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Puissance et faiblesse (4) : hindouisme et christianisme – aspects politique et mystique

jeudi 26 avril 2018 par Phap

Cet article s’inscrit dans le cadre du cycle Asie et Occident : puissance et faiblesse dans l’hindouisme, les traditions chinoises et le bouddhisme - de la mystique à la politique à l’Institut de science et de théologie des religions (ISTR) de l’Institut catholique de Paris.
L’article reprend l’intervention d’une heure du 11 avril 2018.


Table des matières


1§. Je voudrais faire écho en tant que théologien chrétien à ce que nous venons d’entendre sur le monde hindou. Je partirai de l’affirmation tirée des écritures sacrées hindoues :

« Les hommes eurent un désir : puissions-nous écarter le manque, le mal, la mort.
Par le rite, ils écartèrent le manque, le mal, la mort » S B IX,1,2


1. La reprise anthropologique : l’homme en proie au vertige et le rite comme parapet

Nous allons déployer dans le registre anthropologique l’exergue hindou cité plus haut.


1.a) Une tension constitutive de l’homme entre manque et plénitude.
2§. L’être humain désire jouir de la vie bonne, de la vie heureuse, de la vie pleine ; inversement, il redoute de souffrir, il veut éviter une vie malheureuse, douloureuse, vide.
Travaillé par ces deux polarités – désir de jouir, peur de souffrir, - l’être humain est en quête d’une puissance qui lui permettra de réaliser et de maintenir une vie pleine, comblée, en écartant la douleur, la perte, le manque.

3§. La vie apparaît comme le bien le plus désirable : à certains moments privilégiés, on fait des expériences de plénitude, de rassasiement, comme quand l’estomac est plein ; sur un plan plus élevé, on peut éprouver un sentiment de participer à l’universel, d’être intégré harmonieusement dans un ensemble dont on se sait faire partie de manière heureuse.
L’écrivain Romain Rolland (1866-1944) évoquait en ce sens un « sentiment océanique » de fusion totale avec l’univers dans son échange épistolaire avec Sigmund Freud vers la fin des années 1920.

4§. Inversement, la vie peut être traversée par la souffrance dans les expériences

  • de manque (froid, faim, soif, respect, reconnaissance par autrui [1],
  • de violence (être volé, battu, trompé, emprisonné, insulté),
  • de perte (la perte la plus grande, celle de la vie, la sienne ou celle d’êtres aimés, suite à la vieillesse, la maladie, l’accident ou l’assassinat).

5§. La puissance sera alors recherchée pour écarter le négatif (ne plus avoir peur de manquer, d’être brutalisé, de perdre) et posséder le positif (être accompli, comblé, sans manque, parfait, vivre éternellement avec les êtres aimés).
On voudra éviter l’alternance entre ces deux pôles pour rester sur le pôle de la complétude, de la plénitude permanente.

6§. Pour ce faire, l’être humain cherchera à capter la puissance, à la posséder. Si elle se dérobe, il cherchera à la séduire, à l’attraper, à se l’attacher, ou au contraire il se laissera attraper par elle, il voudra la servir et l’adorer dans une attitude de soumission ou de disponibilité totale, dans un parcours qui l’aura fait passer de la nécessité à la gratuité.

7§. Le bébé fait l’expérience fondamentale de ces allers-et-retours entre

  • la satiété de l’estomac après avoir bien bu le lait du sein maternel ou du biberon, et
  • la faim, la peur de perdre la tétine du biberon ou le téton du sein.

Le bébé fait à la fois l’expérience d’une impuissance radicale – il ne peut se procurer par lui-même le lait – mais aussi d’une certaine puissance – dès qu’il crie, sa mère arrive.

8§. Le bébé voudra d’abord capter la mère détentrice du sein ou du biberon – la puissance qui donne l’accès au bien désiré – avant de découvrir un bien plus désirable que le lait, à savoir la mère elle-même : de pourvoyeuse du liquide chaud et blanc savoureux qui coule dans l’estomac, elle passe au statut de sujet avec lequel le bébé tisse des liens d’échanges mutuels de reconnaissance, d’affection.


1.b) Consolider l’être menacé par le néant.

9§. Jusqu’à preuve du contraire, l’être humain est le seul à se poser des questions vertigineuses auxquelles la raison ne peut pas répondre [2].
Gottfried Wilhelm Leibniz (1646—1716) en particulier avait soulevé une question fondamentale : « Pourquoi y-a-il quelque chose plutôt que rien ? » - en allemand, « Warum gibt es eher Etwas als Nichts ? » [3].

Il y a quelque chose, j’en fais l’expérience, mais je ne peux pas m’empêcher de me demander s’il ne pourrait pas n’y avoir rien, et ce que serait ce rien – avec le paradoxe que ce rien ne saurait être quoi que ce soit, y compris rien.

10§. Il y a une inquiétude, un vertige proprement humain devant le néant défini comme une absence de sens, une négativité dont on ne peut rien dire car il n’y a rien à en dire. Ce vertige est celui de ce qui se donnait comme solide, immuable, et qui est maintenant perçu comme fragile, traversé, zébré de part en part par des failles – comme une terre à laquelle on faisait confiance et qui se met à trembler et à s’ouvrir.

On voudra alors combler les brèches, réparer les fissures, et en amont, consolider et isoler les structures porteuses des étants, de l’être illusoirement solide, inentamable, infaillible – et l’on cherchera la puissance, par exemple celle, symbolique, des rites.


1.c) La puissance du rite

11§. Je pense ici aux Aztèques qui se sont eux aussi posés une question que les animaux ne se posent sans doute pas : le soleil se lève et se couche, puis il se lève à nouveau. Mais serait-il possible qu’il ne se lève pas ?

12§. Les Aztèques font l’expérience d’être comblés par la lumière du soleil qui permet de voir, de vivre, qui réchauffe et qui illumine le monde ; ils ont fait aussi l’expérience de son absence, de la nuit noire où tout est indistinct, confus, une nuit que l’imagination peuple de ses monstres.
Pour rendre compte de cette alternance, les Aztèques se servent d’un récit hanté par la peur : et si le soleil n’avait pas la force de traverser la nuit ? Les Aztèques ont alors imaginé de conforter le dieu Soleil Huitzilopochtli en l’alimentant par le sang de sacrifices humains.

13§. Le rite sacrificiel répond ici à l’inquiétude devant une force négative, le néant, qui lézarde l’être. Le rite est censé libérer une puissance qui conforte et répare l’ordre, et qui évite le désordre, ou plus exactement qui évite le retour au désordre : dans les mythes de création, grec comme hébreu, le monde surgit à partir du « chaos » (en grec, la béance, la faille), du « tohu-bohu » (le désert inhabité en hébreu), et il est toujours menacé d’y retourner, d’y sombrer.


2. Le rite comme (re)tissage, comme (re)liaison

14§. Le rite recrée du lien, contre des forces hostiles qui veulent le désordre.
En hindouisme, les êtres humains, par leurs rites, soutiennent les deva, les divinités, dans leurs combats contre les démons, les asura, fauteurs de désordre.

Ces derniers en sont bien conscients, qui cherchent à empêcher les brahmanes à pratiquer les rites, renforts de l’ordre, de la loi, du Dharma [4].


2.a) le tissage de la création par Dieu

15§. Dans la Bible, la Génèse propose deux récits de création. Dans le premier récit, Dieu crée par sa parole qui fait advenir un espace à partir du tohu-bohu, du vide, selon une séquence temporelle ascendante :

  • distinction de la lumière et des ténèbres, du ciel et des eaux, dans lesquelles Dieu distingue les terres, [5]
  • habillage de la terre par la couverture végétale, habillage du ciel par les astres dont le soleil et la lune, [6]
  • peuplement des milieux ainsi distingués :
    • peuplement des eaux (les poissons) et des airs (les oiseaux) avec l’ordre d’être féconds et de remplir leur milieu de vie [7] et
    • peuplement de la terre avec les animaux sauvages [8] et une créature spéciale qui couronne l’ensemble, l’homme fait à l’image et ressemblance de Dieu [9]

16§. Dans la Bible, l’être humain est la seule créature à être reliée à Dieu par cette conformation ; il reçoit l’ordre de tenir lieu de Dieu pour la création en dominant tout ce qui vit sur terre, au ciel et dans les eaux.
À ce stade, les êtres terrestres, humains compris, ont reçu l’autorisation de se nourrir de la verdure [10].

17§. Précisions les deux sens du mot « ordre » dans ce récit :

  • l’ordre peut s’entendre comme une loi « naturelle », une loi inscrite dans la créature qui préside à son développement propre à son milieu de vie et sur laquelle elle n’a pas son mot à dire : le jour succède à la nuit, le grain de blé donne du blé, les êtres vivants sur la terre mangent l’herbe et c’est dans l’ordre des choses. L’ordre apparaît ici comme une puissance d’organisation, de structuration de la vie dans ses multiples manifestations.
  • selon le premier récit de Genèse, cet ordre naturel résulte de l’ordre entendu en son second sens, à savoir l’injonction, le commandement divin. L’ordre naturel reçoit donc sa puissance de la parole d’injonction divine, qui elle-même tire sa puissance d’être proférée par Celui qui est tout-puissant.

Pour faire formule, on peut dire que Dieu ordonne (injonction) et les choses sont en ordre, ordonnées.

18§. Le premier récit déroule la séquence temporelle sans heurts, l’histoire de la création s’apparente à un long fleuve tranquille qui débouche sur le septième jour, le jour où Dieu « arrête », « chôme », « se repose » – shabbat en hébreu [11].
Il n’en va pas de même dans le second récit où l’homme va transgresser l’ordre (injonction) divin et introduire du désordre dans l’ordre créé (lois naturelles).


2.b) le détissage : l’accroc provoqué par l’homme

19§. Le second récit met lui aussi l’homme au centre de la création, comme celui en charge de cultiver la terre, la culture étant entendue dans ses deux sens : l’homme travaille physiquement la terre pour lui faire porter du fruit [12] mais il l’habille aussi de mots, il la parle en culture [13].
Comme Dieu, l’être humain introduit de la distinction, de l’ordonné, à partir d’un donné brut, indistinct, confus.

20§. Partenaire de Dieu dans l’œuvre de création, l’homme peut prendre des initiatives qui surprennent Dieu [14], et en particulier il a la capacité d’obéir – ou non – à l’ordre (injonction) divin. Et de fait, Dieu aura la mauvaise surprise de voir la créature humaine, Adam et Ève, désobéir à son ordre et ce faisant, produire du désordre dans la création.

21§. L’ordre – injonction – est une autorisation (« tu peux manger de tout arbre du jardin ») accompagnée d’une interdiction (« sauf de l’arbre de la connaissance ») [15].

22§. La désobéissance humaine induit une cascade de déliaisons, de détissages de l’ordre créationnel originel .

  • l’accroc dans le tissu de la création s’étend d’abord au lien dans le couple entre l’homme et de la femme, puis au lien entre le couple et Dieu [16] ;
  • il s’étend ensuite à la relation avec les animaux (première mise à mort d’animaux pour habiller de leur fourrure le couple) et la terre (la terre est maudite, elle donne une végétation parasite et se refuse à donner son fruit à l’homme [17].

23§. L’harmonie initiale est perdue pour un état de conflit permanent dans une histoire devenue dramatique, la vie heureuse cesse de couler telle un fleuve tranquille, elle est désormais fissurée par la souffrance et la mort.


2.c) le retissage par le rite

24§. Dans le rite sacrificiel, l’homme renforce et répare la trame des choses menacée par les forces de dissociation, de dissolution du chaos. Il s’agit de faire passer par le feu une offrande de nourriture de la terre au ciel. Les hommes, en mangeant les restes du sacrifice, participent symboliquement au repas de la divinité.
En hindouisme, le sacrifice non-sanglant nourrit les deva qui luttent pour le maintien de l’ordre en même temps qu’il constitue un juste retour pour les bienfaits octroyés par les deva aux hommes.

25§. En judaïsme, le rituel sacrificiel ne sert pas tant à nourrir la divinité qu’à relier l’homme à elle. Sauf dans le cas de l’holocauste, celui qui offre le sacrifice mange le reste de ce qui a été offert à la divinité, dans un repas de communion avec elle. Le sacrifice rétablit éventuellement la liaison avec la divinité interrompue par suite d’un manquement à l’ordre des choses qui traduit un ordre – injonction – divin.

26§. À côté du sacrifice de communion, le judaïsme connaît le sacrifice d’expiation qui répare une faute contre l’ordre des choses. La faute étant en même temps un acte de désobéissance à Dieu qui ordonne aux choses, la réparation se fera auprès de Dieu.
Ainsi le sacrifice de Noé vaut pour l’ensemble de la création puisque, dit Genèse, il apaise Dieu qui s’engage à ne plus provoquer de déluge et ne plus perturber plus l’ordre des saisons et des astres [18].


3. Quand le rite ne suffit plus

27§. L’inquiétude, apaisée pour un temps par le rite, resurgit quand ce dernier s’avère finalement incapable de répondre à l’aspiration au bonheur parfait, à la vie pleine, à la vie en plénitude.

28§. L’hindouisme s’inquiétera de ce que le rite n’est pas assez puissant pour arracher au cycle de transmigration samsara : les actes méritoires, avec le meilleur d’entre eux, le sacrifice, permettent au mieux de renaître dans les destinées heureuses, mais l’on reste à l’intérieur du cycle.
Une voie plus efficace sera la bhakti, la « dévotion », par laquelle celui qui est la félicité parfaite, le Bienheureux Bhagavan, fait participer son dévot bhakta à cette félicité. Le dévot, uni à la divinité, échappe à la loi de la transmigration, il est libéré des obligations liées à sa caste et à son état svadharma [19] On peut dire qu’il a transcendé le Dharma en sortant du cercle ordonné par ce dernier [20]

29§. Les prophètes juifs quant à eux s’insurgeront contre la fausse sécurité que procurent les rites car Dieu n’a pas besoin des sacrifices pour se nourrir : il demande d’abord que son fidèle soit accordé à sa volonté par toute la personne.

Dans la Bible, l’ordre premier et structurant demande d’écouter Dieu et de n’écouter que lui à l’exclusion de toute autre divinité. Israël doit écouter son Dieu pour l’entendre lui commander de l’aimer totalement, sans rien garder à part soi [21].

Pour les prophètes, l’histoire d’Israël a montré qu’il est incapable d’obéir à ce commandement radical, préférant s’allier avec des nations impures sur le plan extérieur et pratiquant l’injustice envers les faibles sur le plan intérieur.
Israël s’étant montré incapable de marcher sur la voie droite, incapable d’obéir à la Torah dans sa radicalité, Dieu devra intervenir pour refondre totalement le cœur d’Israël [22].

30§. En christianisme, Jésus de Nazareth est celui qui obéit entièrement à la volonté de Dieu, accomplissant parfaitement la Torah, dans une déprise de soi totale qui l’amènera à subir la peine de mort par crucifixion.

Ressuscité des morts, il redonne à celui qui croit en sa puissance de salut d’avoir accès à la vie éternelle : l’accès barré au jardin et à l’arbre de vie est rouvert, mais l’arbre de vie apparaît maintenant sous la forme de la croix, le fruit étant le corps et le sang du Christ. Les forces de détissage, de déliaison, sont définitivement vaincues en Jésus Christ, Satan est jeté à terre sous l’action de ses disciples et le ciel auparavant fermé est désormais ouvert au-dessus de lui, la communication est rétablie entre le ciel et la terre.

31§. Le paradoxe réside dans cet accomplissement de la Torah qui la transcende en même temps : Jésus a posé des actes qui ont paru violer les commandements de Dieu ; il s’en défendra en revendiquant une filiation unique à Dieu qui lui vaudra l’opposition mortelle des chefs religieux juifs.


© fr. Franck Guyen op, avril 2018

[1voir la pyramide des besoins d’Abraham Maslow (1908-1970)

[2Kant (1724-1804) en avait signalé quelques-unes : l’immortalité de l’âme ; l’éternité du monde ; la liberté de la personne humaine.
Voir Emmanuel Kant (1724-1804) ou la critique des questions qui n’ont pas de sens

[3Citons plus largement Leibniz en allemand et en français :

7. Bis hierher haben wir als einfache Physiker gesprochen, jetzt nun müssen wir uns zur Metaphysik erheben, indem wir uns des gemeiniglich wenig benutzten großen Prinzips bedienen, wonach nichts ohne zureichenden Grund geschieht, d. h. nichts eintritt, ohne daß der, welcher die Dinge hinlänglich kennt, einen Grund angeben könnte, welcher hinreicht, um darzulegen, warum es so und nicht anders ist. 7. Jusqu’ici nous n’avons parlé qu’en simples physiciens : maintenant il faut s’élever à la métaphysique, en nous servant du grand principe, peu employé communément, qui porte que rien ne se fait sans raison suffisante ; c’est-à-dire que rien n’arrive sans qu’il soit possible à celui qui connaîtrait assez les choses de rendre une raison qui suffise pour déterminer pourquoi il en est ainsi, et non pas autrement.
Nachdem dies Prinzip festgestellt ist, wird die erste mit Recht aufgeworfene Frage die sein : Warum gibt es eher Etwas als Nichts ? Ce principe posé, la première question qu’on a droit de faire sera : Pourquoi il y a plutôt quelque chose que rien ?
Denn das Nichts ist einfacher und leichter als das Etwas. Car le rien est plus simple et plus facile que quelque chose.
Ferner muß man, vorausgesetzt, daß Dinge existieren müssen, angeben können, warum sie so und nicht anders existieren müssen. De plus, supposé que des choses doivent exister, il faut qu’on puisse rendre raison pourquoi elles doivent exister ainsi, et non autrement.

[4étymologiquement ce qui soutient, ce qui porte, on pourrait dire la structure porteuse ; aussi ce qui est ferme, stable

[5Voir la progression des quatre premiers jours :

Genèse 1,1-10 TOB 1 Lorsque Dieu commença la création du ciel et de la terre, 2 la terre était déserte et vide, et la ténèbre à la surface de l’abîme ; le souffle de Dieu planait à la surface des eaux,
3 et Dieu dit : « Que la lumière soit ! » Et la lumière fut. 4 Dieu vit que la lumière était bonne. Dieu sépara la lumière de la ténèbre. 5 Dieu appela la lumière « jour » et la ténèbre il l’appela « nuit ». Il y eut un soir, il y eut un matin : premier jour.
6 Dieu dit : « Qu’il y ait un firmament au milieu des eaux et qu’il sépare les eaux d’avec les eaux ! » 7 Dieu fit le firmament et il sépara les eaux inférieures au firmament d’avec les eaux supérieures. Il en fut ainsi. 8 Dieu appela le firmament « ciel ». Il y eut un soir, il y eut un matin : deuxième jour.
9 Dieu dit : « Que les eaux inférieures au ciel s’amassent en un seul lieu et que le continent paraisse ! » Il en fut ainsi. 10 Dieu appela « terre » le continent ; il appela « mer » l’amas des eaux. Dieu vit que cela était bon.

[6

Genèse 1,11-19 TOB
11 Dieu dit : « Que la terre se couvre de verdure, d’herbe qui rend féconde sa semence, d’arbres fruitiers qui, selon leur espèce, portent sur terre des fruits ayant en eux-mêmes leur semence ! » Il en fut ainsi. 12 La terre produisit de la verdure, de l’herbe qui rend féconde sa semence selon son espèce, des arbres qui portent des fruits ayant en eux-mêmes leur semence selon leur espèce. Dieu vit que cela était bon. 13 Il y eut un soir, il y eut un matin : troisième jour.
14 Dieu dit : « Qu’il y ait des luminaires au firmament du ciel pour séparer le jour de la nuit, qu’ils servent de signes tant pour les fêtes que pour les jours et les années, 15 et qu’ils servent de luminaires au firmament du ciel pour illuminer la terre. » Il en fut ainsi. 16 Dieu fit les deux grands luminaires, le grand luminaire pour présider au jour, le petit pour présider à la nuit, et les étoiles. 17 Dieu les établit dans le firmament du ciel pour illuminer la terre, 18 pour présider au jour et à la nuit et séparer la lumière de la ténèbre. Dieu vit que cela était bon. 19 Il y eut un soir, il y eut un matin : quatrième jour.

[7

Genèse 1,20-23 20 Dieu dit : « Que les eaux grouillent de bestioles vivantes et que l’oiseau vole au-dessus de la terre face au firmament du ciel. » 21 Dieu créa les grands monstres marins, tous les êtres vivants et remuants selon leur espèce, dont grouillèrent les eaux, et tout oiseau ailé selon son espèce. Dieu vit que cela était bon. 22 Dieu les bénit en disant : « Soyez féconds et prolifiques, remplissez les eaux dans les mers, et que l’oiseau prolifère sur la terre ! » 23 Il y eut un soir, il y eut un matin : cinquième jour.

[8

Genèse 1,24-25 24 Dieu dit : « Que la terre produise des êtres vivants selon leur espèce : bestiaux, petites bêtes, et bêtes sauvages selon leur espèce ! » Il en fut ainsi. 25 Dieu fit les bêtes sauvages selon leur espèce, les bestiaux selon leur espèce et toutes les petites bêtes du sol selon leur espèce. Dieu vit que cela était bon.

[9

Genèse 1,26-28
26 Dieu dit : « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’il soumette les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, les bestiaux, toute la terre et toutes les petites bêtes qui remuent sur la terre ! » 27 Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa ; mâle et femelle il les créa.
28 Dieu les bénit et Dieu leur dit : « Soyez féconds et prolifiques, remplissez la terre et dominez-la. Soumettez les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et toute bête qui remue sur la terre ! »

[10

Genèse 1,29-31
29 Dieu dit : « Voici, je vous donne toute herbe qui porte sa semence sur toute la surface de la terre et tout arbre dont le fruit porte sa semence ; ce sera votre nourriture. 30 À toute bête de la terre, à tout oiseau du ciel, à tout ce qui remue sur la terre et qui a souffle de vie, je donne pour nourriture toute herbe mûrissante. »
Il en fut ainsi.
31 Dieu vit tout ce qu’il avait fait. Voilà, c’était très bon. Il y eut un soir, il y eut un matin : sixième jour.

[11

Genèse 2,1-3 TOB Le ciel, la terre et tous leurs éléments furent achevés. 2 Dieu acheva au septième jour l’œuvre qu’il avait faite, il arrêta au septième jour toute l’œuvre qu’il faisait. 3 Dieu bénit le septième jour et le consacra car il avait alors arrêté toute l’œuvre que lui-même avait créée par son action.

[12

Genèse 2,15 Le SEIGNEUR Dieu prit l’homme et l’établit dans le jardin d’Eden pour cultiver le sol et le garder,

[13

Genèse 2,19 Le SEIGNEUR Dieu modela du sol toute bête des champs et tout oiseau du ciel qu’il amena à l’homme pour voir comment il les désignerait. Tout ce que désigna l’homme avait pour nom « être vivant » ;

[14dans le verset 2,19 de Genèse, Dieu amène les animaux « pour voir comment l’homme les appellerait » : Dieu semble ne pas savoir ce qui va se passer, ce que l’homme va dire

[15L’interdiction s’appuie sur un avertissement : « si tu en manges, tu mourras »..

Genèse 2,16-17 Le SEIGNEUR Dieu prescrivit à l’homme : « Tu pourras manger de tout arbre du jardin, mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance de ce qui est bon ou mauvais car, du jour où tu en mangeras, tu devras mourir. ».

La suite du récit suggère que la mort résulte de l’incapacité de l’homme à accéder à l’arbre de vie et non pas d’une quelconque vertu mortifère intrinsèque du fruit de l’arbre de la connaissance :

Genèse 3,22 - 24 Le SEIGNEUR Dieu dit : « Voici que l’homme est devenu comme l’un de nous par la connaissance de ce qui est bon ou mauvais. Maintenant, qu’il ne tende pas la main pour prendre aussi de l’arbre de vie, en manger et vivre à jamais ! » Le SEIGNEUR Dieu l’expulsa du jardin d’Eden pour cultiver le sol d’où il avait été pris. Ayant chassé l’homme, il posta les chérubins à l’orient du jardin d’Eden avec la flamme de l’épée foudroyante pour garder le chemin de l’arbre de vie.

[16

Genèse 3,7-16 7 Leurs yeux à tous deux s’ouvrirent et ils surent qu’ils étaient nus. Ayant cousu des feuilles de figuier, ils s’en firent des pagnes.
8 Or ils entendirent la voix du SEIGNEUR Dieu qui se promenait dans le jardin au souffle du jour. L’homme et la femme se cachèrent devant le SEIGNEUR Dieu au milieu des arbres du jardin.
9 Le SEIGNEUR Dieu appela l’homme et lui dit : « Où es-tu ? » 10 Il répondit : « J’ai entendu ta voix dans le jardin, j’ai pris peur car j’étais nu, et je me suis caché. » - 11 « Qui t’a révélé, dit-il, que tu étais nu ? Est-ce que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais prescrit de ne pas manger ? » 12 L’homme répondit : « La femme que tu as mise auprès de moi, c’est elle qui m’a donné du fruit de l’arbre, et j’en ai mangé. » 13 Le SEIGNEUR Dieu dit à la femme : « Qu’as-tu fait là ? » La femme répondit : « Le serpent m’a trompée et j’ai mangé. » 14 Le SEIGNEUR Dieu dit au serpent : « Parce que tu as fait cela, tu seras maudit entre tous les bestiaux et toutes les bêtes des champs ; tu marcheras sur ton ventre et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie. 15 Je mettrai l’hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance. Celle-ci te meurtrira à la tête et toi, tu la meurtriras au talon. » 16 Il dit à la femme : « Je ferai qu’enceinte, tu sois dans de grandes souffrances ; c’est péniblement que tu enfanteras des fils. Ton désir te poussera vers ton homme et lui te dominera. »

[17

Genèse 3,17-21 17 Il dit à Adam : « Parce que tu as écouté la voix de ta femme et que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais formellement prescrit de ne pas manger, le sol sera maudit à cause de toi. C’est dans la peine que tu t’en nourriras tous les jours de ta vie, 18 il fera germer pour toi l’épine et le chardon et tu mangeras l’herbe des champs. 19 À la sueur de ton visage tu mangeras du pain jusqu’à ce que tu retournes au sol car c’est de lui que tu as été pris. Oui, tu es poussière et à la poussière tu retourneras. » 20 L’homme appela sa femme du nom d’Ève - c’est-à-dire La Vivante - , car c’est elle qui a été la mère de tout vivant. 21 Le SEIGNEUR Dieu fit pour Adam et sa femme des tuniques de peau dont il les revêtit.

[18

Genèse 8,20-22 20 Noé éleva un autel pour le SEIGNEUR. Il prit de tout bétail pur, de tout oiseau pur et il offrit des holocaustes sur l’autel. 21 Le SEIGNEUR respira le parfum apaisant et se dit en lui-même : « Je ne maudirai plus jamais le sol à cause de l’homme. Certes, le cœur de l’homme est porté au mal dès sa jeunesse, mais plus jamais je ne frapperai tous les vivants comme je l’ai fait. 22 Tant que la terre durera, semailles et moissons, froid et chaleur, été et hiver, jour et nuit jamais ne cesseront. »

[19cf. la danse du rass lila dans le Bhagavata Purana, où les gopi, les bouvières, ont quitté subrepticement mari, père, frère, fils, pour rejoindre le divin joueur de flûte pour danser toute une nuit avec lui.

[21

Deuteronome 6,4-5 ÉCOUTE, Israël ! Le SEIGNEUR notre Dieu est le SEIGNEUR UN. Tu aimeras le SEIGNEUR ton Dieu de tout ton cœur, de tout ton être, de toute ta force.

[22

Ezekiel 36,25-26 Je ferai sur vous une aspersion d’eau pure et vous serez purs ; je vous purifierai de toutes vos impuretés et de toutes vos idoles. Je vous donnerai un cœur neuf et je mettrai en vous un esprit neuf ; j’enlèverai de votre corps le cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair.


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