Esperer-isshoni.info

Les traces de Dieu dans la création d’après Thomas d’Aquin (1225-1274) - S.T. Ia, q.45 a.7 - Notre commentaire

jeudi 31 mai 2018 par Phap

Voir le texte en latin et français dans la Somme théologique


Table des matières


Introduction : le contexte de la question

1§. Situons l’article 7 de la question 45 de la première partie (I q.45.a.7) dans la Somme Théologique [1] par zooms successifs.

  • Thomas indique le plan général de son œuvre après avoir traité de ce qu’était la doctrine sacrée et de son domaine (Ia q.1)  : «  Nous devons donc, ayant à exposer cette doctrine, traiter : 1° de Dieu  ; 2° du mouvement de la créature raisonnable vers Dieu ; 3° du Christ, qui, comme homme, est pour nous la voie qui mène à Dieu.  ».
  • Thomas précise ensuite le plan de sa première partie : « Nous considérerons : 1° ce qui concerne l’essence divine q.2-26)  ; 2° ce qui concerne la distinction des Personnes (q. 27-43)  ; 3° ce qui concerne la manière dont les créatures procèdent de Dieu (q. 44-119)  ».
  • Thomas introduit ainsi les questions 44 à 119 : « Après avoir considéré la procession des Personnes divines, il reste à considérer la procession des créatures à partir de Dieu. Cette étude comprendra trois parties : 1° la production des créatures (q. 44-46)  ; 2° leur distinction (q. 47-102)  ; 3° leur conservation et leur gouvernement (q. 103-119).
  • Sur la production des choses, on envisagera : 1. Quelle est la cause première des êtres ? (q.44) 2. Comment les créatures procèdent-elles de la cause première ? (q.45) - 3. Quel est le principe de leur durée ? (q.46)  »
  • Thomas commence ainsi l’exposé de la question 45 : « La manière dont les choses émanent du premier principe. C’est ce qu’on appelle la création. 1. Qu’est-ce que la création ? - 2. Dieu peut-il créer quelque chose ? - 3. La création est-elle un être dans la nature des choses ? - 4. A quels êtres appartient-il d’être créés ? - 5. Appartient-il à Dieu de créer ? Créer est-il commun à toute la Trinité, ou propre à l’une des Personnes ? - 7. Y-a-t-il un vestige de la Trinité dans les êtres créés ? - 8. L’œuvre de la création se mêle-t-elle aux œuvres de la nature et de la volonté ?  »

2§. Thomas fait ici œuvre de théologien et non de philosophe en ce qu’il part des données de la révélation pour ensuite les décliner dans une doctrine rationnelle : ces données de foi ne résultent pas d’une démarche philosophique qui déboucherait sur elles par voie de raison nécessaire, elles sont posées dès l’origine de la réflexion comme « autorité » indiscutable.
3§. [Thomas, ne l’oublions pas, s’adresse à des croyants dans la Somme Théologique, à la différence de la Somme contre les Gentils. En faisant commencer la Somme Théologique par Dieu, Thomas montre sa différence avec un Aristote qui arrive à Dieu au terme de sa démarche.]

4§. De fait, pour Thomas, la raison laissée à ses seules forces, la raison « naturelle », ne peut tout au plus aboutir qu’à l’existence d’un Dieu prédiqué comme un, éternel et immuable. Il faut que Dieu se révèle lui-même à la créature rationnelle pour que celle-ci découvre le Dieu trine.

5§. Si Thomas ne fait pas œuvre de philosophie, il ne fait pas non plus œuvre de « théologie mystique » : il ne s’agit pas pour lui de produire une connaissance qui surgirait de manière illuminative, sans médiation, par une sorte d’affinité entre le sujet connaissant et son objet de connaissance, savoir Dieu, affinité qui rendrait le connaissant semblable à l’objet connu et qui lui permettrait ainsi d’accéder immédiatement à la vérité divine.

6§. Thomas veut déployer le mystère chrétien dans une doctrine argumentée, discursive et progressive, une doctrine soumise aux régulations de la démarche rationnelle, il veut montrer les « convenances » des affirmations de la foi avec la raison critique. Sa théologie peut donc être qualifiée de « théologie acquise » [2].

7§. Après ces considérations générales, attachons nous à la première partie de la Somme Théologique qui traite du Dieu unique, du Dieu trine, et enfin du Dieu créateur [3].

8§. Il est remarquable que Thomas traite du Dieu créateur après avoir traité du Dieu trine. Ce faisant, il donne à penser que l’activité créatrice de Dieu ad extra dépend d’une manière ou d’une autre de la procession des Personnes ad intra. Nous développerons cet aspect dans notre conclusion.


1. Explication de termes : « attributs appropriés », « représentation » et « ordre ».

9§. La question 32 a.1 permet d’éclaircir le terme d’attributs appropriés (appropriata ).

10§. Thomas y distingue les « propriétés personnelles » (propria) qui distinguent les trois Personnes divines, soit la paternitas du Père au Fils , la filiatio du Fils au Père et la processio de l’Esprit Saint au Père [4]. Ces propria sont inaccessibles aux philosophes et à la raison naturelle non aidée par Dieu.

11§. Par contre, les philosophes ont su distinguer les attributs essentiels de Dieu, à savoir la puissance (potentia), la sagesse (sapientia) et la bonté (bonitas).
12§. Le croyant chrétien « approprie » ces attributs respectivement aux personnes du Père, du Fils et de l’Esprit saint dans un deuxième temps, après avoir confessé le Dieu trine [5]. Il s’agit ici de faire plus comprendre le mystère de la Trinité, tout en sachant que ces attributs essentiels sont communs aux trois Personnes divines et qu’ils ne sont pas des propriétés personnelles permettant de distinguer chacune des Personnes [6].

13§. Le corps de l’article utilise massivement le terme de repraesentatio . Ce terme présuppose une vision avec d’un côté Dieu comme premier exemplaire ( primum exemplar), de l’autre les choses qui sont faites à la ressemblance des formes exemplaires contenues dans l’esprit divin ( formas exemplares in mente divina existentes). Les choses alors « représentent » ces formes exemplaires, comme « la maison matérielle représente la maison que l’architecte conçoit » [7].
La Ia q.47 a.1 précise que Dieu créé les choses parce qu’il veut leur communiquer sa bonté et qu’il veut qu’à travers elles ( per eas) cette bonté soit représentée.

14§. La notion d’ordre peut s’entendre de deux manières, selon que l’on considère la chose ordonnée à sa fin ou la chose ordonnée aux autres choses.

  • Pour Thomas, il y a un ordre des choses créées entre elles, ordre voulu par Dieu. Dieu a constitué l’univers de manière optimale en ce que chacune de ses parties se rapporte de manière optimale au tout de l’univers : si les choses prises individuellement sont bonnes, ensemble elles sont très bonnes ( valde bona) dit Thomas en s’appuyant sur Gén 1,4 [8]. Cet ordre assigne à chaque chose son lieu, sa place (locus), dans l’univers, et cela de manière optimale ( ordinatissime) [9].
  • Dans cet ordre universel, les espèces tiennent leur rang en fonction de leur degré de participation à la bonté divine. Si chaque chose est ordonnée avec les autres, elle ressort aussi d’une « espèce » propre qui l’ordonne à une fin « spécifique » et lui donne « naturellement » l’inclination vers cette fin [10].


2. Commentaire de la réponse de Thomas dans l’article 7

15§. Thomas répond de manière progressive.

16§. Il rappelle que tout effet représente sa cause en quelque manière, soit sous forme de vestige, de trace (vestigium) soit sous forme d’image (imago).

  • L’image est un effet qui porte une ressemblance de forme (similitudo formae [11] ) avec sa cause, alors que
  • le vestige ne témoigne que de ce qu’il a été causé, mais sans rien dire de la forme de cette cause.

17§. Thomas montre que la Trinité est représentée sous le mode de l’image dans les créatures rationnelles qui disposent et d’un intellect et d’une volonté [12], comme Dieu.
Il y a en elles un verbe « conçu » (en tant qu’acte de l’intellect) un amour « procédant » (en tant qu’acte de la volonté), de même qu’en Dieu le Fils-comme-Verbe procède [13] de l’intellect et l’Esprit saint-comme-Amour procède de la volonté [14].

18§. Thomas montre ensuite que toutes les créatures - rationnelles ou non - représentent la Trinité sous le mode du vestige.

  • En effet, toute créature est (an est), elle « subs(is)te » (donc elle renvoie au principe qui la fait être, le Père) ;
  • toute créature est quelque chose (quid est), elle est déterminée par la forme de son espèce (donc elle renvoie au Fils en qui préexistent toutes les formes) ;
  • toute créature a un rang qui l’ordonne aux autres créatures (donc elle renvoie à l’Esprit saint qui, comme amour, oriente, « souffle » vers d’autres que soi).

19§. Enfin, Thomas reprend trois triades développées par Augustin, qu’il met en correspondance avec le vestige précédent. Nous les reprenons dans le tableau ci-dessous, sans plus de commentaire :

Substance Forme de l’espèce Ordre
Mesure Nombre Poids
Mode Espèce Ordre
Ce qui est constitué quid constat Ce qui est distingué quid discernitur Ce qui convient quid congruit


3. Commentaire des objections et réponses de Thomas dans l’article 7

20§. La première objection s’appuie sur la réponse négative de Ia q.32 a.1 : la raison naturelle ne peut parvenir à la connaissance de la Trinité des Personnes divines [15]. Or si l’investigation permet de trouver un vestige de la Trinité dans les choses créées, la raison naturelle qui connaît à partir des choses devrait alors pouvoir arriver à « remonter » par abstraction à la Trinité. Ce qui est contradictoire.
Thomas répond que le vestige fonctionne sur le mode de l’appropriation qui, en tant que telle, ne permet pas d’établir la distinction des trois Personnes divines. Thomas renvoie cependant au corps de la question, où la définition du vestige, comme effet disant seulement la cause et non la forme de la cause, exclut de jure de trouver la forme de la Trinité dans le vestige.

21§. Cela dit, l’objection porte sur les vestiges de la Trinité. Mais qu’en est-il de l’image de la Trinité dans les créatures rationnelles ? Ne peut-on pas déduire de cette image la Trinité ?
Nous pouvons répondre par la négative [16] : l’image présuppose la révélation de la Trinité, et, « la Trinité étant admise (posita) », l’image vient confirmer celle-ci dans un deuxième temps, et cela par voie explicative, par voie de « congruence », et non par voie démonstrative. Ainsi répond Thomas à la prétention qu’Augustin [17] aurait chercher « à manifester la Trinité des Personnes à partir de la procession du verbe et de l’amour en notre esprit (mente) ».

22§. La deuxième objection n’appelle pas de remarques de notre part.

23§. La troisième objection traite du vestige de l’unité d’essence. Thomas sous-entend ici « l’unité d’essence divine » (unitas essentiae divinae Ia q.27). Il en va de même de la nature commune (divine). D’après cette objection, les créatures témoignent de l’unité de l’essence divine, et non de la distinction des Personnes en Dieu.

24§. La réponse de Thomas renvoie à l’article précédent [18] : certes, l’agir créateur (ad extra) est bien le fait commun des trois Personnes divines, mais chaque Personne est cause de la créature selon son mode de procession propre (ad intra).

« Dieu est cause des choses par son intelligence et sa volonté, comme il en est de l’artisan pour les produits de son art. Or l’artisan opère d’après le verbe conçu dans son intelligence, et par l’amour que sa volonté porte à son œuvre. Aussi Dieu le Père a-t-il produit la créature par son Verbe qui est le Fils ; et par son Amour, qui est l’ Esprit saint . De la sorte , les processions des Personnes sont la raison de la production des créatures [19] , en tant qu’elles incluent les attributs essentiels que sont la science et la volonté ».

Notons au passage que Thomas raisonne ici par analogie : il ne fait pas œuvre démonstrative en ce qui concerne la Trinité.


Conclusion

25§. En Ia q.93. a.4, Thomas va plus loin dans l’analyse de l’homme à l’image de Dieu en précisant que cette image est d’autant plus conforme à l’exemplaire que la « nature intellectuelle [comme comprenant la volonté et l’intellect] » de l’homme imite à proportion la nature intellectuelle divine, savoir « surtout en ce que Dieu se connaît et s’aime ».
En fonction du degré d’actuation de cette connaissance et de cet amour de Dieu (« de » au sens subjectif), Thomas distingue trois degrés de ressemblance de l’homme à Dieu, à la suite de la Glose :

  • l’image commune (imago creationis de l’homme naturel),
  • l’image par conformité de grâce (imago recreationis de l’homme gracié, « surnaturé » mais encore en chemin en cette vie), et
  • l’image selon la ressemblance de gloire (imago similtudinis de l’homme bienheureux).

26§. On peut s’étonner de l’insistance thomasienne à retrouver la Trinité dans les créatures. Il aurait pu se contenter du Dieu créateur considéré dans l’unicité de son essence. Pourquoi vouloir relier la procession ad intra au processus d’émanation ad extra (ce que Thomas appelle proprement la « création ») ?

27§. Pour répondre à cette question, nous reprendrons Ia q.32 a.1 ad.3 : sans la révélation de la Trinité, nous ne pouvons penser (sentire) de manière juste ni la création ni le salut, dit Thomas.
28§. Montrons le pour la création :

  • 29§. Parce que Dieu a créé toutes choses par son Verbe, il n’a pas créé par nécessité interne, par « nécessité de nature ». Autrement dit, c’est grâce à la procession du Verbe que Dieu a créé l’univers librement, puisque « la forme intelligible est indifférente à l’égard de l’un ou l’autre des opposés [faire la chose relative à la forme, ou ne pas la faire] [20] », et que donc par le Verbe, Dieu a pu créer comme il a pu ne pas créer. Comme le dit Sertillanges, il s’agit de faire taire toute tentation de « panthéisme émanatiste ».
  • 30§. Inversement, Thomas réaffirme la rupture ontologique entre Dieu et le créé en soulignant la radicale dépendance du créé par rapport à Dieu, radicale dépendance qui a pour contrepoint l’ « absoluité » (comme absence de lien) de Dieu par rapport à son créé - pour le dire autrement, il n’y a pas univocité de l’être rapporté à Dieu et rapporté à la créature.
    31§. Parce que l’Esprit saint procède en Dieu, nous savons que Dieu a créé à cause de l’amour de sa bonté (propter amorem suae bonitatis), et non par besoin (aliquam indigentia) ou en raison d’une cause externe (propter aliam causam extrinsecam). Dieu créé l’univers dans l’abondance,- ou plus exactement dans la surabondance, dans la « superfluïté » - de sa bonté en elle-même et pour elle-même. Autrement dit, Dieu ne perd ni ne reçoit rien quand il crée, cela ni ne lui coûte ni ne lui rapporte.

32§. Au final, Thomas nous enseigne que dans le mystère des processions intra-divines se dit « déjà » le mystère de la création extra-divine. Nous avons besoin de la révélation trinitaire pour comprendre autant que cela est possible notre univers et sa relation à Dieu. La « cosmopoésie [21] » se dit à partir d’une « théogonie » [22], la vie intratrinitaire intéresse fondamentalement, originellement, « structurellement » la vie créée.

[Notons que l’inverse n’est pas vrai :

« Puisque Dieu est en dehors de tout l’ensemble des créatures, et que toutes les créatures sont ordonnées à lui sans que ce soit réciproque , il est évident que les créatures sont référées à Dieu réellement. Mais en Dieu il n’y a pas une relation réelle avec les créatures etc. ... » [23] ]

33§. Il faudrait aborder le deuxième point, à savoir que Dieu, en nous révélant qu’il est Dieu trine, nous donne principalement de penser plus justement le salut du genre humain. On retrouverait peut-être ici le Grundaxiom de Karl Rahner, savoir que la Trinité économique est la Trinité immanente et réciproquement. Cela reste à établir


.
© esperer-isshoni.fr, avril 2007
© fr. Franck Guyen op, mai 2018

[1Les citations françaises proviennent de : Thomas d’Aquin - Somme Théologique - coordination d’A. Raulin - tome 1 - Cerf 1984. Les citations latines proviennent des fascicules de la Revue des Jeunes - Desclée & Cie.

[2Voir Ia q.79 a.8 corps où Thomas rapporte le raisonnement à l’intuition intellectuelle comme l’imparfait au parfait. Pour saisir la vérité, l’homme doit abstraire l’intelligibilité des choses dont il est informé par ses sens corporels, et ensuite son intellect doit aller d’un objet intelligible à un autre - id est raisonner -, à la différence de l’ange qui appréhende la vérité simplement et sans discursivité (discursu) - l’ange « intuite » la vérité sans avoir besoin de passer par le sensible, la vérité est « innée » en lui - cf. Ia q.76 a.5 corps. Voir aussi Ia q.58 a.3

[3Thomas précise en Ia q. 46 a.3 dans le corps que Dieu a créé en même temps (simul) le ciel empyrée, la matière corporelle (désignée sous le nom de terre), le temps et la nature angélique.

[4La Ia q.32 a.3 ajoute comme proprietate la innascibilitas qui se rapporte au Père comme ne procédant de personne.
Voir aussi le corps de Ia q.39 a.8, et la troisième considération où Thomas explique comment puissance, sagesse et bonté sont appropriés aux Personnes divines par analogie ; la quatrième considération part de la formule « de lui et par lui et en lui » : « de lui » est approprié au Père comme cause efficiente du fait de la puissance ; « par lui » au Fils comme cause formelle du fait de la sagesse ; « en lui » à l’Esprit saint car « Dieu contient aussi les choses en ce sens que sa bonté les conserve et les gouverne, en les conduisant à la fin qui leur convient ».

[5cf. q.32 a.1

[6cf. Ia q.39 a.7

[7cf. Ia q.44 a.3

[8(cf. Ia q. 47 a.2 ad 1)

[9- cf. Ia q.49 a. corps

[10- cf. Ia q.75 a.7 pr.1

[11Ia q.93 a.6 corps parle de ressemblance d’espèce (similitudo speciei)

[12Rappelons l’argumentation de Thomas pour démontrer qu’il ne peut y avoir plus de deux processions en Dieu - Ia q.27 a.5 : les processions en Dieu ne peuvent qu’être ad intra ; or seules deux actions demeurent en l’agent quand celui-ci est de nature « intellectualis » et/ou divine, savoir l’ »intelliger » et le « vouloir ». Donc il ne peut y avoir que deux processions, celle de l’intellect et celle de la volonté. On voit ici le rôle central de l’intelligence et de la volonté. Thomas attribue à ces deux facultés le « sujet / suppôt » de l’âme, ce qui fait qu’elles demeurent quand le corps est détruit, à la différence des facultés sensitives et végétatives qui ont pour sujet le « composé humain » - cf. Ia q.77 a.8 corps

[13Thomas emploie le terme de « procéder » dans deux sens comme nous le constatons ici : en un sens élargi ; il s’applique aussi bien au Fils qu’à l’Esprit saint ; en un sens restreint, il nomme la propriété personnelle de l’Esprit saint, savoir la relation de l’Esprit saint au Père - la relation du Père et du Fils à l’Esprit saint étant désignée sous le nom de « spiration commune » et n’étant pas une propriété personnelle. cf. Ia q.32 a.3

[14- cf. Ia q.27 a.3. La personne du Père se dit ici de manière sous-entendue, dans le fait que le Fils « Verbe-conçu / engendré » et l’Esprit saint « Amour-procédant » renvoient au Père comme terme des propriétés personnelles respectives de filiation et de procession. La personne du Père se dit aussi en ce que les actions intellectuelles et volontaires ont pour agent le Père

[15En effet, l’homme en tant qu’être corporel ne peut tirer sa connaissance qu’à partir des choses corporelles ; or celles-ci conduisent à la connaissance de Dieu comme l’effet conduit à la connaissance de sa cause. Or Dieu comme virtus creativa est exercée conjointement par les trois Personnes, elle ressort de l’ »unité d’essence », non de la distinction des Personnes. Autrement dit, la raison naturelle en investigant les choses aboutit au mieux à un principe universel donnant d’être (essendi), une cause universelle des êtres (entium), qu’elle appelle Dieu, mais pas à un Dieu trine.

[16en reprenant Ia q.32 a.1 pr.2. et ad.2

[17IX De Trin. 4

[18de la Ia q.45 a.6

[19élément de phrase repris in extenso dans la réponse qui nous occupe.

[20Ia q.14 a.8 corps avec les notes particulièrement éclairantes de A.D. Sertillange dans l’édition de la Revue des Jeunes - Desclée et cie - 1926.

[21plutôt que la cosmogonie, terme qui peut relever de l’immanentisme et de l’émanatisme.

[22en sachant qu’en rigueur de termes, seul le Fils est proprement dit engendré. Nous étendons ce terme aux processions pour faire formule.

[23in Ia q.13 a.7 corps.


Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 9 / 112165

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Quand le chrétien parle l’homme  Suivre la vie du site Théologie fondamentale   ?

Site réalisé avec SPIP 3.1.0 + AHUNTSIC

Creative Commons License