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Un témoin privilégié du Japon de Meiji : le père Aimé Villion (1843-1932)

lundi 10 mars 2014 par Phap

Nous partons du livre du père Aimé Villion, Cinquante ans d’apostolat au Japon, publié en 1923 aux éditions des Missions étrangères de Paris (M.E.P.) de Hong-Kong.
Dans ce livre, nous entendrons un témoin privilégié de l’époque Meiji, si importante pour le Japon. Nous croyons utile de récapituler les dates et les événements dont parle Aimé Villion ; nous préciserons aussi la ou les pages où les dates apparaissent.
Sachant que l’ouvrage de Villion est rare, nous nous permettrons de citer les textes aussi largement que possible. Rappelons que Villion parle d’abord comme témoin engagé, et non comme historien de profession : le souci historique n’est pas la visée première de son travail.


Tableau des dates et événements rapportés par le père Aimé Villion

Date rapportée Événement
1174-1268 p.211 :Villion cite les dates de la vie de Shinran shônin, le fondateur de la « secte » du Jôdo shinshû.
15 août 1549 p. 195 : Débarquement de François-Xavier au Japon.« Arrivé à Kayoshima [sic] le 15 Août 1549, saint François-Xavier fit demander aussitôt une audience au prince de Satsuma, Shimazu Takahisa ».
1550 p. 367 :Villion renvoie à François-Xavier dépeignant les qualités des Japonais.« Cette faculté éminente de nos chers Japonais, curieux, inquisiteurs, avides d’apprendre, ainsi que les dépeignait déjà en 1550 leur grand apôtre [François Xavier] »
1552 p. 322 : Villion se réfère au souhait de François Xavier : « J’espère, avant une année, vous annoncer que nous avons érigé, au milieu de cette ville de Méaco [1], une église à la gloire de la Reine du ciel, écrivait il en 1552 de Yamanaguchi au gouverneur de Malacca, Pedra da silva ».
18 novembre 1596 p. 111 : Affaire du galion espagnol échoué au Tosa.« C’était justement sur les côtes de ce même Tosa .. que le 18 novembre 1596 le Prince Chôsokabe faisait échouer le galion espagnol le Saint-Philippe, désemparé par dix jours de typhon. C’est là ce qui mit fin aux tergiversations du Taikô Toyotomi Hideyoshi, qui, poussé par l’avarice, fit confisquer officiellement les trésors apportés des Philippines sur le galion, donna les derniers ordres de la persécution et lança l’édit de mort contre nos 26 Martyrs »
1597 p. 31 [2] : Martyr de 26 chrétiens, rappelé par Villion à l’occasion des déportations de 1870 : « Les 26 de 1597, et les milliers du XVIIe siècle... doivent contempler avec bonheur cette grande confession de la foi... Gloire à Dieu ! »
1601 p. 364 : Bataille de Sekigahra.« En 1601, après la bataille décisive de Sekigahara... Tokugawa Ieyasu avait réduit deux deux tiers l’apanage des Môri... L’attente fut longue ; ce n’est que 250 ans après que l’occasion favorable se présenta [lors du renversement du dernier Shôgun Tokugawa]. »
1622-1651 p. 115 : Shogunat de Tokugawa Iemitsu.« C’est sous le règne de Tokugawa Iemitsu (1622-1651) le troisième Shôgun, que ces édits [de proscription] infâmes avaient été placardés,... »
1844 Arrivée de deux missionnaires « En 1844, une corvette française, l’Alcmène, avait débarqué deux missionnaires à Naha, dans l’île d’Okinawa, pour y résider, apprendre la langue et attendre l’heure propice pour entrer dans le pays interdit. L’un d’eux était le P. Forcade, mort Archevêque d’Aix en 1887. »
1853 p. 82 : Arrivée du Commodore Perry
1854 p.188 [3] : Grande épidémie de choléra pendant que Villion est à Lyon. Son frère lui montre un remède qu’il utilisera au Japon à Kôbe
1856 p. 82 : Arrivée à Naha (Okinawa) du père Mounicou
1862 Incendie à Kyôto, « lors de l’attaque manquée des gens de Chôshû pour s’emparer de l’empereur ». Le « grand temple Higashi Hongwanji... avait été détruit »
1862 p. 410 [4] : Bombardement de Shimonoseki en représailles par les canonnières européennes.
17 juillet 1864 p. 6 : Neuf martyrs des M.E.P. « toute la mission de Corée »
17 mars 1865 p.11 [5] : Le père Petitjean découvre des chrétiens dans son église de Nagasaki. Tout commence par la question d’une chrétienne cachée : « Où est l’image de Maria sama ? ».
Mars 1866 p.10 : Grande persécution en Corée de la « merveilleuse foi de Corée,... néophytes sublimes engendrés d’eux mêmes, peut on dire, poussés comme un champignon merveilleusement sorti des germes de quelques livres de doctrine fortuitement importés de Chine au XVIIII e siècle ».
16 juin 1866 p. 197 : Adieu déchirant de Villion à son père.« J’avoue que ces quelques instants [séparation de Villion d’avec la communauté chrétienne de Kôbe en 1879] furent cruels. Ils me rappelaient les dix minutes, les dernières passées en tête à tête avec mon père, à la gare de Lyon le 16 juin 1866, à l’arrêt du train qui m’emmenait à Marseille, lors de mon départ pour les missions : je lui parlais, mais sans avoir la force de lever les yeux sur lui, dans la crainte que le cœur ne vienne à me manquer ! »
19 juin 1866 p.6 : Villion part de Marseille
22 octobre 1866 p.10 : Bernard Petitjean arrive à Hong Kong pour recevoir la consécration épiscopale
1867 p.331 : Suicide d’un Noble « forcé à s’empoisonner en 1867, avec d’autres officiers de la Cour, à cause de certains soupçons qui avaient couru au sujet de la maladie qui avait emporté rapidement l’empereur Kômei tennô ».
1867 p.258 : Conflit entre partisans du Shôgun et partisans de l’Empereur« C’était au temps des troubles de la Restauration en 1867. Un souffle de révolution gagnait tous les esprits. Parmi les serviteurs même des Tokugawa, beaucoup considéraient comme nécessaire l’abdication du Shôgun pour rétablir l’autorité immédiate du Mikado. »
Printemps 1867 p.14 : Arrestation de 35 notables (chrétiens) de la vallée d’Urakami
1868 p.11 : Mgr Petitjean appelle Villion au Japon où « La guerre de la Restauration s’y poursuivait encore, shogun contre Chôshû et Satsuma, gens du Sud contre l’autocratie des Tokugawa »
1868 p.89 [6] : Redécoupage administratif du Japon« C’était le temps où l’on divisait le Japon en départements (ken . 県  [7]..) pour remplacer les fiefs (han 藩..) de l’ancienne féodalité abolie ».
Janvier 1868 p.83 : Ouverture du port de Kôbe aux étrangers.« Les ministres européens avaient pu arracher au gouvernement du Shôgun Keiki l’ouverture du port de Kôbe... L’ouverture de ce port s’accomplissait en janvier 1868, juste au moment où s’écroulait la puissance des Tokugawa. »
Janvier 1868 p. 44 [8] : La ligue des satchôto, c’est-à-dire des trois grands daimyô du Satsuma, Chôshû et Tosa, avait, en Janvier 1868, triomphé de Tokugawa Kekiki
8 juin 1868 p.21 : Édit de proscription des chrétiens« Forcé par l’opinion publique, le gouvernement nouveau, bien qu’avec les meilleurs intentions, ne fut pas assez fort au début pour s’opposer à l’exécution d’un décret porté le 8 juin 1868 et publié dans le Journal Officiel du temps : Le nombre des chrétiens ayant augmenté récemment dans les villages d’Urakami, près de Nagasaki, par ordre de la plus haute autorité tous seront emprisonnés, conformément au document ci-annexé... en tout, 4100 déportés, chez 34 Daimyôs.
Juillet 1868 p.15 [9] : Emprisonnement de 180 chefs de famille (chrétiens) de la vallée [de Murakami ?], exilés à Hagi.
Juillet 1869 p.19 : « Tous ces princes qui tant d’années durant avaient versé le sang de nos Pères, allaient voir liquider leur situation. Un décret de l’Empereur les convoqua tous à Yedo au mois de juillet 1869 ».
Été 1869 p.18 : Derniers combats au Nord, à Hokaido, où « Le brave Enomoto.. avait réuni la flotte du Taikun »
1870 p.23 [10] : 1870, l’année terrible, dont la France a gardé le souvenir lugubre ; dont l’Église entière , en son chef, a subi le contre-coup.
Janvier 1870 p.323 [11] : « jours terribles, inoubliables, de la déportation des 3.800 confesseurs d’Urakami en Janvier 1870 »
1870 p.210 : Décret autorisant les religieux à se marier.« un décret impérial promulgué en 1870, la 3° année de la restauration, avait relevé du vœu de célibat tous les religieux de l’Empire. »
Décembre 1870 Retour à Nagasaki de Mg Petitjean, parti à Rome pour le Concile, où « la proclamation du dogme de l’Infaillibilité avait clos pour un temps les sessions du Concile ».
1871 p.11 : Mgr Petitjean quitte Nagasaki pour Yokohama
1871 p. 87 : Témoignage d’une chrétienne citée par Villion, pour étayer l’existence de la volonté du gouvernement Meiji de prohiber le bouddhisme.« un décret menaçait de renverser toutes les pagodes de l’Empire, invitant les bonzes à choisir entre le métier de soldat et celui d’agriculteur. Que ce décret ait été lancé, j’en ai la preuve longtemps après, par une de nos bonnes chrétiennes, Lucia Matsumoto qui me disait en 1886 à Kyôto : ‘Je puis vous affirmer, Père, que, en la 4e année de Meiji (1871), nous avons reçu une circulaire de la mairie de notre quartier, nous ordonnant de cesser toutes les invocations et cérémonies du nembutsu (psalmodie bouddhiste).’ »
28 septembre 1871 p.105,106 : Lettre de bénédiction du Pape Pie IX « A notre cher fils Bernard [Petijean], Évêque du Japon. (...) donné a Rome auprès de Saint-Pierre le 28 septembre 1871,la vingt-sixième année de notre pontificat »
16 octobre 1871 p.82 : Décès à Kôbe du Père Mounicou, « reste des vénérés Anciens qui avaient rouvert la Mission du Japon. Il avait débuté par un séjour de 4 ans aux îles Ryûkyû, cet archipel au Sud du Japon, entre Formose et le Japon lui-même. »
24 novembre 1871 p.83 [12] : Arrivée de Villion à Kôbé « ou Hyôgo comme on le nommait alors, du nom de la ville japonaise qui est tout à côté ».
22 décembre 1871 p.89 [13] : Tour des grandes villes occidentales par une ambassade japonaise, afin de renégocier les Traités« La grande ambassade s’embarqua à Yokohama le 22 décembre 1871. ... Iwakura Tomomi, Udaijin (ministre de droite)... Terashima Munemori, Vice ministre des Affaires Étrangères ; Kido Takamasa, le principal auteur de la Restauration Okubo Toshimichi, Ministre des Finances ; Itô Hirobumi, le futur grand homme d’État, le père de la Constitution de 1889. C‘était l’élite du Japon. Dieu avait ses vues, en les amenant ainsi en Europe, afin qu’ils puissent y reconnaître son œuvre dans le fond de notre civilisation chrétienne. »
Hiver 1872 p. 92, 93 ,94 [14] : Opinion publique anglo-saxonne sensibilisée au sort des chrétiens japonais
Été 1872 p.89 : Arrivée à terme des traités anglais et français
1873-1874 p.136 : Période difficile pour Villion, qui est tenté de partir aux États Unis« Je pensais sérieusement à chercher ailleurs un champ de travail libre pour le royaume de Dieu. Un saint et noble cœur d’évêque, dont le zèle a tant fait dans l’Amérique du Nord, m’attirait malgré moi : Après des luttes des souffrances et de cruelles angoisses, j’allais m’y décider, malgré les sages observations de notre Vicaire Apostolique ? Un an de pareil effort est un rude purgatoire, je le dis franchement. Aussi 1873-1874 restera toujours en ma mémoire
1873 p. 46 [15] : le prince Iwakura en 1873 télégraphie de Berlin à Yedo pour faire remettre en liberté les chrétiens d’Urakami captifs
Mars 1873 p.115 [16] » de Yokohama
1875 p.206 ?? [17] : Villion rencontre à Kôbe Émile Guimet, son condisciple au collège de Neuville-sur-Saône
1875 p.195 [18] : Fondation de l’Université du Dôshida par les Presbytériens à Kyôto. « Depuis trois ans, les Presbytériens d’Amérique avaient jeté les bases de leur fameuse Université du Dôshida »
Pâques 1875 p.143 : Premier baptisé à Kôbe
1876 p.323 [19] : Division du Japon en deux Vicariats.« En 1876 la division du Nord et du Sud donnait deux Evêques au troupeau grandissant, le bien aimé Mgr Osouf à Tôkyô, le vénéré Mgr Petitjean, à ses chères ouailles du premier bercail ».
Printemps 1876 p.148 : Location d’une maison pour des conférences publiques [où ?]
Épiphanie 1878 p.159 : Baptême de 82 catéchumènes [où ?])
1878 p. 167 : Villion voyage en dehors de la concession.« C’était toute une affaire, en cette 9 année de meiji (1878) que de sortir de la concession... ce me fut une facilité pour obtenir de la Préfecture l’autorisation de me lancer hors des limites fixées par les traités ».
1878 p. 395 : Révolte de Saigô Takamori contre le gouvernement Meiji.« Leo Nakashima... prit part comme officier à l’échauffourée de Maebara en 1878 et au début de la campagne de Saigô Takamori en Satsuma, et fut obligé ... de se cacher au moment de la défaite du part. »
Novembre 1878 p.195 [20] : Mgr Petitjean ordonne à Villion d’aller à Kyôto
1879 p. 379 [21] : Épidémie de choléra à Kôbe
Lundi 28 septembre 1879 p. 196 [22], p. 226 : Villion arrive par le train de Kôbe à Kyôto
5 février 1881 [?] p. 227 : Premier baptême à Kyôto de Villion« Et ce fut au jour de nos 26 saints Martyrs japonais, le 5 Février 1831, que notre petite chapelle fut régénéré le premier catéchumène, Paul Miki Nakamura, qui fut une des colonnes de l’Eglise de Kyôto, un bon et excellent chrétien... »
10 janvier 1882 p. 252 : Villion déménage dans « une nouvelle maison de prière », mieux située, à Kyôto. La maison est achetée et non plus louée comme lors de la première installation – l’achat est fait sous un prête-nom japonais.
27 décembre 1883 p.278 [23] : Affaire des malversations au Higashi Hongwanji : « 360 000 dollars manquaient aux coffres des recettes. Plus de 350 fidèles de la secte, hommes de position et samurai en grand nombre, guidés par un officier du nom de Ushigoru, du clan de Kaga, étaient venus de 80 lieues et avaient enfoncé les portes de la chancellerie pour demander au grand prêtre Monzeki la tête du bonze Abe, le grand trésorier »
9 octobre 1884 p.291 [24] : Décès de Mgr Petitjean, « enterré dans sa chère église de Nagasaki, à l’endroit même où, 19 ans auparavant, la Sainte Vierge lui accorda la grande grâce de la découverte des anciens chrétien du Japon »
18 janvier 1885 p.292-293 : Mort de Mgr Laucaigne, évêque auxiliaire, enterré à Osaka
21 septembre 1885 p.299 : Sacre de Mgr Cousin, « Le vénéré Mgr Osouf était le consécrateur ; un cher ami, Mgr Blanc de Corée, était venu comme assistant ; le Père Evrard, notre doyen, faisait fonction du second Pontife assistant »
15 octobre 1885 p.305 : Accueil des trois Sœurs à la gare de Kyôto. Visite aux Sœurs de « Madame Sone, la belle-sœur du Ministre des Finances, de celui qui signera plus tard la révision des traités en 1894 ».
29 septembre 1886 p.301 : Décès de Thomas Nakano, un catéchiste très aimé, ce qui entraîne un lourd passage à vide de Villion. « Je restai immobile comme une pierre de marbre... C’était le 6° anniversaire de mon entrée à Kyôto. – Comment ne suis je pas mort avec lui ce jour-là ?Je m’y étais trop attaché ! Je le compris : pour mon châtiment, je tombai dans la plus complète langueur et perdis toute énergie ... Mgr Cousin vient plus d’une fois secouer ma langueur.. « Vous offensez Dieu par cette douleur trop naturelle. Quel profit pour son œuvre si vous venez à mourir vous aussi »
1886 p. 148 : Conférences publiques de Villion, efficacement aidé par Paul Tomita « en pleine ville sacrée de Kyoto, la Mecque du Bouddhisme »
24 décembre 1886 p.314 : Baptême d’un lieutenant en garnison à Otsu
11 juin 1888 p. 323 : Après création d’un troisième Vicariat, sacre épiscopal de Mgr Midoux à Yokohama« Le Père Félix Midou, Provicaire de Mgr Osouf, fut préconisé évêque de Caesaropolis et Vicaire Apostolique du Japon Central, Osaka devenant le siège du nouvel évêché ».
Septembre 1888 p.331 : Acquisition d’un terrain non morcelé à Kyôto pour bâtir une église
11 février 1889 p.14 [25] : "glorieuse proclamation de S.M . l’Empereur Meiji, inscrivant a jamais son nom dans l’histoire par la ‘liberté de religion’ »
18 février 1889 p.336 : Mandé à Osaka par Mgr Midon, Villion reçoit l’ordre d’aller évangéliser les provinces de l’Ouest.
24 février 1889 p. 337 : Départ de Kyôto pour Yamaguchi
Avril 1889 p.340-341 : A nouveau, Villion doute et est tenté par un nouveau départ en Amérique. Le père Evrard l’en dissuade au dernier moment.« La nuit, les idées les plus sombres m’assaillaient : mon temps au Japon semblait près de finir, si je ne me décidais à aller continuer ailleurs l’oeuvre de ma sainte vocation....Au milieu d’avril, je m’enfuis donc clandestinement de Yamaguchi. Je me rendis à Kôbe, puis à Osaka pour demander à mon Evêque une lettre de celebret, et je m’acheminai vers Yokohama pour prendre passage sur un des paquebots du Pacific Mail ».
Après avril 1889 p. 342 : Villion se repose au sanatorium de Hong Kong, suite à sa crise.
1 mai 1890 p. 343 : Église de Saint François-Xavier ouverte au culte à Kyôto
1891 p. 391 : Apparition de la grippe.« C’est à cete époque (1891) que parut pour la première fois cette maladie nouvelle, si connue depuis sous le nom d’ « influenza »...Notre pauvre évêque, Monseigneur Midon, terrassé par la maladie, fut obligé de partir...[à Marseille] d’où il ne devait pas revenir.. ce ne fut qu’au printemps de 1893 que mes forces me revinrent complètement
1892 p.273( ?) [26] : Congrès des Religions à Chicago« Hirai Kinzô devait plus tard être chargé par Hongwanji de réfuter le Nouveau Testament,.. était envoyé comme délégué du Bouddhisme en Amérique au fameux congrès des religions à Chicago en 1802 »
1894 p. 306 : Révision des traités
[1894-1895 guerre sino-japonaise, traité de Shimonoseki signé le 17 avril 1895 – Villion ne donne pas les dates]  [27] : Guerre sino-japonaise et Traité de Shimonseki« Je me trouvais par hasard à Shimonoseki même, où avaient lieu les conférences pour le traite de paix avec l’ambassadeur chinois Li Hung Chang. ... un assassin tira sur l’ambassadeur.... Toutefois, cet attentat modifia, en les adoucissant, les clauses du traité de Shimonoseki. L’une d’elles, hélas ! allait susciter la malencontreuse intervention des puissances européennes, Russie, Allemande et France. Ce fut un brandon de discorde qui allait couver pendant dix ans dans le cœur des japonais et éclater plus tard dans la terrible guerre russo japonaise. »
8 octobre 1895 p.315 : Assassinat de la reine de Corée, à l’instigation du colonel Miura. Un chrétien Fujita, baptisé par Villion, fait partie des assassins.« pourquoi faut-il que son ardent patriotisme l’ait entraîné quelques années plus tard en une aventure regrettable ? .. je lisais en effet, son nom dans les journaux, parmi les agresseurs du palais de Séoul, lorsque le colonel Miura pénétrait de force avec une bande de conjurés, dans la résidence royale, pour y assassiner de nuit la pauvre reine, et mettre ainsi un terme aux intrigues sinophiles de cette femme à la politique dangereuse. »
6 novembre 1895 p.409 : Sur ordre de Mgr Vasselon, successeur de Mgr Midon décédé, Villion quitte Yamaguchi pour Hagi.« Là dans le Nagato, plus de 40 lieues me tendaient les bras. Je m’y sentais appelé. D’autre part, la chère chrétienté de Yamaguchi était sur un bon pied. Il me restait le devoir d’aller défricher le nord avec plus d’assiduité en y fixant ma résidence. Mon évêque, Mgr Vasselon, avait médité aussi ce nouveau plan de campagne, et il m’envoya enfin l’ordre de transporter mes pénates à Hagi, pour y créer un autre centre d’apostolat. »
5 septembre 1896 p.419 : Érection d’une croix pour les marins français du Dupleix, tués lors du combat de Shimonoseki (mention de la date du 5 septembre 1864 [?] en p.418).« C’était le jour anniversaire de leur mort, 5 septembre 1896. Ainsi la croix dominait l’entrée du détroit et tout heureux je répétais : « O Crux, ave, spes unica ! »
18 octobre 1896 « Élection de Mgr Chatron au siège vacant d’Osaka », suite au décès de Mgr Vasselon au bout de deux ans d’épiscopat (cf. p 415).
Décembre 1901 p.434 : Relation entre Villion et le Père J.M. Cros, s.j., historien spécialiste de François-Xavier
Février 1902 p.435 : Envoi d’Europe d’un « précieux fragment d’une sandale du Saint » [François-Xavier]
27 mai [1905, Villion ne précise pas l’année] p. 446-447 : Anéantissement de la flotte russe par la flotte japonaise, lors de la guerre russo-japonaise.Villion entend le combat au loin« C’était le grondement terrible des grosses pièces d’artillerie de marine. Horreur ! penser que des hommes, nos semblables, s’entr’égorgeaient là sans pitié à peu de distance de nous (Tsushima est à 150 km de Hagi) ».
Juin 1905 p.450 : Enterrement chrétien de Yasuo, tué à Moukden
19 juin 1908 p. 458-459 : Villion assiste à une cérémonie « de la secte ardente de Nichiren, les fanatiques croyants du Sutra Hokkekyô ».« Je restai tout ému de cette cérémonie fort religieusement accomplie. Elle m’avait reporté (qu’on me le pardonne !) à mes beaux jours du séminaire d’Issy, où les matinées de la communauté se déroulaient ainsi. Ah ! pauvres bonzes de Minobu, avec leur religiosité !.. « ’Si scires donum Dei ! ». Mon Dieu, je n’ai pas le courage de leur jeter la pierre ! »
Août 1914 p.484 [28] : Première Guerre Mondiale.« Août 1914. – Ici, je m’arrête malgré moi... Je n’ai plus le courage de tracer aucun souvenir.. Prions en silence ! Laissons passer la justice de Dieu !..Parce, Domine, parce populo tuo ! »
26 mai 1916 p.487 : « Mon cinquantenaire de prêtrise ! »
3 septembre 1923 p.488 : Villion termine sa « 80e année »

[1Miyako 京, « capitale » NDLR

[2Voir aussi p.227, p.327 « Souvenirs palpitants de leurs héros religieux. .. Pie IX nous ayant accordé de célébrer une fois par an les fêtes spéciales de nos divers Martyrs japonais à la date même de leur immolation..... les 26 saints Martyrs de Nagasaki, saint Paul Miki, les saints enfants Antononi et Ludovico Ibaraki, » etc (p.327)

[3Voir aussi p.379 :« Un plus éloquent prédicateur, ce fut le choléra, comme jadis à Kôbe en 1879 ». p.379

[4Voir aussi p.416 : « Une corvette française, le Dupleix... un de ceux qui en 1862 composaient la flottille internationale chargée de forcer les portes du Japon. Il avait donc pris part au bombardement de Shimonoseki » p. 416.
Voir aussi la mention des « onze navires noirs, ainsi qu’ils les appelaient » ibidem

[5voir aussi p. 37, p. 80 : « [chrétiens] Découverts à lui 5 ans auparavant, aux pieds de la bonne Mère : « Nous avons le même coeur que vous »... c’est-àdire « notre foi est la vôtre ». » p. 81
p.124 : la circonstance me reporte malgré moi au souvenir de ce glorieux 17 mars 1865, où le cher P. Petitjean, notre futur évêque, s’était vu aborder, à l’église de Nagasaki, par les premiers chrétiens qui se découvraient ce jour-là en demandant : « Où est l’image de Santa Maria ?... Car nous avons le même cœur que vous ! ». C’ était la résurrection de l’Église du Japon, par la découverte des descendants des innombrables martyrs du XVIIe siècle. » p 124
p. 291 : À propos de Mgr Petitjean, enterré en 1884 « dans sa chère église de Nagasaki, à l’endroit même où, 19 ans auparavant, la Sainte Vierge lui accorda la grande grâce de la découverte des anciens chrétien du Japon, là où il était agenouillé, quand une femme, se détachant d’une bande de visiteurs, s’approcha de lui, demandant : « Où est la sainte image de Maria Sama ? » C’était la parole qui devait amener la découverte de 5.000 chrétiens dans la vallée d’Urakami, puis de tant d’autres ailleurs. » p.291
Voir aussi p.323 : « L’évangélisation du Japon devait être une fleur de la fin du siècle. A peine éclose en 1865 à la découverte miraculeuse des chrétiens du XVIIe siècle, à Nagasaki, elle avait été rompue sur sa tige aux jours terribles, inoubliables, de la déportation des 3800 confesseurs d’Urakami en Janvier 1870 ». (p.323) ]
p.486 :« Mais.. au Japon, ... on y célèbre le cinquantième anniversaire de la découverte des chrétiens à Nagasaki (17 mars 1865) et la bénédiction de la nouvelle église d’Urakami. » p.486

[6Voir aussi p. 167 : « Le gouvernement de la restauration remaniait les départements qu’il avait établis trop hâtivement en 1868 » p.167

[7Villion utilise ici un ancien idéogramme.

[8Voir aussi p.362 : « Cette classe célèbre des Samurai de Chôshû, ... c’était eux surtout dont le loyal patriotisme avait balayé, vingt ans auparavant, l’ancienne féodalité et le Shôgun »
p. 364 « ... nouveau gouvernement qui, pendant les vingt premières années de l’ère Meiji, porta le nom de gouvernement de Satchô, c’est-à-dire des deux puissants clans de Satsuma et Chôshû, qui avaient renversé le régime féodal ». p.364

[9voir aussi p.18
voir aussi p. 41 qui parle d’août et non de juillet : « ce sont ceux qui ont été expédié de Nagasaki, lors de la première déportation de leurs parents, le groupe des 180 chefs de famille, en août 1868 » p. 41

[10voir aussi p. 78 : « année sinistre en France. Dieu va donc frapper le gouvernent de Napoléon qui a abandonne la cause des chrétiens aux premiers mois de cette année...ce n’est que le 29 (septembre) que nous apprenons le désastre de Sedan et la proclamation de la république » p. 78

[11Voir aussi p.334 : « Je revoyais devant mes yeux les 18 navires de la déportation d’Urakami, au 1er janvier 1870 ; je me rappelais les cris d’angoisse du pauvre Mgr Laucaigne, le 6 Janvier, en voyant sortir du port le premier steamer chargé de 300 chrétiens, ses enfants chéris : « C’est fini, à jamais fini ! » - « Non, m’écriai-je alors, la déportation d’aujourd’hui sera l’Épiphanie du Japon, le prix de la liberté ! »
Mon Dieu, sans le savoir, je prophétisais vos miséricordes d’aujourd’hui ! [1889, année de la Constitution du Japon proclamant entre autres la liberté de religion] »

[12Voir aussi p.134 : « A mon arrivé (1871), une dizaine de maisons s’y élevait à peine ; ... 20 ans après, Kôbe est, en 1900, une ville de 250.000 habitants. » p.134

[13Voir aussi p.359 :« voyage diplomatique en 1871. .. ambassade du prince Iwakura et du futur prince Itô, lors de la révision des traités du Shôgunat » p.359

[14Déjà, le 9 Février [1872], une députation nombreuse de l’ « Alliance Évangélique », ayant à sa tête des hommes éminents, se présentait au Ministre, Lord Granville, lui représentant que, depuis la chute du gouvernement des Tokugawa, malgré la restauration du pouvoir du Mikado, les chrétiens étaient encore systématiquement persécutés, les anciens édits restaient affichés jusque dans le moindre village, portant encore : « la secte perfide des chrétiens est rigoureusement prohibée », etc (p.94)

[15Voir aussi p. 114 : C’est de Berlin auprès du vieil Empereur Guillaume, que le grand homme d’état, Iwakura, ... lança l’avis pressant au gouvernement de Tôkyô ; « Si les chrétiens prisonniers ne sont remis en liberté aussitôt, notre ambassade n’aura aucun résultat ».

- Les yeux s’étaient ouverts enfin à la réalité ; les hommes d’état japonais avaient dû entendre les avis formellement exprimés à Washington, Londres, Saint-Pétersbourg et Berlin : « Si vous voulez être nos amis, comment osez-vous persécuter les chrétiens qui sont nos frères après tout ? leur religion est la nôtre, celle que vous appelez l’infâme secte du christianisme ! ».
Et devant la réprobation universelle, ils avaient formulé l’ultimatum. (p.114)

[16Voir aussi p 117 : « ... les édits sont enlevés au Nippon bashi, "la place de Grève du Japon" « à Tôkyô ; .. l’iniquité de 1624 s’efface » p.117 ] : « ordre de faire disparaître l’édit de proscription placardé à l’entrée des villes et villages »|
|1875|145-146 : Famine, mauvaise récolte, « cherté de tout : en 1875, le riz a 12 sen la mesure du sho ( 1 lit 80) quand il était auparavant a 7,8 sen ; on voyait affluer les mendiant tout autour de la ville, et de malheureuses femmes avec leurs nourrissons pleurant, criant, les lèvres blêmissant avant de s’éteindre. ».Villion envoie 65 orphelins à « la vénérable Mère Mathilde [[Il s’agit de la soeur Mathilde Raclot des Sœurs de l’Enfant Jésus.
Pour plus d’information sur cette soeur
Voir aussi l’article de Harrington, Ann M. "The First Women Religious in Japan : Mother Saint Mathilde Raclot and the French Connection", The Catholic Historical Review, Volume 87, Number 4, October 2001, pp. 603-623

[17Voir aussi p.303 :« M. Guimet, le fondateur du musée de ce nom, qui prétendait s’occuper de bouddhisme. J’ai dit déjà comment en 1875, à Kôbe, j’avais retrouvé cet ancien camarade de lycée » p. 303

[18Voir aussi p 199 : « .. il fut décidé d’employer l’artifice usité par les ministres protestants, qui depuis trois ans y avaient pu pénétrer et prêchaient déjà publiquement au milieu des bonzeries ; ce moyen était d’être engagé comme professeur d’école privée de langues étrangères...Un jeune ministre protestant japonais, Niijim, ??.... Directeur de leur école d’anglais, le Dôshisha » p.199
p.200 : Ayant vérifié mon identité et me connaissant comme missionnaire de Kôbe, il [le gouverneur de Kyôto] avait dit : « encore une affaire de Christianisme ! Comme ces mécréants d’Américains, qui nous ont mis dedans il y a trois ans ; je n’en veux plus.. » p.201. la scène se passe en 1879, et le gouverneur parle du Dôshida, ouvert par les américains sous couvert d’enseigner l’anglais. 
p.285 : « Là [dans la vallée de Tamba], je trouvai çà et là le travail des protestants ; leurs élèves du Dôshisha y étant envoyés fréquemment pour donner des conférences et distribuer des Bibles. On vint discuter avec nous les théories plus aisées du Shinkyô, la « religion nouvelle », ainsi appelée par opposition au catholicisme, Kyûkyô, la « vieille religion ».Naturellement toutes les calomnies sur lesquelles s’appuie le protestantisme pour se poser en réforme de la sainte Église nous furent servis. » p.285 

[19Voir aussi p.150 : « La Mission du Japon était divisée en Vicariat septentrional, ... Mgr Ousouf, évêque d’Arsinoë... Osaka était devenu le centre du Vicariat du Japon Méridional, depuis le lac Biwa, au milieu de l’Empire, jusqu’aux confins de Ryûkyû. » p.150

[20Voir aussi p.176

[21voir aussi p. 188 précité

[22Voir aussi p. 201 : « Et le grand saint Michel me conduisait lui même aux mâtines de sa solennité, le 28 septembre à onze heures de la nuit, au centre même de la cité du diable, où s’élèvent 1100 temples bouddhiques ou shintoïstes. Et moi pauvre pygmée, tout seul au milieu de cela ! Ayez pitié de moi, Seigneur !..Et cependant, plus je considérais mon entière incapacité en face de l’œuvre, plus je sentis de force en mon âme. « C’est vous qui m’avez envoyé, Seigneur ! Après tout c’est votre œuvre. En avant, marche ! » p.201

[23Voir aussi p.479 : « ... A la vue des scandales lamentables dont la presse nous humilie chaque jour : abus de confiance dans le commerce, dilapidation des biens du Hongwanji, le rejeton de Shinran shônin, Monzeki Otani Kôzui, obligé de donner sa démission,.. » p.479, Villion à un aéropage au Koya san.
Plus loin, p.480 : « .. Les journaux, depuis des mois, énuméraient les fautes du monde politique et religieux : les procès honteux de la marine, de la Maison Impériale ; ... Puis les scandales du Hongwanji : 2 millions de yen disparus de la caisse des œuvres de charité ; le Monzeki Otani Kôdzui, ?? le Bouddha vivant, obligé de démissionner et d’aller se cacher en Chine, après avoir bâti, près de Kôbe, une villa princière qui lui avait coûté plus d’un million de yen. »

[24Voir aussi p.11

[25Voir aussi p.334 : Cependant un événement historique retentissant se préparait alors en notre cher Japon, à peine sorti des langes de la féodalité. Ses progrès le poussant chaque jour à se mettre au niveau des grandes nations, une Constitution allait être octroyée à ses fidèles sujets par S.M. le Mikado. Le jour choisi pour cette solennité était le 11 février 1889, 2.549e anniversaire de la fondation de l’Empire Kigên-Sétsu par l’accession au trône du 1er Empereur Jimmu tennô. Le fils des dieux entrait en compromis avec son peuple et, dans un élan sublime de généreuse grandeur, accordait à tous des droits civils, créait des chambres électives, et surtout, - gloire soit à jamais rendue au Dieu du ciel qui dirige le cœur des Rois ! – l’article 18 proclamait à la face du ciel et de la terre la « liberté de religion, en tout ce qui ne trouble ni la paix de l’Empire ni les droits des particuliers »
p.488 : « Lorsque en 1868, l’Empereur Meiji tennô annonçait à son peuple l’octroi d’une Constitution, il lui disait que le temps était venu « de rompre avec des mauvaises coutumes invétérées pour revenir à la voie universelle (kôdô, ) ».

[26Voir aussi p. 303 : « Je me souviens encore de ces heurs passées avec le jeune Hirai Kinzô, qui devait plus tard être délégué à Chicago en 1892, comme représentant du Bouddhisme au Congrès des religions. Quelle habileté lui fallait-il parfois pour réduire à néant les thèses matérialistes de ces libres penseurs qui soutenaient alors avec feu les doctrines de Darwin, de Spencer, mises à la mode par les bonzes pour essayer de saper l‘idée d’un Créateur. P.303

[27Voir aussi p.446 : Mais voilà que va se dévoiler le plus beau traquenard que le diable ait pu préparer comme piège à l’esprit belliqueux du Japon, pour amener une augmentation de haine de race dans le peuple. Nous arrivons à la guerre russo japonaise. P.446. L’ironie vint s’ajouter à l’insulte quand les Russes se firent livrer Port Arthur, s’infiltrant un peu partout dans la Mandchourie et la Corée.

[28Voir aussi p.485 :Fallait il que je vive jusqu’aujourd’hui pour voir nos jeunes confrères rappelés en France par la mobilisation et condamnés à faire la guerre, eux, les messagers de la paix ! ... Je n’ai plus courage d ‘écrire, mais seulement de prier, supplier, expier. » p.485


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