfait que lui [53] ?

2. The Master said, ’The Duke Hwan assembled all the
princes together, and that not with weapons of war and chariots :— it was all through the influence of Kwan Chung. Whose beneficence was like his ? Whose beneficence was like his ?’
【十八章】【一節】子貢曰、管仲非仁者與、桓公殺公子糾、不能死、又相
之。
XIV.18. Tzeu koung dit :

— Kouan Tchoung n’a pas été parfait, ce semble. Le prince Houan ayant tué le prince Kiou, Kouan Tchoung n’a pas eu le courage de se donner la mort ; de plus, il a servi le prince Houan.

CHAP. XVIII. 1. Tsze-kung said, ’Kwan Chung, I apprehend, was wanting in virtue. When the Duke Hwan
caused his brother Chiu to be killed, Kwan Chung was not able to die with him. Moreover, he became prime minister to Hwan.’
【二節】子曰、管仲相桓公、霸諸侯、一匡天下、民到于今、受其賜、微管仲、吾其被髮左衽矣。 Le Maître répondit :

— Kouan Tchoung aida le prince Houan à établir son autorité sur tous les princes. Il a réformé le gouvernement de tout l’empire, et jusqu’à présent le peuple jouit de ses bienfaits. Sans Kouan Tchoung, nous aurions les cheveux épars et le bord de la tunique fixé au côté gauche [54]

2. The Master said, ’Kwan Chung acted as prime minister to the Duke Hwan, made him leader of all the princes, and united and rectified the whole kingdom. Down to the present day, the people enjoy the gifts which he conferred. But for
Kwan Chung, we should now be wearing our hair unbound, and the lappets of our coats buttoning on the left side.
【三節】豈若匹夫匹婦之為諒也、自經於溝瀆、而莫之知也。 Devait‑il montrer sa fidélité comme un homme vulgaire, s’étrangler lui­-même dans un fossé ou un canal et se dérober à la connaissance de la postérité ? 3. ’Will you require from him the small fidelity of
common men and common women, who would commit suicide in a stream or ditch, no one knowing anything about them ?’
【十九章】【一節】公叔文子之臣、大夫僎、與文子同升諸公。 XIV.19. L’intendant de la maison du tai fou Koung chou qui fut lui-même plus tard tai fou, montait au palais du prince avec son maître [55]. CHAP. XIX. 1. The great officer, Hsien, who had been
family-minister to Kung-shu Wan, ascended to the prince’s court in company with Wan.
【二節】子聞之曰、可以為矣。 Le Maître l’ayant appris, dit : — Koung chou est vraiment un homme d’un esprit cultivé. 2. The Master, having heard of it, said, ’He deserved to be considered WAN (the accomplished).’
【二十章】【一節】子言衛靈公之無道也、康子曰、夫如是、奚而不喪。 XIV.20. Le Maître ayant dit que Ling, prince de Wei, ne s’appliquait pas à faire régner la vertu, Ki K’ang tzeu demanda comment il n’avait pas encore perdu ses États. CHAP. XX. 1. The Master was speaking about the unprincipled course of the duke Ling of Wei, when Ch’i K’ang said, ’Since he is of such a character, how is it he does not lose his State ?’
【二節】孔子曰、仲叔圉治賓客、祝鮀治宗廟、王孫賈治軍旅、夫如是、奚其喪。 Confucius répondit :

— Tchoung chou Iu est chargé de recevoir les hôtes et les étrangers ; T’ouo dirige les cérémonies et prend la parole dans le temple des ancêtres ; Wang suenn Kia s’occupe de l’armée. Comment perdrait‑il ses États ?

2. Confucius said, ’The Chung-shu Yu has the superintendence of his guests and of strangers ; the litanist, T’o, has the management of his ancestral temple ; and Wang-sun Chia has the direction of the army and forces :— with such officers as these, how should he lose his State ?’
【廿一章】子曰、其言之不怍、則為之也難。 XIV.21. Le maître dit :

— Celui qui ne craint pas de pro­mettre de grandes choses a de la peine à les exécuter.

CHAP. XXI. The Master said, ’He who speaks without modesty will find it difficult to make his words good.’
【廿二章】【一節】陳成子弒簡公。 XIV.22. ■ Tchenn Tch’eng tzeu avait mis à mort le prince Kien. CHAP. XXII. 1. Chan Ch’ang murdered the Duke Chien of Ch’i.
【二節】孔子沐浴而朝、告於哀公曰、
陳恆弒其君、請討之。
Confucius, après s’être lavé la tête et le corps, alla au palais informer Ngai, prince de Lou.

— Tch’enn Heng, dit‑il, a tué son prince ; je vous prie de le faire châtier.

2. Confucius bathed, went to court, and informed the duke Ai, saying, ’Chan Hang has slain his sovereign. I beg that you will undertake to punish him.’
【三節】公曰、告夫三子。 Le prince répondit :

— Adressez‑vous à ces trois grands seigneurs.

3. The duke said, ’Inform the chiefs of the three families of it.’
【四節】孔子曰:「以吾從大夫之後,不敢不告也。君曰『告夫三子』者。」 Confucius se dit en lui-même :

— Parce que j’ai encore rang parmi les tai fou, je n’aurais pas osé me dispenser d’avertir. Le prince me répond de m’adresser à ces trois seigneurs !

4. Confucius retired, and said, ’Following in the rear of the great officers, I did not dare not to represent such a matter, and my prince says, "Inform the chiefs of the three families of it."’
之三子告,不可。孔子曰:「以吾從大夫之後,不敢不告也。」 Confu­cius alla faire son rapport aux trois grands seigneurs, qui rejetèrent sa demande. Il leur dit :

— Parce que j’ai encore rang parmi les tai fou, je n’aurais pas osé ne pas avertir. [56]

5. He went to the chiefs, and informed them, but they
would not act. Confucius then said, ’Following in the rear of the great officers, I did not dare not to represent such a matter.’
【廿三章】子路問事君。子曰、勿欺也、而犯之。 XIV.23. Tzeu lou demanda comment un sujet devait servir son prince. Le Maître répondit :

— Il doit éviter de le tromper et ne pas craindre de lui résister [57].

CHAP. XXIII. Tsze-lu asked how a ruler should be served. The Master said, ’Do not impose on him, and, moreover,
withstand him to his face.’
【廿四章】子曰、君子上達、小人下達。 XIV.24. Le Maître dit :

— Le sage tend toujours en haut ; un homme sans principes tend toujours en bas.

CHAP. XXIV. The Master said, ’The progress of the superior man is upwards ; the progress of the mean man is
downwards.’
【廿五章】子曰、古之學者為己、今之學者為人。 XIV.25. Le Maître dit :

— Anciennement, on s’appliquait à l’étude de la sagesse pour devenir vertueux ; à pré­sent, on s’y livre pour acquérir l’estime des hommes.

CHAP. XXV. The Master said, ’In ancient times, men
learned with a view to their own improvement. Now-a-days, men learn with a view to the approbation of others.’
【廿六章】【一節】蘧伯玉使人於孔子。 XIV.26. K’iu Pe iu envoya saluer Confucius. CHAP. XXVI. 1. Chu Po-yu sent a messenger with friendly inquiries to Confucius.
【二節】孔子與之坐、而問焉、曰、夫子何為。對曰、夫子欲寡其過、而未能也、使者出、子曰、使乎、使乎。 Le philo­sophe invita le messager à s’asseoir [58] et lui demanda à quoi son maître s’appliquait.

— Mon maître, répondit-­il, désire diminuer le nombre de ses fautes, et il n’y parvient pas.

Quand l’envoyé se fut retiré, le Maître dit :

— O le sage messager ! O le sage messager ! [59]

2. Confucius sat with him, and questioned him. ’What,’ said he, ’is your master engaged in ?’ The messenger replied, ’My master is anxious to make his faults few, but he has not yet succeeded.’ He then went out, and the Master said, ’A messenger indeed ! A messenger indeed !’
【廿七章】子曰、不在其位、不謀其政。 XIV.27. Le Maître dit :
— Ne vous mêlez pas des affai­res publiques dont vous n’avez pas la charge.
CHAP. XXVII. The Master said, ’He who is not in any particular office, has nothing to do with plans for the administration of its duties.’
【廿八章】曾子曰、君子思不出其位。 XIV.28. Tseng tzeu dit :

— On lit dans le I king :

Les pensées, les projets du sage restent toujours dans les limites de son devoir, de sa condition.

CHAP. XXVIII. The philosopher Tsang said, ’The superior man, in his thoughts, does not go out of his place.’
【廿九章】子曰、君子恥其言而過其行。 XIV.29. Le Maître dit :

— Le sage est modeste dans ses paroles, et il fait plus qu’il ne dit, c’est‑à‑dire sa con­duite est toujours au‑dessus de ses préceptes.

CHAP. XXIX. The Master said, ’The superior man is modest
in his speech, but exceeds in his actions.’
【三十章】【一節】子曰、君子道者三、我無能焉、仁者不憂、知者不惑、勇者不懼。 XIV.30. Le Maître dit :

— Le sage pratique trois vertus, qui me font défaut : parfait, il ne s’afflige de rien ; prudent, il ne tombe pas dans l’erreur ; courageux, il n’a point de crainte.

CHAP. XXX. 1. The Master said, ’The way of the superior man is threefold, but I am not equal to it. Virtuous, he is free from anxieties ; wise, he is free from perplexities ; bold, he is free from fear.
【二節】子貢曰、夫子自道也。 Tzeu koung dit :

— Maître, c’est vous qui le dites.

2. Tsze-kung said, ’Master, that is what you yourself say.’
【卅一章】子貢方人、子曰、賜也賢乎哉、夫我則不暇。 XIV.31. Tzeu koung s’occupait à juger les autres. Le Maî­tre dit :

— Seu [60] est donc déjà un grand sage ! Moi, je n’ai pas le temps [61].

CHAP. XXXI. Tsze-kung was in the habit of comparing men together. The Master said, ’Tsze must have reached a high pitch of excellence ! Now, I have not leisure for this.’
【卅二章】子曰、不患人之不己知、患其不能也。 XIV.32. Le Maître dit :
— Le sage ne s’afflige pas de n’être pas connu des hommes, mais de n’être pas ca­pable de pratiquer parfaitement la vertu.
CHAP. XXXII. The Master said, ’I will not be concerned at
men’s not knowing me ; I will be concerned at my own want of
ability.’
【卅三章】子曰、不逆詐、不億不信、抑亦先覺者、是賢乎。 XIV.33. Le Maître dit :

— Celui-là n’est‑il pas vraiment sage, qui ne présume pas d’avance que les hommes ou chercheront à le tromper ou seront en défiance contre lui ; mais qui cependant découvre les ruses et les dé­fiances des autres, aussitôt qu’elles existent ?

CHAP. XXXIII. The Master said, ’He who does not
anticipate attempts to deceive him, nor think beforehand of his not being believed, and yet apprehends these things readily (when they occur) ;— is he not a man of superior worth ?’
【卅四章】【一節】微生畝謂孔子曰、丘何為是栖栖者與、無乃為佞乎。 XIV.34. Wei cheng Meou dit à Confucius :

— K’iou, pour­quoi enseignez‑vous avec tant d’assiduité ? Et, pour cap­tiver vos auditeurs, n’avez‑vous pas recours aux artifices du langage ?

CHAP. XXXIV. 1. Wei-shang Mau said to Confucius, ’Ch’iu, how is it that you keep roosting about ? Is it not that you are an insinuating talker ?’
【二節】孔子曰、非敢為佞也、疾固也。 Confucius répondit :

— Je ne me per­mettrais pas de faire le beau parleur ; mais je hais l’opi­niâtreté [62].

2. Confucius said, ’I do not dare to play the part of such a talker, but I hate obstinacy.’
【卅五章】子曰、驥、不稱其力、稱其德也。 XIV.35. Le Maître dit :

— Dans un excellent cheval, ce qu’on estime, ce n’est pas tant la force que la dou­ceur.

CHAP. XXXV. The Master said, ’A horse is called a ch’i, not because of its strength, but because of its other good qualities.’
【卅六章】【一節】或曰、以德報怨、何如。 XIV.36. Quelqu’un dit :
— Que faut‑il penser de celui qui rend le bien pour le mal ?
CHAP. XXXVI. 1. Some one said, ’What do you say concerning the principle that injury should be recompensed
with kindness ?’
【二節】子曰、何以報德。 Le Maître répondit :

— Que rendrez‑vous pour le bien ?

2. The Master said, ’With what then will you recompense kindness ?
【三節】以直報怨、以德報德。 Il suffit de répondre à l’injustice par la justice et de rendre le bien pour le bien. 3. ’Recompense injury with justice, and recompense kindness with kindness.’
【卅七章】【一節】子曰、莫我知也夫。 XIV.37. Le Maître dit :
— Personne ne me connaît.
CHAP. XXXVII. 1. The Master said, ’Alas ! there is no one
that knows me.’
【二節】子貢曰、何為其莫知子也。子曰、不怨天、不尤人、下學而上達、知我者其天乎。 Tzeu koung dit :

— Maître, pourquoi dites‑vous que personne ne vous connaît ?

Le Maître reprit :

— Je ne me plains pas du Ciel et n’accuse pas les hommes. je m’applique à l’étude de la sagesse, commençant par les principes fondamentaux, et avançant par degrés. Celui qui me connaît, n’est‑ce pas le Ciel [63] ?

2. Tsze-kung said, ’What do you mean by thus saying— that no one knows you ?’ The Master replied, ’I do not murmur against Heaven. I do not grumble against men. My studies lie low, and my penetration rises high. But there is Heaven ;— that knows me !’
【卅八章】【一節】公伯寮愬子路於李孫、子服景伯以告、曰、夫子固有惑志於公伯寮、吾力猶能肆諸市朝。 XIV.38. Koung pe Leao avait parlé mal de Tzeu lou à Ki suenn. Tzeu fou King pe en informa Confucius et lui dit :

— Ki suenn a conçu des soupçons contre Tzeu lou par suite des accusations de Koung pe Leao. Je suis assez puissant pour obtenir que cet accusateur soit exposé [64] sur la place publique ou à la cour du palais.

CHAP. XXXVIII. 1. The Kung-po Liao, having slandered Tsze-lu to Chi-sun, Tsze-fu Ching-po informed Confucius of it, saying, ’Our master is certainly being led astray by the Kung-po Liao, but I have still power enough left to cut Liao off, and expose his corpse in the market and in the court.’
【二節】子曰、道之將行也與、命也、道之將廢也與、命也、公伯寮其如命何。 Le Maître répondit :

— Si ma doctrine doit suivre sa voie, c’est que le Ciel l’a décidé. Si elle doit être arrêtée dans sa marche, c’est que le Ciel le veut. Que peut faire Koung pe Leao contre les décrets du Ciel ?

2. The Master said, ’If my principles are to advance, it is so ordered. If they are to fall to the ground, it is so ordered. What can the Kung-po Liao do where such ordering is concerned ?’
【卅九章】【一節】子曰、賢者辟世。 XIV.39. Le Maître dit :

— Parmi les sages, plusieurs vivent retirés du monde, les uns à cause de la corruption des mœurs ;

CHAP. XXXIX. 1. The Master said, ’Some men of worth retire from the world.
【二節】其次辟地。  ; les autres, d’une vertu moins parfaite, à cause des troubles de leur pays ; 2. Some retire from particular states.
【三節】其次辟色。  ; d’autres, encore moins par­faits, à cause du manque d’urbanité ; 3. Some retire because of disrespectful looks.
【四節】其次辟言。 d’autres, d’une vertu encore inférieure, à cause du désaccord dans les opinions. 4. Some retire because of contradictory language.’
【四十章】子曰、作者七人矣。 XIV.40. Le Maître dit :

— De nos jours, sept sages se sont retirés dans la vie privée [65]

CHAP. XL. The Master said, ’Those who have done this are seven men.’
【四一章】子路宿於石門、晨門曰、奚自。子路曰、自孔氏。曰、是知其不可而為之者與。 XIV.41. Tzeu lou passa une nuit à Chenn mena. Le gardien de la porte lui dit :

— D’où venez‑vous ?

— De l’école de Confucius », répondit Tzeu lou.

— C’est, reprit le gardien, un homme qui s’applique à faire une chose qu’il sait être impossible [66].

CHAP. XLI. Tsze-lu happening to pass the night in Shih-
man, the gatekeeper said to him, ’Whom do you come from ?’ Tsze-lu said, ’From Mr. K’ung.’ ’It is he,— is it not ?’— said the other, ’who knows the impracticable nature of the times and yet will be doing in them.’
【四二章】【一節】子擊磬於衛、有荷蕢、而過孔氏之門者、曰、有心哉、擊磬乎。 XIV.42. Le Maître, dans la principauté de Wei, jouait d’un instrument de musique composé de pierres sono­res [67]. Un lettré venant à passer devant la porte du philo­sophe, avec une corbeille sur les épaules, dit :

— Les sons de son instrument font connaître qu’il aime beau­coup les hommes.

CHAP. XLII. 1. The Master was playing, one day, on a musical stone in Wei, when a man, carrying a straw basket,
passed the door of the house where Confucius was, and said, ’His heart is full who so beats the musical stone.’
【二節】既、而曰、鄙哉、硜硜乎、莫己知也、斯已而已矣、深則厲、淺則揭。 Peu après il ajouta :

— Quelle aveu­gle opiniâtreté [68] ! Personne ne le connaît. Qu’il cesse donc d’enseigner, et voilà tout. » Le Cheu king dit :

Si le gué est profond, je le traverserai les jambes nues ;

s’il ne l’est pas, je relèverai mes vêtements seu­lement jusqu’aux genoux [69]

2. A little while after, he added, ’How contemptible is the one-ideaed obstinacy those sounds display ! When one is taken no notice of, he has simply at once to give over his wish for public employment. "Deep water must be crossed with the clothes on ; shallow water may be crossed with the clothes held up."’
【三節】子曰、果哉、末之難矣。 Le Maître dit :

— Qu’il est cruel [70] ! Son genre de vie n’a rien de difficile.

3. The Master said, ’How determined is he in his purpose ! But this is not difficult !’
【四三章】【一節】子張曰、書云、高宗諒陰三年不言、何謂也。 XIV.43. Tzeu tchang dit :

— Les Annales rapportent que l’empereur Kao tsoung se retira dans une cabane [71] où il demeura sans parler durant trois ans. Que signifie cette cérémonie ?

CHAP. XLIII. 1. Tsze-chang said, ’What is meant when the Shu says that Kao-tsung, while observing the usual imperial mourning, was for three years without speaking ?’
【二節】子曰、何必高宗、古之人皆然、君薨、百官總己、以聽於冢宰、三年。 Le Maître répondit :

— Qu’est‑il besoin de citer Kao tsoung ? Tous les anciens faisaient la même chose. Quand un souverain mourait, les officiers rem­plissaient leurs fonctions sous la direction du premier ministre pendant trois ans. [72]

2. The Master said, ’Why must Kao-tsung be referred to as an example of this ? The ancients all did so. When the
sovereign died, the officers all attended to their several duties, taking instructions from the prime minister for three years.’
【四四章】子曰、上好禮、則民易使也。 XIV.44. Le Maître dit :

— Si le prince aime à garder l’ordre fixé par les lois et les usages, le peuple est facile à diriger.

CHAP. XLIV. The Master said, ’When rulers love to observe the rules of propriety, the people respond readily to the calls on them for service.’
【四五章】子路問君子、子曰、修己以敬。曰、如斯而已乎。曰、修己以安人、曰、如斯而已乎。曰、修己以安百姓。修己以安百姓、堯舜其猶病諸。 XIV.45. Tzeu lou demanda ce que c’est qu’un vrai disciple de la sagesse. Le Maître répondit :

— Un disciple de la sagesse se perfectionne en veillant attentivement sur lui-même.

— Cela suffit‑il ? » reprit Tzeu lou.

Confucius répondit :

— Il se perfectionne lui-même, puis il travaille à la perfection et à la tranquillité des autres.

— Est‑ce tout ? » demanda Tzeu lou.

Confucius dit :

— Il se perfectionne lui-même, ensuite il fait régner la vertu et la paix parmi le peuple. Se perfectionner soi-même, faire régner la vertu et la paix parmi le peuple, c’est ce que Iao et Chouenn eux‑mêmes trouvaient très diffi­cile, et croyaient être au‑dessus de leurs forces.

CHAP. XLV. Tsze-lu asked what constituted the superior man. The Master said, ’The cultivation of himself in reverential
carefulness.’ ’And is this all ?’ said Tsze-lu. ’He cultivates himself so as to give rest to others,’ was the reply. ’And is this all ?’ again asked Tsze-lu. The Master said, ’He cultivates himself so as to give rest to all the people. He cultivates himself so as to give rest to all the people :— even Yao and Shun were
still solicitous about this.’
【四六章】原壤夷俟、子曰、幼而不孫弟、長而無述焉、老而不死、是為賊。以杖叩其脛。 XIV.46. Iuen Jang attendait Confucius en se tenant ac­croupi. Le Maître lui dit :

— Quand vous étiez jeune, vous ne respectiez pas ceux qui étaient plus âgés que vous. Devenu grand, vous n’avez rien fait de louable. Devenu vieux, vous ne mourez pas. Vos exemples sont très nui­sibles.

Confucius avec son bâton lui frappa légèrement les jambes.

CHAP. XLVI. Yuan Zang was squatting on his heels, and so waited the approach of the Master, who said to him, ’In youth not humble as befits a junior ; in manhood, doing nothing worthy of being handed down ; and living on to old age :— this is to be a pest.’ With this he hit him on the shank with his staff.
【四七章】【一節】闕黨童子將命、或問之曰、益者與。 XIV.47. Confucius employait au service des hôtes et des visiteurs un enfant du village de K’iue tang. Quelqu’un demanda s’il faisait des progrès [73]. CHAP. XLVI. 1. A youth of the village of Ch’ueh was employed by Confucius to carry the messages between him and
his visitors. Some one asked about him, saying, ’I suppose he has made great progress.’
【二節】子曰、吾見其居於位也、見其與先生並行也、非求益者也、欲速成者也。 Le Maître répondit : — Je le vois prendre place parmi les hommes faits, et marcher côte à côte avec ceux qui sont plus âgés que lui. Il ne cherche pas à progresser peu à peu ; mais il voudrait être parfait tout de suite. 2. The Master said, ’I observe that he is fond of occupying
the seat of a full-grown man ; I observe that he walks shoulder to shoulder with his elders. He is not one who is seeking to make progress in learning. He wishes quickly to become a man.’

衛靈公第十五 CHAPITRE XV BOOK XV. WEI LING KUNG.
【第一章】【一節】衛靈公問陳於孔子。孔子對曰、俎豆之事、則嘗聞之矣、軍旅之事、未之學也。明日遂行。 XV.1. Ling, prince de Wei, interrogea Confucius sur l’art de ranger les armées en bataille. Confucius répondit :

— On m’a enseigné la manière de ranger les supports et les vases de bois pour les sacrifices ; je n’ai pas appris à commander les armées.

Confucius s’en alla dès le lendemain [74]

CHAP. I. 1. The Duke Ling of Wei asked Confucius about
tactics. Confucius replied, ’I have heard all about sacrificial
vessels, but I have not learned military matters.’ On this, he
took his departure the next day.
【二節】在陳絕糧、從者病、莫能興。 Dans la principauté de Tch’enn, les vivres lui manquèrent [75]. Ses compagnons étaient affaiblis par la faim ; aucun d’eux n’avait plus la force de se lever. 2. When he was in Chan, their provisions were exhausted,
and his followers became so ill that they were unable to rise.
【三節】子路慍見曰、君子亦有窮乎。子曰、君子固窮、小人窮斯濫矣。 Tzeu lou indigné se présenta devant lui et dit :

— Le sage est‑il aussi exposé à manquer de tout ?

— Le sage, répondit le Maître, demeure constant et courageux dans la détresse. Un homme vulgaire, dans la détresse, ne connaît plus aucune loi.

3. Tsze-lu, with evident dissatisfaction, said, ’Has the superior man likewise to endure in this way ?’ The Master said,
’The superior man may indeed have to endure want, but the
mean man, when he is in want, gives way to unbridled license.’
【第二章】【一節】子曰、賜也、女以予為多學而識之者與。 XV.2. ■ Le Maître dit :

— Seu, me considérez‑vous comme un homme qui a beaucoup appris et beaucoup retenu ?

CHAP. II. 1. The Master said, ’Ts’ze, you think, I suppose,
that I am one who learns many things and keeps them in memory ?’
【二節】對曰、然、非與。 — Oui, répondit Tzeu koung. Suis‑je dans l’erreur ?
2. Tsze-kung replied, ’Yes,— but perhaps it is not so ?’
【三節】曰、非也、予一以貫之。 — Vous êtes dans l’erreur, reprit Confucius. Une seule chose me donne l’intelligence de tout [76]. ’No,’ was the answer ; ’I seek a unity all-pervading.’
【第三章】子曰、由、知德者鮮矣。 XV.3. Le Maître dit :
— Iou, peu d’hommes connaissent la vertu. [77]
CHAP. III. The Master said, ’Yu, those who know virtue
are few.’
【第四章】子曰、無為而治者、其舜也與、夫何為哉、恭己正南面而已矣。 XV.4. ■ Le Maître dit :

— Chouenn était un prince qui, pres­que sans avoir besoin de rien faire, maintenait l’empire dans un ordre parfait. Que faisait‑il ? Il veillait attenti­vement sur lui-même et se tenait gravement le visage tourné vers le midi.

CHAP. IV. The Master said, ’May not Shun be instanced as
having governed efficiently without exertion ? What did he do ?
He did nothing but gravely and reverently occupy his royal
seat.’
【第五章】【一節】子張問行。 XV.5. Tzeu tchang demanda quel était le moyen d’agir sur les autres hommes. CHAP. V. 1. Tsze-chang asked how a man should conduct
himself, so as to be everywhere appreciated.
【二節】子曰、言忠信、行篤敬、雖蠻貊之邦、行矣、言不忠信、行不篤敬、雖州里、行乎哉。 . Le Maître répondit :

— Un homme sincère et véridique dans ses paroles, prudent et cir­conspect dans ses actions, aura de l’influence, même au milieu des barbares du midi ou du septentrion. Un homme qui n’est ni sincère ni véridique dans ses paroles, ni prudent ni circonspect dans ses actions, aura‑t‑il quel­que influence, même dans une ville ou un village ?

2. The Master said, ’Let his words be sincere and truthful,
and his actions honourable and careful ;— such conduct may be
practised among the rude tribes of the South or the North. If
his words be not sincere and truthful and his actions not honourable and
careful, will he, with such conduct, be appreciated, even in his
neighborhood ?
【三節】立、則見其參於前也、在輿、則見期倚於衡也、夫然後行。 Quand vous êtes debout, voyez par la pensée ces quatre vertus [78] se tenant auprès de vous, devant vos yeux. Quand vous êtes en voiture, contemplez‑les assises sur le joug. Par ce moyen, vous acquerrez de l’influence. 3. ’When he is standing, let him see those two things, as it were, fronting him. When he is in a carriage, let him see them
attached to the yoke. Then may he subsequently carry them
into practice.’
【四節】子張書諸紳。 Tzeu tchang écrivit sur sa ceinture ces paroles du Maître. 4. Tsze-chang wrote these counsels on the end of his sash.
【第六章】【一節】子曰、直哉史魚、邦有道如矢、邦有道如矢。 XV.6. Le Maître dit :

— Combien la droiture de l’historiographe Iu est admirable ! Que le gouvernement soit bien ou mal réglé, il suit toujours le droit chemin, comme une flèche.

CHAP. VI. 1. The Master said, ’Truly straightforward was
the historiographer Yu. When good government prevailed in his
State, he was like an arrow. When bad government prevailed,
he was like an arrow.
【二節】君子哉、蘧伯玉、邦有道、則仕、邦無道、則可卷而懷之。 Que K’iu Pe iu est sage ! Quand le gouvernement est bien réglé, il exerce une charge. Quand le gouverne­ment est mal réglé, il sait se retirer et tenir sa vertu cachée. [79] 2. A superior man indeed is Chu Po-yu ! When good
government prevails in his state, he is to be found in office.
When bad government prevails, he can roll his principles up,
and keep them in his breast.’
【第七章】子曰、可與言、而不與之言、失人、不可與言、而與之言、失言、知者不失人、亦不失言。 XV.7. Le Maître dit :

— Si vous refusez d’instruire un homme qui a les dispositions requises, vous perdez un homme, c’est‑à‑dire vous laissez dans l’ignorance un homme que vous pourriez rendre vertueux et sage. Si vous enseignez un homme qui n’a pas les dispositions nécessaires, vous perdez vos instructions. Un homme prudent ne perd ni les hommes ni ses enseignements.

CHAP. VII. The Master said, ’When a man may be spoken
with, not to speak to him is to err in reference to the man.
When a man may not be spoken with, to speak to him is to err
in reference to our words. The wise err neither in regard to
their man nor to their words.’
【第八章】子曰、志士、仁人、無求生以害仁、有殺身以成仁。 XV.8. Le Maître dit :

— Un homme qui est parfait ou résolu à le devenir ne cherche jamais à sauver sa vie au détriment de sa vertu. Il est des circonstances où il sacrifie sa vie, et met ainsi le comble à sa vertu.

CHAP. VIII. The Master said, ’The determined scholar and
the man of virtue will not seek to live at the expense of
injuring their virtue. They will even sacrifice their lives to
preserve their virtue complete.’
【第九章】子貢問為仁。子曰、工欲善其事、必先利其器、居是邦也、事其大夫之賢者、友其士之仁者。 XV.9. Tzeu koung demanda ce qu’il fallait faire pour devenir parfait. Le Maître répondit :

— L’ouvrier qui veut bien faire son travail doit commencer par ai­guiser ses instruments [80]. Dans la contrée où il de­meure, qu’il se mette au service des tai fou les meilleurs ; qu’il contracte amitié avec les hommes les plus parfaits.

CHAP. IX. Tsze-kung asked about the practice of virtue.
The Master said, ’The mechanic, who wishes to do his work
well, must first sharpen his tools. When you are living in any
state, take service with the most worthy among its great
officers, and make friends of the most virtuous among its
scholars.’
【第十章】【一節】顏淵問為邦。 XV.10. Ien Iuen demanda à Confucius ce qu’il fallait faire pour bien gouverner un État CHAP. X. 1. Yen Yuan asked how the government of a
country should be administered.
【二節】子曰、行夏之時。 Le Maître répondit :

— L’empereur doit suivre le calendrier des Hia [81]

2. The Master said, ’Follow the seasons of Hsia.
【三節】乘殷之輅。 Il doit adopter la voiture des In [82] 3. ’Ride in the state carriage of Yin.
【四節】服周之冕。 et porter dans les cérémonies le bonnet des Tcheou [83] 4. ’Wear the ceremonial cap of Chau.
【五節】樂則韶舞。 Il doit faire exécuter les chants de Chouenn [84]. 5. ’Let the music be the Shao with its pantomimes.
【六節】
放鄭聲、遠佞人、鄭聲淫、佞人殆。
Il doit bannir les chants de la principauté de Tcheng et écarter les beaux parleurs. Les chants de Tcheng sont obscènes ; les beaux parleurs sont dangereux. 6. Banish the songs of Chang, and keep far from specious
talkers. The songs of Chang are licentious ; specious talkers are
dangerous.’
【十一章】子曰、人無遠慮、必有近憂。 XV.11. Le Maître dit :
— Celui dont la prévoyance ne s’étend pas loin sera bientôt dans l’embarras.
CHAP. XI. The Master said, ’If a man take no thought about what is distant, he will find sorrow near at hand.’
【十二章】子曰、已矣乎、吾未見好德如好色者也。 XV.12. Le Maître dit :

— Faut‑il donc désespérer ? Je n’ai pas encore vu un homme qui aimât la vertu autant qu’on aime une belle apparence.

CHAP. XII. The Master said, ’It is all over ! I have not seen
one who loves virtue as he loves beauty.’
【十三章】子曰、臧文仲、其竊位者與、知柳下惠之賢、而不與立也。 XV.13. Le Maître dit :

— Tsang Wenn tchoung [85] n’usa‑t‑il pas de sa dignité comme un voleur [86] ? Il connut la sa­gesse de Houei de Liou hia et ne le demanda pas pour collègue à la cour du prince. [87]

CHAP. XIII. The Master said, ’Was not Tsang Wan like one who had stolen his situation ? He knew the virtue and the talents of Hui of Liu-hsia, and yet did not procure that he should stand with him in court.’
【十四章】子曰、躬自厚、而薄責於人、則遠怨矣。 XV.14. Le Maître dit :

— Celui qui se reproche sévèrement ses fautes à lui-même et reprend les autres avec indul­gence évite les mécontentements.

CHAP. XIV. The Master said, ’He who requires much from
himself and little from others, will keep himself from being the object of resentment.’
【十五章】子曰、不曰如之何、如之何者、吾末如之何也已矣。 XV.15. Le Maître dit :

— Je n’ai rien à faire pour celui qui ne demande pas : Comment ferai-je ceci ? comment ferai-­je cela [88] ?

CHAP. XV. The Master said, ’When a man is not in the habit of saying— "What shall I think of this ? What shall I think
of this ?" I can indeed do nothing with him !’
【十六章】子曰、群居終日、言不及義、好行小慧、難矣哉。 XV.16. Confucius dit :

— Ceux qui se réunissent en troupe et demeurent ensemble toute la journée, qui ne disent rien de bon et veulent suivre les lumières trompeuses de leur propre prudence, quelle difficulté n’auront‑ils pas ! [89]

CHAP. XVI. The Master said, ’When a number of people are together, for a whole day, without their conversation turning on righteousness, and when they are fond of carrying out the suggestions of a small shrewdness ;— theirs is indeed a hard case.’
【十七章】子曰、君子義以為質、禮以行之、孫以出之、信以成之、君子哉。 XV.17.
Le Maître dit :

— Le sage prend la justice pour base ; il la pratique d’après les règles établies par les anciens ; il la fait paraître modestement ; il la garde toujours sincèrement. Un tel homme mérite le nom de sage.

CHAP. XVII. The Master said, ’The superior man in everything considers righteousness to be essential. He performs it according to the rules of propriety. He brings it forth in humility. He completes it with sincerity. This is indeed a superior man.’
【十八章】子曰、君子病無能焉、不病人之不己知也。 XV.18. Le Maître dit :

— Le sage s’afflige de ne pouvoir pratiquer la vertu parfaitement. ; il ne s’afflige pas de n’être pas connu des hommes.

CHAP. XVIII. The Master said, ’The superior man is
distressed by his want of ability. He is not distressed by men’s
not knowing him.’
【十九章】子曰、君子疾沒世、而名不稱焉。 XV.19. Le Maître dit :

— Le sage ne veut pas mourir qu’il ne se soit rendu digne d’éloge.

CHAP. XIX. The Master said, ’The superior man dislikes
the thought of his name not being mentioned after his death.’
【二十章】子曰、君子求諸己、小人求諸人。 XV.20. Le Maître dit :

— Le sage attend tout de ses propres efforts ; l’homme vulgaire attend tout de la faveur des autres.

CHAP. XX. The Master said, ’What the superior man seeks, is in himself. What the mean man seeks, is in others.’
【廿一章】子曰、君子矜而不爭、群而不黨。 XV.21. Le Maître dit :

— Le sage est maître de lui-même et n’a de contestation avec personne ; il est sociable, mais n’est pas homme de parti.

CHAP. XXI. The Master said, ’The superior man is dignified, but does not wrangle. He is sociable, but not a partizan.’
【廿二章】子曰、君子不以言舉人、不以人廢言。 XV.22. Le Maître dit :
— Le sage n’élève pas un homme aux charges uniquement parce qu’il l’a entendu bien parler ; et il ne rejette pas une bonne parole parce qu’elle a été dite par un méchant homme.
CHAP. XXII. The Master said, ’The superior man does not promote a man simply on account of his words, nor does he put aside good words because of the man.’
【廿三章】子貢問曰、有一言、而可以終身行之者乎。子曰、其恕乎、己所不欲、勿施於人。 XV.23. Tzeu koung demanda s’il existait un précepte qui renfermât tous les autres, et qu’on dût observer toute la vie. Le Maître répondit :

— N’est‑ce pas le précepte d’aimer tous les hommes comme soi-même ? Ne faites pas à autrui ce que vous ne voulez pas qu’on vous fasse à vous‑même.

CHAP. XXIII. Tsze-kung asked, saying, ’Is there one word which may serve as a rule of practice for all one’s life ?’ The Master said, ’Is not RECIPROCITY such a word ? What you do not want done to yourself, do not do to others.’
【廿四章】【一節】子曰、吾之於人也誰毀、誰譽、如有所譽者、其有所試矣。 XV.24. Le Maître dit :

— Quel est celui que j’ai blâmé ou loué avec excès ? Si je loue trop quelqu’un, c’est que j’ai reconnu qu’il se rendra digne des éloges que je lui donne.

CHAP. XXIV. 1. The Master said, ’In my dealings with men, whose evil do I blame, whose goodness do I praise, beyond what is proper ? If I do sometimes exceed in praise, there must be ground for it in my examination of the individual.
【二節】斯民也、三代之所以直道而行也。 Notre peuple est encore celui que les em­pereurs des trois dynasties ont traité avec la plus grande justice [90] 2. ’This people supplied the ground why the three dynasties pursued the path of straightforwardness.’
【廿五章】子曰、吾猶及史之闕文也、有馬者、借人乘之、今亡矣夫。 XV.25. Le Maître dit :

— Dans mon enfance, j’ai encore pu voir un historiographe qui n’écrivait rien dont il ne fût certain, un homme riche qui prêtait à d’autres ses che­vaux. A présent on n’en voit plus [91]

CHAP. XXV. The Master said, ’Even in my early days, a
historiographer would leave a blank in his text, and he who had a horse would lend him to another to ride. Now, alas ! there are no such things.’
【廿六章】子曰、巧言亂德、小不忍、則亂大謀。 XV.26. Le Maître dit :

— Les beaux discours font prendre le vice pour la vertu. Une légère impatience ruine un grand projet.

CHAP. XXVI. The Master said, ’Specious words confound virtue. Want of forbearance in small matters confounds great plans.’
【廿七章】子曰、眾惡之、必察焉、眾好之、必察焉。 XV.27. Le Maître dit :

— Quand la haine ou la faveur de la multitude s’attache à un homme, il faut examiner sa conduite, avant de juger s’il est digne d’affection ou de haine

CHAP. XXVII. The Master said, ’When the multitude hate a man, it is necessary to examine into the case. When the multitude like a man, it is necessary to examine into the case.’
【廿八章】子曰、人能弘道、非道弘人。 XV.28. Le Maître dit :

L’homme peut développer et per­fectionner ses vertus naturelles ; les vertus naturelles ne rendent pas l’homme parfait [92]

CHAP. XXVIII. The Master said, ’A man can enlarge the principles which he follows ; those principles do not enlarge the man.’
【廿九章】子曰、過而不改、是謂過矣。 XV.29. Le Maître dit :
— Ne pas se corriger après une faute involontaire, c’est commettre une faute véritable.
CHAP. XXIX. The Master said, ’To have faults and not to reform them,— this, indeed, should be pronounced having faults.’
【三十章】子曰、吾嘗終日不食、終夜不寢、以思、無益、不如學也。 XV.30. Le Maître dit :

— Autrefois je passais des jours entiers sans manger et des nuits entières sans dormir, afin de me livrer à la méditation. J’en ai retiré peu de fruit. Il vaut mieux étudier à l’école d’autrui.

CHAP. XXX. The Master said, ’I have been the whole day without eating, and the whole night without sleeping :— occupied with thinking. It was of no use. The better plan is to learn.’
【卅一章】子曰、君子謀道不謀食、耕也、餒在其中矣、學也、祿在其中矣、君子憂道、不憂貧。 XV.31. Le Maître dit :

Le disciple de la sagesse tourne toutes ses pensées vers la vertu, et non vers la nourri­ture. Le laboureur cultive la terre pour en tirer sa nour­riture ; mais quand la récolte vient à manquer dans son travail il rencontre la disette et la faim. Au contraire, le disciple de la sagesse, en ne travaillant que pour acquérir la vertu, s’attire des honneurs et des richesses. Il donne tous ses soins à la vertu et n’a aucun souci de la pauvreté.

CHAP. XXXI. The Master said, ’The object of the superior man is truth. Food is not his object. There is plowing ;— even in that there is sometimes want. So with learning ;— emolument may be found in it. The superior man is anxious lest he should not get truth ; he is not anxious lest poverty should come upon him.’
卅二章】【一節】子曰、知及之、仁不能守之、雖得之、必失之。 XV.32. Le Maître dit :
— Si quelqu’un connaissait la doc­trine des sages et qu’il n’eût pas assez de vertu pour la mettre en pratique, sa science ne lui servirait de rien.
CHAP. XXXII. 1. The Master said, ’When a man’s
knowledge is sufficient to attain, and his virtue is not sufficient to enable him to hold, whatever he may have gained, he will lose again.
【二節】知及之、仁能守之、不莊以蒞之、則民不敬。 Si quelqu’un connaissait la doctrine des sages et pouvait la mettre en pratique, mais manquait de gravité en public, le peuple ne le respecterait pas. 2. ’When his knowledge is sufficient to attain, and he has
virtue enough to hold fast, if he cannot govern with dignity, the people will not respect him.
【三節】知及之、仁能守之、莊以蒞之、動之不以禮、未善也。 Si quelqu’un connaissait la doctrine des sages, était capable de la mettre en pratique, paraissait en public avec gravité, mais ne dirigeait pas le peuple d’après les règles établies, ce ne serait pas encore la perfection. 3. ’When his knowledge is sufficient to attain, and he has virtue enough to hold fast ; when he governs also with dignity, yet if he try to move the people contrary to the rules of
propriety :— full excellence is not reached.’
【卅三章】子曰、君子不可小知、而可大受也、小人不可大受、而可小知也。 XV.33. Le Maître dit :

— On ne peut apprécier le sage dans une petite chose [93], mais on peut lui en confier de grandes. On ne peut confier de grandes choses à l’homme vulgaire ; mais on peut l’apprécier dans les petites [94]

CHAP. XXXIII. The Master said, ’The superior man cannot
be known in little matters ; but he may be intrusted with great concerns. The small man may not be intrusted with great concerns, but he may be known in little matters.’
【卅四章】子曰、民之於仁也、甚於水火、水火吾見蹈而死者矣、未見蹈仁而死者也。 XV.34. Le Maître dit :

— La vertu est plus nécessaire au peuple que l’eau et le feu [95]. J’ai vu des hommes périr en marchant dans l’eau ou dans le feu ; je n’ai jamais vu personne périr en marchant dans la voie de la vertu.

CHAP. XXXIV. The Master said, ’Virtue is more to man than either water or fire. I have seen men die from treading on water and fire, but I have never seen a man die from treading the course of virtue.’
【卅五章】子曰、當仁、不讓於師。 XV.35. Le Maître dit :

— Celui qui s’applique principale­ment à pratiquer la vertu peut rivaliser avec un maître, c’est‑à‑dire se diriger lui-même et les autres.

CHAP. XXXV. The Master said, ’Let every man consider
virtue as what devolves on himself. He may not yield the performance of it even to his teacher.’
【卅六章】子曰、君子貞、而不諒。 XV.36. Le Maître dit :

— Le sage s’attache fortement à la vérité et au devoir ; il ne s’attache pas opiniâtrement à ses idées.

CHAP. XXXVI. The Master said, ’The superior man is correctly firm, and not firm merely.’
【卅七章】子曰、事君敬其事、而後其食。 XV.37. Le Maître dit :

— Celui qui est au service de son prince doit remplir sa charge avec grand soin, et ne penser à son salaire qu’en dernier lieu.

CHAP. XXXVII. The Master said, ’A minister, in serving his prince, reverently discharges his duties, and makes his emolument a secondary consideration.’
【卅八章】子曰、有教、無類。 XV.38. Le Maître dit :

— Le sage admet à son école tous les hommes, sans distinction. [96]

CHAP. XXXVIII. The Master said, ’In teaching there should be no distinction of classes.’
【卅九章】子曰、道不同、不相為謀。 XV.39. Le Maître dit :

— Deux hommes qui suivent des voies différentes ne peuvent pas s’entraider par leurs conseils.

CHAP. XXXIX. The Master said, ’Those whose courses are different cannot lay plans for one another.’
【四十章】子曰、辭、達而已矣。 XV.40. Le Maître dit :
— Le langage doit exprimer claire­ment la pensée, cela suffit.
CHAP. XL. The Master said, ’In language it is simply required that it convey the meaning.’
【四一章】【一節】師冕見、及階、子曰、階也。及席、子曰、席也。皆坐、子告之曰、某在斯、某在斯。 XV.41. Le préfet de la musique Mien [97] étant allé faire visite à Confucius, lorsqu’il fut arrivé aux degrés de la salle, le Maître lui dit :

Voici les degrés

Lorsqu’il fut arrivé auprès de la natte, le philosophe lui dit :

— Voici la natte.

Quand tout le monde fut assis, le Maître dit au préfet de la musique :

— Un tel est ici ; un tel est là.

CHAP. XLI. 1. The Music-master, Mien, having called upon
him, when they came to the steps, the Master said, ’Here are the steps.’ When they came to the mat for the guest to sit upon, he said, ’Here is the mat.’ When all were seated, the Master informed him, saying, ’So and so is here ; so and so is here.’
【二節】師冕出、子張問曰、與師言之道與。 Lorsque le préfet Mien se fut retiré, Tzeu tchang demanda si c’était un devoir d’avertir ainsi le préfet de la musique. 2. The Music-master, Mien, having gone out, Tsze-chang asked, saying. ’Is it the rule to tell those things to the Music-master ?’
【三節】子曰、然、固相師之道也。 — Certainement, répondit le Maître, c’est un devoir d’aider ainsi les directeurs de la musique [98]. 3. The Master said, ’Yes. This is certainly the rule for those who lead the blind.’

李氏第十六 CHAPITRE XVI BOOK XVI. KE SHE.
【第一章】【一節】李氏將伐顓臾。 XVI.1. Le chef de la famille Ki se préparait à envahir Tchouen iu [99]. CHAP. I. 1. The head of the Chi family was going to attack Chwan-yu.
【二節】冉有李路見於孔子曰、李氏將有事於顓臾。 Jen Iou et Tzeu lou [100] allèrent voir Con­fucius et lui dirent :

— Ki prépare une expédition contre Tchouen iu.

2. Zan Yu and Chi-lu had an interview with Confucius, and said, ’Our chief, Chi, is going to commence operations against Chwan-yu.’
【三節】孔子曰、求、無乃爾是過與。 — K’iou [101], répondit Confucius, n’avez‑vous pas quelque part à ce crime ? 3. Confucius said, ’Ch’iu, is it not you who are in fault here ?
【四節】夫顓臾、昔者、先王以為東蒙主、且在邦域之中矣、是社稷之臣也、何以伐為。 Tchouen iu a été choisi par les anciens empereurs [102] pour être le lieu ordinaire des sacrifices, au pied du mont Moung oriental. De plus, il fait partie de la principauté de Lou et relève de l’autorité de notre prince. De quel droit Ki irait‑il l’attaquer ? 4. ’Now, in regard to Chwan-yu, long ago, a former king appointed its ruler to preside over the sacrifices to the eastern Mang ; moreover, it is in the midst of the territory of our State ; and its ruler is a minister in direct connexion with the sovereign :— What has your chief to do with attacking it ?’
【五節】冉有曰、夫子欲之、吾二臣者、皆不欲也。 — Notre maître le veut, répondit Jen Iou ; nous, ses ministres, nous ne le voulons ni l’un ni l’autre. 5. Zan Yu said, ’Our master wishes the thing ; neither of us two ministers wishes it.’
【六節】孔子曰、求、周任有言曰、陳力就列、不能者止、危而不持、顛而不扶、則將焉用彼相矣。 Con­fucius dit :

— K’iou, Tcheou jenn [103] répétait souvent : « Que celui qui peut se dépenser pour le bien du peuple entre dans les rangs de la magistrature ; que celui qui ne peut rendre un vrai service n’accepte pas de charge. A quoi servira ce conducteur d’aveugles, qui ne saura ni affermir celui qui est ébranlé, ni soutenir celui qui tombe [104] ? »

6. Confucius said, ’Ch’iu, there are the words of Chau
Zan,— "When he can put forth his ability, he takes his place in the ranks of office ; when he finds himself unable to do so, he retires from it. How can he be used as a guide to a blind man,
who does not support him when tottering, nor raise him up when fallen ?"
【七節】且爾言過矣、虎兕出於柙、龜玉毀於櫝中、是誰之過與。  » De plus, votre réponse est blâmable. Si un tigre ou un bœuf sauvage s’échappe de sa cage ou de son enclos, si une écaille de tortue ou une pierre pré­cieuse est endommagée dans le coffre, à qui en est la faute [105] ? 7. ’And further, you speak wrongly. When a tiger or rhinoceros escapes from his cage ; when a tortoise or piece of jade is injured in its repository :— whose is the fault ?’
【八節】冉有曰、今夫顓臾、固而近於費、今不取、後世必為子孫憂。 Jen Iou répliqua :

— Tchouen iu est bien fortifié et proche de la ville de Pi [106]. Si Ki ne s’empare pas à présent de Tchouen iu, dans les temps à venir ses descen­dants seront dans l’embarras.

8. Zan Yu said, ’But at present, Chwan-yu is strong and near to Pi ; if our chief do not now take it, it will hereafter be a sorrow to his descendants.’
【九節】孔子曰、求、君子疾夫舍曰欲之、而必為之辭。 — Kiou, répondit Con­fucius, le sage déteste ces hommes qui ne veulent pas avouer leur cupidité et inventent des prétextes pour l’ex­cuser. 9. Confucius said. ’Ch’iu, the superior man hates that declining to say— "I want such and such a thing," and framing explanations for the conduct.
【十節】丘也、聞有國有家者、不患寡、而患不均、不患貧、而患不安、蓋均無貧、和無寡、安無傾。 J’ai entendu dire que ce qui doit faire le souci des tchou heou et des tai fou, ce n’est pas le petit nombre de leurs sujets, mais le défaut de justice ; ce n’est pas le manque de ressources, mais le manque d’union et de concorde. La pauvreté n’est pas à craindre, où la justice est observée ; ni le défaut de sujets, où règne la concorde ; ni le bouleversement de l’État, où règne la tranquillité. 10. ’I have heard that rulers of States and chiefs of families are not troubled lest their people should be few, but are troubled lest they should not keep their several places ; that
they are not troubled with fears of poverty, but are troubled with fears of a want of contented repose among the people in their several places. For when the people keep their several places, there will be no poverty ; when harmony prevails, there will be no scarcity of people ; and when there is such a
contented repose, there will be no rebellious upsettings.
【十一節】夫如是、故遠人不服、則修文德以來之、既來之、則安之。 . Si les habitants des contrées éloi­gnées ne reconnaissent pas l’autorité du prince, qu’il fasse fleurir les vertus civiles [107], afin de les attirer ; après les avoir attirés, qu’il les fasse jouir de la tranquillité. 11. ’So it is.— Therefore, if remoter people are not
submissive, all the influences of civil culture and virtue are to be cultivated to attract them to be so ; and when they have been so attracted, they must be made contented and tranquil.
【十二節】今由與求也、相夫子、遠人不服、而不能來也、邦分崩離析、而不能守也。 Vous, Iou et Kiou, vous êtes les ministres de Ki. Les habitants des contrées éloignées ne se soumettent pas, et vous ne savez pas les attirer. La principauté de Lou penche vers sa ruine et se divise en plusieurs parties. Vous ne savez pas lui conserver son intégrité ; 12. ’Now, here are you, Yu and Ch’iu, assisting your chief. Remoter people are not submissive, and, with your help, he
cannot attract them to him. In his own territory there are divisions and downfalls, leavings and separations, and, with your help, he cannot preserve it.
【十三節】而謀動干戈於邦內、吾恐李孫之憂、不在顓臾、而在蕭牆之內也。 et vous pensez à exciter une levée de boucliers dans son sein. Je crains bien que la famille de Ki ne rencontre de grands embarras, non pas à Tchouen iu, mais dans l’intérieur même de sa maison [108]. [109] 13. ’And yet he is planning these hostile movements within the State.— I am afraid that the sorrow of the Chi-sun family will not be on account of Chwan-yu, but will be found within the screen of their own court.’
【第二章】【一節】孔子曰、天下有道、則禮樂征伐、自天子出、天下無道、則禮樂征伐、自諸侯出、自諸侯出、蓋十世希不失矣、自大夫出、五世希不失矣、陪臣執國命、三世希不失矣。 XVI.2. Le Maître dit :

— Quand l’empire est bien gouverné, l’empereur règle lui-même les cérémonies, la musique, les expéditions militaires pour soumettre les feudataires désobéissants. Quand l’empire n’est pas bien gouverné, les tchou heou règlent les cérémonies, la musique, les expéditions militaires. Alors [110] les familles des tchou heou conservent rarement leur autorité au delà de dix géné­rations [111]. Lorsque les tai fou s’emparent du pouvoir, ils le conservent rarement plus de cinq générations. Les intendants des princes ou des grands préfets, devenus à leur tour maîtres du pouvoir, le conservent rarement plus de trois générations.

CHAP. II. 1. Confucius said, ’When good government prevails in the empire, ceremonies, music, and punitive military expeditions proceed from the son of Heaven. When bad government prevails in the empire, ceremonies, music, and
punitive military expeditions proceed from the princes. When these things proceed from the princes, as a rule, the cases will be few in which they do not lose their power in ten generations. When they proceed from the Great officers of the princes, as a rule, the cases will be few in which they do not
lose their power in five generations. When the subsidiary ministers of the great officers hold in their grasp the orders of the state, as a rule, the cases will be few in which they do not lose their power in three generations.
【二節】天下有道、則政不在大夫。 Quand l’empire est bien réglé, la haute administration n’est pas entre les mains des tai fou ; . 2. ’When right principles prevail in the kingdom, government will not be in the hands of the Great officers.
【三節】天下有道、則庶人不議。 les particuliers ne sont pas admis à délibérer sur les affaires d’État [112] 3. ’When right principles prevail in the kingdom, there will be no discussions among the common people.’
【第三章】孔子曰、祿之去公室、五世矣、政逮於大夫、四世矣、故夫三桓之子孫微矣。 XVI.3. Confucius dit :

— Les revenus publics ont passé de la maison du prince de Lou aux maisons des trois puissants tai fou Meng Suenn, Chou suenn et Ki Suenn, qui descendent de Houan, prince de Lou, cela depuis cinq générations. La haute administration est entre les mains des tai fou depuis quatre générations. Aussi, la puissance de ces trois grands seigneurs touche à son terme [113]

CHAP. III. Confucius said, ’The revenue of the state has left the ducal House now for five generations. The government has been in the hands of the Great officers for four generations. On this account, the descendants of the three Hwan are much
reduced.’
【第四章】孔子曰、益者三友、損者三友、友直、友諒、友多聞、益矣、友便辟、友善柔、友便佞、損矣。 XVI.4. Confucius dit :

— Trois sortes d’amitié sont avan­tageuses, et trois sortes d’amitié sont nuisibles. L’amitié avec un homme qui parle sans détours, l’amitié avec un homme sincère, l’amitié avec un homme de grand savoir, ces trois sortes d’amitié sont utiles. L’amitié avec un homme habitué à tromper par une fausse apparence d’honnêteté, l’amitié avec un homme habile à flatter, l’amitié avec un homme qui est grand parleur, ces trois sortes d’amitié sont nuisibles.

CHAP. IV. Confucius said, ’There are three friendships which are advantageous, and three which are injurious. Friendship with the upright ; friendship with the sincere ; and friendship with the man of much observation :— these are advantageous. Friendship with the man of specious airs ; friendship with the insinuatingly soft ; and friendship with the glib-tongued :— these are injurious.’
【第五章】孔子曰、益者三樂、損者三樂、樂節禮樂、樂道人之善、樂多賢友、益矣。樂驕樂、樂佚遊、樂宴樂、損矣。 XVI.5. Confucius dit :

— Il y a trois choses qu’il est utile d’aimer, et trois choses qu’il est nuisible d’aimer. Aimer à étudier les cérémonies et la musique, aimer à dire le bien qu’on a observé dans les autres, aimer à se lier d’amitié avec beaucoup d’hommes sages et vertueux, ces trois choses sont utiles. Aimer à donner libre cours à ses convoitises, aimer à perdre son temps et à courir çà et là, aimer les festins et les plaisirs déshonnêtes, ces trois passions sont nuisibles.

CHAP. V. Confucius said, ’There are three things men find enjoyment in which are advantageous, and three things they find enjoyment in which are injurious. To find enjoyment in the discriminating study of ceremonies and music ; to find
enjoyment in speaking of the goodness of others ; to find enjoyment in having many worthy friends :— these are advantageous. To find enjoyment in extravagant pleasures ; to find enjoyment in
idleness and sauntering ; to find enjoyment in the pleasures of feasting :— these are injurious.’
【第六章】孔子曰、侍於君子有三愆、言未及之而言、謂之躁、言及之而不言、謂之隱、未見顏色而言、謂之瞽。 XVI.6. Confucius dit :

— Quand vous êtes en présence d’un homme distingué par son rang et sa vertu, vous avez trois défauts à éviter. Si vous lui adressez la parole avant qu’il vous interroge, c’est précipitation. Si, inter­rogé par lui, vous ne lui répondez pas, c’est dissimulation. Si vous lui parler avant d’avoir vu, à l’air de son visage, qu’il vous prête une oreille attentive, c’est aveuglement.

CHAP. VI. Confucius said, ’There are three errors to which they who stand in the presence of a man of virtue and station
are liable. They may speak when it does not come to them to speak ;— this is called rashness. They may not speak when it comes to them to speak ;— this is called concealment. They may speak without looking at the countenance of their superior ;— this is called blindness.’
【第七章】孔子曰、君子有三戒、少之時、血氣未定、戒之在色、及其壯也、血氣方剛、戒之在鬥、及其老也、血氣既衰、戒之在得。 XVI.7. Confucius dit :

— Celui qui s’applique à pratiquer la vertu se tient en garde contre trois choses. Dans la jeunesse, lorsque le sang et les esprits vitaux sont tou­jours en mouvement, il se tient en garde contre les plaisirs des sens. Dans l’âge mûr, lorsque le sang et les esprits vitaux sont dans toute leur vigueur, il évite les querelles. Dans la vieillesse, lorsque le sang et les esprits vitaux ont perdu leur énergie, il se tient en garde contre la passion d’acquérir.

CHAP. VII. Confucius said, ’There are three things which the superior man guards against. In youth, when the physical powers are not yet settled, he guards against lust. When he is strong and the physical powers are full of vigor, he guards against
quarrelsomeness. When he is old, and the animal powers are decayed, he guards against covetousness.’
【第八章】【一節】孔子曰、君子有三畏、畏天命、畏大人、畏聖人之言。 XVI.8. Confucius dit :

— Le sage respecte trois choses. Il respecte la volonté du Ciel [114] ; il respecte les hommes éminents en vertu et en dignité ; il respecte les maximes des sages.

CHAP. VIII. 1. Confucius said, ’There are three things of which the superior man stands in awe. He stands in awe of the ordinances of Heaven. He stands in awe of great men. He stands in awe of the words of sages.
【二節】小人不知天命、而不畏也、狎大人、侮聖人之言。 L’homme vulgaire ne connaît pas la loi natu­relle et ne la respecte pas ; il traite sans respect les hommes éminents ; il tourne en dérision les maximes des sages. 2. ’The mean man does not know the ordinances of Heaven, and consequently does not stand in awe of them. He is disrespectful to great men. He makes sport of the words of sages.’
【第九章】孔子曰、生而知之者、上也、學而知之者、次也、困而學之、又其次也、困而不學、民斯為下矣。 XVI.9. Confucius dit :

— Ceux en qui la connaissance des principes de la sagesse est innée sont des hommes tout à fait supérieurs. Au second rang viennent ceux qui ac­quièrent cette connaissance par l’étude ; et, au troisième rang, ceux qui, malgré leur peu d’intelligence, travaillent à l’acquérir. Ceux qui n’ont ni intelligence ni volonté d’apprendre forment la dernière classe d’hommes.

CHAP. IX. Confucius said, ’Those who are born with the possession of knowledge are the highest class of men. Those
who learn, and so, readily, get possession of knowledge, are the next. Those who are dull and stupid, and yet compass the learning, are another class next to these. As to those who are dull and
stupid and yet do not learn ;— they are the lowest of the people.’
【第十章】孔子曰、君子有九思、視思明、聽思聰、色思溫、貌思恭、言思忠、事思敬、疑思問、忿思難、見得思義。 XVI.10. Confucius dit :

— Le sage donne une attention spéciale à neuf choses. Il s’applique à bien voir ce qu’il regarde, à bien entendre ce qu’il écoute ; il a soin d’avoir un air affable, d’avoir une tenue irréprochable, d’être sincère dans ses paroles, d’être diligent dans ses actions ; dans ses doutes, il a soin d’interroger ; lorsqu’il est mé­content, il pense aux suites fâcheuses de la colère ; en face d’un bien à obtenir, il consulte la justice.
CHAP. X. Confucius said, ’The superior man has nine things which are subjects with him of thoughtful consideration. In regard to the use of his eyes, he is anxious to see clearly. In
regard to the use of his ears, he is anxious to hear distinctly. In regard to his countenance, he is anxious that it should be benign. In regard to his demeanor, he is anxious that it should be respectful. In regard to his speech, he is anxious that it should be sincere. In regard to his doing of business, he is anxious that it should be reverently careful. In regard to what he doubts about, he is anxious to question others. When he is angry, he thinks of the difficulties (his anger may involve him in). When he sees gain to be got, he thinks of righteousness.’
【十一章】【一節】孔子曰、見善如不及、見不善而探湯、吾見其人矣、吾聞其語矣。 XVI.11. Confucius dit :

— A la vue d’un bien à faire, dé­ployer toute son énergie, comme si l’on craignait de ne pouvoir y parvenir ; à la vue d’un mal à éviter, se retirer comme si l’on avait mis la main dans l’eau bouillante ; c’est un principe que j’ai vu mettre en pratique, et que j’ai appris des anciens.

CHAP. XI. 1. Confucius said, ’Contemplating good, and pursuing it, as if they could not reach it ; contemplating evil, and shrinking from it, as they would from thrusting the hand into boiling water :— I have seen such men, as I have heard such words.
【二節】隱居以求其志、行義以達其道、吾聞其語矣、未見其人也。 Se préparer dans la retraite [115] à servir son prince et son pays, pratiquer la justice [116], afin d’étendre au loin l’influence de sa vertu, c’est un principe que j’ai appris des anciens, mais que je n’ai encore vu suivi par personne. 2. ’Living in retirement to study their aims, and practising righteousness to carry out their principles :— I have heard these words, but I have not seen such men.’
【十二章】【一節】齊景公有馬千駟、死之日、民無德而稱焉、伯夷叔齊、餓于首陽之下、民到于今稱之。 XVI.12. King, prince de Ts’i, avait mille attelages de quatre chevaux. A sa mort, le peuple ne trouva aucune vertu à louer en lui. Pe i et Chou ts’i moururent de faim au pied du mont Cheou iang [117]. Le peuple n’a pas encore cessé de célébrer leurs louanges, CHAP. XII. 1. The duke Ching of Ch’i had a thousand teams, each of four horses, but on the day of his death, the people did not praise him for a single virtue. Po-i and Shu-ch’i
died of hunger at the foot of the Shau-yang mountain, and the people, down to the present time, praise them.
【二節】其斯之謂與。 non à cause de leurs richesses,mais seulement à cause de leur rare vertu.

Ces deux vers du Cheu king ne peuvent‑ils pas leur être appliqués justement ?

’Is not that saying illustrated by this ?’
【十三章】【一節】陳亢問於伯魚曰、子亦有異聞乎。 XVI.13. Tch’enn Kang demanda à Pe iu [118] si son père lui avait donné des enseignements particuliers qu’il ne com­muniquait pas à ses disciples. Pe iu répondit : CHAP. XIII. 1. Ch’an K’ang asked Po-yu, saying, ’Have you heard any lessons from your father different from what we have all heard ?’
【二節】對曰、未也、嘗獨立、鯉趨而過庭、曰、學詩乎。對曰、未也。不學詩、無以言。鯉退而學詩。 — Aucun jusqu’à présent. Un jour qu’il se trouvait seul, comme je traversais la salle d’un pas rapide, il me dit : Avez­-vous étudié le Cheu king ? Pas encore, lui dis‑je. Si vous n’étudiez le Cheu king, me répondit‑il, vous n’aurez pas de sujets de conversation.
« Je me retirai et me mis à étudier le Cheu king.
2. Po-yu replied, ’No. He was standing alone once, when I passed below the hall with hasty steps, and said to me, "Have you learned the Odes ?" On my replying "Not yet," he added, "If you do not learn the Odes, you will not be fit to converse with."
I retired and studied the Odes.
【三節】他日、又獨立、鯉趨而過庭、曰、學禮乎。對曰、未也。不學禮、無以立。鯉退而學禮。 Un autre jour qu’il était encore seul, comme je traversais la salle d’un pas rapide, il me dit : Avez‑vous étudié le Li ki ? Pas encore, lui répondis-­je. Si vous n’étudiez pas le Li ki, dit‑il, votre vertu n’aura pas de fondement solide.

« Je me retirai et me mis à étudier le Livre des Devoirs.

3. ’Another day, he was in the same way standing alone, when I passed by below the hall with hasty steps, and said to me, ’Have you learned the rules of Propriety ?’ On my replying ’Not yet,’ he added, ’If you do not learn the rules of Propriety, your character cannot be established.’ I then retired, and learned the rules of Propriety.
【四節】聞斯二者。 Voilà les deux en­seignements que j’ai reçus. 4. ’I have heard only these two things from him.’
【五節】陳亢退而喜曰、問一得三、聞詩、聞禮、又聞君子遠其子也。 Tch’enn Kang se retira satisfait et dit :

— J’ai demandé une chose, et j’en ai appris trois ; dont l’une concerne le Cheu king, l’autre concerne le Livre des Devoirs ; et la troisième, c’est que le sage ne donne pas d’enseignements secrets et particu­liers à son fils.

5. Ch’ang K’ang retired, and, quite delighted, said, ’I asked
one thing, and I have got three things. I have heard about the Odes. I have heard about the rules of Propriety. I have also heard that the superior man maintains a distant reserve towards his son.’
【十四章】邦君子之妻、君稱之曰夫人、夫人自稱小童、邦人稱之、曰君夫人、稱諸異邦、曰寡小君、異邦人稱之、亦曰君夫人。 XVI.14. Un prince [119] appelle sa femme fou jenn, son aide. La femme d’un prince, en parlant d’elle‑même, s’appelle petite fille. Les habitants de la principauté la désignent sous le nom de Dame qui aide le prince. Quand ils parlent d’elle devant un étranger, ils l’appellent leur petite Dame. Les étrangers lui donnent le nom de Dame qui aide le prince. CHAP. XIV. The wife of the prince of a state is called by him FU ZAN. She calls herself HSIAO T’UNG. The people of the State call her CHUN FU ZAN, and, to the people of other States, they call her K’WA HSIAO CHUN. The people of other states also call her CHUN FU ZAN.

陽貨第十七 CHAPITRE XVII BOOK XVII. YANG HO.
【第一章】【一節】陽貨欲見孔子、孔子不見、歸孔子豚、孔子時其亡也、而往拜之。遇諸塗。 XVII.1. Iang Houo désirait recevoir la visite de Confucius. Confucius n’étant pas allé le voir, Iang Houo lui envoya un jeune cochon. Confucius choisit le moment où Iang Houo n’était pas chez lui et alla à sa maison pour le saluer ; il le rencontra en chemin. CHAP. I. 1. Yang Ho wished to see Confucius, but Confucius would not go to see him. On this, he sent a present of a pig to Confucius, who, having chosen a time when Ho was not at home, went to pay his respects for the gift. He met him, however, on the way.
【二節】謂孔子曰、來、予與爾言、曰、懷其寶而迷其邦、可謂仁乎。曰、不可。好從事而亟失時、可謂知乎。曰、不可。日月逝矣、歲不我與。孔子曰、諾、吾將仕矣。 Iang Houo dit à Confucius :

Venez, j’ai à vous parler

Alors il lui dit :

— Celui qui tient son trésor [120] caché dans son sein et laisse son pays dans le trouble, mérite‑t‑il d’être appelé bienfaisant ?

— Non, répondit Confucius.

Iang Houo reprit :

— Celui qui aime à gérer les affaires publiques et laisse souvent passer les occasions de le faire mérite‑t‑il d’être appelé prudent ?

— Non, ré­pondit Confucius.

Iang Houo continua :

— Les jours et les mois passent ; les années ne nous attendent pas.

— Bien, répondit Confucius ; j’exercerai un emploi [121]. [122]

2. Ho said to Confucius, ’Come, let me speak with you.’ He then asked, ’Can he be called benevolent who keeps his jewel in his bosom, and leaves his country to confusion ?’ Confucius replied, ’No.’ ’Can he be called wise, who is anxious to be engaged in public employment, and yet is constantly losing the opportunity of being so ?’ Confucius again said, ’No.’ ’The days and months are passing away ; the years do not wait for us.’ Confucius said, ’Right ; I will go into office.’
【第二章】子曰、性相近也、習相遠也。 XVII.2. Le Maître dit :

— Les hommes sont tous semblables par leur nature ; ils différent par les habitudes qu’ils contractent.

CHAP. II. The Master said, ’By nature, men are nearly alike ; by practice, they get to be wide apart.’
【第三章】子曰、唯上知與下愚不移。 XVII.3. Le Maître dit :

— Il n’y a que deux classes d’hom­mes qui ne changent jamais de conduite : les plus sages et les plus insensés.

CHAP. III. The Master said, ’There are only the wise of the highest class, and the stupid of the lowest class, who cannot be changed.’
【第四章】【一節】子之武城、聞弦歌之聲。 XVII.4. Le Maître, arrivant à Ou tcheng, entendit des chants et des sons d’instruments à cordes. CHAP. IV. 1. The Master, having come to Wu-ch’ang, heard there the sound of stringed instruments and singing.
【二節】夫子莞爾而笑曰、割雞焉用牛刀。 Il sourit et dit :

— Pour tuer une poule, emploie‑t‑on le couteau qui sert à dépecer les bœufs ?

2. Well pleased and smiling, he said, ’Why use an ox knife to kill a fowl ?’
【三節】子游對曰、昔者偃也、聞諸夫子曰、君子學道則愛人、小人學道則易使也。 Tzeu iou répondit :

— Maître, autrefois je vous ai entendu dire que l’étude de la sagesse rend les officiers bienfaisants et les hommes du peuple faciles à gouverner

3. Tsze-yu replied, ’Formerly, Master, I heard you say,— "When the man of high station is well instructed, he loves men ; when the man of low station is well instructed, he is easily ruled."’
【四節】子曰、二三子、偃之言是也、前言戲之耳。 — Mes enfants, reprit le Maître, Ien a dit vrai. Ce que je viens de dire n’était qu’une plaisanterie. [123] 4. The Master said, ’My disciples, Yen’s words are right.
What I said was only in sport.’
【第五章】【一節】公山弗擾以費畔、召、子欲往。 XVII.5. Koung chan Fou jao, maître de la ville de Pi, s’était révolté. Il manda Confucius. Le philosophe voulait aller le voir. CHAP. V. Kung-shan Fu-zao, when he was holding Pi, and in an attitude of rebellion, invited the Master to visit him, who was rather inclined to go.
【二節】子路不說、曰、末之也已、何必公山氏之之也。 Tzeu lou indigné lui dit :

— Il n’est pas d’endroit où il convienne d’aller [124]. Quelle nécessité y a‑t‑il d’aller trouver le chef de la famille Koung chan ?

2. Tsze-lu was displeased, and said, ’Indeed, you cannot go ! Why must you think of going to see Kung-shan ?’
【三節】子曰、未召我者、而豈徒哉、如有用我者、吾其為東周乎。 Le Maître répondit :

— Celui qui m’a invité l’a‑t‑il fait sans une intention véritable [125] ? Si l’on me donnait la direction des affaires publiques, ne ferais‑je pas revivre en Orient les principes des fondateurs de la dynastie des Tcheou ? [126]

3. The Master said, ’Can it be without some reason that he has invited ME ? If any one employ me, may I not make an eastern Chau ?’
【第六章】子張問仁於孔子、孔子曰、能行五者於天下為仁矣。請問之、曰、恭、寬、信、敏、惠、恭、則不侮、寬、則得眾、信、則人任焉、敏、則有功、惠、則足以使人。 XVII.6. Tzeu tchang demanda à Confucius en quoi consiste la vertu parfaite. Confucius répondit :

Celui-là est par­fait qui est capable de pratiquer cinq choses partout et toujours.

Tzeu tchang dit :

— Permettez‑moi de vous demander quelles sont ces cinq choses ?

— Ce sont, ré­pondit Confucius, la gravité du maintien, la grandeur d’âme, la sincérité, la diligence et la bienfaisance. La gravité du maintien inspire le respect ; la grandeur d’âme gagne les cœurs ; la sincérité obtient la confiance ; la diligence exécute des œuvres utiles ; la bienfaisance rend facile la direction des hommes.

CHAP. VI. Tsze-chang asked Confucius about perfect virtue. Confucius said, ’To be able to practise five things everywhere under heaven constitutes perfect virtue.’ He begged to ask what they were, and was told, ’Gravity, generosity of soul, sincerity, earnestness, and kindness. If you are grave, you will not be treated with disrespect. If you are generous, you will win all. If you are sincere, people will repose trust in you. If you are earnest, you will accomplish much. If you are kind, this will enable you to employ the services of others.
【第七章】【一節】佛肸召。子欲往。 XVII.7. Pi Hi invita Confucius à aller le voir. Le Maître voulait s’y rendre CHAP. VII. 1. Pi Hsi inviting him to visit him, the Master was inclined to go.
【二節】子路曰、昔者由也、聞諸夫子曰、親於其身、為不善者、君子不入也、佛肸以中牟畔、子之往也、如之何。 Tzeu lou dit :

— Maître, autrefois je vous ai entendu dire que le sage ne faisait pas société avec un homme engagé dans une entreprise coupable. Pi Hi, maître de Tchoung meou, a levé l’étendard de la révolte. Convient‑il que vous alliez le voir ?

2. Tsze-lu said, ’Master, formerly I have heard you say,
"When a man in his own person is guilty of doing evil, a superior man will not associate with him." Pi Hsi is in rebellion, holding possession of Chung-mau ; if you go to him, what shall be said ?’
【三節】子曰、然、有是言也、不曰堅乎、磨而不磷、不曰白乎、涅而不緇。 Le Maître répondit :

— Il est vrai, j’ai dit ces paroles. Mais ne dit‑on pas aussi qu’un objet très dur n’est pas entamé par le frottement ? Ne dit‑on pas aussi qu’un objet essentiellement blanc ne devient pas noir par la teinture ?

3. The Master said, ’Yes, I did use these words. But is it not said, that, if a thing be really hard, it may be ground without being made thin ? Is it not said, that, if a thing be really white, it may be steeped in a dark fluid without being made black ?
【四節】吾豈匏瓜也哉、焉能繫而不食。 Suis‑je donc une courge ventrue, qui peut être suspendue, et ne pas manger ou n’être pas mangée ? [127] 4. ’Am I a bitter gourd ! How can I be hung up out of the way of being eaten ?’
【第八章】【一節】子曰、由也、女聞六言六蔽矣乎。對曰、未也。 XVII.8. Le Maître dit :

— Iou [128], connaissez‑vous les six paroles [129] et les six ombres [130] ?

Tzeu lou se levant, ré­pondit :

— Pas encore.

CHAP. VIII. 1. The Master said, ’Yu, have you heard the six words to which are attached six becloudings ?’ Yu replied, ’I have not.’
【二節】居、吾語女。 — Asseyez‑vous, reprit Confucius, je vous les dirai. 2. ’Sit down, and I will tell them to you.
【三節】好仁不好學、其蔽也愚、好智不好學、其蔽也蕩、好信不好學、其蔽也賊、好直不好學、其蔽也絞、好勇不好學、其蔽也亂、好剛不好學、其蔽也狂。 Le défaut de celui qui aime à se montrer bienfaisant, et n’aime pas à apprendre, c’est le manque de discernement. Le défaut de celui qui aime la science, et n’aime pas l’étude, c’est de tomber dans l’erreur. Le défaut de celui qui aime à tenir ses promes­ses, et n’aime pas à apprendre, c’est de nuire aux autres [131]. Le défaut de celui qui aime la franchise, et n’aime pas à apprendre, c’est d’avertir et de reprendre trop librement sans aucun égard pour les personnes. Le défaut de celui qui aime à montrer du courage et n’aime pas à apprendre, c’est de troubler l’ordre. Le défaut de celui qui aime la fermeté d’âme, et n’aime pas à ap­prendre, c’est la témérité. 3. ’There is the love of being benevolent without the love
of learning ;— the beclouding here leads to a foolish simplicity. There is the love of knowing without the love of learning ;— the beclouding here leads to dissipation of mind. There is the love of being sincere without the love of learning ;— the beclouding here leads to an injurious disregard of consequences. There is the love of straightforwardness without the love of learning ;— the beclouding here leads to rudeness. There is the love of boldness without the love of learning ;— the beclouding here leads to insubordination. There is the love of firmness without the love of learning ;— the beclouding here leads to extravagant conduct.’
【第九章】【一節】子曰、小子、何莫學夫詩。 XVII.9. Le Maître dit :
— Mes enfants, pourquoi n’étudiez­-vous pas le Cheu king ?.
CHAP. IX. 1. The Master said, ’My children, why do you not study the Book of Poetry ?
【二節】詩可以興。 Il nous sert à nous exciter à la pratique de la vertu, 2. ’The Odes serve to stimulate the mind.
【三節】可以觀。 à nous examiner nous‑mêmes ’They may be used for purposes of self-contemplation.
【四節】可以群。 Il nous apprend à traiter convenablement avec les hommes, 4. ’They teach the art of sociability.
【五節】可以怨。 à nous indigner justement, 5. ’They show how to regulate feelings of resentment.
【六節】邇之事父、遠之事君。 à remplir nos devoirs envers nos parents et envers notre prince. 6. ’From them you learn the more immediate duty of serving one’s father, and the remoter one of serving one’s prince.
【七節】多識於鳥獸草木之名。 Il nous fait connaître beaucoup d’oiseaux, de quadrupèdes et de plantes. 7. ’From them we become largely acquainted with the names of birds, beasts, and plants.’
【第十章】子謂伯魚曰、女為周南召南矣乎、人而不為周南召南、其猶正牆面而立也與。 XVII.10. Le Maître dit à son fils Pe iu :

— Etudiez‑vous le Tcheou nan et le Chao nan [132] ? Celui qui n’a pas étudié le Tcheou nan et le Chao nan n’est‑il pas comme un homme qui se tiendrait le visage tourné vers un mur ?

CHAP. X. The Master said to Po-yu, ’Do you give yourself to the Chau-nan and the Shao-nan. The man who has not studied the Chau-nan and the Shao-nan, is like one who stands with his face right against a wall. Is he not so ?’
【十一章】子曰、禮云禮云、玉帛云乎哉、樂云樂云、鍾鼓云乎哉。 XVII.11. Le Maître dit :
— Quand on parle d’urbanité, et qu’on vante l’urbanité, veut‑on parler seulement des pier­res précieuses et des soieries [133] ? Quand on parle de musique, et qu’on vante la musique, veut‑on parler seule­ment des cloches et des tambours ? [134]
CHAP. XI. The Master said, ’"It is according to the rules of propriety," they say.— "It is according to the rules of propriety," they say. Are gems and silk all that is meant by propriety ? "It is music," they say.— "It is music," they say. Are bells and drums all that is meant by music ?’
【十二章】子曰、色厲而內荏、譬諸小人、其猶穿窬之盜也與。 XVII.12. Le Maître dit :

— Ceux qui en apparence sont ri­gides observateurs des préceptes de la sagesse et, au fond, n’ont aucune énergie, ne ressemblent‑ils pas à ces hommes de la lie du peuple qui [135] passent à travers ou par‑dessus les murs pour voler [136]] ?

CHAP. XII. The Master said, ’He who puts on an appearance of stern firmness, while inwardly he is weak, is like one of the small, mean people ;— yea, is he not like the thief who breaks through, or climbs over, a wall ?’
【十三章】子曰、鄉原、德之賊也。 XVII.13. Le Maître dit :
— Ceux qui passent pour hommes de bien aux yeux des villageois [137] ruinent la vertu.
CHAP. XIII. The Master said, ’Your good, careful people of the villages are the thieves of virtue.’
【十四章】子曰、道聽而塗說、德之棄也。 XVII.14. Le Maître dit :
— Répéter en chemin à tous les passants ce que l’on a appris de bon en chemin [138], c’est jeter la vertu au vent.
CHAP. XIV. The Master said, ’To tell, as we go along, what we have heard on the way, is to cast away our virtue.’
【十五章】【一節】子曰、鄙夫、可與事君也與哉。 XVII.15. Le Maître dit :

— Convient‑il de faire admettre à la cour des hommes abjects, et de servir le prince avec eux ?.

CHAP. XV. 1. The Master said, ’There are those mean creatures ! How impossible it is along with them to serve one’s prince !
【二節】其未得之也、患得之、既得之、患失之。 Avant d’avoir obtenu les charges, ils sont en peine de les obtenir 2. ’While they have not got their aims, their anxiety is how to get them. When they have got them, their anxiety is lest they should lose them.
【三節】苟患失之、無所不至矣。 Après les avoir obtenues, ils sont en peine de les conserver. Alors, ils ne reculent devant aucun crime pour ne pas les perdre. 3. ’When they are anxious lest such things should be lost, there is nothing to which they will not proceed.’
【十六章】【一節】子曰、古者、民有三疾、今也或是之亡也。 XVII.16. Le Maître dit :

— Les anciens étaient sujets à trois défauts, qui n’existent peut‑être plus à présent [139].

CHAP. XVI. 1. The Master said, ’Anciently, men had three failings, which now perhaps are not to be found.
【二節】古之狂也肆、今之狂也蕩、古之矜也廉、今之矜也忿戾、古之愚也直、今之愚也詐而已矣。 An­ciennement, ceux qui avaient de grandes aspirations négligeaient les petites choses ; à présent, ils s’abandon­nent à la licence. Anciennement, ceux qui étaient cons­tants dans leurs résolutions se montraient peu acces­sibles ; à présent, ils sont colères et intraitables. Ancien­nement, les ignorants étaient simples et droits ; à présent, ils sont fourbes. 2. ’The high-mindedness of antiquity showed itself in a disregard of small things ; the high-mindedness of the present day shows itself in wild license. The stern dignity of antiquity showed itself in grave reserve ; the stern dignity of the present day shows itself in quarrelsome perverseness. The stupidity of antiquity showed itself in straightforwardness ; the stupidity of the present day shows itself in sheer deceit.’
【十七章】子曰、攷言令色鮮矣仁。 CHAP. XVII. The Master said, ’Fine words and an insinuating appearance are seldom associated with virtue.’
【十八章】子曰、惡紫之奪朱也、惡鄭聲之亂雅樂也、惡利口之覆邦家者。 XVII.17. Le Maître dit :

— Je n’aime pas la couleur pourpre, parce qu’elle est plus foncée que le rouge [140]. Je déteste la musique de Tcheng, parce qu’elle est plus brillante que la bonne musique. Je hais les langues bavardes, parce qu’elles troublent les États et les familles.

CHAP. XVIII. The Master said, ’I hate the manner in which purple takes away the luster of vermilion. I hate the way in which the songs of Chang confound the music of the Ya. I hate those who with their sharp mouths overthrow kingdoms and families.’

【十九章】【一節】子曰、予欲無言。 XVII.18. Le Maître dit :

— Je voudrais ne plus parler.

CHAP. XIX. 1. The Master said, ’I would prefer not
speaking.’
子貢曰、子如不言、則小子何述焉。 — Maître, dit Tzeu koung, si vous ne parlez pas, quels enseignements vos disciples transmettront‑ils à la posté­rité ? 2. Tsze-kung said, ’If you, Master, do not speak, what shall we, your disciples, have to record ?’
【三節】子曰、天何言哉、四時行焉、百物生焉、天何言哉。 Le Maître répondit :

— Est‑ce que le Ciel parle ? Les quatre saisons suivent leur cours ; tous les êtres re­çoivent l’existence. Est‑ce que le Ciel parle jamais ? [141]

The Master said, ’Does Heaven speak ? The four seasons pursue their courses, and all things are continually being produced, but does Heaven say anything ?’
【二十章】孺悲欲見孔子、孔子辭以疾、將命者出戶、取瑟而歌、使之聞之。 XVII.19. Jou Pei désirait voir Confucius. Confucius s’ex­cusa sous prétexte de maladie. Lorsque celui qui porta cette réponse au visiteur eut passé la porte de la maison, Confucius, prenant son luth, se mit à jouer et à chanter, afin que jou Pei l’entendît [142]. CHAP. XX. Zu Pei wished to see Confucius, but Confucius declined, on the ground of being sick, to see him. When the bearer of this message went out at the door, (the Master) took his lute and sang to it, in order that Pei might hear him.
【廿一章】【一節】宰我問、三年之喪期已久矣。 XVII.20. Tsai Ngo interrogeant Confucius sur le deuil de trois ans, dit :

— Une année est déjà un temps assez long.

CHAP. XXI. 1. Tsai Wo asked about the three years’
mourning for parents, saying that one year was long enough.
【二節】君子三年不為禮、禮必壞、三年不為樂、樂必崩。 Si le sage s’abstient de remplir les devoirs de convenance durant trois années, ces devoirs tomberont en désuétude ; s’il abandonne la musique pendant trois années, la mu­sique sera en décadence. 2. ’If the superior man,’ said he, ’abstains for three years from the observances of propriety, those observances will be quite lost. If for three years he abstains from music, music will be ruined.
【三節】舊穀既沒、新穀既升、鑽燧改火、期可已矣。 Dans le courant d’une année, les grains anciens sont consumés, les nouveaux sont re­cueillis ; les différentes sortes de bois ont tour à tour donné du feu nouveau. Il convient que le deuil ne dure pas plus d’un an. 3. ’Within a year the old grain is exhausted, and the new grain has sprung up, and, in procuring fire by friction, we go through all the changes of wood for that purpose. After a complete year, the mourning may stop.’
【四節】子曰、食夫稻、衣夫錦、於女安乎。曰、安。 Le Maître répondit :

— Au bout d’un an de deuil, pourriez‑vous bien vous résoudre à manger du riz et à porter des vêtements de soie ?

— Je le pourrais, dit Tsai Ngo.

4. The Master said, ’If you were, after a year, to eat good
rice, and wear embroidered clothes, would you feel at ease ?’ ’I should,’ replied Wo.
【五節】女安、則為之、夫君子之居喪、食旨不甘、聞樂不樂、居處不安、故不為也、今女安、則為之。 — Si vous le pouvez, reprit Confucius, faites‑le. Le sage, en temps de deuil, ne trouve aucune saveur aux mets les plus exquis, n’aime pas à entendre la musique, et ne goûte aucun repos dans ses appartements ordi­naires [143]. Aussi ne le ferait‑il pas. Pour vous, si vous pou­vez vous résoudre à le faire, faites‑le. 5. The Master said, ’If you can feel at ease, do it. But a superior man, during the whole period of mourning, does not enjoy pleasant food which he may eat, nor derive pleasure from music which he may hear. He also does not feel at ease, if he is comfortably lodged. Therefore he does not do what you propose. But now you feel at ease and may do it.’
【六節】宰我出。子曰、予之不仁也、子生三年、然後免於父母之懷、夫三年之喪、天下之通喪也、予也、有三年之愛於其父母乎。 Tsai Ngo se retirant, le Maître dit :

— Iu a mauvais cœur. Les parents portent leur enfant sur leur sein durant trois années ; c’est pour reconnaître ce bienfait que le deuil de trois ans a été adopté partout. Iu n’a‑t‑il pas été l’objet de la tendresse de ses parents durant trois années ? [144]

6. Tsai Wo then went out, and the Master said, ’This shows Yu’s want of virtue. It is not till a child is three years old that it is allowed to leave the arms of its parents. And the three years’ mourning is universally observed throughout the empire. Did Yu enjoy the three years’ love of his parents ?’
【廿二章】子曰、飽食終日、無所用心、難矣哉、不有博弈者乎、為之猶賢乎已。 XVII.21. Le Maître dit :

— Quand on ne fait que boire et manger toute la journée, sans appliquer son esprit à aucune occupation, qu’il est difficile de devenir ver­tueux ! N’a‑t‑on pas des tablettes et des échecs ? Mieux vaudrait se livrer à ces jeux que de rester à ne rien faire.

CHAP. XXII. The Master said, ’Hard is it to deal with him, who will stuff himself with food the whole day, without applying his mind to anything good ! Are there not gamesters and chess players ? To be one of these would still be better than doing nothing at all.’
【廿三章】子路曰、君子尚勇乎。子曰、君子義以為上、君子有勇而無義、為亂、小人有勇而無義、為盜。 XVII.22. Tzeu lou dit :

Le sage n’a‑t‑il pas en grande estime la bravoure ?

Le Maître répondit :

— Le sage met la justice au‑dessus de tout. Un homme élevé en dignité qui a de la bravoure et ne respecte pas la justice trouble le bon ordre. Un homme privé qui a de la bravoure et manque de justice devient brigand.

CHAP. XXIII. Tsze-lu said, ’Does the superior man esteem valour ?’ The Master said, ’The superior man holds righteousness to be of highest importance. A man in a superior situation, having valour without righteousness, will be guilty of insubordination ; one of the lower people having valour without righteousness, will commit robbery.’
【廿四章】【一節】子貢曰、君子亦有惡乎。子曰、有惡、惡稱人之惡者、惡居下流而訕上者、惡勇而無禮者、惡果敢而窒者。 XVII.23. Tzeu koung dit :

— Est‑il des hommes qui soient odieux au sage ?

Le Maître répondit :

— Oui. Le sage hait ceux qui publient les défauts ou les fautes d’autrui ; il hait les hommes de basse condition qui dénigrent ceux qui sont d’une condition plus élevée ; il hait les hommes entreprenants qui violent les lois ; il hait les hommes audacieux qui ont l’intelligence étroite.

CHAP. XXIV. 1. Tsze-kung said, ’Has the superior man his hatreds also ?’ The Master said, ’He has his hatreds. He hates those who proclaim the evil of others. He hates the man who,being in a low station, slanders his superiors. He hates those who have valour merely, and are unobservant of propriety. He
hates those who are forward and determined, and, at the same time, of contracted understanding.’
【二節】曰、賜也亦有惡乎。惡徼以為知者、惡不孫以為勇者、惡訐以為直者。 Le Maître ajouta :

— Et vous, Seu, avez‑vous aussi de l’aversion pour certains hommes ?

— Je hais, répondit Tzeu koung, ceux qui observent la conduite des autres, croyant que c’est prudence ; je hais ceux qui ne veulent jamais céder, s’imaginant que c’est courage ; je hais ceux qui reprochent aux autres des fautes secrètes, pensant que c’est franchise.

2. The Master then inquired, ’Ts’ze, have you also your hatreds ?’ Tsze-kung replied, ’I hate those who pry out matters, and ascribe the knowledge to their wisdom. I hate those who are only not modest, and think that they are valourous. I hate those who make known secrets, and think that they are straightforward.’
【廿五章】子曰、唯女子與小人、為難養也、近之則不孫、遠之則怨。 XVII.24. Le Maître dit :

— Les femmes de second rang et les hommes de service sont les personnes les moins maniables. Si vous les traitez familièrement, ils vous manqueront de respect ; si vous les tenez à distance, ils seront mécontents.

CHAP. XXV. The Master said, ’Of all people, girls and servants are the most difficult to behave to. If you are familiar with them, they lose their humility. If you maintain a reserve towards them, they are discontented.’
【廿六章】子曰、年四十而見惡焉、其終也已。 XVII.25. Le Maître dit :
— Celui qui, à quarante ans, con­serve encore des défauts qui le rendent odieux, ne se corrigera jamais.
CHAP. XXVI. The Master said, ’When a man at forty is the object of dislike, he will always continue what he is.’

微子第十八 CHAPITRE XVIII BOOK XVIII. WEI TSZE.
【第一章】【一節】微子去之、箕子為之奴、比干諫而死。 XVIII.1. Le prince de Wei quitta la cour ; le prince de Ki fut réduit en esclavage ; Pi kan, pour avoir adressé des remontrances, fut mis à mort. CHAP. I. 1. The Viscount of Wei withdrew from the court.
The Viscount of Chi became a slave to Chau. Pi-kan remonstrated with him and died.
【二節】孔子曰、殷有三仁焉。 Confucius dit : « Sous la dynastie des In, il y eut trois hommes d’une vertu parfaite. » [145] 2. Confucius said, ’The Yin dynasty possessed these three men of virtue.’
【第二章】柳下惠為士師、三黜、人曰、子未可以去乎。曰、直道而事人、焉往而不三黜、枉道而事人、何必去父母之邦。 XVIII.2. Houei de Liou hia était préposé à la justice [146] ; il fut plusieurs fois destitué de sa charge. Quelqu’un lui dit :

— Le moment n’est‑il pas encore venu de quitter ce pays [147] ?

— Si je veux servir le public en observant toutes les règles de l’honnêteté, répondit‑il, où irai-je pour n’être pas destitué plusieurs fois ? Si je veux servir le public en faisant fléchir les lois de la probité, qu’ai-je besoin de quitter ma patrie ?

CHAP. II. Hui of Liu-hsia being chief criminal judge, was thrice dismissed from his office. Some one said to him, ’Is it not yet time for you, sir, to leave this ?’ He replied, ’Serving men in an upright way, where shall I go to, and not experience such a thrice-repeated dismissal ? If I choose to serve men in a crooked way, what necessity is there for me to leave the country of my parents ?’
【第三章】齊景公待孔子、曰、若李氏、則吾不能、以李孟之閒待之。曰、吾老矣、不能用也。孔子行。 XVIII.3. King, prince de Ts’i, se préparant à recevoir Con­fucius, dit à ses ministres :

— Je ne puis le traiter avec autant d’honneur que le prince de Lou traite le chef de la famille Ki. je le traiterai moins honorablement que le prince de Lou ne traite le chef de la famille Ki, mais plus honorablement qu’il ne traite le chef de la famille Meng.

Puis il ajouta :

— Je suis vieux ; je ne pourrai mettre en pratique ses enseignements.

Confu­cius [148] quitta la principauté de Ts’i [149].

CHAP. III. The duke Ching of Ch’i, with reference to the manner in which he should treat Confucius, said, ’I cannot treat him as I would the chief of the Chi family. I will treat him in a manner between that accorded to the chief of the Chi, and that given to the chief of the Mang family.’ He also said, ’I am old ; I cannot use his doctrines.’ Confucius took his departure.
【第四章】齊人歸女樂。李桓子受之、三日不朝、孔子行。 XVIII.4. Le prince de Ts i et ses ministres envoyèrent au prince de Lou une bande de musiciennes. Ki Houan les reçut ; au palais, durant trois jours, le soin des affaires fut abandonné. Confucius s’en alla. [150] CHAP. IV. The people of Ch’i sent to Lu a present of female musicians, which Chi Hwan received, and for three days no court was held. Confucius took his departure.
【第五章】【一節】楚狂接輿歌而過孔子、曰、鳳兮鳳兮、何德之衰、往者不可諫、來者猶可追。已而已而、今之從政者殆而。 XVIII.5. ■ Un sage de la principauté de Tch’ou, qui contre­faisait l’insensé, nommé Tsie iu, passa devant la voiture de Confucius, en chantant :

— O phénix ! ô phénix ! Que ta vertu est diminuée ! Il n’est plus temps d’em­pêcher par des avis tes égarements passés ; mais tes fautes futures peuvent encore être prévenues. Cesse donc de te produire et d’enseigner. Ceux qui maintenant sont à la tête des affaires sont en grand danger.

CHAP. V. 1. The madman of Ch’u, Chieh-yu, passed by Confucius, singing and saying, ’O FANG ! O FANG ! How is your virtue degenerated ! As to the past, reproof is useless ; but the future may still be provided against. Give up your vain pursuit. Give up your vain pursuit. Peril awaits those who now engage in affairs of government.’
【二節】孔子下、欲與之言。趨而辟之、不得與之言。 Confucius descendit de voiture pour lui parler. Mais Tsie iu s’en alla d’un pas rapide. Confucius ne put converser avec lui. [151] 2. Confucius alighted and wished to converse with him, but Chieh-yu hastened away, so that he could not talk with him.

【第六章】【一節】長沮桀溺耦而耕。孔子過之、使子路問津焉。 XVIII.6. ■ Tch’ang Ts’iu et Kie Gni s’étaient associés pour cultiver la terre. Confucius, passant en voiture auprès d’eux, envoya Tzeu lou leur demander où était le gué [152] CHAP. VI. 1. Ch’ang-tsu and Chieh-ni were at work in the field together, when Confucius passed by them, and sent Tsze-lu to inquire for the ford.
【二節】長沮曰、夫執輿者為誰。子路曰、為孔丘。曰、是魯孔丘與。曰、是也。曰、是知津矣。 Tch’ang Ts’iu dit :

— Quel est celui qui est dans la voiture et tient les rênes ?

— C’est Confucius, répon­dit Tzeu lou.

— Est‑ce Confucius de la principauté de Lou ? reprit Tch’ang Ts’iu.

— C’est lui, dit Tzeu lou.

— Puisqu’il a parcouru plusieurs fois tout le pays, dit Tch’ang Ts’iu, lui-même connaît le gué.

2. Ch’ang-tsu said, ’Who is he that holds the reins in the carriage there ?’ Tsze-lu told him, ’It is K’ung Ch’iu.’ ’Is it not K’ung Ch’iu of Lu ?’ asked he. ’Yes,’ was the reply, to which the other rejoined, ’He knows the ford.’
【三節】問於桀溺。桀溺曰。子為誰。曰、為仲由。曰、是魯孔丘之徒與。對曰、然。曰、滔滔者、天下皆是也、而誰以易之、且而與其從辟人之士也、豈若從辟世之士哉。耰而不輟。 Tzeu lou interrogea Kie Gni.

— Qui êtes‑vous ? dit Kie Gni.

— Je suis Tchoung Iou, répondit Tzeu lou.

— N’êtes‑vous pas l’un des disciples de Confu­cius de Lou ?

— Oui, répondit Tzeu lou.

— Tout l’empire, dit Kie Gni, est comme un torrent qui se précipite. Qui vous aidera à le réformer ? Au lieu de suivre un philosophe qui fuit les hommes [153], ne feriez­-vous pas mieux d’imiter les sages qui fuient le monde et vivent dans la retraite ?
Kie Gni continua à recouvrir avec sa herse la semence qu’il avait déposée dans la terre.

3. Tsze-lu then inquired of Chieh-ni, who said to him, ’Who are you, sir ?’ He answered, ’I am Chung Yu.’ ’Are you not the disciple of K’ung Ch’iu of Lu ?’ asked the other. ’I am,’ replied he, and then Chieh-ni said to him, ’Disorder, like a swelling flood, spreads over the whole empire, and who is he that will change its state for you ? Than follow one who merely withdraws from this one and that one, had you not better follow those who have withdrawn from the world altogether ?’ With this he fell to covering up the seed, and proceeded with his work, without stopping.
【四節】子路行以告、夫子憮然曰、鳥獸不可與同群、吾非斯人之徒與而誰與、天下有道、丘不與易也。 Tzeu lou alla porter à Confucius les réponses de ces deux hommes. Le Maître dit avec un accent de douleur :

— Nous ne pouvons pas faire société avec les animaux. Si je fuis la société de ces hommes [154], avec qui ferai-je société ? Si le bon ordre régnait dans l’empire, je n’aurais pas lieu de travailler à le réformer. [155]

4. Tsze-lu went and reported their remarks, when the Master observed with a sigh, ’It is impossible to associate with birds and beasts, as if they were the same with us. If I associate not with these people,— with mankind,— with whom shall I associate ? If right principles prevailed through the empire, there would be no use for me to change its state.’

【第七章】【一節】子路從而後、遇丈人、以杖荷蓧。子路問曰、子見夫子乎。丈人曰、四禮不勤、五穀不分、孰為夫子。植其杖而芸。 XVIII.7. Tzeu lou, voyageant avec Confucius, resta en ar­rière et le perdit de vue. Il rencontra un vieillard qui à l’aide d’un bâton portait sur son épaule une corbeille pour recueillir de l’herbe. Il lui demanda s’il avait vu son maître. Le vieillard lui dit :

— Vous ne remuez ni pieds ni mains [156] ; vous ne savez pas même distinguer les cinq espèces de grains [157]. Quel est votre maître ?

Puis, ayant enfoncé en terre son bâton, il arracha de l’herbe.

CHAP. VII. 1. Tsze-lu, following the Master, happened to fall behind, when he met an old man, carrying across his shoulder on a staff a basket for weeds. Tsze-lu said to him, ’Have you seen my master, sir !’ The old man replied, ’Your four limbs are unaccustomed to toil ; you cannot distinguish the five kinds of grain :— who is your master ?’ With this, he planted his staff in the ground, and proceeded to weed.
【二節】子路拱而立。 Tzeu lou joignit les mains [158] et attendit. 2. Tsze-lu joined his hands across his breast, and stood before him.
【三節】止子路宿、殺雞為黍而食之、見其二子焉。 Le vieillard l’invita à passer la nuit dans sa maison. Il tua un poulet, prépara du millet, et servit à manger à son hôte. Il lui présenta aussi ses deux fils. 3. The old man kept Tsze-lu to pass the night in his house, killed a fowl, prepared millet, and feasted him. He also introduced to him his two sons.
【四節】明日、子路行以告。子曰、隱者也、使子路反見之、至、則行矣。 Le lendemain, Tzeu lou s’en alla et raconta ce fait à Confucius. Le Maître dit :

— C’est un sage qui vit caché.

Il ordonna à Tzeu lou d’aller le voir de nou­veau. Quand Tzeu lou arriva, le vieillard était déjà parti.

4. Next day, Tsze-lu went on his way, and reported his adventure. The Master said, ’He is a recluse,’ and sent Tsze-lu back to see him again, but when he got to the place, the old man was gone.
【五節】子路曰、不仕無義。長幼之節、不可廢也、君臣之義、如之何其廢之、欲潔其身、而亂大倫、君子之仕也、行其義也、道之不行、已知之矣。 Tzeu lou dit à ses deux fils :

— Refuser les charges, c’est manquer à un devoir. S’il n’est pas permis de négliger les égards dus à ceux qui sont plus âgés que nous, quelqu’un a‑t‑il le droit de ne pas remplir les impor­tants devoirs d’un sujet envers son prince ? En voulant se conserver sans tache, il violerait les grandes lois des relations sociales. Le sage accepte les charges, pour rem­plir le devoir qu’il a de servir son prince. Le bon ordre ne règne pas ; c’est ce que nous savons depuis long­temps. [159]

5. Tsze-lu then said to the family, ’Not to take office is not righteous. If the relations between old and young may not be neglected, how is it that he sets aside the duties that should be observed between sovereign and minister ? Wishing to maintain his personal purity, he allows that great relation to come to confusion. A superior man takes office, and performs the righteous duties belonging to it. As to the failure of right principles to make progress, he is aware of that.’
【第八章】【一節】逸民、伯夷、叔齊、虞仲、夷逸、朱張、柳下惠、少連。 XVIII.8. ■ Pe i, Chou ts’i, Iu tchoung, I i, Tchou Tchang, Houei de Liou hia et Chao lien ont vécu en simples particuliers. CHAP. VIII. 1. The men who have retired to privacy from the world have been Po-i, Shu-ch’i, Yu-chung, I-yi, Chu-chang, Hui of Liu-hsia, and Shao-lien.
【二節】子曰、不降其志、不辱其身、伯夷叔齊與。 Le Maître dit :
— Pe i et Chou ts’i n’ont‑ils pas tenu invariablement leur résolution [160] de peur de se souiller ?
2. The Master said, ’Refusing to surrender their wills, or to submit to any taint in their persons ;— such, I think, were Po-i and Shu-ch’i.
【三節】謂柳下惠少連、降志辱身矣、言中倫、行中慮、其斯而已矣。 Confucius dit que Houei de Liou hia et Chao lien faisaient fléchir leur résolution et s’abais­saient eux‑mêmes ; que leur langage avait été conforme à la droite raison, et leur conduite, d’accord avec le sentiment commun des hommes ; qu’ils avaient eu cela de bon, et rien de plus. 3. ’It may be said of Hui of Liu-hsia, and of Shao-lien, that they surrendered their wills, and submitted to taint in their
persons,but their words corresponded with reason, and their actions were such as men are anxious to see. This is all that is to be remarked in them.
【四節】謂虞仲夷逸、隱居放言、身中清、廢中權。 Il dit que I tchoung et I i avaient vécu dans la retraite, donné des avis avec une liberté excessive ; mais qu’ils avaient pratiqué la vertu la plus pure, et que le sacrifice des dignités leur était permis à cause des circonstances. 4. ’It may be said of Yu-chung and I-yi, that, while they hid themselves in their seclusion, they gave a license to their words ; but, in their persons, they succeeded in preserving their purity, and, in their retirement, they acted according to the exigency of the times.
【五節】我則異於是、無可無不可。 « Pour moi, ajouta‑t‑il, je ne suis pas du sentiment de ces sages, je ne veux ni ne rejette rien absolument [161]. » 5. ’I am different from all these. I have no course for which I am predetermined, and no course against which I am predetermined.’
【第九章】【一節】大師摯適齊。 XVIII.9. Tcheu, chef de tous les musiciens du prince de Lou, s’en alla dans la principauté de Ts’i. CHAP. IX. 1. The grand music master, Chih, went to Ch’i.
【二節】亞飯干適楚。三飯繚適蔡。四飯缺適秦。 Kan, chef des musiciens qui jouaient pendant le deuxième repas, s’en alla dans la principauté de Tch’ou. Leao, chef de ceux qui jouaient au troisième repas, s’en alla dans la principauté de Ts’ai. K’iue, chef de ceux qui jouaient au quatrième repas, s’en alla dans la principauté de Ts’in. 2. Kan, the master of the band at the second meal, went to Ch’u. Liao, the band master at the third meal, went to Ts’ai. Chueh, the band master at the fourth meal, went to Ch’in.
【三節】鼓方叔入於河, . Fang chou, qui battait le tambour, se retira au bord du Fleuve jaune. [162] 3. Fang-shu, the drum master, withdrew to the north of the river.
播鼗武入於漢, Ou, qui agitait le petit tambour à manche, se retira au bord de la Han. 4. Wu, the master of the hand drum, withdrew to the Han.
少師陽、擊磬襄,入於海。 Iang, aide du directeur en chef, et Siang, qui frappait le k’ing, se retirèrent au bord de la mer [163]. 5. Yang, the assistant music master, and Hsiang, master of the musical stone, withdrew to an island in the sea.
【第十章】周公謂魯公曰、君子不施其親、不使大臣怨乎不以、故舊無大故、則不棄也、無求備於一人。 XVIII.10. Tcheou koung [164], instruisant le prince de Lou [165], lui dit :

— Un prince sage ne néglige pas ceux qui lui sont unis par le sang. Il a soin que les grands officiers ne puissent pas se plaindre de n’être pas em­ployés [166]. A moins d’une raison grave, il ne rejette pas les membres des anciennes familles qui ont servi l’État de génération en génération. Il n’exige pas qu’un offi­cier possède à lui seul tous les talents et toutes les qualités.

CHAP. X. The duke of Chau addressed his son, the duke of Lu, saying, ’The virtuous prince does not neglect his relations. He does not cause the great ministers to repine at his not
employing them. Without some great cause, he does not dismiss from their offices the members of old families. He does not seek in one man talents for every employment.’
【十一章】周有八士、伯達、伯适、仲突、仲忽、叔夜、叔夏、李隨、李騧。 XVIII.11. La dynastie des Tcheou eut huit hommes remar­quables : Pe ta, Pe kouo, Tchoung tou, Tchoung hou, Chou ie, Chou hia, Ki souei, Ki koua. [167] CHAP. XI. To Chau belonged the eight officers, Po-ta, Po-kwo, Chung-tu, Chung-hwu, Shu-ya, Shu-hsia, Chi-sui, and Chi-kwa.

子張第十九 CHAPITRE XIX BOOK XIX. TSZE-CHANG.
【第一章】子張曰、士、見危致命、見得思義、祭思敬、喪思哀、其可已矣。 XIX.1. Tzeu tchang dit :

— Celui-là est un vrai disciple de la sagesse, qui, en face du péril, expose sa vie, en face d’un avantage à recueillir, consulte la justice, dans les cérémonies en l’honneur des esprits, a soin d’être respectueux et, dans le deuil, ne pense qu’à sa douleur.

CHAP. I. Tsze-chang said, ’The scholar, trained for public
duty, seeing threatening danger, is prepared to sacrifice his life.
When the opportunity of gain is presented to him, he thinks of
righteousness. In sacrificing, his thoughts are reverential. In
mourning, his thoughts are about the grief which he should
feel. Such a man commands our approbation indeed.’
【第二章】子張曰、執德不弘、信道不篤、焉能為有、焉能為亡。 XIX.2. Tzeu tchang dit :

— Celui qui entreprend de pra­tiquer la vertu, mais dans des limites étroites, qui croit aux principes de la sagesse, mais avec hésitation, doit‑il être compté pour quelque chose ? doit‑il être compté pour rien ?

CHAP. II. Tsze-chang said, ’When a man holds fast to
virtue, but without seeking to enlarge it, and believes right
principles, but without firm sincerity, what account can be
made of his existence or non-existence ?’
【第三章】子夏之門人問交於子張。子張曰、子夏云何。對曰、子夏曰、可者與之、其不可者拒之。子張曰、異乎吾所聞、君子尊賢而容眾、嘉善而矜
不能、我之大賢與、於人何所不容、我之不賢與、人將拒我、如之何其拒人
也。
XIX.3. Les disciples de Tzeu hia ayant interrogé Tzeu tchang sur l’amitié, Tzeu tchang leur demanda ce qu’en disait Tzeu hia.

— Il dit, répondirent‑ils, qu’on doit faire société avec les hommes dont l’amitié peut être utile, et qu’il faut repousser les autres.

Tzeu tchang répliqua :

— Ce principe ne s’accorde pas avec les en­seignements que j’ai reçus. Le sage honore les hommes vertueux, et ne rejette personne ; il encourage par des éloges ceux qui sont avancés dans la vertu et a com­passion de ceux qui sont encore faibles. Suis‑je un grand sage ? Quel est l’homme que je devrai repousser ? Suis‑je dépourvu de sagesse ? Les hommes sages me repousseront ! Convient‑il de repousser quelqu’un ? [168]

CHAP. III. The disciples of Tsze-hsia asked Tsze-chang
about the principles that should characterize mutual
intercourse. Tsze-chang asked, ’What does Tsze-hsia say on the
subject ?’ They replied, ’Tsze-hsia says :— "Associate with those
who can advantage you. Put away from you those who cannot
do so."’ Tsze-chang observed, ’This is different from what I
have learned. The superior man honours the talented and
virtuous, and bears with all. He praises the good, and pities the
incompetent. Am I possessed of great talents and virtue ?—
who is there among men whom I will not bear with ? Am I
devoid of talents and virtue ?— men will put me away from
them. What have we to do with the putting away of others ?’
【第四章】子夏曰、雖小道、必有可觀者焉、致遠恐泥、是以君子不為也。 XIX.4. Tzeu hia dit :
— Les métiers, les arts, même les plus humbles [169], ne sont nullement à mépriser. Mais si quelqu’un les exerçait en vue de plus grandes choses [170], cette occupation lui serait peut‑être un obstacle [171]. Pour cette raison le sage n’exerce pas ces métiers.
CHAP. IV. Tsze-hsia said, ’Even in inferior studies and employments there is something worth being looked at ; but if it be attempted to carry them out to what is remote, there is a danger of their proving inapplicable. Therefore, the superior man does not practise them.’
【第五章】子夏曰、日知其所亡、月無忘其所能、可謂好學也已矣。 XIX.5. Tzeu hia dit :

— Celui qui chaque jour examine, étudie ce qu’il n’a pas encore pu comprendre ou pra­tiquer parfaitement, et qui chaque mois examine s’il n’a rien oublié ou négligé de ce qu’il a appris, celui-là désire vraiment apprendre.

CHAP. V. Tsze-hsia said, ’He, who from day to day
recognises what he has not yet, and from month to month does not forget what he has attained to, may be said indeed to love to learn.’
【第六章】子夏曰、博學而篤志、切問而近思、仁在其中矣。 XIX.6. Tzeu hia dit :

— Etendez vos connaissances et ayez une volonté ferme ; interrogez sur les choses prati­ques [172] ; pensez aux choses qui vous touchent de près [173]. Là se trouve la vertu parfaite.

CHAP. VI. Tsze-hsia said, ’There are learning extensively, and having a firm and sincere aim ; inquiring with earnestness, and reflecting with self-application :— virtue is in such a course.’
【第七章】子夏曰、百工居肆、以成其事、君子學以致其道。 XIX.7. Tzeu hia dit :

— Les artisans demeurent constam­ment dans leurs ateliers sur la place publique, afin de faire des ouvrages parfaits [174]. De même, le disciple de la sagesse apprend et s’exerce assidûment, afin de ren­dre sa vertu parfaite.

CHAP. VII. Tsze-hsia said, ’Mechanics have their shops to dwell in, in order to accomplish their works. The superior man learns, in order to reach to the utmost of his principles.’
第八章】子夏曰、小人之過也、必文。 XIX.8. Tzeu hia dit :

— L’homme vulgaire colore toujours d’une belle apparence les fautes qu’il a commises

CHAP. VIII. Tsze-hsia said, ’The mean man is sure to gloss his faults.’
【第九章】子夏曰、君子有三變、望之儼然、即之也溫、聽其言也厲。 XIX.9. Tzeu hia dit :

— L’apparence du sage est sujette à trois changements. Vu de loin, il paraît grave et sé­rieux ; vu de près, il paraît affable ; quand il parle, il paraît inflexible dans ses principes.

CHAP. IX. Tsze-hsia said, ’The superior man undergoes three changes. Looked at from a distance, he appears stern ; when approached, he is mild ; when he is heard to speak, his language is firm and decided.’
【第十章】子夏曰、君子信而後勞其民、未信、則以為厲己也、信而後諫、未信、則以為謗己也。 XIX.10. Tzeu hia dit :
— Il faut qu’un officier gagne la confiance de ceux qui sont soumis à son autorité, avant de leur imposer des charges. Sinon, ils croiront qu’il veut les vexer. Il faut qu’il se concilie la confiance de son prince, avant de lui adresser des remontrances. Si­non, le prince le considérera comme un homme qui l’accuse faussement.
CHAP. X. Tsze-hsia said, ’The superior man, having
obtained their confidence, may then impose labours on his
people. If he have not gained their confidence, they will think
that he is oppressing them. Having obtained the confidence of
his prince, one may then remonstrate with him. If he have not
gained his confidence, the prince will think that he is vilifying
him.’
【十一章】子夏曰、大德不踰閑、小德出入可也。 XIX.11. Tzeu hia dit :
— Celui qui dans les grandes choses ne dépasse pas les limites peut dans les petites choses aller au delà ou rester en deçà, sans grand dom­mage pour sa vertu.
CHAP. XI. Tsze-hsia said, ’When a person does not transgress the boundary line in the great virtues, he may pass and repass it in the small virtues.’
【十二章】【一節】子游曰、子夏之門人小子、當洒掃、應對、進退、則可矣、抑末也、本之則無、如之何。 XIX.12. Tzeu iou dit :

— Les disciples de Tzeu hia sa­vent très bien arroser et balayer la terre, répondre à ceux qui les appellent ou les interrogent, avancer ou se retirer. Mais ce sont des choses accessoires. Ils igno­rent les plus importantes. Peut‑on les considérer comme de vrais disciples de la sagesse ?

CHAP. XII. 1. Tsze-yu said, ’The disciples and followers of Tsze-hsia, in sprinkling and sweeping the ground, in answering and replying, in advancing and receding, are sufficiently accomplished. But these are only the branches of learning, and they are left ignorant of what is essential.— How can they be acknowledged as sufficiently taught ?’
【二節】子夏聞之曰、噫、言游過矣、君子之道、孰先傳焉、孰後倦焉、譬諸草木、區以別矣、君子之道、焉可誣也、有始有卒者、其惟聖人乎。 Ces paroles ayant été rapportées à Tzeu hia, il dit :

— Ah ! Ien Iou [175] est dans l’erreur. Qu’est‑ce que le sage met au premier rang et enseigne à ses disciples ? Qu’est‑ce qu’il met au dernier rang et néglige ? Les disciples sont comme les plantes, dont chaque espèce exige une culture particulière. Est‑ce que le sage se permettrait de tromper ses disciples [176] ? Le sage par excellence, n’est‑ce pas celui qui embrasse toutes cho­ses, non pas à la fois, mais par ordre ?

2. Tsze-hsia heard of the remark and said, ’Alas ! Yen Yu is wrong. According to the way of the superior man in teaching, what departments are there which he considers of prime importance, and delivers ? what are there which he considers of secondary importance, and allows himself to be idle about ? But as in the case of plants, which are assorted according to their classes, so he deals with his disciples. How can the way of a superior man be such as to make fools of any of them ? Is it not the sage alone, who can unite in one the beginning and the consummation of learning ?’
【十三章】子夏曰、仕而優則學、學而優則仕。 XIX.13. Tzeu hia dit :
— Que celui qui est en charge rem­plisse d’abord les devoirs de sa charge ; puis, s’il a du temps et des forces de reste, qu’il étudie. Que celui qui étudie apprenne d’abord parfaitement ; puis, si ses forces le lui permettent, qu’il exerce une charge. [177]
CHAP. XIII. Tsze-hsia said, ’The officer, having discharged all his duties, should devote his leisure to learning. The student, having completed his learning, should apply himself to be an officer.’
【十四章】子游曰、喪致乎哀而止。 XIX.14. Tzeu iou dit :

— Le deuil est parfait, si le cœur éprouve une affliction parfaite ; tout le reste est secon­daire

CHAP. XIV. Tsze-hsia said, ’Mourning, having been carried to the utmost degree of grief, should stop with that.’
【十五章】子游曰、吾友張也、為難能也、然而未仁。 XIX.15. Tzeu iou dit :

— Mon compagnon Tchang fait des choses qu’un autre ferait difficilement. Cependant, sa vertu n’est pas encore parfaite.

CHAP. XV. Tsze-hsia said, ’My friend Chang can do things which are hard to be done, but yet he is not perfectly virtuous.’
【十六章】曾子曰、堂堂乎張也、難與並為仁矣。 XIX.16. Tseng tzeu dit :
— Que Tchang est admirable dans les choses extérieures ! Mais il est difficile dé pratiquer avec lui la vertu parfaite. [178]
CHAP. XVI. The philosopher Tsang said, ’How imposing is the manner of Chang ! It is difficult along with him to practise virtue.’
【十七章】曾子曰、吾聞諸夫子、人未有自致者也、必也親喪乎。 XIX.17. Tseng tzeu disait :

— J’ai entendu dire à notre maître que, quand même les hommes ne feraient pas tout leur possible dans les autres circonstances, ils de­vraient le faire à la mort de leurs parents.

CHAP. XVII. The philosopher Tsang said, ’I heard this from our Master :— "Men may not have shown what is in them to the full extent, and yet they will be found to do so, on occasion of mourning for their parents."’
【十八章】曾子曰、吾聞諸夫子、孟莊子之孝也、其他可能也、其不改父之臣、與父之政、是難能也。 XIX.18. Tseng tzeu dit :
— Au sujet de la piété filiale de Meng Tchouang tzeu, j’ai entendu dire à notre maî­tre qu’on pouvait aisément imiter tous les exemples de ce grand préfet, hormis celui qu’il a donné en ne chan­geant ni les serviteurs ni l’administration de son père
CHAP. XVIII. The philosopher Tsang said, ’I have heard this from our Master :— "The filial piety of Mang Chwang, in other matters, was what other men are competent to, but, as seen in his not changing the ministers of his father, nor his
father’s mode of government, it is difficult to be attained to."’
【十九章】孟氏使陽膚為士師、問於曾子。曾子曰、上失其道、民散、久矣、如得其情、則哀矜而勿喜。Et la discorde amène beaucoup de crimes. XIX.19. Iang Fou, ayant été nommé directeur des tribu­naux par le chef de la famille Meng, demanda des conseils à son maître Tseng tzeu. Tseng tzeu lui dit :
— Ceux qui dirigent la société s’écartant du droit che­min, depuis longtemps le peuple se divise [179]. Si vous reconnaissez la vérité des accusations portées devant les tribunaux, ayez compassion des coupables, et ne vous réjouissez pas [180].
CHAP. XIX. The chief of the Mang family having appointed Yang Fu to be chief criminal judge, the latter consulted the philosopher Tsang. Tsang said, ’The rulers have failed in their duties, and the people consequently have been disorganised, for a long time. When you have found out the truth of any accusation, be grieved for and pity them, and do not feel joy at your own ability.’
【二十章】子貢曰、紂之不善、不如是之甚也、是以君子惡居下流、天下之惡皆歸焉。 XIX.20. Tzeu koung dit :

— La scélératesse de l’empereur Tcheou n’a pas été si extrême qu’on le dit. Le sage craint beaucoup de descendre le courant et de s’arrêter dans l’endroit où toutes les eaux de l’empire se dé­versent, c’est‑à‑dire de tomber enfin si bas qu’on lui impute tous les crimes de l’univers, comme il est arrivé au tyran Tcheou.

CHAP. XX. Tsze-kung said, ’Chau’s wickedness was not so great as that name implies. Therefore, the superior man hates to dwell in a low-lying situation, where all the evil of the world will flow in upon him.’
【廿一章】子貢曰、君子之過也、如日月之食焉、過也、人皆見之、更也、
人皆仰之。
XIX.21. Tzeu koung dit :

— Les fautes involontaires d’un prince sage sont comme les éclipses du soleil et de la lune. Quand il s’égare, tous les yeux le voient. Quand il se corrige, tous les regards le contemplent.

CHAP. XXI. Tsze-kung said, ’The faults of the superior man are like the eclipses of the sun and moon. He has his
faults, and all men see them ; he changes again, and all men look up to him.’
【廿二章】【一節】衛公孫朝問於子貢曰、仲尼焉學。 XIX.22. Koung suenn Tch’ao [181] de Wei demanda à Tzeu koung de quel maître Confucius tenait ses connaissances. CHAP. XXII. 1. Kung-sun Ch’ao of Wei asked Tsze-kung, saying, ’From whom did Chung-ni get his learning ?’
【二節】子貢曰、文武之道、未墜於地、在人、賢者識其大者、不賢者識其小者、莫不有文武之道焉、夫子焉不學、而亦何常師之有、 Tzeu koung répondit :

— Les institutions de Wenn wang et de Ou wang ne sont pas encore tombées dans l’ou­bli ; elles vivent toujours dans la mémoire des hommes. Les hommes de talent et de vertu en ont appris les grands principes. Les hommes ordinaires en ont ap­pris quelques principes particuliers. Les enseignements de Wenn wang et de Ou wang subsistent encore par­tout. De quelle source mon maître n’a‑t‑il pas tiré quel­que connaissance ? Et quel besoin avait‑il de s’attacher à un maître déterminé ?

2. Tsze-kung replied, ’The doctrines of Wan and Wu have not yet fallen to the ground. They are to be found among men. Men of talents and virtue remember the greater principles of
them, and others, not possessing such talents and virtue, remember the smaller. Thus, all possess the doctrines of Wan and Wu. Where could our Master go that he should not have an opportunity of learning them ? And yet what necessity was there for his having a regular master ?’
【廿三章】【一節】叔孫武叔語大夫於朝曰、子貢賢於仲尼。 XIX.23. Chou suenn Ou chou [182] dit aux grands préfets réunis dans le palais du prince :

— Tzeu koung est plus sage que Confucius.

CHAP. XXIII. 1. Shu-sun Wu-shu observed to the great officers in the court, saying, ’Tsze-kung is superior to Chung-ni.’
【二節】子服景伯以告子貢。子貢曰、譬之宮牆、賜之牆也、及肩、窺見室家之好。 Tzeu fou King pe [183] rapporta cette parole à Tzeu koung. Tzeu koung répondit :

— Per­mettez‑moi d’employer une comparaison tirée d’une mai­son et de son mur d’enceinte. Mon mur d’enceinte ne s’élève qu’à la hauteur des épaules d’un homme. Cha­cun peut regarder et voir du dehors tout ce que la maison a de beau.

2. Tsze-fu Ching-po reported the observation to Tsze-kung, who said, ’Let me use the comparison of a house and its encompassing wall. My wall only reaches to the shoulders. One may peep over it, and see whatever is valuable in the apartments.
【三節】夫子之牆、數仞、不得其門而入、不見宗廟之美、百官之富。 Le mur du Maître est plusieurs fois plus haut que la taille d’un homme. A moins de trouver la porte du palais et d’y entrer, on ne voit pas la magnificence du temple des ancêtres ni l’appareil pompeux des officiers. 3. ’The wall of my Master is several fathoms high. If one do not find the door and enter by it, he cannot see the ancestral temple with its beauties, nor all the officers in their rich array.
【四節】得其門者或寡矣、夫子之云、不亦宜乎。 Peu savent en trouver la porte. L’assertion de Chou suenn Ou chou n’est‑elle pas con­traire à la vérité ? 4. ’But I may assume that they are few who find the door. Was not the observation of the chief only what might have been expected ?’
【廿四章】叔孫武叔毀仲尼。子貢曰、無以為也、仲尼不可毀也、他人之賢者、丘陵也、猶可踰也、仲尼、日月也、無得而踰焉、人雖欲自絕、其何傷
於日月乎、多見其不知量也。
XIX.24. Chou suenn On chou dépréciait Confucius. Tzeu koung dit :

— Toutes ses paroles n’auront aucun effet. La détraction ne saurait diminuer la réputation de Tchoung gui. La sagesse des autres hommes est comme une colline ou un monticule qu’il est possible de gra­vir. Tchoung gni est comme le soleil et la lune ; per­sonne ne peut s’élever au‑dessus de lui. Quand même on se séparerait de lui en rejetant sa doctrine, quel tort ferait‑on à celui qui brille comme le soleil et la lune ? On montrerait seulement qu’on ne se connaît pas soi-même.

CHAP. XXIV. Shu-sun Wu-shu having spoken revilingly of Chung-ni, Tsze-kung said, ’It is of no use doing so. Chung-ni cannot be reviled. The talents and virtue of other men are hillocks and mounds which may be stepped over. Chung-ni is the sun or moon, which it is not possible to step over. Although a man may wish to cut himself off from the sage, what harm can he do to the sun or moon ? He only shows that he does not know his own capacity.
【廿五章】【一節】陳子禽謂子貢曰、子為恭也、仲尼豈賢於子乎。 XIX.25. Tch’enn Tzeu k’in dit à Tzeu koung :

— C’est par modestie que vous mettez Tchoung gni au‑dessus de vous. Est‑ce qu’il est plus sage que vous ?

CHAP. XXV. 1. Ch’an Tsze-ch’in, addressing Tsze-kung, said, ’You are too modest. How can Chung-ni be said to be superior to you ?’
【二節】子貢曰、君子一言以為知、一言以為不知、言不可不慎也。 Tzeu koung répondit :

— Une parole d’un disciple de la sa­gesse suffit pour faire juger qu’il est prudent ; une parole dite inconsidérément suffit pour faire juger qu’il manque de prudence. Il faut faire attention à ses pa­roles [184].

2. Tsze-kung said to him, ’For one word a man is often deemed to be wise, and for one word he is often deemed to be foolish. We ought to be careful indeed in what we say.
【三節】夫子之不可及也、猶天之不可階而升也。 Personne ne peut égaler notre maître, de même que personne ne peut s’élever jusqu’au ciel avec des échelles. 3. ’Our Master cannot be attained to, just in the same way as the heavens cannot be gone up to by the steps of a stair.
【四節】夫子之得邦家者、所謂立之斯立、道之期行、綏之期來、動之斯和、其生也榮、其死也哀、如之何其可及也。 Si notre maître avait eu un État à gouverner, il aurait, comme on dit, pourvu à la nourriture du peuple, et le peuple aurait trouvé la nourriture ; il aurait dirigé le peuple, et le peuple aurait marché en avant ; il aurait procuré la tranquillité au peuple, et le peuple l’aurait aimé et respecté ; il aurait excité le peuple à la vertu, et le peuple aurait vécu en bonne intelligence ; il aurait été honoré pendant sa vie, et pleuré après sa mort. Qui peut l’égaler ? 4. ’Were our Master in the position of the ruler of a State or the chief of a Family, we should find verified the description which has been given of a sage’s rule :— he would plant the people, and forthwith they would be established ; he would lead them on, and forthwith they would follow him ; he would make them happy, and forthwith multitudes would resort to his dominions ; he would stimulate them, and forthwith they would be harmonious. While he lived, he would be glorious. When he died, he would be bitterly lamented. How is it possible for him to be attained to ?’

堯曰第二十 CHAPITRE XX BOOK XX. YAO YUEH.
【第一章】【一節】堯曰、咨、爾舜、天之曆數在爾躬、允執其中、四海困窮、天祿永終。 XX.1. L’empereur Iao dit :

Eh bien, Chouenn, voici le temps fixé par le Ciel pour votre avènement à l’em­pire. Appliquez‑vous à garder en toutes choses le juste milieu. Si par votre négligence le peuple manquait de ressources, le Ciel vous retirerait pour jamais le pou­voir et les trésors royaux.

CHAP. I. 1. Yao said, ’Oh ! you, Shun, the Heaven-determined order of succession now rests in your person. Sincerely hold fast the due Mean. If there shall be distress and want within the four seas, the Heavenly revenue will come to a perpetual end.’
【二節】舜亦以命禹。 Chouenn donna les mêmes avis à Iu, son successeur. 2. Shun also used the same language in giving charge to Yu.
【三節】曰、予小子履、敢用玄牡、敢昭告于皇皇后帝、有罪不敢赦、帝臣不蔽、簡在帝心、朕躬有罪、無以萬方、萬方有罪、罪在朕躬。 Tch’eng T’ang, fondateur de la dynastie des Chang, après avoir chassé Kie, le dernier empereur de la dy­nastie des Hia, dit :

— Moi Li, qui suis comme un faible enfant, j’ai osé immoler un taureau noir [185]. J’ai osé déclarer solennellement, en face de l’auguste Sou­verain et Seigneur du Ciel, que je ne me permettrais pas d’épargner le coupable [186] et que je ne laisserais pas ensevelis dans la vie privée les serviteurs du Souve­rain Roi [187], parce que les cruautés du tyran et les vertus des sages étaient inscrites dans le cœur du Maître suprême. Si je commets une faute, le peuple n’en sera pas responsable. Si le peuple commet une faute, j’en serai responsable [188]. [189].

3. T’ang said, ’I the child Li, presume to use a dark-coloured victim, and presume to announce to Thee, O most great and sovereign God, that the sinner I dare not pardon, and thy ministers, O God, I do not keep in obscurity. The examination of them is by thy mind, O God. If, in my person, I commit offences, they are not to be attributed to you, the people of the myriad regions. If you in the myriad regions commit offences, these offences must rest on my person.’
【四節】周有大賚、善人是富。 Ou Wang, fondateur de la dynastie des Tcheou, répan­dit ses bienfaits dans tout l’empire. Il n’enrichit que les hommes vertueux. 4. Chau conferred great gifts, and the good were enriched.
【五節】雖有周親、不如仁人、百姓有過、在予一人。 Bien que le tyran Tcheou ait beaucoup de proches parents, dit‑il, ils ne valent pas mes hommes, qui sont très vertueux. Si je ne le ren­verse pas, toutes les plaintes du peuple se tourneront contre moi seul. 5. ’Although he has his near relatives, they are not equal to my virtuous men. The people are throwing blame upon me, the One man.’
【六節】謹權量、審法度、修廢官、四方之政行焉。 Il régla les poids et les mesures, révisa les lois et les ordonnances, rétablit les charges qui avaient été établies par Tcheou ; et, dans tout l’empire, l’administration reprit son cours régulier. 6. He carefully attended to the weights and measures, examined the body of the laws, restored the discarded officers, and the good government of the kingdom took its course.
【七節】興滅國、繼絕世、舉逸民、天下之民歸心焉。 Il reconstitua les principautés supprimées, donna une postérité adop­tive aux chefs des grandes familles morts sans enfant mâle ; éleva aux charges les hommes capables qui avaient été laissés dans la vie privée ; et tous les cœurs furent à lui. 7. He revived States that had been extinguished, restored families whose line of succession had been broken, and called to office those who had retired into obscurity, so that
throughout the kingdom the hearts of the people turned towards him.
【八節】所重民、食、喪、祭。 . Il attachait une grande importance à la subsistance du peuple, aux funérailles et aux sacrifices. 8. What he attached chief importance to, were the food of the people, the duties of mourning, and sacrifices.
【九節】寬則得眾、信、則民任焉、敏、則有功、公則說。 Si un prince fait du bien à tous ses sujets, il se conci­liera tous les cœurs ; s’il est diligent, il mènera toutes ses œuvres à bonne fin ; s’il est juste, il fera la joie du peuple. 9. By his generosity, he won all. By his sincerity, he made the people repose trust in him. By his earnest activity, his achievements were great. By his justice, all were delighted.
【第二章】【一節】子張問於孔子曰、何如、斯可以從政矣。子曰、尊五美、屏四惡、斯可以從政矣。子張曰、何謂五美。子曰、君子惠、而不費、勞、
而不怨、欲、而不貪、泰、而不驕、威、而不猛。
XX.2. Tzeu tchang demanda à Confucius ce qu’il fallait faire pour bien gouverner. Le Maître répondit :

— Il faut avoir en estime cinq qualités, et éviter quatre défauts ; cela suffit.

— Quelles sont ces cinq qualités ? dit Tzeu tchang.

Le Maître répondit :

— Un prince sage exerce la bienfaisance, sans rien dépenser ; il im­pose des charges au peuple, sans le mécontenter ; il a des désirs, sans être cupide ; il est heureux et calme, sans orgueil ni négligence ; il a de la dignité, sans avoir rien de dur.

CHAP. II. 1. Tsze-chang asked Confucius, saying, ’In what way should a person in authority act in order that he may conduct government properly ?’ The Master replied, ’Let him honour the five excellent, and banish away the four bad, things ;— then may he conduct government properly.’ Tsze-chang said, ’What are meant by the five excellent things ?’ The Master said, ’When the person in authority is beneficent without great expenditure ; when he lays tasks on the people without their repining ; when he pursues what he desires without being covetous ; when he maintains a dignified ease without being proud ; when he is majestic without being fierce.’
【二節】子張曰、何謂惠而不費。子曰、因民之所利而利之、斯不亦惠而不費乎、擇可勞而勞之、又誰怨、欲仁而得仁、又焉貪、君子無眾寡、無小大、無敢慢、斯不亦泰而不驕乎、君子正其衣冠、尊其瞻視、儼
然人望而畏之、斯不亦威而不猛乎。
Tzeu tchang dit :

— Comment exerce‑t‑il la bienfai­sance sans rien dépenser ?

Le Maître répondit :

— Il favorise tout ce qui procure des ressources au peuple ; par ce moyen, n’exerce‑t‑il pas la bienfaisance sans rien dépenser ? Il n’impose ni travaux ni autres charges qu’aux époques convenables et pour les choses nécessai­res ; dès lors, qui serait mécontent ? Il désire que son administration soit bienfaisante, et il l’obtient ; com­ment serait‑il cupide ? Un prince sage, sans considérer si les personnes sont peu ou beaucoup, ni si les affai­res sont importantes ou non, ne se permet jamais la moindre négligence. N’est‑il pas tranquille, sans orgueil ni manque de soin ? Un prince sage prend garde que ses vêtements et son bonnet soient bien ajustés, que ses regards aient de la dignité. Sa gravité inspire le respect. N’est‑il pas majestueux, sans être dur ?

2. Tsze-chang said, ’What is meant by being beneficent without great expenditure ?’ The Master replied, ’When the
person in authority makes more beneficial to the people the things from which they naturally derive benefit ;— is not this being beneficent without great expenditure ? When he chooses the labours which are proper, and makes them labour on them, who will repine ? When his desires are set on benevolent government, and he secures it, who will accuse him of covetousness ? Whether he
has to do with many people or few, or with things great or small, he does not dare to indicate any disrespect ;— is not this to maintain a dignified ease without any pride ? He adjusts his
clothes and cap, and throws a dignity into his looks, so that, thus dignified, he is looked at with awe ;— is not this to be majestic without being fierce ?’
【三節】子張曰、何謂四惡。子曰、不教而殺、謂之虐、不戒視成、謂之暴、慢令致期、謂之賊、猶之與人也、出納之吝、謂之有司。 Tzeu tchang demanda ensuite quels étaient les qua­tre défauts à éviter. Le Maître répondit :

— Ne pas instruire ses sujets, et les punir de mort, quand ils enfreignent les lois, c’est de la cruauté. Sans avoir averti d’avance, exiger que le travail imposé soit ter­miné tout de suite, c’est de la précipitation et de la violence. Donner des ordres peu pressants [190] et hâter en­suite l’exécution, c’est assassiner le peuple. Quand il est absolument nécessaire de donner quelque chose tôt ou tard, calculer avec parcimonie ce que l’on reçoit et ce que l’on donne, c’est agir comme un in­tendant [191].

3. Tsze-chang then asked, ’What are meant by the four bad things ?’ The Master said, ’To put the people to death without having instructed them ;— this is called cruelty. To require from them, suddenly, the full tale of work, without having given them warning ;— this is called oppression. To issue orders as if without urgency, at first, and, when the time comes, to insist on them with severity ;— this is called injury. And, generally, in the giving pay or rewards to men, to do it in a stingy way ;— this is called acting the part of a mere official.’
【第三章】【一節】子曰、不知命、無以為君子也。 XX.3. Le Maître dit :

— Celui qui ne connaît pas la vo­lonté du Ciel [192] ne sera jamais un sage.

CHAP III. 1. The Master said, ’Without recognising the ordinances of Heaven, it is impossible to be a superior man.
【二節】不知禮、無以立也。 Celui qui ne connaît pas les règles et les usages ne sera pas constant dans sa conduite. 2. ’Without an acquaintance with the rules of Propriety, it is impossible for the character to be established.
【三節】不知言、無以知人也。 Celui qui ne sait pas discerner le vrai du faux dans les discours des hommes ne peut connaître les hommes. 3. ’Without knowing the force of words, it is impossible to know men.’

esperer-isshoni, mars 2012

[1Confucius appelle anciens les hommes qui vivaient au temps de Wenn wang, de Ou wang, de Tch’eng wang et de K’ang wang ; et modernes, ceux qui vivaient dans les derniers temps de la dynastie des Tcheou. Chez les anciens, l’urbanité et la musique étaient parfaites et pour le fond et pour la forme. Au temps de Confucius, elles étaient considérées comme trop simples, et les an­ciens eux‑mêmes passaient pour des hommes grossiers. Plus tard, l’urbanité et la musique eurent plus d’appa­rence que de réalité. Néanmoins, au temps de Confucius, elles étaient considérées comme parfaites pour le fond et pour la forme, et les modernes passaient pour des sages.

[2Les uns étaient dans leurs foyers, les autres, dans les charges ; les uns vivaient encore, les autres étaient morts.

[3Il n’avait jamais ni doute ni difficulté et n’interrogeait pas son maître. Comment l’aurait‑il excité à discourir ?

[4Tout le monde s’accorde pour le louer.

[5Son père, qui était pauvre.

[6Li, nommé aussi Pe iu, était le fils de Confucius. Il mourut avant son père. Confucius dit que Li, bien qu’in­férieur à Ien Iuen en talents et en vertus, était cependant son fils, comme Ien Iuen était le fils de Ien Lou. A cette époque, Confucius n’exerçait plus aucune charge ; mais il avait encore rang parmi les grands préfets. Par mo­destie, il dit qu’il vient après eux.

[7Ien Iuen.

[8Le philosophe Tch’eng dit : « Celui qui sait ce que c’est que la vie, sait ce que c’est que la mort. Celui qui remplit parfaitement ses devoirs envers ses supérieurs, remplit parfaitement ses devoirs envers les esprits. »

[9Tzeu lou périt en combattant sous les murs de Ts’i tch’eng. On y voit encore sa tombe.

[10Tzeu lou.

[11Tzeu lou était d’un caractère raide et impétueux. Les sons de sa guitare imitaient les cris que poussent les habitants des contrées septentrionales au milieu des combats et des massacres. Le philosophe l’en reprit, en disant : « Dans mon école, le juste milieu et l’harmonie forment la base de l’enseignement. La guitare de Iou manque tout à fait d’harmonie. Pourquoi se fait‑elle entendre dans mon école ? » Les disciples de Confucius ; ayant entendu ces paroles, ne témoignèrent plus aucune estime à Tzeu lou. Le Maître, pour les tirer d’erreur, leur dit : « Tzeu lou, dans la voie de la sagesse, a déjà atteint une région pure, spacieuse, élevée, lumineuse ; seulement, il n’a pas encore pénétré profondément dans les endroits les plus retirés et les plus secrets. Parce qu’il manque encore une chose à sa perfection, on ne doit pas le mépriser. »

[12Jen Iou.

[13Dénoncez haute­ment sa conduite.

[14Sans en éprouver aucune peine.

[15Mais ne s’appli­quent par à l’étude ni à la pratique des maximes des sages.

[16Vous devez les consulter avant de rien faire.

[17En me jetant au milieu de la mêlée l Ne devais‑je pas prendre tous les moyens de sauver ma vie, afin de re­cevoir encore vos enseignements ?

[18Bien qu’ils ne soient pas d’une vertu extraordinaire.

[19Ki Tzeu jen était fils de Ki P’ing tzeu et frère puîné de Ki Houan tzeu. Il croyait que sa famille avait beaucoup gagné en attirant à son service Tzeu lou et Jen Iou. Ki Houan tzeu était le chef de la famille Ki. (Voir Ch. III, 1, 2 et 6.)

[20Tzeu kao avait beaucoup de talent, mais il n’avait pas encore étudié.

[21S’ils connaissaient mes talents, ils me confieraient une charge.

[22Pourquoi sa ré­ponse ne vous a-­t‑elle pas fait sou­rire ?

[23Sans doute, K’iou a parlé d’un État, mais pas avec la même suffisance que Tzeu lou.

[24Tch’eu a donc parlé du gouverne­ment d’un État, mais il l’a fait avec modestie ; car ...

[25Seu ma Gniou était de la principauté de Soung. Voyant son second frère Hiang T’ouei exciter une révolte contre le prince de Soung, et ses autres frères Tzeu ki et Tzeu kiu prendre part à ce crime, il éprouvait une grande affliction, et disait : « Les autres hommes ont tous des frères ; je suis le seul qui n’en aie pas. »

[26Tai fou de la principauté de Wei.

[27Mais cette fois vous êtes dans l’er­reur.

[28Et faire rentrer une parole qui a été dite sans avoir été assez pesée.

[29Enlevez ce qui fait l’ornement ex­térieur de la per­sonne ; l’homme sage ne se distin­guera plus de l’homme vulgaire.

[30Les impôts oné­reux rendent la cul­ture impossible, rui­nent le peuple et l’État.

[31Car c’est vouloir une chose qui ne dépend pas de vous, mais du Ciel, à sa­voir, la vie ou la mort de l’homme..

[32Tzeu lou.

[33Tzeu lou était juste, sincère, perspicace, résolu. Dès qu’il dirait un mot, on se soumettait à sa décision avec confiance.

[34Afin de connaî­tre ce qu’on approu­ve et ce qu’on dés­approuve de lui.

[35La renommée et la gloire semblent être la même chose, et ne le sont pas. Elles diffèrent entre elles comme le vrai du faux.

[36K’ouai kouei, héritier présomptif de Ling, prince de Wei, honteux de la conduite déréglée et licencieuse de sa mère Nan tzeu, voulut la tuer. N’ayant pas réussi, il s’enfuit. Le prince Ling voulut nommer Ing son héritier. Ing refusa. A la mort du prince Ling, sa femme Nan tzeu nomma Ing héritier de la principauté. Ing refusa de nouveau. Elle donna la principauté à Tche, fils de K’ouai kouei, afin d’opposer le fils au père. Ainsi, Kouai kouei, en voulant tuer sa mère, avait encouru la disgrâce de son père ; et Tche, en prenant l’autorité princière, faisait opposition à son père K’ouai kouei. Tous deux étaient comme des hommes qui n’auraient pas eu de père. Evidemment, ils étaient indignes de régner. Si Confucius avait été chargé du gouvernement, il aurait commencé par corriger les appellations (celui-là seul aurait porté le nom de père ou de fils qui en aurait rempli les devoirs). Il aurait fait connaître au chef de l’empire l’origine et tous les détails de cette affaire ; il l’aurait prié d’ordonner à tous les seigneurs de la contrée de reconnaître Ing pour héritier de la princi­pauté. Dès lors, la loi des relations entre le père et le fils aurait été remise en vigueur. Les noms auraient re­pris leur véritable signification, la loi naturelle aurait été observée, le langage aurait été exempt d’ambiguïté, et les choses auraient été exécutées.

[37La principauté de Lou était gouvernée par les descen­dants de Tcheou koung, et celle de Wei par les descen­dants de Kang chou. Les deux dynasties descendaient donc de deux frères. Au temps de Confucius, elles étaient en décadence, et les deux pays étaient également troublés.

[38Qui, simple tai fou, gouverne en maître la principau­té de Lou.

[39Même au risque de vous attirer des inimitiés.

[40Malgré leur force et leur habileté.

[41A cause de leur vertu.

[42Chouenn légua l’empire à Iu. Les descendants de Heou tsi l’obtinrent à leur tour en la personne de Ou Wang, prince de Tcheou.

[43Ces quatre hommes étaient grands préfets dans la principauté de Tcheng. Quand le prince de Tcheng avait des lettres à écrire, elles passaient toutes succes­sivement par les mains de ces quatre sages, qui les méditaient et les examinaient avec le plus grand soin, chacun d’eux déployant son talent particulier. Aussi, dans les réponses envoyées aux princes, on trouvait rare­ment quelque chose à reprendre.

[44Ne m’en parlez pas !

[45Tzeu si, fils du prince de Tch’ou, s’appelait Chenn. Il refusa la dignité de prince de Tchou, la fit donner au prince Tchao, et réforma l’administration publique. Il fut un sage et habile tai fou. Mais il ne sut pas faire supprimer le titre de Wang, que le prince de Tch’ou s’était arrogé. Le prince Tchao voulut mettre en charge Confucius. Tzeu si l’en détourna et l’en empêcha.

[46Tai fou de la principauté de Lou.

[47Tai fou de la principauté de Wei.

[48Qui était de la même principauté.

[49Sa vertu est‑elle si parfaite ?

[50Tsang Ou tchoung, nommé Ho, était grand préfet dans la principauté de Lou Fang, domaine ou fief qui avait été constitué par le prince de Lou et donné à Ou tchoung. Ou tchoung, ayant offensé le prince de Lou, se réfugia dans la principauté de Tchou. Mais, après, il revint de Tchou à Fang et députa au prince de Lou des envoyés pour lui présenter d’hum­bles excuses, le prier de lui constituer un successeur de sa propre famille et lui promettre de se retirer ensuite. En même temps il laissait voir que, s’il n’ob­tenait par sa demande, redevenu possesseur de son fief, il se mettrait en révolte. C’était faire violence à son prince.

[51Son frère puîné, qui lui avait dispu­té la principauté. Parmi les partisans de Kiou étaient Chao Hou et Kouan Tchoung.

[52Il s’étrangla.

[53Quel autre rendit autant de services à son pays ?

[54Comme les bar­bares, dont nous imiterions les mœurs et les usages.

[55Comme s’ils avaient été de même rang, le maître le voulant ainsi, afin d’honorer la sagesse de son intendant.

[56Trois ministres, chefs de trois grandes familles, s’étaient arrogé tout le pouvoir et gouvernaient en maîtres la principauté de Lou. Le prince n’était pat libre de décider par lui-même. Il répondit ù Confu­cius : « Vous pouvez vous adresser à ces trois grands seigneurs. » C’étaient les chefs des trois grandes fa­milles Meng suenn, Chou suenn et Ki suenn.

[57S’il agit mal.

[58Par déférence pour K’in Pe iu.

[59K’iu Pe ia, nommé Iuen, était grand préfet dans la principauté de Wei. Confucius avait reçu l’hospitalité dans sa maison. Lorsqu’il fut de retour dans le pays de Lou, Pe iu lui envoya un messager. Pe iu .n’examinait lui-même et travaillait à soumettre ses passions, comme s’il craignait sans cesse de ne pouvoir y parvenir. On peut dire que l’envoyé connaissait à fond le cœur de ce sage, et qu’il remplit bien ton mandat. Aussi Con­fucius dit deux fois : « O le sage messager ! » pour mar­quer son estime.

[60Tzeu koung.

[61De juger les au­tres ; je m’applique tout entier à me ju­ger et à me corriger moi-même.

[62De ceux qui n’ont pas à cœur de se rendre utiles aux autres.

[63Les hommes n’es­timent pas une ver­tu qui croît peu à peu et ne cherche pas à briller.

[64Mis à mort et son cadavre exposé.

[65On ne connaît pas leurs noms.

[66Réformer les mœurs

[67Exprimant par des sons plaintifs la douleur que lui causait l’état mal­heureux de la so­ciété.

[68De vouloir réfor­mer la société.

[69Le sage demeure dans la retraite ou se montre en public selon les circons­tances.

[70Cet homme qui n’a pas compassion des autres.

[71A la mort de son père.

[72La cabane où l’empereur passait les trois années de deuil s’appelait leang ngan, parce qu’elle était tournée au nord et ne recevait pas les rayons du soleil.

[73Dans l’étude de la sagesse

[74Voyant que le prince était peu dis­posé à étudier la sa­gesse.

[75Il fut assiégé du­rant sept jours, par ordre du prince.

[76Je n’ai étudié qu’une seule chose, à savoir, la nature de mes facultés in­tellectuelles et mo­rales.

[77Celui qui ne la possède pas ne peut en connaître ni la nature ni les charmes.

[78La sincérité, la véracité, la pru­dence et la cir­conspection.

[79L’historiographe était un annaliste officiel. Iu était tai fou dans la principauté de Wei ; il s’appelait Ts’iou. Après sa mort, devenu cadavre, il donna encore des avis à son prince. Malade et sur le point de mourir, il dit à ton fils : « A la cour du prince, je n’ai pu obtenir que les charges fussent confiées aux hommes sages et refusées aux hommes vicieux. Après ma mort, il ne faudra pas faire les cérémonies funèbres. Il suffira de déposer mon corps dans la salle qui est au nord. » Le prince, étant allé faire les lamentations ordinaires, demanda la raison de cette singularité. Le fils du défunt répondit avec un accent de douleur profonde : « Mon père l’a ainsi or­donné. » « Je suis en faute », dit le prince. Aussitôt il ordonna de revêtir le corps du défunt dans l’endroit où l’on rendait cet honneur à ses hôtes. Puis, il mit en charge Kiu Pe iu et éloigna Mi tzeu hia (son indigne ministre).

[80Ainsi, celui qui veut se rendre par­fait doit d’abord chercher des se­cours auprès des autres.

[81D’après lequel l’année commençait, comme sous les Ts’ing, au deuxième mois lunaire après le solstice d’hiver.

[82Elle était simple.

[83Il était très orné.

[84Ils portent à la vertu.

[85Ministre du prin­ce de Lou.

[86En cherchant son intérêt et non celui de l’État.

[87Houei de Liou hia était Tchen Houe, nommé K’in, grand préfet de Lou. Il tirait ses appointements de la ville de Liou hia. Il reçut le nom posthume de Houei, qui signifie Bienfaisant.

[88Car il n’a pas un vrai désir d’appren­dre.

[89Ils ne peuvent pas entrer dans la voie de la vertu ; ils auront des chagrins et des peines.

[90Les empereurs ont récompensé et puni selon la justice ; à leur exemple, je donne à chacun l’éloge ou le blâme qu’il a mérité.

[91Chaque prince avait des historio­graphes.

[92S’il ne fait aucun effort.

[93Parce qu’il ne peut exceller dans toutes les petites cho­ses.

[94Parce qu’il ne peut exceller que dans les petites cho­ses.

[95Et elle ne nuit ja­mais.

[96Les vertus que la nature donne à chaque homme (avec l’existence) sont parfaites en elles‑mêmes. La différence des bons et des méchants est due à la différence des éléments dont leurs corps sont composés, et des habi­tudes qu’ils ont contractées. Lorsqu’un sage tient école, tour les hommes peuvent, sous sa direction, recouvrer la perfection primitive de leurs vertus naturelles, et mé­riter de n’être plus rangés dans la classe des méchants.

[97Qui était aveugle.

[98Qui sont ordinai­rement aveugles.

[99Petite principauté qui dépendait de celle de Lou.

[100qui étaient au service de Ki.

[101Jen Iou.

[102De la dynastie des Tcheou.

[103Ancien historien.

[104Si vous ne pou­vez pas travailler pour le bien public, quittez votre char­ge.

[105La faute en est à celui qui est char­gé de garder ces bêtes féroces ou ces objets.

[106Qui appartient à Ki.

[107L’urbanité, l’har­monie, la pureté des mœurs.

[108Parce que l’injus­tice trouble la paix des citoyens, et amè­ne la discorde in­testine.

[109L’intérieur de la maison, c’est ici la cloison ou petit mur élevé devant la porte d’une habitation pour dérober aux passants la vue de la maison. Dans les visites entre un prince et son sujet, les témoignages de respect com­mencent auprès de cette cloison. C’est pourquoi elle s’appelle cloison du respect.

[110La justice est vio­lée, les lois ne sont plus observées, le trouble est dans l’État.

[111Elle leur est en­levée par les tai fou.

[112A la mort de Wenn, prince de Lou (609 avant notre ère), ses fils avaient mis a’ mort l’héritier présomptif Tch’eu, et lui avaient substitué le prince Siuen. Celui-ci n’eut qu’une ombre de pouvoir (l’autorité souveraine fut usurpée par Ki Ou, chef de la famille Ki suenn). Siuen, Tch’eng, Siang, Tchao, Ting, en tout cinq princes, s’étaient succédé. Le tai fou Ki Ou, qui avait usurpé le pouvoir, avait eu pour successeurs Tao, Ping et Houan. En tout, quatre tai fou s’étaient succédé l’un à l’autre, et l’autorité passa de leurs mains entre celles de Iang Hou, intendant de leur famille.

[113Parce que les tai fou ne peuvent la conserver au‑delà de cinq générations.

[114La loi naturelle.

[115Par l’étude et la pratique de la ver­tu.

[116Dans la vie pu­blique.

[117Voir chap. VII, 14.

[118Fils de Confucius, aussi nommé Li.

[119Tcheou heou.

[120La sagesse.

[121Quand le temps en sera venu.

[122Iang Houo, appelé aussi Iang Hou, était intendant de la famille Ki. Il avait jeté dans les fers Ki Houan, le chef de cette famille, et gouvernait seul en maître la principauté de Lou. (Il avait ainsi rendu à son maître ce que Ki Ou, bisaïeul de celui-ci, avait fait au prince de Lou.) Il voulait déterminer Confucius à lui faire visite ; mais Confucius n’y alla pas. Lorsqu’un grand préfet envoyait un présent à un lettré, si le lettré n’était par chez lui pour le recevoir, il devait, d’après les usager, aller à la maison du grand préfet présenter ses remerciements. Iang Houo, profitant d’un moment où Confucius n’était par chez lui, lui envoya un jeune cochon en présent, afin de l’obliger à venir le saluer et lui faire visite. Confucius, choisissant aurai le moment où Iang Houo était absent, alla à sa maison pour le re­mercier. Il craignait de tomber dans le piège que ce méchant homme lui avait tendu et de sembler recon­naître son pouvoir absolu ; et il voulait tenir sa première résolution, qui était de ne pas le voir. Contre son attente, il rencontra Iang Houo en chemin. Iang Houo, en cri­tiquant la conduite de Confucius, et en l’engageant à accepter une charge sans délai, n’avait d’autre intention que d’obtenir son appui pour mettre le trouble dans le gouvernement. Confucius était tout disposé à exercer un emploi, mais non à se mettre au service de lang Houo.

[123Ou tch’eng dépendait de la principauté de Lou. Tzeu iou était alors préfet de Ou tcheng et en­seignait au peuple les Devoirs et la Musique. Aussi tour les habitants savaient chanter et jouer des instruments à cordes. La joie de Confucius parut sur son visage. Il sourit et dit : « Pour tuer une poule, un petit animal, quelle raison y a‑t‑il d’employer le grand couteau qui sert à dépecer les bœufs ? » Il voulait dire que Tzeu iou employait les grands moyens administratifs pour gou­verner une petite ville. Il ne le dirait pas sérieusement. Les pays à gouverner n’ont pas tous la même étendue ; mais ceux qui les gouvernent doivent toujours enseigner les devoirs et la musique, et tenir ainsi la même conduite.

[124Puisque les vrais principes sont partout méconnus.

[125De me confier une charge.

[126Koung chan Fou jao était intendant du chef de la famille des Ki, qui était grand préfet dans la principauté de Lou. Koung chan était son nom de famille, Fou iao son nom propre, et Tzeu sie son surnom. Avec Iang Houo, il s’était emparé de la personne du tai fou Ki Houan et, maître de la ville de Pi, il soutenait sa révolte contre le grand préfet. Il fit inviter Confucius à se rendre auprès de lui. Confucius voulait y aller. C’est que Koung chan Fou jao était en révolte contre la famille des Ki, et non contre le prince de Lou. Confucius vou­lait y aller dans l’intérêt du prince de Lou, non dans l’intérêt de Koung chan Fou iao. Si Confucius était par­venu à exécuter son dessein, il aurait retiré l’autorité souveraine des mains des grands préfets pour la rendre au prince ; et, après l’avoir rendue au prince, il l’aurait fait retourner à l’empereur. Il voulait se rendre auprès de Koung chan Fou iao parce que tels étaient ses prin­cipes. Cependant, il n’y alla pas, parce qu’il lui serait impossible d’exécuter son dessein.

[127Confucius dit : « Ma vertu est si ferme et si pure que je puis sans danger l’exposer au contact des hommes vicieux. Pourquoi ne répondrais‑je pas à l’in­vitation de Pi Hi, par crainte de me souiller moi-même ? Suis‑je donc une courge ? M’est‑il permis de me rendre inutile aux hommes, comme une courge qui reste sus­pendue toujours dans un même endroit, et ne peut rien faire, pas même boire ou manger ?

[128Tzeu lou.

[129Les six vertus.

[130Les six défauts dans lesquels tombe celui qui veut pra­tiquer ces six ver­tus et ne cherche pas à les bien con­naître.

[131En leur promet­tant et en leur ac­cordant des choses nuisibles.

[132[[ Les deux premiers chapitres du Cheu king.

[133Qu’on offre en présent.

[134L’urbanité exige avant tout le respect, et la musique a pour objet principal l’harmonie (la concorde). Les pierres précieuses, les soieries, les cloches, les tambours ne sont que des accessoires.

[135La nuit.

[136Et le jour parais­sent honnêtes.

[137Et ne le sont pas.

[138Sans se donner la peine de le méditer ni de le mettre en pratique.

[139Mais qui ont fait place à d’autres beaucoup plus gra­ves.

[140Le rouge est une couleur naturelle.

[141Dans la conduite du sage par excellence, tout, jus­qu’aux moindres mouvements, est la claire manifestation de la plus haute raison ; de même que le cours des saisons, la production des différents êtres, tout dans la nature est un écoulement de la puissance céleste. Est‑ce que le Ciel a besoin de parler pour manifester sa vertu ?

[142Qu’il comprît qu’il s’était attiré ce refus par quelque faute, et changeât de conduite.

[143Il demeure retiré dans une cabane. Voir chap. XIV, 43.

[144Les anciens tiraient le feu nouveau d’un instrument de bois, qu’ils faisaient tourner comme une tarière. Le bois employé était, au printemps, l’orme ou le saule ; au commencement de l’été, le jujubier ou l’abricotier ; vers la fin de l’été, le mûrier ordinaire ou le mûrier des teinturiers ; en automne, le chêne ou le iou ; en hiver, le sophora ou le t’an. Un fils, après la mort de son père ou de sa mère, durant trois ans, ne prenait qu’une nour­riture grossière, portait des vêtements de chanvre, et couchait sur la paille, la tête appuyée sur une motte de terre.

[145Le prince de Wei était le frère du tyran Tcheou, mais il était né d’une femme de second rang. Le prince de Ki et Pi kan étaient princes du sang, d’une géné­ration antérieure à celle de Tcheou. Le prince de Wei, voyant la mauvaise conduite de Tcheou, quitta la cour.Le prince de Ki et Pi kan adressèrent tous deux des remontrances au tyran. Tcheou mit à mort Pi kan, jeta dans les fers le prince Ki et le réduisit en esclavage. Le prince de Ki contrefit l’insensé et fut accablé d’outrages.

[146Dans la princi­pauté de Lou.

[147Et d’aller dans un autre, où vos ser­vices seraient mieux appréciés.

[148A qui ces paroles furent rapportées.

[149Voyant qu’il n’y rendrait aucun ser­vice.

[150Ki Houan, nommé Seu, était grand préfet dans la principauté dé Lou. Sous le règne de Ting, prince de Lou, Confucius exerça la charge de ministre de la jus­tice. En trois mois, il avait établi l’ordre le plus parfait dans le gouvernement. Le prince de Ts’i et ses ministres l’ayant appris, et craignant la puissance de Lou, envoyè­rent en présent une bande de quatre‑vingts filles, qui, vêtues d’habits magnifiques, et montées sur des chevaux richement ornés, exécutèrent des chants avec pantomime, et se donnèrent en spectacle hors de la ville, près de la porte méridionale. Houan exerçait le pouvoir souverain. Le prince Ting ne conservait plus qu’un vain titre. Il finit par accepter la bande de musiciennes. Le prince de Lou et ses ministres tombèrent ainsi dans le piège tendu par ceux de Ts’i. Entièrement occupés à entendre des chants et à voir des spectacles lascifs, les oreilles et les yeux fascinés, ils négligèrent les affaires publiques, et n’eurent plus d’estime pour les hommes vertueux et capables. Confucius aurait voulu adresser des remon­trances au prince ; mais il ne le pouvait pas (ou bien, il voyait qu’elles auraient été sans effet). Il quitta le pays. (Ce fut la quatorzième année du règne de Ting, en 496 av. J.‑C.).

[151La dynastie des Tcheou étant sur son déclin, les hom­mes de mérite pratiquaient la vertu dans la retraite. Tsie iu dit :
— Quand la société est bien réglée, le phénix apparaît ; quand elle est troublée, il demeure caché. Tant il aime la vertu ! Maintenant, en quels temps est‑il venu ? Comment ne va‑t‑il pas encore replier ses ailes et se cacher ?[[Tsie iu compare Confucius au phénix. Il le blâme de ce qu’il ne se décide pas à vivre dans la retraite, et prétend que sa vertu a beaucoup diminué. Tes fautes futures peuvent encore être prévenues, c’est-­à‑dire il est encore temps de te retirer dans la vie privée.

[152Pour passer la ri­vière.

[153Qui cherche par­tout des princes et des ministres amis de la vertu, et qui, n’en trouvant pas, passe sans cesse d’une principauté dans une autre.

[154Des princes et de leurs sujets.

[155Autrefois, sur les confins des principautés de Tch’ou et de Ts’ai (dans le Ho nan actuel), deux lettrés qui menaient la vie privée s’étaient associés pour cultiver leurs champs. Leurs noms n’ont pas été transmis à la postérité. Les annalistes ont appelé l’un Ts’iu, Qui s’ar­rête et ne sort pas du repos, et l’autre, Gni, Qui reste au fond de l’eau et n’émerge jamais.

[156Vous ne cultivez pas la terre.

[157Les cinq espèces de grains sont deux sortes de millets à panicules, les haricots et les pois, le blé et l’orge, le riz. Les cinq relations sociales sont celles qui existent entre le prince et le sujet, entre le père et le fils, entre le frère aîné et le frère puîné, entre le mari et la femme, entre les amis.

[158En signe de res­pect.

[159Le vieillard dit à Tzeu lou :
— A présent, c’est le moment de se livrer aux travaux des champs. Vous entreprenez des voyages lointains à la suite de votre maître. Quelle utilité en revient‑il aux hommes de notre siècle ? Qui connaît seulement votre maître ?

[160De pratiquer la vertu la plus par­faite, et de ne jamais rien accorder aux hommes ni aux circonstances.

[161Mais je consulte toujours les circons­tances.

[162Dans une île.

[163L’empereur et tous les princes avaient des musiciens qui jouaient pendant leurs repas, pour les exciter à manger. Les morceaux de musique et les directeurs de musique étaient différents pour les différents repas. La dynastie des Tcheou venant à déchoir, la musique tom­ba en décadence. Confucius, en revenant de Wei dans sa patrie, restaura la musique. Dès lors, tous les musi­ciens, depuis les premiers jusqu’aux derniers, connurent parfaitement les règles de leur art. L’autorité du prince de Lou devint de plus en plus faible ; les trois fils de Houan s’emparèrent du pouvoir et l’exercèrent arbitrai­rement. Alors tous les musiciens, depuis le directeur en chef jusqu’aux derniers, furent assez sages pour se disperser dans toutes les directions. Ils traversèrent les fleuves et passèrent les mers, fuyant loin de leur patrie troublée.

[164Tcheou koung, créé prince de Lou, envoya son fils gou­verner la principau­té à sa place.

[165Son fils Pe k’in.

[166Et de ne pas avoir sa confiance.

[167Dans les temps prospères, au commencement de la dynastie des Tcheou, parurent huit hommes d’un grand talent et d’une rare vertu, qu’on appela les huit hom­mes remarquables. Ils étaient nés d’une même mère, deux à la fois d’une même couche.

[168Le principe de Tzeu hia est trop étroit. Tzeu tchang a raison de le blâmer. Mais ce qu’il dit lui-même a le défaut d’être trop large. Sans doute le sage ne re­jette personne ! mais il doit repousser toute amitié nui­sible.

[169Comme la culture des champs ou des jardins, la médecine, la divination.

[170Pour se perfec­tionner lui-même et les autres.

[171Au lieu d’être un secours.

[172Et non sur celles qui sont purement curieuses et inutiles.

[173Et non à celles qui vous sont étrangères.

[174N’étant pas dis­traits dans leurs tra­vaux.

[175Tzeu iou.

[176En négligeant de leur enseigner les choses les plus né­cessaires.

[177Celui qui se livre à une occupation doit d’abord faire parfaitement tout ce qui s’y rapporte, et il peut en­suite étendre ses soins à d’autres choses. Pour un offi­cier, l’exercice de sa charge est la chose importante, et l’étude n’est pas absolument nécessaire ; il doit donc avant tout remplir les devoirs de sa charge. Pour un étudiant, l’étude est la chose principale, et l’exercice d’une charge n’est pas nécessaire ; il doit donc avant tout étudier parfaitement. Toutefois, un officier trouve dans l’étude un moyen d’établir ses ouvres plus solidement ; et un étudiant trouve dans l’exercice d’une charge un moyen de confirmer et d’étendre ses connaissances.

[178Tzeu tchang donnait son principal soin aux choses ex­térieures. Hautain dans ses manières, il ne pouvait ni être aidé ni aider les autres dans la pratique de la vraie vertu.

[179Et la discorde amène beaucoup de crimes.

[180De votre habileté à les découvrir

[181Grand préfet de la principauté.

[182Grand préfet dans la principauté de Lou.

[183L’un d’entre eux.

[184Ce que vous venez de dire ne paraît pas assez réfléchi.

[185Comme les empe­reurs de la dynastie des Hia.

[186L’empereur Kie

[187Les hommes sages.

[188En qualité de chef de peuple

[189Ces expressions, l’auguste Souverain et Seigneur du Ciel, sont des termes respectueux pour désigner le Souverain Maître. Tous les hommes sages sont les mi­nistres du Souverain Maître. Avant de marcher contre Kie, Tch’eng t’ang dit : « Toutes les actions bonnet ou mauvaises sont inscrites et se lisent dans le cour du Souverain Seigneur. En attaquant Kie, je ne ferai qu’obéir aux ordres du Souverain Roi. »

[190Avec prémédita­tion.

[191Qui n’ose rien accorder de son pro­pre chef.

[192La loi naturelle.


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